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sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

Audience générale: la Parole de Dieu guide l’Église et l’envoie en mission

Audience générale: la Parole de Dieu guide l’Église et l’envoie en mission

L’Audience générale de ce mercredi 11 février a poursuivi la relecture de la Constitution conciliaire Dei Verbum. Léon XIV s’arrête aujourd’hui sur le chapitre six du document, relatif à la centralité de la Parole de Dieu dans la vie de l’Église.
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LÉON XIV

AUDIENCE GÉNÉRALE

>Place Saint-Pierre
Mercredi 11 mars 2026

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Catéchèse. Les Documents du Concile Vatican II II. La Constitution dogmatique Lumen gentium 3. L’Église peuple de Dieu

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

Poursuivant notre réflexion sur la Constitution dogmatique Lumen gentium (LG), nous nous penchons aujourd’hui sur le deuxième chapitre, consacré au Peuple de Dieu.

Dieu, qui a créé le monde et l’humanité et qui désire sauver chaque homme et chaque femme, accomplit son œuvre de salut dans l’histoire en choisissant un peuple concret et en habitant parmi lui. C’est pourquoi il appelle Abraham et lui promet une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et le sable de la mer (cf. Gn 22, 17-18).

Avec les enfants d’Abraham, après les avoir affranchis de l’esclavage, Dieu fait alliance avec eux, les accompagne, prend soin d’eux et les rassemble lorsqu’ils s’égarent. Ainsi, l’identité de ce peuple est donnée par l’action de Dieu et par la foi en lui. Il est appelé à être une lumière pour les autres nations, comme un phare qui attirera tous les peuples, toute l’humanité (cf. Is 2, 1-5).

Le Concile affirme que « Tout cela cependant n’était que pour préparer et figurer l’Alliance Nouvelle et parfaite qui serait conclue dans le Christ, et la révélation plus totale qui serait transmise par le Verbe de Dieu lui-même, fait chair.» ( Lumen gentium, 9).

C’est en effet le Christ qui, par le don de son Corps et de son Sang, rassemble définitivement ce peuple en lui. Il est désormais composé de personnes de toutes les nations ; il est unifié par la foi en lui, par l’adhésion à lui, par une vie animée par l’Esprit du Ressuscité.

Ainsi est l’Église : le peuple de Dieu qui tire son existence du corps du Christ [1] et qui est lui-même le corps du Christ [2] ; non pas un peuple comme un autre, mais le peuple de Dieu, réuni par lui et composé d’hommes et de femmes de tous les peuples de la terre.

Son principe unificateur n’est ni une langue, ni une culture, ni un groupe ethnique, mais la foi en Christ : l’Église est donc – selon une magnifique expression du Concile – « L’ensemble de ceux qui regardent avec la foi vers Jésus » ( Lumen gentium, 9).

Il s’agit d’un peuple messianique, précisément parce que son chef, le Christ, est le Messie. Ceux qui lui appartiennent ne se vantent ni de mérites ni de titres, mais seulement du don d’être, en Christ et par Lui, fils et filles de Dieu. Avant toute tâche ou fonction, ce qui importe donc véritablement dans l’Église, c’est d’être greffés sur le Christ, d’être, par grâce, enfants de Dieu.

C’est aussi le seul titre honorifique que nous devrions rechercher en tant que chrétiens. Nous sommes dans l’Église pour recevoir continuellement la vie du Père et pour vivre comme ses enfants et frères entre nous. Par conséquent, la loi qui anime les relations dans l’Église est l’amour, tel que nous le recevons et l’expérimentons en Jésus ; et son but est le Royaume de Dieu, vers lequel elle chemine avec toute l’humanité.

Unifiée dans le Christ, Seigneur et Sauveur de tout homme et de toute femme, l’Église ne peut jamais se replier sur elle-même, mais elle est ouverte à tous et est pour tous. Si les croyants en Christ y appartiennent, le Concile nous rappelle que « à faire partie du Peuple de Dieu, tous les hommes sont appelés.

C’est pourquoi ce peuple, demeurant uni et unique, est destiné à se dilater aux dimensions de l’univers entier et à toute la suite des siècles pour que s’accomplisse ce que s’est proposé la volonté de Dieu créant à l’origine la nature humaine dans l’unité, et décidant de rassembler enfin dans l’unité ses fils dispersés» (LG, 13).

Même ceux qui n’ont pas encore reçu l’Évangile sont donc, d’une certaine manière, orientés vers le Peuple de Dieu, et l’Église, coopérant à la mission du Christ, est appelée à répandre l’Évangile partout et à tous (cf. LG, 17), afin que chacun puisse entrer en contact avec le Christ.

Cela signifie que dans l’Église, il y a et il doit y avoir une place pour chacun, et que chaque chrétien est appelé à proclamer l’Évangile et à témoigner dans tout milieu où il vit et travaille. C’est ainsi que ce peuple manifeste sa catholicité, accueillant les richesses et les ressources des différentes cultures et, en même temps, leur offrant la nouveauté de l’Évangile pour les purifier et les élever (cf. LG, 13).

En ce sens, l’Église est une mais inclut tout le monde. Un grand théologien l’a décrite ainsi : « Unique Arche du Salut, elle doit accueillir dans sa vaste nef toute la diversité humaine. Unique Salle du Banquet, la nourriture qu’elle distribue provient de toute la création. La robe sans couture du Christ est aussi – et c’est une seule et même chose – la robe multicolore de Joseph.» [3]

C’est un grand signe d’espérance – surtout à notre époque, marquée par tant de conflits et de guerres – de savoir que l’Église est un peuple où des femmes et des hommes de nationalités, de langues et de cultures différentes coexistent par la force de la foi : c’est un signe inscrit au cœur même de l’humanité, un rappel et une prophétie de cette unité et de cette paix auxquelles Dieu le Père appelle tous ses enfants.

* * *

Je salue cordialement les pèlerins de langue française, en particulier, venus de France : le groupe de prêtres du Diocèse de Saint-Flour, avec leur évêque et les élèves de plusieurs écoles catholiques ; enfin les pèlerins venus de Belgique : spécialement le groupe d’étudiants des Écoles Européennes.

Soyez des missionnaires de l’unité et de la paix témoignant de l’Amour de Dieu pour l’humanité.

Que Dieu vous bénisse !

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[1] Cf. J. Ratzinger, Il nuovo popolo di Dio, Brescia 1992, 97.

[2] Cf. Y. M.-J. Congar, Un popolo messianico, Brescia 1976, 75.

[3] Cf. H. de Lubac, Cattolicismo. Aspetti sociali del dogma, Milano 1992, 222.

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Résumé de la catéchèse du Saint-Père : 

Frères et sœurs, le Concile affirme que l’alliance conclue par Dieu avec les enfants d’Abraham était une préparation à la nouvelle alliance qui devait être conclue avec le Christ (cf. LG 9). Ainsi l’Église est le peuple de Dieu dont le principe unificateur n’est pas une langue, une culture, une ethnie, mais la foi en Christ.

Le Concile ajoute que « ce peuple, demeurant un et unique, est destiné à se dilater aux dimensions de l’univers entier et à toute la suite des siècles pour que s’accomplisse ce que s’est proposé la volonté de Dieu créant à l’origine la nature humaine dans l’unité, et décidant de rassembler enfin dans l’unité ses fils dispersés » (LG 13).

Dans l’Église, il y a une place pour tous, et chaque chrétien est appelé à annoncer l’Évangile dans tous les milieux où il vit et travaille. C’est ainsi un grand signe d’espoir – surtout à notre époque marquée par tant de conflits et de guerres – de savoir que l’Église est un appel et une prophétie de cette unité et de cette paix auxquelles Dieu le Père appelle tous ses enfants.

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

MOIS DE SAINT JOSEPH – XIIIe JOUR

MOIS DE SAINT JOSEPH – XIIIe JOUR

Saint Joseph témoin de la naissance de Jésus-Christ
et son premier adorateur.

nativité de Jésus avec Marie et Joseph -église Saint Joseph Angers 49
nativité de Jésus avec Marie et Joseph -église Saint Joseph Angers 49

I

SAINT BONAVENTURE 1217-1274

« Joseph savait que le moment des couches de son épouse était proche, quand il remmena avec lui à Bethléem, où l’édit de l’empereur Auguste l’obligeait à aller se faire inscrire.

« Joseph et Marie firent donc cette route, qui est longue; car Bethléem est à cinq ou six milles de Jérusalem; ils menaient avec eux un âne et un bœuf, comme des pauvres ou des marchands de bétail. » (Saint Bonaventure, Vie du Christ, ch. VII)

II

SAINT ALPHONSE DE LIGUORI (1696-1787)

« Considérez lés doux entretiens que Marie et Joseph durent avoir ensemble pendant leur voyage, sur la miséricorde de Dieu, qui envoyait ainsi son Fils au monde pour racheter le genre humain ; et sur l’amour de ce Fils, qui venait dans cette vallée de larmes pour expier, par ses souffrances et par sa mort, les péchés des hommes. Considérez ensuite l’angoisse de Joseph en cette nuit où naquit le Verbe divin, quand repoussé, avec Marie, de toutes les maisons de Bethléem, ils furent contraints de chercher un asile dans une étable.

Quelle fut la peine de Joseph en voyant sa sainte épouse, jeune fille de quinze ans, sur le point de devenir mère, sans moyens de se réchauffer dans cette grotte humide et ouverte de plusieurs côtés! Mais quelle dut être ensuite sa consolation, quand il entendit Marie l’appeler et lui dire : Voyez Joseph, venez adorer notre Dieu enfant. Contemplez le roi de l’univers dans cette crèche, sur cette paille. Voyez comme il tremble de froid, lui qui embrase d’amour les Séraphins. Voyez comme il pleure, lui qui est la joie des cieux.

(Saint Bonaventure a tracé ce naïf et charmant tableau de l’étable de Bethléem au moment qui suivit la naissance de Notre-Seigneur: « Or considérez ici quel fut l’amour et l’attendrissement de Joseph, alors qu’il vit de ses propres yeux le Fils de Dieu fait enfant ; qu’il entendit en même temps les anges chanter autour du Seigneur nouveau-né, et qu’il vit la grotte remplie de lumière.
Alors Joseph tomba à genoux, et, pleurant d’attendrissement : « Je vous adore, s’écria-t-il, oui, je vous adore, mon Seigneur et mon Dieu. Quel n’est pas mon bonheur d’être, après Marie, le premier à vous contempler, et de savoir que vous voulez dans le monde être appelé mon Fils et estimé tel! Permettez donc que, moi aussi, je vous donne ce nom, et que dès maintenant je vous dise : Mon Dieu et mon Fils, je me consacre tout à vous. » (S. Liguori, Méditations sur saint Joseph.)

« Marie se baissant vers l’enfant Jésus, le prit entre ses bras, l’embrassa doucement, et l’enveloppa dans le voile qu’elle portait sur la tête ; puis elle le déposa dans la crèche. Le bœuf et l’âne, pliant alors les genoux, vinrent appuyer leur tête sur le bord de cette crèche et la remplirent du souffle tiède de leurs naseaux, comme s’ils avaient compris que cet enfant, si pauvrement couvert, avait besoin d’être réchauffé, par un si grand froid.

« Mais sa mère, à genoux, l’adorait et bénissait Dieu en disant : Je vous rends grâces, Père éternel, qui m’avez donné votre Fils. Et: Je vous adore, Dieu Éternel, Fils du Dieu vivant et mon fils. Joseph vint aussi l’adorer, et prenant le bât de l’âne, il en détacha le coussin , et le plaça près de la crèche pour servir de siège à sa souveraine. La sainte Vierge s’y assit, et la Reine du monde demeura à cette place le visage tourné vers la crèche et les yeux fixés, comme tout son amour, sur son enfant bien-aimé.

III

ISIDORE ISOLANO (1477-1528)

« Cette adoration fut sans aucun doute plus agréable à Dieu que toutes les joies, tous les sacrifices, tous les appareils mondains, et elle lui parut au-dessus de tous les présents.

« Ne doit-on pas croire que le bienheureux Joseph entendit retentir délicieusement les cantiques célestes, tandis qu’il était ravi de joie et comme abîmé dans l’extase ? Si des légions d’anges chantèrent de la voix la plus sonore et la plus douce pour de pauvres bergers : Gloire à Dieu au plus haut des deux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, peut-on mettre en doute qu’ils chantèrent ce cantique et de plus beaux encore pendant l’adoration de Marie et de Joseph ? Peu importe que l’Évangile n’en parle pas, il s’est tu sur de plus grandes choses que nous ignorons.
Les hommes de foi qui connaissent les consolations célestes et n’aiment pas à les révéler, méditent et croient bien d’autres merveilles. Du reste, les âmes chrétiennes comprennent quelles actions de grâces Joseph rendit mentalement à Notre-Seigneur. Il vaut mieux voiler par le silence de tels mystères, que de les découvrir aux esprits faibles et bornés des mortels. » (Isidore Isolano, la Somme des vertus de saint Joseph, dédiée au pape Adrien VI)

« Combien, dit saint Liguori, s’accrut encore la joie de Joseph, quand il vit arriver, cette nuit même, ceux qui devaient être, après lui, les premiers adorateurs du Christ naissant! L’Évangile ne fait pas mention de ce saint homme; mais Dieu, qui l’avait admis à être le coopérateur de l’œuvre de la Rédemption, voulut sans nul doute qu’après avoir été le témoin de la naissance de Jésus-Christ, il fût le témoin fidèle de la gloire rendue à Dieu par les anges, qu’il recueillît le récit des bergers, quand ceux-ci vinrent adorer le Sauveur, et qu’il assistât aussi à l’adoration des Mages, lorsque ces illustres rois, se laissant guider par l’étoile, arrivèrent de leurs pays lointains, pour rendre leurs devoirs au Roi du ciel. » (Saint Liguori, loc. cit.)

MOIS DE SAINT JOSEPH – XIIe JOUR

MOIS DE SAINT JOSEPH – XIIe JOUR

Saint Joseph, instruit du mystère de l’Incarnation

Saint Bernardin de Sienne dit que saint Joseph fut instruit de la conception miraculeuse de Marie, au retour du voyage que cette bienheureuse Vierge avait fait au pays des montagnes, pour visiter sa cousine Élisabeth et pour sanctifier par sa présence le précurseur de son fils. (Sermon sur saint Joseph)

I

Justice de saint Joseph.

Saint Joseph - église Saint Joseph des Épinettes Paris
Saint Joseph – église Saint Joseph des Épinettes Paris

Les Pères de l’Église sont unanimes à attester le trouble qui saisit alors l’âme de saint Joseph. Selon plusieurs d’entre eux, le saint homme ignorait encore le mystère de l’Incarnation ; car Marie gardait humblement le silence sur le don qu’elle avait reçu ; craignant de dévoiler avant l’heure le secret divin. (Saint Bonaventure, Vie du Christ, ch. XIX)

« Et alors, dit l’Évangile, comme Joseph était un homme juste, il résolut de renvoyer Marie secrètement.

« Étrange éloge de celui que la pitié semble inspirer ici plutôt que la justice, s’écrie saint Pierre Chrysologue ; car, si la justice , selon la doctrine de saint Bernard, est la vertu qui rend à chacun ce qui lui appartient, et si Joseph accuse Marie dans son âme, en cherchant à la soustraire aux rigueurs, des lois juives, ne semble-t-il pas, au contraire, violer ce principe de justice auquel l’Évangile le loue d’avoir conformé ses desseins ?

« C’est que l’Évangile entend ici la justice dans le sens où Gerson dit «qu’elle comprend et enclot toute vertu» comme un assemblage et une pondération de vertus en apparence contraires, mais qui se complètent mutuellement.

« Saint Joseph fut appelé juste, dit saint Pierre Chrysologue, parce qu’il possédait toutes les vertus dans leur plénitude ; » et le même Père ajoute : « L’équité sans la bonté est de la rigueur, et la justice séparée de la pitié devient de la cruauté. » (Homélie XLV)

« C’est là, remarque aussi Louis de Grenade, une des garanties et un  des caractères de la véritable justice, d’être unie à la miséricorde, comme l’est la justice  de Dieu. La loi divine mettait le glaive dans ce les mains du saint patriarche.

« Mais tous les avantages étaient en faveur de l’offensé, il renonça pour Dieu aux droits qui lui étaient accordés; et de même qu’il souhaitait que Dieu usât de miséricorde envers lui, plutôt ce que de justice, il en usa de même envers son épouse. » (Méditations sur les mystères)

« D’ailleurs, à un point de vue plus élevé, la justice du chrétien consiste à vivre de la foi, et à renoncer à son propre sens. » (Fléchier, loc. cit.)

« Or, c’est ce que fait ici saint Joseph avec une admirable droiture de cœur : «Ne pouvant se confier à aucun homme, il dit : tout à Dieu, dit saint Pierre Chrysologue, et, ne cherchant à pénétrer les secrets divins que dans la mesure nécessaire pour y correspondre, ce fidèle ministre de la Providence, dégagé de ses passions comme de ses desseins personnels, attend, dans une confiance inébranlable, la lumière promise aux hommes de bonne volonté.

« De cette confiance naissaient en son âme un tel calme et une telle sérénité de conscience, que la mer est moins paisible lorsque les vents se taisent, que le ciel est moins serein lorsque l’aquilon a chassé toutes les nuées, que ne l’était cette âme bénie au milieu d’une si horrible tempête.

« La paix étant le fruit de la justice et la fille de la confiance (Isaïe, XXXII), une paix profonde devait être la conséquence d’une justice sans tache et d’une « confiance illimitée.» (Louis de Grenade, loc. cit.)

II

Humilité de saint Joseph

SAINT BERNARD (1090-1153)

Mais saint Bernard interprète d’une autre manière le dessein qu’avait eu Joseph de se séparer de Marie, et, selon lui, ce n’est pas sa confiance en sa sainte épouse qui était ébranlée, c’était son humilité qui s’était alarmée. (L’opinion de saint Bernard et celle de saint Thomas , de saint Basile, d’Origène et de Gerson.)

« Joseph voulait éloigner Marie de sa demeure, comme Pierre voulait repousser le Sauveur de sa barque, quand il s’écriait: Éloignez-vous de moi, Seigneur, parce que je suis un pécheur; comme le centurion lui refusait l’entrée de sa maison, quand il s’écriait : Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison.

« Par le même sentiment, Joseph se croyait un indigne et un pécheur, et se disait intérieurement qu’il ne devait pas conserver plus longtemps la garde d’une créature dont il contemplait avec une sorte d’effroi l’incomparable dignité. Il voyait en tremblant qu’elle portait la trace certaine de la présence divine; et, ne pouvant pénétrer le mystère, il voulait s’en éloigner.

« Pierre tremblait à la vue de la puissance de Jésus-Christ. Le centurion tremblait devant la majesté de sa présence. Joseph aussi trembla devant la nouveauté d’un tel miracle et la profondeur d’un si grand mystère. C’est pourquoi il voulut renvoyer Marie en secret.

« Vous étonnez-vous que Joseph se trouvât indigne de rester devant la sainte Vierge devenue Mère de Dieu, quand vous voyez sainte Élisabeth ne supporter sa présence qu’avec révérence et terreur, et s’écrier : D’où me vient ce bonheur, que la mère de Dieu daigne venir à moi.

« D’après l’opinion de plusieurs Pères de l’Église, Joseph ayant reconnu que Marie avait conçu par l’opération du Saint-Esprit, il la tint en si grande révérence, qu’il n’osa jamais contempler son visage.

« On lit dans l’Exode que les fils d’Israël ne pouvaient regarder Moïse à cause de l’éclat de son visage. Mais si la parole divine entendue par le prophète avait laissé sur lui comme un reflet éblouissant, que dire du rayonnement de la présence divine sur la mère même du Rédempteur? (Albert le Grand, De Laudibus Mariae, c. VII.)

« Voici donc le seul motif qui poussait Joseph à renvoyer Marie; mais pourquoi voulut-il le faire en secret et non publiquement? De peur qu’on ne cherchât la cause de cette séparation et qu’on ne lui en demandât le motif. Qu’est-ce que le juste Joseph aurait répondu au peuple opiniâtre, incroyant et contradicteur?

« S’il avait dit ce qu’il savait, est-ce que des Juifs cruels ‘ et sans foi n’auraient pas voulu le noyer et lapider Marie? Eussent-ils cru à la présence de Celui qui se taisait dans le sein de la Vierge, eux qui refusèrent de l’écouter plus tard, lorsqu’il enseignait dans le Temple?

« Que se seraient-ils permis contre Jésus qui était encore caché à leurs yeux, eux qui portèrent sur lui leurs mains impies, lorsque éclataient ses miracles.

« Le juste Joseph, forcé de mentir ou de diffamer Marie innocente, songeait donc à la renvoyer en secret, et il mérita, dans le doute, d’être éclairé par un oracle ; car il est écrit : « L’Ange du Seigneur lui apparut et lui dit : Joseph, fils de David, ne craignez pas de prendre avec vous Marie, votre épouse; car ce qui est né en elle est du Saint-Esprit. Elle enfantera un fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus. » (Saint Bernard, Sermon sur la sainte Vierge.)

III

LOUIS DE GRENADE – SAINT THOMAS – SAINT CHRYSOSTOME

« Combien de mystères sont compris dans ce peu de paroles : le Messie était venu au monde ; les promesses de Dieu, les espérances des saints, toutes les prophéties, toutes les vérités marquées obscurément dans les Écritures étaient accomplies; la terre allait réparer sa perte et recouvrer son salut.

« Que ne devait point ressentir un cœur aussi pur et aussi saint que celui de Joseph au milieu de toutes ces lumières et parmi toutes ces révélations qui lui découvraient de si hauts mystères!

« C’est le propre du Saint-Esprit de mettre dans l’esprit des justes des sentiments pour les mystères proportionnés à la connaissance qu’il leur en donne. Car, étant essentiellement l’amour qui procède du père et du fils, il n’exerce pas moins sa puissance sur la volonté que sur l’entendement.

« Jugez donc quelle pouvait être la volonté de saint Joseph, puisque son entendement avait été éclairé de si grandes lumières.»(Louis de Grenade , Méditation sur la vie de Notre’ Seigneur Jésus-Christ, ch. II.)

« Après cette parole, ce qui avait amené la mort ramène la vie. Nous avons tous été perdus par la désobéissance d’Adam, nous commençons à être relevés jusqu’à notre premier état par l’obéissance de saint Joseph. » (S. Thomas, Chaîne d’or, ch. I et II.)

« II reçoit de nouveau Marie dans sa maison ; ce qui ne veut pas dire, remarque saint Chrysostome, qu’il ait à la ramener dans sa demeure matérielle; mais par le dessein qu’il avait conçu, il l’avait en quelque sorte séparée de son âme, et il l’y reçoit de nouveau comme son épouse fidèle et bien-aimée. » (Saint Chrysostome, Homélie II.)