La Pentecôte – miniature du Graduel – XIVe siècle – Florence, Santa Croce
Après la mort de Jésus, le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées, ils s’étaient enfermés dans la maison par crainte, par peur d’être arrêtés et d’avoir la même fin que le maître. Jésus ressuscité apparaît aux disciples plusieurs fois. Avec patience il console leurs cœurs découragés.
Jésus leur dit : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » (Jean 20, 21) Les disciples découragés sont réconciliés avec eux-mêmes. La paix de Jésus les fait passer du remord à la mission. La paix de Jésus suscite en effet la mission. Ce n’est pas la tranquillité, ce n’est pas le confort, c’est sortir de soi. Il ne leur souhaite pas seulement la paix, il la donne. La vraie paix est toujours un don de Dieu.
Le mot paix dans son sens premier, signifie beaucoup plus que l’absence de guerre. Sa racine désigne le fait d’être intact, complet ; elle indique le bien-être de l’existence quotidienne, l’état de l’homme qui vit en harmonie avec la nature, avec lui-même, avec Dieu. De façon plus large encore, la paix, c’est la sécurité, et c’est la concorde dans une vie fraternelle.
« Paix à vous ! » nous dit le Christ. C’est seulement après ce don de la paix que le Christ convie ses disciples à le reconnaître. Il leur montre ses plaies, pour que la rencontre de ce jour soit référée aux dialogues du passé, pour que la paix de ce jour soit référée à l’agonie de Jésus de Nazareth, et pour que le Christ de la
foi soit à jamais identifié au Jésus de l’histoire.
Dans le tumulte du quotidien, de ce que nous pouvons lire, voir, entendre ou vivre ; sur nos chemins de foi parfois agités, ces paroles nous rejoignent comme un baume apaisant après un choc. Jésus est présent au milieu de nous. Nos cœurs s’ouvrent à l’espérance. ■
Saint Paul converti sur le chemin de Damas Église Saint Paul Lyon
EN ce 25 janvier, nous célébrons la conversion de saint Paul. Comment la rencontre a-t-elle pu se faire un jour entre le judaïsme passionné de Saul de Tarse et le message libérateur de Jésus ?
Car quand Saul, – son nom avant sa conversion – entendit parler de Jésus de Nazareth et de ses disciples, ce fut pour s’y opposer violemment de tout son zèle de juif fervent et pour persécuter… jusqu’au jour où sa vie fut soudain retournée par un évènement et une expérience inoubliable dont nous avons trois récits dans les Actes des Apôtres (9,3 ; 22,6 ; 26,13).
C’est au terme d’un voyage de Jérusalem à Damas. Il est midi. Or, voici que soudain une lumière plus lumineuse que le soleil, qui est pourtant dans tout son éclat, enveloppe Saul et sa troupe. Tous sont terrassés et tombent à terre.
Saul entend une voix lui parler : «Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ?» Il lui répond : «Qui es-tu, Seigneur ?» La voix reprend : «Je suis Jésus que tu persécutes.» Et Saul, de nouveau : «Seigneur, que veux-tu que je fasse ?» La voix répond : «Relève-toi, va à Damas ; là, on te dira tout ce qu’il t’est prescrit de faire.»
____________________________________________________________________________________ Hans Speckaert XVIe siècle – La conversion de saint Paul sur le chemin de Damas | DR
Saul se relève mais, bien qu’il ait les yeux grands ouverts, le voici devenu aveugle. Il restera ainsi trois jours dans la nuit complète. Il est conduit par la main jusqu’à Damas, et là il logera chez un certain Jude qui habite la rue Droite, la grande rue de Damas.
C’est lui-même qui nous donne la vérité sur cette conversion lorsqu’il déclare : «J’ai été empoigné par Jésus Christ» (Philippiens 3,12). Cette emprise personnelle du Christ sur sa vie, à partir de ce moment-là, sera radicale. Il dira plus tard : «Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi.»
Le Ressuscité s’est manifesté à Saul comme Messie glorifié en Dieu et vivant dans ses disciples avec lesquels il ne fait qu’un. ■
P. Jean-Daniel Planchot, cm
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SAINT PAUL :
COURTE BIOGRAPHIE
LES brefs morceaux choisis des lettres de saint Paul qui sont lus à la messe du dimanche ne donnent qu’une faible idée de ce que sont réellement ces lettres, et de ce que fut l’extraordinaire aventure de Paul avec le Christ et avec les hommes.
Il faudrait lire chaque lettre comme un tout, en la replaçant dans son contexte historique. Les Bibles contiennent des introductions qui peuvent y aider. Mais on peut aussi essayer de résumer ce qui s’est passé pour Paul.
SAUL APPROUVAIT
Paul n’était pas n’importe qui. Ses parents étaient « citoyens romains ». Lui-même avait reçu, à Jérusalem, la meilleure éducation qui se puisse, à l’école du plus grand maître d’alors, Gamaliel. Il était Pharisien, et connaissait certainement à fond les Écritures et leurs commentaires. Le jour où Étienne fut lapidé, Saul (c’est son nom juif) était là, et « il approuvait ».
LE CHEMIN DE DAMAS
Nous avons vu que Saul était sincère dans son opposition farouche au christianisme naissant. Celui-ci apparaissait comme une secte nouvelle, une hérésie dangereuse, une déformation de la vraie foi au Dieu d’Abraham et de Moïse. Saul part pour Damas afin d’y arrêter les adeptes de Jésus le Nazaréen.
Qu’est-ce que Saul pensait de ce Jésus ? Est-il possible que jamais il ne se soit demandé : « Et si finalement c’était vrai ?… » Or, voici qu’en chemin il est soudain renversé et aveuglé ; Jésus vivant lui parle : « Pourquoi me persécutes-tu ? »
Ainsi, ce Jésus crucifié est donc vivant, et de plus il identifie à lui ses disciples…
L’APÔTRE DU CHRIST RESSUSCITÉ
Cet évènement, qu’on appelle la « conversion » de saint Paul, est une vocation, une désignation, un choix fait par le Christ. Paul sera l’instrument de l’Évangile dans le monde grec et romain.
Mais surtout et d’abord, cet évènement est une rencontre personnelle avec le Christ Jésus ressuscité. Cela est vrai pour tous : il n’y a pas de vie chrétienne authentique sans d’abord une rencontre personnelle avec le Christ.
Cette rencontre, et ce choix, font de Paul un « apôtre » du Christ, au même titre que les Douze. Cela, Paul le revendiquera souvent et fortement.
PAUL S’ADRESSE AUX JUIFS
Après son baptême (à Damas) Paul est retourné à Tarse (Turquie). C’est là en effet que Barnabé est venu le chercher, et tous deux s’en vont à Antioche annoncer le Christ ressuscité. Dans toutes les villes de cette région (Asie Mineure) il y avait des communautés de Juifs.
C’est à eux que Paul s’adresse, dans les synagogues, le jour du sabbat. Il s’efforce de leur montrer que Jésus de Nazareth est le Messie annoncé par les Prophètes, et que Dieu a réalisé en Jésus les promesses faites à Abraham, Moïse et David.
PAUL SE TOURNE VERS LES PAÏENS
En fait, une énorme hostilité se déploie contre Paul. Les Juifs refusent totalement son message. Il est roué de coups, lapidé, laissé pour mort…
Devant cette attitude de refus de ses frères Juifs, Paul décide de se tourner vers les non-Juifs, les «païens», et de leur annoncer Jésus-Christ. Car, finalement, l’Évangile du Christ est pour tous ! Jésus est le Sauveur de tous les hommes, et non seulement des Juifs.
Intuition décisive, audace inouïe, point de départ qui va donner à l’Évangile sa vraie dimension.
LE CONCILE DE JÉRUSALEM
Les esprits étaient si peu préparés à cette idée d’un salut pour tous en Jésus qu’une grave discussion s’élève. Certains prétendent que les païens qui veulent le baptême doivent d’abord se faire Juifs et accepter la Loi de Moïse.
Avec véhémence, et contre Pierre lui-même, Paul affirme alors que la foi en Jésus-Christ suffit, que c’est elle qui sauve, et non la Loi de Moïse. Paul s’en expliquera longuement dans ses lettres aux Romains et aux Galates. Oui, le Christ suffit.
Ainsi est accompli un nouveau pas décisif. Le christianisme naissant se dégage du Judaïsme qui l’a préparé. Le chrétien est l’homme qui se définit d’abord et avant tout par référence au Christ, et non pas uniquement par référence à Abraham et à Moïse.
Au Concile de Jérusalem, rassemblé pour débattre de tout cela, les Douze demandèrent seulement que, de toute façon, on s’abstienne de ce qui choquerait trop les chrétiens venus du judaïsme (viandes offertes aux idoles, viandes étouffées…).
Paul-de-Tarse
AU CŒUR DE LA CIVILISATION
Paul veut maintenant porter l’Évangile au cœur de la civilisation, dans les grandes villes intellectuelles et commerçantes. Il pense à Éphèse (Turquie). Mais un songe lui indique de franchir la mer et de passer en Grèce.
Voilà que l’Évangile pénètre en Europe. Après la ville de Philippes (en Macédoine), Paul se rend à Corinthe, alors capitale de la Grèce. Déjà, sans doute, il pense à Rome, capitale de l’empire. Il a même remplacé son nom juif Saul par un nom romain : Paulus.
Le Christianisme est ainsi né principalement dans les villes, et d’abord dans les milieux les plus pauvres : dockers, petits artisans, esclaves, etc. Bientôt, cependant, il gagnera les grandes familles, les penseurs, et plus tard l’empereur lui-même (Constantin).
PHILOSOPHIES ET RELIGION
Paul a d’abord cru qu’il devait s’adresser aux païens en leur montrant que son Dieu, le Dieu de Jésus-Christ, est le vrai Dieu, bien plus excellent que toutes leurs idoles et divinités mythologiques. Il s’est mis à leur faire des démonstrations philosophiques.
Et… ce fut son échec cuisant d’Athènes. Lorsqu’il en vint, dans son discours, à la résurrection du Christ, tous se moquèrent de lui ! Les philosophies d’alors (Stoïciens, Épicuriens) excluaient complètement toute idée d’une résurrection.
Paul comprit alors quel fossé séparait l’Évangile de toutes ces philosophies. Dès lors, il prêche résolument le mystère pascal du Christ, Jésus mort et ressuscité, donc un message explicitement fou aux yeux du monde, mais en réalité sagesse véritable, sagesse de Dieu !
L’Évangile n’est pas une philosophie. Il est un mystère de salut, fondé sur une personne vivante, Jésus-Christ, et sur un évènement, sa résurrection.
Ici encore, un pas décisif est accompli.
CHRÉTIENS DANS LE MONDE PAÏEN
Reste à Paul une œuvre de longue haleine : former les nouvelles communautés chrétiennes et les aider à trouver, au sein du monde païen d’alors, la forme de vie qui soit conforme à l’Évangile de Jésus ressuscité. C’est ainsi que, peu à peu, il dégage des grands traits de la vie chrétienne et de l’homme nouveau re-né en Jésus-Christ. On en trouve des échos dans presque toutes ses lettres.
Paul est arrêté à Jérusalem pour avoir fait entrer avec lui dans le Temple un non-Juif. Il en appelle à l’empereur. Après un voyage périlleux sur la Méditerranée, il est donc conduit à Rome, où il séjourne deux ans, en liberté surveillée. Libéré, il visite encore les Églises qu’il a fondées. Puis, on ne sait au juste à quelle occasion, il est de nouveau arrêté, condamné à mort, et exécuté, à Rome, sur la route d’Ostie.
Textes présentés par l’Association de la Médaille Miraculeuse
Ce titre provient d’un verset célèbre dans le livre d’Isaïe (9, 5) : « Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir ; son nom est proclamé : Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ». Ces versets, nous les entendons pendant la messe de la nuit de Noël. Ce passage prophétise la venue du messie, interprété par les chrétiens comme étant Jésus-Christ.
Dans un monde agité, où les conflits, les divisions et l’angoisse semblent régner, il est plus que jamais nécessaire de se rappeler que Jésus-Christ est le Prince de la Paix. Il veut nous apporter une paix durable, profonde, et éternelle. Cependant, l’enfant, Jésus, qui est le prince de la paix, est extrêmement vulnérable.
Les rois mages, des hommes de désir, qui se prosternent devant Jésus, se sont mis en route. Ils ont une double tâche : ils doivent regarder en haut, parce que s’ils ne voient plus l’étoile, ils peuvent s’égarer ; et ils
doivent regarder en bas, parce qu’autrement ils risquent de tomber. Il faut regarder en haut, parce que la paix est un don de Dieu. La paix est plus qu’une cessation des hostilités. La paix correspond au désir profond de chaque personne humaine.
Et puis, il faut regarder en bas. C’est le chemin de notre vie qui se dessine devant nous. La paix est fragile, comme l’enfant Jésus. Appeler Jésus : « Prince de la Paix », c’est reconnaître qu’il est source de paix véritable et modèle de paix. C’est aussi un appel à vivre selon ses enseignements, en artisan de paix, dans un monde souvent marqué par la violence et la division.
Seigneur Jésus, viens régner dans nos cœurs. Apaise nos peurs, guéris nos blessures. Fais de nous des artisans de paix dans ce monde troublé et incertain ! ■
Léon XIV cachet 59e journée mondiale de la Paix
Nos vœux
En ce début d’année, nous sommes en pleine période des vœux. «Meilleurs vœux !» paroles familières, chacun personnalise sa formule. Chaque année est comme un nouveau départ vers l’inconnu. Dans notre vie, dans celles de nos proches et dans le monde, nous avons tous envie de voir un changement heureux.
La vie est faite de choix et d’engagements. Peut-être cette nouvelle année sera pour nous l’occasion d’un discernement vis-à-vis des valeurs essentielles. Aujourd’hui, nous savons que Dieu est déjà là, au cœur de notre prière, dans l’engagement de nos vies. Que Dieu bénisse, chaque jour, notre présent.
La Vierge, bénie de Dieu, a accueilli dans la foi le don du Fils de Dieu dont elle devient la Mère. Avec Marie, accueillons, dans la confiance, l’année 2026 !
Bernard Schoepfer, c.m.
Directeur national de la Médaille Miraculeuse