Archives de catégorie : Billet

sur la Médaille Miraculeuse, l’Église dans le monde

L’apparition aux Apôtres, le soir de Pâques

L’apparition aux Apôtres, le soir de Pâques

PÂQUES : MARDI DANS L’OCTAVE

L’apparition aux Apôtres, le soir de Pâques n’est pas sans rappeler celle dont venaient d’êtres favorisés les disciples d’Emmaüs. Car cette fois encore, le Christ procède à une leçon d’Écriture Sainte, qui devait d’ailleurs lui être familière dès avant sa mort, puisqu’il débute ainsi :

«C’est bien ce que je vous ai dit quand j’étais encore avec vous : il faut que s’accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, les prophètes et les psaumes. » Et il mange avec eux tout comme il avait rompu le pain avec les disciples d’Emmaüs.

Toutefois, avec les Apôtres, tout est plus appuyé. Le repas prend une valeur démonstrative : ce n’est donc pas un fantôme, mais le vrai corps du Sauveur, tangible, gardant les marques de sa passion, bien que glorieux et ressuscité.

D’autre part, Jésus ne se borne point à citer les Écritures qui le concernent, « il ouvre l’esprit des Apôtres à l’intelligence des textes sacrés ». On sent que le Christ donne la dernière main à la formation de ses Apôtres, poursuivie durant ses années de ministère terrestre.

C’est qu’il va les laisser comme ses témoins (Luc 24, 48) et ses successeurs. Déjà, en effet, il n’est plus d’ici. « Quand j’étais avec vous », leur dit-il. Par intermittences — et toujours si brièvement — il leur apparaîtra encore, juste ce qui est nécessaire. Mais, déjà, il est entré dans la gloire du Père.

Dom C. Jean Nesmy

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

L’apparition aux disciples d’Emmaüs

L’apparition aux disciples d’Emmaüs

PÂQUES : LUNDI DANS L’OCTAVE

L’apparition aux disciples d’Emmaüs nous montre comment le Christ désire se manifester à ses fidèles, à présent qu’il est ressuscité.

Il n’apparaît pas dans sa gloire, comme à sa Transfiguration. H se distingue si peu des hommes les plus ordinaires que Marie-Madeleine le prend pour le jardinier, et les pèlerins d’Emmaüs pour un simple voyageur. Pareillement, ses propres Apôtres ne le reconnaissent pas tout d’abord en Galilée (Jn. 21, 4).

Ce n’est pas extérieurement que l’on découvre Jésus, mais intérieurement. Il apprend à Cléophas et à son compagnon comment le trouver dans l’Écriture qui, tout entière, « de Moïse aux derniers Prophètes », parle de lui, expliquant pourquoi «il fallait que le Christ endure ces souffrances pour entrer dans sa gloire ».

Puis, ayant ainsi échauffé leur amour, il se révèle à eux en célébrant l’eucharistie (Les quatre verbes sont les mêmes que ceux de la Cène : « il prit du pain, prononça sur lui la bénédiction, le rompit et le leur donna ».

Aujourd’hui encore, l’Église n’agit pas autrement. Elle nous apprend à lire l’Écriture, dans la « liturgie de la Parole » par où commence la messe. Puis elle nous offre l’eucharistie, au cours de laquelle Jésus ressuscité se trouve réellement présent parmi nous.

Dom C. Jean Nesmy

Texte traduit et présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

le mystère du silence de Dieu

le mystère du silence de Dieu – Samedi Saint

L’Église est entrée dans le «grand silence» qui précède l’exultation de Pâques. Pas de messe en ce samedi, pas d’ornements ni de fleurs sur les autels; le tabernacle, vidé de la présence réelle, est ouvert. Ce «terrible mystère» d’un Dieu qui se tait interpelle plus que jamais les croyants.

«Un grand silence règne aujourd’hui sur la terre, un grand silence et une grande solitude; un grand silence parce que le Roi dort. La terre a tremblé puis s’est calmée parce que Dieu s’est endormi dans la chair, et il a réveillé ceux qui dormaient depuis des siècles».

Cette homélie du IVe siècle attribuée à Saint Épiphane de Salamine explore admirablement le mystère du Samedi Saint, ce moment où le Christ repose sans vie dans son tombeau, où l’espérance semble avoir déserté la terre, «où la foi semble être définitivement démasquée comme une illusion» (Benoît XVI).

Durant ce «temps au-delà du temps», le Christ «descend aux Enfers». Il plonge dans la solitude la plus extrême et la plus absolue des hommes, la mort, pour la partager, l’illuminer et l’en délivrer.

«Voici précisément ce qui est arrivé le jour du Samedi Saint, dans le royaume de la mort, la voix de Dieu a retenti», disait Benoît XVI dans une méditation lors de l’ostension solennelle du Saint-Suaire de Turin (2010).

Il poursuivait : «L’humanité est devenue particulièrement sensible au mystère du Samedi Saint. Dieu caché fait partie de la spiritualité de l’homme contemporain (…) comme un vide dans le cœur qui s’élargit toujours plus», référence tacite au silence de Dieu ressenti avec douleur, et parfois révolte, à certains moments de l’Histoire ou de nos vies personnelles.