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sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

MOIS DU ROSAIRE – Le Rosaire Vivant

MOIS DU ROSAIRE – Le Rosaire Vivant

Pauline Jaricot Le Rosaire Vivant
Pauline Jaricot – Le Rosaire Vivant.

Pauline Jaricot, dans le Rosaire Vivant, nous laisse percevoir son ardeur missionnaire et ses talents d’organisatrice, mais elle se montre avant tout pédagogue de la foi et maîtresse de vie spirituelle. Ses écrits sont le fruit de sa propre contemplation, et ses méditations sur les mystères du Rosaire sont un véritable joyau.

Laissons-nous guider par sœur Marie-Monique de Jésus, qui nous fait découvrir l’œuvre du « Rosaire Vivant », mais laissons-nous conduire par Pauline elle-même, sur le double chemin de la prière et de la mission, à la lumière de l’Évangile et à l’école de la Vierge Marie » – Thierry Brac de la Perrière, Évêque auxiliaire de Lyon. « Nous pouvons le dire avec certitude, partout où se forme cette union de prières, la vertu du rosaire, comme au temps de saint Dominique, encourage la ferveur, réveille la foi et enfante des œuvres de salut » (Pauline Jaricot).

– Elle est née le 22 juillet 1799 à Lyon où elle demeura toute sa vie. D’une famille chrétienne, elle mène d’abord une vie facile et mondaine avant de découvrir le christ et de lui consacrer sa vie, d’abord par un vœu de chasteté, prononcé en privé, puis par la contemplation avant de fonder en 1817 ce qui deviendra la Propagation de la Foi. Elle réunit des groupes de dix personnes dont chacune s’engage à former un nouveau groupe de dix. En 1821, l’association compte environ 2000 membres.

D’autres groupes de prêtres et de laïcs missionnaires imitent ce modèle. Elle dirige l’association pendant trois ans avant de se retirer. En 1826, elle fond le Rosaire Vivant qui aura un succès considérable et fera sa notoriété mondiale. Elle fondera d’autres œuvres moins connues avant de se pencher sur l’évangélisation de la classe ouvrière. Elle meurt à Lyon le 9 janvier 1862 laissant une trace profonde dans l’Église. »

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Les moyens autres que la prière sont l’aumône, les bons livres, les assemblées. On engage les associés à ajouter à la dizaine qu’ils récitent, l’aspiration suivante: « Seigneur, couvre de la protection de ton divin cœur notre saint Père le Pape », afin de s’attacher plus au souverain Pontife, qui est le serviteur de la foi et de l’unité catholique.

Les associés sont invités à faire une aumône en entrant dans l’association et à la renouveler tous les ans. Cette aumône est pour les dépenses de l’association, et le surplus, à répandre de bons livres, des chapelets, des médailles (médailles miraculeuses) et d’autres objets capables de favoriser la piété ou de procurer des ornements aux églises pauvres et aux autels de la sainte Vierge.

Elle est entièrement libre; et quand on voit l’impiété employer des sommes énormes pour répandre le mal, les fidèles craindraient-ils pour propager le bien ? Non, sans doute; et, ce qui est admirable, c’est qu’en général les pauvres ne sont pas les moins exacts à présenter leur offrande.

Qu’il est beau de voir des personnes qui gagnent péniblement leur vie, prendre encore sur la modicité de leur gain ce denier béni qui va multiplier partout des objets propres à ranimer la foi et à toucher les cœurs ! Cependant, si l’on craignait que quelqu’un pût être éloigné du Rosaire Vivant à cause de cette aumône annuelle, il vaudrait mieux se garder de la demander, et même d’en parler.

L’œuvre des bons livres doit être fort à cœur aux associés du rosaire vivant. Il est urgent d’opposer une digue à ce torrent d’ouvrages pernicieux répandus dans toutes les classes de la société. Les bons livres leur servent de contre-poison. Il est donc important de les multiplier autant que possible.

C’est aussi ce qu’on se propose dans l’association du Rosaire Vivant qui a pour but de conserver, de propager la foi et les bonnes mœurs; et les bons livres y contribuent pour beaucoup. Quant aux assemblées, on conçoit aisément les avantages de ces réunions qui fournissent d’heureuses occasions de s’entretenir dans la ferveur et dans un esprit de charité, et de tendre tous ensemble au même but.

Tels sont les différents moyens qui tendent tous plus ou moins directement, mais toujours d’une manière très utile, au but principal du Rosaire Vivant. Le devoir de ce Rosaire, c’est d’être associé  et de dire dévotement, tous les jours, en union avec les autres associés, une dizaine de Chapelet, avec l’intention d’honorer le mystère qui est échu pour le mois. Voilà le devoir essentiel et celui qui suffit.

Mais il est bien entendu que, pour mieux profiter du Mystère qui est échu, il faut le méditer, tâcher de s’en pénétrer et de pratiquer la vertu qui en est le fruit. La récitation d’une dizaine du Rosaire jointe à la méditation du Mystère est donc le seul devoir nécessaire; le reste, chacun en prend ce qui lui convient et en ce qui le concerne.

Voici un aperçu de l’ indulgence accordée par Sa Sainteté Grégoire XVI aux associés du Rosaire Vivant:

1° Une indulgence plénière pour chaque associé, le premier jour de fête après son admission.

2° Une  indulgence accordée par les souverains Pontifes aux fidèles qui récitent le Rosaire les jours de dimanches et de fêtes et pendant les octaves de Noël, de Pâques, de la Pentecôte, de la Fête Dieu; de l’Assomption, de la Nativité et de la Conception de la sainte Vierge.

3° Une indulgence plénière aux associés qui auront récite leur dizaine avec exactitude et dévotion, tous les jours, au moins pendant un mois savoir aux fêtes solennelles de Noël, de l’Épiphanie, de la Circoncision, de Pâques, de l’Ascension, de la Pentecôte, de la Fête-Dieu, de la Très Sainte Trinité, des Apôtres Saint Pierre et Saint Paul et de la Toussaint.  à toutes les fêtes de la sainte Vierge, solennelles ou non solennelles.

Nous allons donner la liste de ces fêtes pour augmenter la confiance en Marie, en montrant combien l’Église aime à honorer cette tendre et puissante Mère. Il nous semble que les vrais enfants de l’Église doivent être animés des sentiments de dévotion et d’amour les plus vifs envers cette Vierge mère de Dieu , en voyant sous combien de titres différents l’Esprit-Saint a inspiré de la vénérer et de l’implorer.

La Sainte Mère de Dieu, le 1er janvier. La Purification de la sainte Vierge, le 2 Février.  Notre-Dame de Lourdes, le 11 février. L’Annonciation de la sainte Vierge, le 25 Mars. Notre-Dame de bon secours, le 26 Avril. Notre-Dame des martyrs et Notre Dame de Fatima, le 13 Mai. Marie Auxiliatrice, le 24 Mai. La Visitation de la Sainte Vierge, le 31 mai. Marie Mère de l’Église, lundi après la Pentecôte. Le saint cœur de Marie, le samedi de la troisième semaine après la Pentecôte, le lendemain de la solennité du Sacré Cœur de Jésus. Notre-Dame de la paix, le 9 Juillet.  Notre-Dame du Mont-Carmel, le 16 Juillet. Notre-Dame des Anges, le 2 Août. Dédicace de la Basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome, le 5 août. L’Assomption, le 15 Août. La Vierge Marie Reine, le 22 août. La Nativité, le 8 Septembre. Le saint Nom de Marie, le 12 Septembre. Notre-Dame des sept douleurs, le 15 Septembre. Notre-Dame de la merci, le 24 Septembre. Notre-Dame du rosaire, le 7 octobre. La présentation de la sainte Vierge au temple, le 21 Novembre. Le patronage de la sainte Vierge, le 24 Novembre. Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse, le 27 novembre. L’immaculée conception, le 8 Décembre. Notre-Dame de Lorette, le 10 Décembre. Notre-Dame de Guadalupe, 12 Décembre. Notre-Dame de délivrance, le 16 Décembre. L’expectation de la sainte Vierge, le 18 Décembre. L’indulgence plénière est applicable aux défunts; elle exige la confession et la communion, et les prières d’usage dans une église.

À ces fêtes du calendrier général peuvent s’ajouter localement d’autres fêtes, par exemple :
16 janvier : Notre Dame Refuge des Pécheurs
17 janvier : Notre Dame de Pontmain
18 mars : Notre-Dame de la Miséricorde (Corse)
26 avril : Notre-Dame du Bon Conseil (Canada)
2 mai : la Vierge Marie, Consolatrice des affligés (Luxembourg)
24 mai : Mémoire de Marie Auxiliatrice ou Marie Secours des Chrétiens
27 juin : Notre Dame du Perpétuel Secours
23 juillet : Mémoire de la Vierge Marie Mère de la grâce divine (ordre du Carmel)
Dernier week-end d’août : Fête à Notre-Dame de Monton
31 août : Marie, Médiatrice de toute grâce (Belgique)
19 septembre : Notre-Dame de la Salette (mémoire facultative en France)
24 septembre : Notre-Dame de la Merci
12 octobre : Notre Dame d’Aparecida au Brésil

Résolution

Efforçons-nous d’être animés de l’esprit de la belle dévotion du rosaire, c’est-à-dire de l’esprit de piété et de charité, de ferveur et d’union d’esprit et de cœur avec tous les fidèles. Dieu est Charité, a dit Saint Jean; c’est aussi le trait caractéristique de l’esprit du christianisme: que ce soit donc aussi ce qui nous distingue, et nous serons de vrais enfants de Marie; nous consolerons l’Église qui voit partout tant d’indifférence, tant d’éloignement pour l’esprit de son divin époux. Pratiquons de cœur la dévotion du Rosaire; elle nous rendra des hommes et des femmes de bonnes œuvres, et nos jours seront des jours pleins et agréables au Seigneur.

Prière

O Dieu de bonté, nous te demandons instamment d’exaucer le Pape Grégoire XVI, qui s’exprimait ainsi : «Nous en avons la ferme confiance, avec le secours du Seigneur, un des heureux effets de cet exercice, le Rosaire Vivant, ne sera pas seulement de contribuer par sa facilité même à rendre plus fréquente la récitation d’une prière si propre à honorer saintement la Mère de Dieu en tout lieu et en tout temps, mais l’union et le concert de tant d’âmes qui la récitent, lui communiquant, pour ainsi dire, une nouvelle force, elle s’élèvera plus agréable vers ce Dieu Père,  qui, pressé par les vœux unanimes de ses serviteurs, se laisse fléchir et incliner vers la clémence.» Qu’il en soit ainsi par l’intercession de Marie. Ainsi soit-il.

D’après le manuel de Liège 1847

MOIS DU ROSAIRE – jour 25 – Le Rosaire, prière vocale

MOIS DU ROSAIRE – jour 25 – Le Rosaire, prière vocale

Notre-Dame du Rosaire entourée des quatre groupes de mystères
Notre-Dame du Rosaire entourée des quatre groupes de mystères

Le Rosaire étant tout à la fois un livre de méditation, de prières et d’actions de grâces, il est important pour les fidèles qui veulent pratiquer cette dévotion, de connaître l’excellence de la méditation et la manière du la faire en ce qui concerne particulièrement les Mystères du Rosaire. Toute l’étude du chrétien doit être de méditer les Mystères de Jésus-Christ et de régler sa conduite sur les vertus dont il nous offre le modèle.

Il n’y a de bonheur, de perfection et de salut ici-bas que dans la connaissance, l’amour et l’imitation de notre Divin Sauveur; c’est aussi la fin que Saint Dominique s’est proposée dans l’institution du Rosaire. Ce fut aussi l’intention formelle des souverains Pontifes qui l’ont approuvé et enrichi de l’indulgence; ils ont voulu donner lieu aux fidèles d’étudier et d’accompagner Jésus-Christ dans ses principaux mystères.

« Je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem, l’Esprit de grâce et de prière », dit Dieu au prophète Zacharie. Dieu envoya de nouveau cet Esprit en instituant dans l’Église le Rosaire qui unit d’une manière si salutaire la prière et la méditation. La prière est comme le flambeau dont la méditation reçoit la lumière et l’ardeur. De là le Rosaire est appelé la reine de toutes les prières.

Prier, c’est élever son âme à Dieu pour l’adorer, le remercier et lui demander tout ce qui nous est nécessaire. II y a deux sortes de prières: la prière vocale et la prière mentale; elles sont unies dans la pratique du Rosaire, puisqu’en même temps qu’on prononce des paroles, l’esprit doit être occupé de la méditation d’un Mystère.

Nous traiterons aujourd’hui de la prière vocale, et les jours suivants de la prière mentale ou méditation. Il n’est pas d’acte de religion plus commun ni plus ordinaire que la prière. Tout retentit des louanges du Seigneur et des vœux qu’on lui adresse, soit en récitant le rosaire, soit autrement, mais de cœur et d’esprit, une prière qui puisse être agréable au Seigneur.

En effet, la prière doit être un entretien avec Dieu, où l’âme admise, pour ainsi dire, et introduite dans le sanctuaire, expose au Seigneur ses besoins, lui représente ses misères, lui découvre ses tentations et ses faiblesses, et, pénétrée des plus vifs sentiments de respect, d’amour et de reconnaissance, elle tâche de l’honorer autant par sa profonde soumission à ses ordres, que par sa confiance et ses vœux.

Un acte de religion si parfait, pas une pratique purement extérieure, faite avec attention et dévotion intérieure. Le vrai culte dépend pour ainsi dire, de notre disposition; Dieu peut être adoré et prié partout pourvu que ce soit partout en esprit et en vérité qu’on l’adore et qu’on le prie. Toujours prêt à pourvoir à tous nos besoins, il demande seulement qu’on les lui expose par la prière.

Dieu étant si disposé à écouter et à exaucer nos vœux, par la récitation du rosaire, pensons bien que c’est à Dieu que nous parlons avec respect et attention. La prière n’est pas seulement la preuve de notre confiance, elle est encore la preuve de notre foi. Quel acte de religion doit donc nous intéresser davantage?

La prière est, parmi tant d’orages qui nous assaillent, l’abri le plus sûr et le plus proche; l’ennemi ne saurait nous forcer dans ce retranchement. Quel bonheur pour ceux à qui ce puissant secours devient utile!  La prière réellement faite peut être d’un grand secours. Dieu écoute et entend les prières du cœur.

Un Rosaire récité avec attention, avec affection, sera agréable aux yeux de Dieu. Lisons l’Évangile, nous y verrons que notre divin Sauveur fait attention à la foi et à la dévotion intérieures de cette pauvre femme infirme qui touche le bord de sa robe. « Tu vois la foule qui te presse, lui disent ses disciples, et tu demandes qui t’a touché! » Il faut que le cœur parle et que la Foi agisse, si l’on veut que Dieu exauce. Les seules clameurs de l’aveugle de Jéricho deviennent  efficaces quand il dit lui-même à Jésus-Christ ce qu’il souhaite.

L’attention de l’esprit et l’affection du cœur sont comme l’âme de la prière. Pensons que c’est à Dieu que nous parlons quand nous faisons quelque prière ! Deux choses doivent toujours concourir pour bien prier: la dévotion intérieure et le respect extérieur. Toute prière doit être animée d’une foi vive, d’une confiance entière, d’une attention véritable et d’une affectueuse dévotion.

Or, une prière ne peut être telle qu’en élevant son cœur à Dieu, en dressant son intention, en unissant sa prière à celles que Jésus-Christ adressait à Son Père sur la terre, et surtout sans précipitation.

Résolution

Ayons aujourd’hui une véritable joie de faire nos prières vocales et en particulier de réciter le rosaire en prenant la résolution de pratiquer cet acte de religion avec un véritable respect et une tendre dévotion. N’oublions jamais que la prière, par conséquent la récitation du Rosaire ou du Chapelet est un acte de religion; que c’est un culte que nous rendons à Dieu, une supplique que nous lui présentons; qu’elle doit donc être toujours humble, respectueuse, religieuse et remplie de dévotion.

Prière

Apprends-nous toi-même, Seigneur, à prier. Nous reconnaissons et avouons que  nous n’avons pas mérité certaines fois d’être exaucés dans nos prières, parce que nous les avons pas faites avec assez de dévotion, d’attention et de respect. Nous espérons, Seigneur, que, par l’intercession de Notre Dame du Rosaire, tu exauceras du moins celle que nous t’adressons en ce moment, à savoir: de nous pardonner nos irrévérences et de nous apprendre à bien prier. Ainsi soit-il.

D’après le manuel de Liège 1847

DANS LE ROSAIRE, NOUS REVIVONS LES ESPÉRANCES DU CHRÉTIEN

Dans les mystères glorieux du saint Rosaire, nous revivons les espérances du chrétien: les espérances de la vie éternelle, qui engagent la toute-puissance de Dieu, et les attentes du temps présent, qui engagent les hommes à collaborer avec Dieu.

Dans le Christ qui ressuscite, le monde entier ressuscite, et sont inaugurés les cieux nouveaux et la terre nouvelle, qui auront leur accomplissement à son retour glorieux, lorsque, « il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car l’ancien monde s’en est allé» (Ap 21,4).

En lui qui monte au ciel, la nature humaine est exaltée, placée à la droite de Dieu, et, à ses disciples, est donnée la consigne d’évangéliser la terre: il s’est caché sous le visage de chaque homme, spécialement des plus malheureux: les pauvres, les malades, les marginaux, les persécutés…
Saint Jean-Paul II, Osservatore Romano 45, 08-11-1983

LE MOIS DU ROSAIRE –  jour 24 – Le Rosaire vivant

LE MOIS DU ROSAIRE –  jour 24 – Le Rosaire vivant

Le Rosaire et la Bible
Le Rosaire et la Bible

Le Rosaire Vivant est absolument le même que celui de Saint Dominique, il n’en diffère que par la manière de le pratiquer. Pour la récitation simple et privée du Rosaire, chacun dit, chaque jour, au moins une des quatre parties du rosaire, c’est-à-dire cinq dizaines. Selon les statuts des Confréries du Rosaire, chaque membre dit dans le cours de la semaine le Rosaire tout entier, c’est-à-dire vingt dizaines.

Enfin, pour le Rosaire Vivant, vingt personnes (ou dix ou cinq dans les petites équipes du Rosaire) associées ensemble se partagent, pour un mois, les vingt Mystères du Rosaire; et chacune d’elles récite tous les jours une dizaine (ou deux ou plus) de son Chapelet en l’honneur de celui de ces Mystères qui lui est échu pendant le mois.

Par ce moyen si simple et si facile, le Rosaire est récité chaque jour tout entier entre ces vingt personnes, et autant de fois en entier qu’il y a de vingtaines, sans que chaque personne y mette beaucoup de temps; qu’en faut-il en effet pour dire une dizaine de Chapelet ?

De cette manière la récitation du Rosaire devient vraiment perpétuelle: et quelle gloire n’en revient-il pas à la Très Sainte Vierge ! vingt personnes associées ensemble forment un Rosaire Vivant, et la réunion des diverses vingtaines compose la confrérie du Rosaire Vivant, dont tous les membres sont unis par les liens d’une tendre Charité, par une émulation mutuelle pour la gloire de Marie, par une sainte ardeur à implorer sa protection.

On sent aisément tous les avantages que présente cette méthode par l’union des cœurs et des prières. C’est un moyen de resserrer et d’entretenir les liens de la charité entre les fidèles, qui trop souvent sont indifférents les uns pour les autres; on forme une nouvelle communauté de biens spirituels, que l’on partage avec ses frères.

Si l’on peut se réunir quelquefois pour réciter la dizaine ensemble, on perfectionne cette pratique et on la rend plus efficace. En méditant pendant un mois sur le même Mystère, on l’étudie mieux, on s’en pénètre et l’on s’attache à pratiquer la vertu qui en est le fruit: enfin, les personnes les plus occupées peuvent ainsi pratiquer le Rosaire et en recueillir les biens spirituels.

Cette méthode de pratiquer le Rosaire, qui sans détruire ou altérer l’ancienne, ne doit que la seconder, a été inspirée de Dieu pour ranimer la confiance en Marie, réveiller la ferveur qui se refroidissait et parer aux besoins présents et à venir.

Entrons donc de tout notre cœur dans les vues de la Providence: dévoués au culte de Marie, ranimons, faisons revivre la dévotion du Rosaire, répondons à la voix du Père commun des fidèles en nous faisant le Rosaire Vivant.

Cette dénomination a été donnée à cette manière de réciter le rosaire parce que, d’après le mode de son organisation, chaque vingtaine réunissant autant de personnes qu’il y a de Mystères à honorer, chaque division se composant d’autant d’associés qu’il y a de grains dans un Rosaire, ces associés forment comme autant de grains vivants, dévoués par un culte journalier au service de la Mère de Dieu; et, en second lien parce qu’il est mis comme en action par la récitation perpétuelle des prières.

Quant à son origine, on la doit à la piété d’une fidèle Servante du Seigneur, Pauline Jaricot, à qui Dieu avait déjà inspiré l’œuvre admirable et si utile de la Propagation de la Foi. C’est à Lyon que cette forme nouvelle de réciter le Rosaire a commencé à être pratiquée: c’était en 1826. Elle y est d’abord demeurée cachée, pour ainsi dire, dans les plaies de Jésus humilié, mais bientôt, comme le grain de sénevé de l’Évangile, elle s’est répandue dans un grand nombre de diocèses.

Le souverain Pontife Grégoire XVI l’a solennellement instituée et approuvée par un bref du 27 Janvier 1832. Le père commun des fidèles y exprime avec une sainte effusion de cœur la joie que lui fait éprouver l’établissement de cette pieuse pratique et les espérances qu’il en conçoit.

Il y fait paraître un vif désir de voir le rosaire vivant se propager et il engage à le répandre. Dans cette vue, il accorde au rosaire vivant l’indulgence, à laquelle il joint, en outre, celle qui a été attachée par ses prédécesseurs à la récitation du rosaire.

A dater de celle approbation par le Saint Siège, le Rosaire Vivant a fait de nouveaux et rapides progrès; il s’est étendu et s’étend encore dans tous les pays. Répondant à la voix du Souverain Pontife, les évêques le favorisent d’une manière spéciale; plusieurs ont publié des lettres pastorales pour l’établir dans leurs diocèses, le recommandant vivement à leurs diocésains.

Un des buts du Rosaire Vivant, que le souverain Pontife exprime lui-même dans son bref de 1832, c’est de faire revivre et de rendre plus fréquente la pratique du Saint Rosaire, dévotion si belle, mais trop oubliée, en la mettant à la portée de tous, par une méthode plus simple et plus facile; c’est de tendre à réaliser le désir d’un pieux missionnaire, qui eût souhaité de voir le monde entier couvert des grains bénits du Rosaire.

Mais des grains muets n’auraient pas rendu à la Mère de Dieu la gloire qu’Elle mérite; il fallait que des grains vivants, que des Rosaires de cœurs, fissent retentir toute la terre de Ses louanges.

Cette association doit  les favoriser, en disposant ceux qui ne connaîtraient qu’imparfaitement cette dévotion à la goûter davantage et à la pratiquer avec plus d’étendue, selon les règles de ces confréries, car il ne faut pas confondre l’ancienne Confrérie avec l’association du Rosaire Vivant; chacune demeure distincte, et conserve toujours sou organisation, ses règles, l’ indulgence, qui lui sont propres.

Un autre but du Rosaire Vivant, et qui est le principal, c’est de fléchir la colère de Dieu,  d’implorer avec des instances réitérées la Divine Miséricorde au Ciel , par l’entremise de Notre Dame du Rosaire, afin d’obtenir la conservation de la Foi pour nous et pour nos frères, l’avancement et la perfection des justes, la conversion des pécheurs, l’exaltation de la sainte Église de Jésus-Christ.

Prions sans cesse pour une si noble fin. Si saint Dominique, le Rosaire à la main, put triompher des Albigeois, et réformer des provinces entières, qui sait si, malgré notre indignité, nous n’obtiendrons pas du Cœur de Marie qu’elle confonde l’impiété, non pas en perdant les impies, mais en obtenant leur conversion! Puisque Jésus-Christ nous promet d’exaucer les prières de deux ou trois personnes assemblées en son nom, ne peut-on pas espérer que tant de milliers d’âmes associées au Rosaire Vivant seront exaucées ?

Résolution

Faisons comme beaucoup d’âmes pieuses qui pratiquent les deux manières de réciter le Rosaire, c’est-à-dire, qui le récitent en entier chaque semaine selon les règles de l’ancienne Confrérie et de plus récitent chaque jour une dizaine pour le rosaire vivant. Cette pratique n’a rien que de très facile. Travaillons donc à propager ces deux manières de dire le Rosaire, à l’exemple du souverain Pontife qui désire si ardemment de rendre plus fréquente la récitation d’une prière si propre à honorer saintement la Mère de Dieu en tout temps et en tout lieu.

Prière

Vierge sainte, c’est Vous qui avez inspiré à l’une de vos fidèles servantes, de former de pieuses associations pour s’unir dans la récitation quotidienne du Rosaire; obtenez de Dieu à tous les associés du Rosaire Vivant, qu’en Vous rendant ce tribut d’hommages, ils remplissent tous leurs autres devoirs de religion et de Charité, et règlent leur conduite sur les préceptes de la vie chrétienne, afin que, Vous devenant de jour en jour plus agréables, Vous les conduisiez à la vie éternelle et qu’ainsi cette dévotion soit pour le peuple fidèle une source abondante de bénédiction et de salut. Ainsi soit-il.

D’après le manuel de Liège 1847

UN ENFANT QUI APPARTIENT À DIEU

En Marie, mariée virginalement à Joseph et fécondée divinement, se trouve la joie du chaste amour des époux et de la maternité accueillie et protégée comme don de Dieu;
en Marie, empressée de se rendre chez Élisabeth, la joie de servir les frères en leur portant la présence de Dieu;
en Marie, qui présente aux pasteurs et aux Mages l’attendu d’Israël, le partage spontané et confiant, le propre de l’amitié;
en Marie, qui, au temple, offre son propre Fils au Père céleste, la joie mêlée d’angoisses des parents et des éducateurs envers leurs fils ou leurs élèves;
en Marie qui, après trois jours d’angoissante recherche, retrouve Jésus, la joie unie à la souffrance de la mère qui sait que son enfant appartient à Dieu avant d’appartenir à elle-même.
Saint Jean-Paul II, Osservatore Romano 43, 25-10-1983