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sur la Médaille Miraculeuse, l’Église dans le monde

De bons fruits pour la Corée

11-08-2014 source : L’Osservatore Romano

« L’Église est la grande famille dans laquelle nous sommes tous frères dans le Christ ». C’est ce que rappelle le Pape François dans un message vidéo adressé aux Coréens à l’approche du voyage en programme du 13 au 18 août.

En invitant les fidèles à prier « afin que ce voyage apostolique porte de bons fruits pour l’Église et la société coréenne », le Pape souligne deux motifs fondamentaux à la base de sa visite: la participation à la sixième journée asiatique de la jeunesse et la béatification de Paul Yun Ji-chung et de 123 compagnons martyrs de la foi. « Aux jeunes en particulier, j’apporterai l’appel du Seigneur: ‘Jeunesse d’Asie, réveille-toi! La gloire des martyrs brille sur toi’ ». En effet  ils « sont porteurs d’espérance et d’énergies pour l’avenir ». Et c’est à eux de recueillir l’héritage de la foi préservée par les personnes âgées, sans lesquelles « les jeunes seraient privés de mémoire. La rencontre entre les personnes âgées et les jeunes est la garantie du chemin du peuple ».

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C’est au voyage du Pape qu’est consacrée l’édition spéciale du mensuel « Femmes, Église, Monde », qui paraîtra avec le quotidien du mercredi 13 août. Le thème du christianisme en Corée est évoqué par des femmes « qui – écrit Lucetta Scaraffia dans l’éditorial – trouvent dans la culture chrétienne le respect et la considération pour leurs besoins qui sont ignorés dans la société coréenne, et qui deviennent donc les plus ferventes promotrices du christianisme ». Outre un entretien de Cristian Martini Grimaldi à Yuna Kim, une jeune patineuse convertie au catholicisme, dans les pages du supplément spécial sont rassemblés les témoignages de Lee Mi-Kyung, très active dans la défense des droits des femmes, de certaines jeunes qui seront présentes à la rencontre avec le Pape et d’Helen Kyung Soo Kwon, qui raconte l’histoire de la martyre de la première communauté catholique coréenne.

Saint Sixte II

Sixte IISaint Sixte II est le 24ème pape de 257 à 258 (✝ 258).

À Rome, sur la voie Appienne, au cimetière de Calliste, en 258, la passion de saint Sixte II, pape, et de ses diacres, dont la mémoire est célébrée le 7 août. (Martyrologe romain)

Après l’intransigeance excessive de son prédécesseur, il donne l’image d’un pape conciliant, respectant les traditions des divers évêques et c’est ainsi qu’il sut renouer avec saint Cyprien de Carthage et les Églises d’Asie qui baptisaient les hérétiques. Il fut élu au moment où reprenaient les persécutions après une paix de plusieurs années. Les évêques, les prêtres et les diacres devaient être exécutés immédiatement, après une simple vérification de leur identité. Il fut arrêté au cours d’une cérémonie clandestine qu’il célébrait dans un cimetière de la voie Appienne et immédiatement décapité, avec six de ses sept diacres. On laissa quelque temps au septième, saint Laurent, afin qu’il puisse livrer les biens de l’Église, ce qu’il refusa. Il fut alors à son tour martyrisé par le feu.

Est-ce que l’on prie la Vierge Marie ?

Voici une page saisissante, décapante, ironique, dérangeante, au vitriol, injuste même, mais qui exprime un amour profond pour Celle que nous allons honorer de tout notre cœur au milieu de ce mois en son Assomption :

Mais, disait déjà Rimbaud :

est-ce que l’on prie la Vierge Marie ?

Il y a des années que l’on n’a pas entendu un « Je vous salue, Marie » dans une église, excepté, çà et là, durant ces heures de l’après-midi dont les vieilles dames sont seules à disposer, quand on ne leur fait pas promener leurs petits-enfants. A la messe, seul l’ange Gabriel fait résonner son salut sous les voûtes le jour de l’Annonciation. Encore est-il contesté par des prédicateurs qui croiraient aux petits hommes verts de la planète Mars plus volontiers qu’aux anges. Je sais un curé des plus braves qui se bat avec lui tous les ans comme pour le forcer à confesser qu’il n’existe pas, qu’il n’est qu’une forme émer­gente du subconscient de Marie prenant tout à coup le sentiment d’une mission. A la fin de ce genre de sermon, on se demande pourquoi les prêtres jugent nécessaire d’allumer des bougies pour parler psychanalyse.

Si encore la Vierge Marie découronnée en devenait une femme comme les autres ! Mais ce n’est même pas le cas. Je me rappelle une vaste campagne de presse contre la proclama­tion de la doctrine de « Marie Médiatrice ». L’on ne pouvait, nous disait-on, lui recon­naître cette qualité sans la retirer à son Fils, si bien que toutes les femmes, qui passent leur existence à s’interposer entre le père et les enfants, entre le monde et le mari, entre les garçons et entre les filles, qui reçoivent, les premières, tous les chocs de la vie en s’efforçant d’en protéger leur entourage, qui sont déléguées d’office aux deuils et aux douleurs, toutes les femmes, dis-je, seraient médiatrices par nature, excepté la Vierge Marie. Et que de fois nous aura-t-on mis en garde contre les excès d’une dévotion dont on se plaît à décrire les effets émollients et à moquer les manifestations, comme si le siècle était porté aux égarements mystiques, et comme s’il y avait de l’esprit à railler tant de misères et de souffrances qui n’auront retiré du monde que ce grain de chapelet, ce noyau d’espérance qu’emportent des doigts crispés.

Certes, l’exubérance crémeuse du plâtre colorié que j’ai devant les yeux à Saint-Antoine incline aux considérations pâtissières plus qu’aux âpres escalades métaphysiques, mais la faiblesse de la représentation n’empê­che pas que par son effacement, sa pureté, la promptitude de son acquiescement au divin, sa médiation initiale et crucifiée entre le visible et l’invisible, et par sa manière même de se dire « la servante du Seigneur », Marie soit, plus que l’image en bleu et or de la soumis­sion résignée puis triomphante, la figure évangélique de l’intelligence, et que l’on ait peu de chance de rien comprendre à l’Évan­gile si l’on ne s’arrête un instant devant elle, et si l’on ne prononce en soi-même le « je vous salue » qui fait doucement pivoter l’his­toire, pour l’exposer à l’éternité.

André Frossard , dans « Il y a un autre monde », Fayard 1976