Archives de catégorie : Billet

sur la Médaille Miraculeuse, l’Église dans le monde

Pentecôte

La Cinquantaine pascale est achevée, « Pentecôte d’allégresse », comme dit Tertullien, un Père de l’Eglise des premiers siècles. Prions Dieu de garder la Pâque de son Fils présente dans toute notre vie, comme l’ont fait la Vierge Marie et les Apôtres. Ne nous attardons pas au passé, mais, avec eux, vivons ce temps dans la présence de l’Esprit. Qu’il soit pour nous le purificateur et l’illuminateur qui nous fait entrer plus avant dans le mystère de Jésus. Et qu’il nous guide vers la vérité toute entière, car il est Esprit de lumière.

J.-Daniel Planchot, cm

Pâques

Résurrection Fra Angelico Florence San Marco Museum|DRL’Exultet est un chant de joie sans pareil où une pensée forte et des sentiments intenses se développent en un symbolisme et une mélodie merveilleuse au début de la veillée pascale. L’Exultet pascal est le texte liturgique relatif à la bénédiction du Cierge (benedictio cerei). L’Église chante, dans le Cierge qui illumine de ses clartés la veillée pascale, la nuit sainte, où jadis la nuée lumineuse délivra les Hébreux de la captivité d’Égypte, et où maintenant, ressuscité des morts, le Christ lumière anéantit la mort, illumine nos âmes et dissipe nos ténèbres.

Le Cierge est normalement fait de cire d’abeille. A ce propos il est intéressant de rappeler la légende de la reproduction virginale des abeilles. Elle a commencé avec Virgile, voire avec Homère, a été reprise par Saint Ambroise dans son Hexaméron. Elle a été plus largement diffusée par les diacres dans leurs compositions poétiques des annonces pascales.

L’Exultet pour sa part remonte donc à la nuit des temps. Cette hymne, l’une des premières de la liturgie chrétienne, était à l’origine improvisée par le diacre qui devait la chanter par coeur, avant qu’elle ne trouve sa forme définitive. Improvisée, parce qu’il est de la nature de la joie pascale de ne pouvoir être contenue par des mots. Devançant l’intelligence, elle déborde les paroles qui l’expriment. Saint Augustin a fort bien décrit cette surabondance : « Chanter pour Dieu, c’est chanter en jubilant, car les mots ne peuvent traduire le chant quand c’est le coeur qui chante. »

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Les Rameaux

L’entrée du Seigneur à Jérusalem

gloria laus | DR

Pendant cinq semaines, nous nous sommes préparés à célébrer le mystère pascal dont la « semaine sainte » marque le sommet. Le sixième dimanche de Carême est celui des Rameaux, qui commence la semaine Sainte. Il commémore l’entrée solennelle de Jésus à Jérusalem, quelques jours avant sa passion et sa mort sur la Croix.

Aujourd’hui, quand nous acclamons le Christ en rappelant son entrée à Jérusalem, sachons qu’il vient répondre à notre attente : lui seul comble le cœur de ceux qui le suivent, leur donne la vraie joie et la liberté, les introduit dans la cité nouvelle.

Ainsi le célébrant bénit les rameaux de l’assemblée et part en procession pour la messe. Les fidèles rapportent chez eux les rameaux bénits et en ornent les crucifix de leurs maisons.

Les éléments essentiels de la messe d’aujourd’hui existent depuis le IVe siècle. Tandis que Rome inaugurait ainsi la grande semaine en toute sobriété, l’église de Jérusalem invitait les pèlerins à participer à une procession  » mimant  » l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem. Impressionnés par ces rites, les pèlerins de Gaule les introduisirent en Occident.

Théodulphe d’Orléans (+821) composa à cette occasion un premier texte : « Glória, laus et honor tibit sit, Rex Christe Redémptor : Cui puerile decus prompsit hosánna pium » ; « Gloire, louange, honneur à toi, Christ-Roi, Rédempteur, pour qui l’hommage des enfants fit jaillir un pieux Hosanna ».

« Tu es le roi d’Israël, l’illustre descendant de David. C’est au nom du Seigneur, roi béni, que tu viens. Les anges dans les cieux se rassemblent pour te chanter ; l’homme et tout l’univers s’unissent pour t’acclamer. Le peuple hébreu vient à ta rencontre avec des palmes, et nous, nous voici devant toi avec nos prières, nos vœux et nos hymnes. »

 

Suit la lecture de la Passion où l’on accompagne Jésus dans sa soumission filiale, accomplissant les Écritures. Aucun évangéliste plus que Matthieu n’a souligné la détresse de Jésus, le scandale de sa mort. Cette mort marque la fin d’un monde et l’avènement d’une ère nouvelle : le rideau du Temple se déchire et les tombeaux s’ouvrent, prélude à la résurrection finale et à la gloire de la nouvelle Jérusalem.

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