Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

Jésus mort et ressuscité, voilà le noyau de notre espérance

Jésus mort et ressuscité, voilà le noyau de notre espérance

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Jésus mort et ressuscité est le cœur de notre foi. Saint Paul, en énonçant en peu de mots – avec seulement quatre verbes – ce contenu, nous transmet le “noyau” de notre espérance : « Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures, et il fut mis au tombeau ; il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures, il est apparu à Pierre, puis aux Douze »( 1 Co 15, 3-5).

Le Christ est mort, a été mis au tombeau, est ressuscité, est apparu. Il a traversé le drame de la mort pour nous. L’amour du Père l’a ressuscité dans la puissance de l’Esprit, faisant de son humanité les prémices de l’éternité pour notre salut.

L’espérance chrétienne consiste précisément en ceci : face à la mort, où tout semble finir, nous recevons la certitude que, grâce au Christ, par sa grâce qui nous est communiquée dans le Baptême, « la vie n’est pas détruite, elle est transformée » pour toujours. (Missel Romain, Préface des défunts I.)

Dans le Baptême, en effet, ensevelis avec le Christ, nous recevons en Lui, ressuscité, le don d’une vie nouvelle qui brise le mur de la mort et en fait un passage vers l’éternité.

Bulle d’indiction du Jubilé 2025 – Pape François

Contempler Marie l’Étoile de la mer

Marie est l’étoile de la mer, celle qui nous guide lorsque nous sommes sur les flots agités de notre vie. Marie, étoile de l’espérance : « Par une hymne du VIIe – IXe siècle, donc depuis plus de mille ans, l’Église salue Marie, Mère de Dieu, comme « étoile de la mer »: Ave maris Stella.

La vie humaine est un chemin. Vers quelle fin ? Comment en trouvons-nous la route ? La vie est comme un voyage sur la mer de l’histoire, souvent obscur et dans l’orage, un voyage dans lequel nous scrutons les astres qui nous indiquent la route. Les vraies étoiles de notre vie sont les personnes qui ont su vivre dans la droiture. Elles sont des lumières d’espérance.

Certainement, Jésus Christ est la lumière par antonomase, le soleil qui se lève sur toutes les ténèbres de l’histoire. Mais pour arriver jusqu’à Lui nous avons besoin aussi de lumières proches – de personnes qui donnent une lumière en la tirant de sa lumière et qui offrent ainsi une orientation pour notre traversée.

Et quelle personne pourrait plus que Marie être pour nous l’étoile de l’espérance – elle qui par son « oui » ouvrit à Dieu lui-même la porte de notre monde ; elle qui devint la vivante Arche de l’Alliance, dans laquelle Dieu se fit chair, devint l’un de nous, planta sa tente au milieu de nous (cf. Jn 1, 14)? C’est ainsi que nous nous adressons à elle. » (Benoît XVI, Spe Salvi n° 49)

La mesure de notre confiance en la bonté de Dieu

est la mesure des grâces que nous en obtenons.

*I. Dieu qui fait tout avec poids et mesure, et selon les règles d’une sagesse infinie, garde un certain ordre dans la distribution de ses grâces. Elles sont toutes gratuites et des effets de sa miséricorde ; et cependant il veut que les unes précèdent les autres, et servent de dispositions pour les obtenir ; il n’accorde quelques-unes qu’après en avoir accordé d’autres, en gardant une certaine proportion entre les unes et les autres.

Dieu donne la foi et la confiance, comme il donne toutes les autres grâces ; mais il veut que la foi et la confiance en sa bonté servent de dispositions pour obtenir toutes les autres. Les Évangélistes ont eu grand soin de marquer que Jésus-Christ les exigeait de ceux qui recouraient à lui pour obtenir des grâces ; et non seulement il les exige, mais selon l’ordre ordinaire qu’il s’est prescrit, il ne répand en nous ses grâces qu’à proportion que notre foi et notre confiance sont plus ou moins grandes.

*II. Qu’il vous soit fait selon votre foi et votre confiance. C’est ce que Jésus-Christ répondait à ceux qui lui demandaient des grâces ; et c’est ce qu’il nous dit encore à présent. Car ces paroles de Jésus-Christ ont été écrites pour notre instruction et pour celle de tous les siècles. Qu’il vous soit fait selon votre foi et votre confiance.

C’est nous dire que si nous avons peu de foi et de confiance, nous recevrons peu ; et que si nous avons beaucoup de foi et de confiance, nous recevrons beaucoup ; c’est nous exhorter à augmenter et à étendre notre confiance, afin de la rendre capable de recevoir une plus grande mesure de grâces ; c’est faire tout dépendre de notre foi et de notre confiance ; c’est en quelque sorte nous rendre maîtres de sa puissance, et du trésor de ses miséricordes, si nous voulons nous fier à sa bonté pleinement et sans réserve.

Qu’il vous soit fait selon votre foi et votre confiance. Ayez donc une foi et une confiance pleine et entière en Dieu. Je vous dis en vérité, quoi que ce soit que vous demandiez dans la prière, croyez que vous l’obtiendrez, et il vous sera accordé (Matt. 11, 22, 24).

Jésus-Christ promet tout à la prière faite avec une entière confiance ; il n’excepte rien : si nous n’obtenons pas tout, c’est que nous n’espérions pas tout, ou que notre espérance n’était pas pleine et sans quelque défiance ou hésitation. Ne mettons point de bornes à notre confiance, et Dieu n’en mettra point à ses miséricordes.

Car il donne, dit Saint Cyprien, à ceux qui croient et espèrent en lui, autant que chacun espère en recevoir (Ep. 8 ad Mart. et conf.). Vous obtiendrez du Seigneur autant de biens et de grâces, que vous aurez espéré d’en recevoir, dit Saint Bernard. Art admirable de s’enrichir des biens de Dieu, d’espérer seulement d’en devenir riche !

Peu importe à quel point l’espérance progresse, elle n’atteindra son but que si elle est entièrement fixée sur Dieu, de sorte qu’elle soit ferme et ne vacille pas. Pourquoi devrait-il craindre l’aspic et le basilic ? Pourquoi devrait-on être effrayé par le rugissement d’un lion ou les sifflements d’un dragon ? (Saint Bernard serm. 15 in Ps. 90, 5)

*III. Seigneur, répandez sur nous vos miséricordes, à proportion de ce que nous avons espéré en vous (Ps. 32, 22).

C’est la prière que faisait à Dieu un roi plein de confiance. Il était persuadé que la mesure de la confiance que nous avons en la bonté de Dieu, est la mesure des miséricordes qu’il répand sur nous : et comme il ne mesurait l’étendue de son espérance que sur la grandeur de la bonté de Dieu, sur la magnificence de ses promesses, et sa fidélité à les accomplir, il ose demander à Dieu, qu’il mesure ses miséricordes sur la mesure de son espérance.

Seigneur, répandez sur nous vos miséricordes à proportion que nous avons espéré en vous. Mais oserions-nous faire à Dieu la même demande ? Que deviendrions-nous, si Dieu ne répandait sur nous ses miséricordes que selon la mesure de notre espérance ?

Si nous ne recevions de sa bonté qu’à proportion de ce que nous espérons, que deviendraient les promesses si magnifiques que Dieu fait dans ses Écritures ? Notre confiance est si bornée et si faible, et nous avons cependant besoin d’une miséricorde infinie d’une multitude de miséricordes infinies.

Avant donc de demander à Dieu qu’il répande ses miséricordes sur nous à proportion que nous avons espéré en lui, prions-le de changer nos dispositions, d’élargir le vase de notre cœur, qui est si étroit, en augmentant notre confiance, et la rendant capable de recevoir des miséricordes aussi grandes que celles dont nous avons besoin.

Ou, comme il a infiniment plus de bonté que nous n’avons de foi et de confiance, prions-le de mesurer ses grâces, non sur l’étendue de notre foi et de notre confiance, mais sur l’étendue de sa bonté, qui peut faire infiniment plus que tout ce que nous demandons et tout ce que nous pensons (Éphésiens 3, 20) ; et qui se plaît à surpasser par une abondance de miséricordes les mérites et les désirs de ceux qui ont recours à lui, et à leur accorder ce que leurs prières n’oseraient presque espérer.

P. Gaud

Prière du Jubilé

Père céleste,
En ton fils Jésus-Christ, notre frère,
Tu nous as donné la foi,
Et tu as répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint, la flamme de la charité
Qu’elles réveillent en nous la bienheureuse espérance de l’avènement de ton Royaume.
 
Que ta grâce nous transforme,
Pour que nous puissions faire fructifier les semences de l’Évangile,
Qui feront grandir l’humanité et la création tout entière,
Dans l’attente confiante des cieux nouveaux et de la terre nouvelle,
Lorsque les puissances du mal seront vaincues,
Et ta gloire manifestée pour toujours.
 
Que la grâce du Jubilé,
Qui fait de nous des Pèlerins d’Espérance,
Ravive en nous l’aspiration aux biens célestes
Et répande sur le monde entier la joie et la paix
De notre Rédempteur.
A toi, Dieu béni dans l’éternité,
La louange et la gloire pour les siècles des siècles.
Amen !

Prières de la Messe du jour

Le Christ est vraiment ressuscité, alléluia. À lui gloire et puissance pour les siècles des siècles. Amen.

Je suis ressuscité, et je me retrouve avec toi. Ta main s’est posée sur moi, ta sagesse s’est montrée admirable, alléluia.

Aujourd’hui, Seigneur Dieu, +
par ton Fils unique, vainqueur de la mort,
tu nous as ouvert les portes de l’éternité; *
tandis que nous fêtons solennellement
la résurrection du Seigneur, nous t’en prions,
accorde-nous d’être renouvelés par ton Esprit /
  pour que nous ressuscitions dans la lumière de la vie.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur, +
  qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint-Esprit, /
  Dieu, pour les siècles des siècles.

Dans l’exultation de la joie pascale, Seigneur,
nous t’offrons ce sacrifice: *
c’est par lui que ton Église,
de manière admirable, /
naît à la vie nouvelle et reçoit sa nourriture.
Par le Christ, notre Seigneur.

Le Christ, notre agneau pascal, a été immolé.
Célébrons donc la fête en partageant le pain de la Pâque,
un pain non fermenté : signe de droiture et de vérité, alléluia.

Seigneur Dieu, +
ne cesse pas de veiller avec tendresse sur ton Église, *
afin que, déjà renouvelée par les sacrements de Pâques, /
elle parvienne à la lumière de la résurrection.
Par le Christ, notre Seigneur.

Méditation sur la liturgie de la Semaine Sainte

Semaine Sainte
Semaine Sainte

Méditation sur la liturgie de la Semaine Sainte

Chers Fils et Chères Filles,

Nous vous saluons tous, en vous considérant comme participants avec nous aux cérémonies de la Semaine Sainte dont la célébration est si importante. Non seulement cette semaine évoque le souvenir de la mort et de la résurrection du Seigneur, mais elle renouvelle l’efficacité de l’œuvre rédemptrice du Christ.

Elle actualise le mystère pascal de la façon la plus authentique; elle le reflète dans sa liturgie, elle le reproduit dans son efficacité divine; elle le rend accessible aux fidèles qui veulent vivre des exemples et de la grâce du Christ; elle constitue, dans le cours du temps, le moment le plus rempli de la présence du Christ parmi nous, et dans le cours de l’année l’heure centrale vers laquelle tend et de laquelle part toute l’activité liturgique de l’Église.

Elle concerne le Christ mort et ressuscité; mais elle concerne aussi chacun de nous, parce que chacun de nous doit mourir et ressusciter avec le Christ. C’est pour nous que le Christ a vécu le drame de la Rédemption; c’est avec nous qu’il veut la revivre. Ne laissons pas passer la fête de Pâques sans nous pénétrer de sa réalité et de ses exigences.

Nous voulons croire qu’aucun de vous ne manquera de réserver quelque pensée à la Semaine Sainte…. Nous voudrions, d’une façon sommaire, vous indiquer certains aspects de ces cérémonies auxquelles nous vous exhortons à participer, afin que vous les compreniez mieux et que vous y assistiez avec plus de fruit.

Aspect historique

Le premier aspect est celui que nous pourrions appeler l’aspect historique, c’est-à-dire le caractère d’évocation que revêtent ces cérémonies. Elles se réfèrent aux derniers jours de la vie temporelle du Christ, comme chacun le sait.

Mais en les replaçant, à nouveau devant nos yeux, l’Église veut réveiller, préciser ces souvenirs, retenir notre attention. Ce n’est pas sans raison que le récit de la passion est répété quatre fois pendant la Semaine Sainte.

Et les trois derniers jours sont caractérisés par un fait dominant, particulier à chacun: le Jeudi-Saint par la Cène pascale, qui devient la Cène Eucharistique; le Vendredi-Saint par le procès, la crucifixion et la mort du Seigneur; le Samedi-Saint par le souvenir de sa sépulture, avant d’arriver à la nuit de la résurrection Pascale.

La seule évocation de ces événements est déjà attirante par elle-même, et il n’est pas difficile d’en faire la première méditation, même si elle est uniquement descriptive.

Les personnages du drame

La seconde méditation porte sur les personnages du drame. Chacun d’eux est typique et représentatif. L’action dans laquelle ils se trouvent engagés, les uns et les autres, soit dans la passion, soit dans l’événement pascal, prend un relief impressionnant.

L’humanité s’y révèle sous son jour le plus intéressant; la psychologie éternelle des hommes nous y apparait, non pas certes avec la majesté et la subtilité, souvent trop recherchées, des scènes célèbres du théâtre classique et du cinéma moderne, mais avec une sincérité et un naturel sans pareils, au point que l’on est tenté de répéter: voici l’homme. Cette exclamation fut prononcée par Pilate, à propos de Jésus.

Et si nous arrêtons notre attention sur sa personne, quelle stupeur, quel attrait, quel trouble, quel amour envahissent les âmes attentives et fidèles! La passion du Christ est la révélation la plus profonde et la plus exacte qui nous soit donné de lui. Pensons, par exemple, aux paroles de Pierre qui se refuse au geste d’humilité de Jésus, penché devant lui pour lui laver les pieds: « Toi, Seigneur, me laver les pieds! » (Jn 13, 6).

Que n’y a-t-il pas dans ce «toi »! Et, au terme de la tragédie la parole du Centurion: « Vraiment celui-ci était le Fils de Dieu! » (Mt 27, 54). Mais pensons surtout au double témoignage de Jésus qui affirme être le Christ, Fils de Dieu (Mt 26, 64), au cours du procès religieux; et être le roi de l’histoire messianique, pendant le procès civil (Jn 18, 37), témoignages à cause desquels il sera crucifié.

Les fidèles, les saints, s’efforcent d’explorer dans toute sa profondeur la psychologie de Jésus, et ils ne peuvent qu’en être enivrés d’émerveillement et d’amour.

Les raisons du drame

Puis la méditation devient plus large, plus profonde, plus théologique, plus cosmique, lorsqu’elle s’interroge sur les raisons de ce drame divin.

Les lectures, spécialement celles de la vigile pascale, nous introduisent dans ce mystère où le péché de l’homme se rencontre avec la justice et la miséricorde de Dieu, où « la mort et la vie s’affrontent en un duel prodigieux » (Séquence pascale), et où la victoire du Christ ressuscité se présente comme une source de notre salut et prototype de la vie chrétienne.

Notre contemplation doit faire encore un pas de plus: celui de l’expérience émotive, dramatique et aimante de cette histoire, de cette célébration. Dans les magnifiques répons de l’office de matines des trois grandes journées qui précèdent Pâques, nous trouvons, par exemple, les cris les plus nobles et les plus profonds, les plus forts et les plus tendres, les plus violents et les plus doux qu’ait su exprimer l’âme de l’Église devant le mystère pascal.

C’est dire que ces célébrations non seulement permettent une symphonie de sentiments, mais invitent à ajouter à la contemplation du drame pascal ses notes les plus hautes et les plus émouvantes, où la liturgie de la Semaine Sainte atteint à la beauté suprême.

Il y aurait trop à dire sur ce sujet. Mais sachez seulement que le grand cœur de l’Église, et avec lui l’humble cœur du Pape, vibre d’une émotion intense pendant la célébration du mystère pascal, et qu’il invite vos cœurs à vibrer avec lui. C’est à cela que vous encourage et vous exhorte Notre Bénédiction Apostolique.

PAUL VI – AUDIENCE GÉNÉRALE, mercredi Saint, 10 avril 1968

Je crois à la vie éternelle

Je crois à la vie éternelle

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« Je crois à la vie éternelle » :  ainsi professe notre foi. L’espérance chrétienne trouve dans ces mots un pilier fondamental. Elle est en effet «la vertu théologale par laquelle nous désirons comme bonheur […] la Vie éternelle». [Catéchisme de l’Église Catholique, n. 1817]

Le Concile œcuménique Vatican II affirme : « Lorsque manquent le support divin et l’espérance de la vie éternelle, la dignité de l’homme subit une très grave blessure, comme on le voit souvent aujourd’hui, et l’énigme de la vie et de la mort, de la faute et de la souffrance reste sans solution. Ainsi, trop souvent, les hommes s’abîment dans le désespoir ». [Constitution pastorale Gaudium et spes, n. 21.]

Nous, en revanche, en vertu de l’espérance dans laquelle nous avons été sauvés, en regardant le temps qui passe, nous avons la certitude que l’histoire de l’humanité, et celle de chacun, ne se dirige pas vers une impasse ou un abîme obscur, mais qu’elle s’oriente vers la rencontre avec le Seigneur de gloire.

Vivons donc dans l’attente de son retour et dans l’espérance de vivre pour toujours en Lui. C’est dans cet esprit que nous faisons nôtre l’émouvante invocation des premiers chrétiens, par laquelle se termine l’Écriture Sainte : « Viens, Seigneur Jésus ! » ( Ap 22, 20).

Bulle d’indiction du Jubilé 2025 – Pape François

Entrez dans l’Espérance : N’AYEZ PAS PEUR ! Jean-Paul II

« Quand, le 22 octobre 1978, sur la place Saint-Pierre j’ai lancé : « N’ayez pas peur! », je ne pouvais évidemment pas savoir jusqu’où ces paroles nous entraîneraient, moi et l’Église. Le message qu’elles transmettaient venait bien plus de l’Esprit Saint, ce « consolateur » promis par le Seigneur Jésus à ses Apôtres, que de l’homme qui les prononçait. Au fil des années, j’ai eu maintes occasions de renouveler cet appel.

Pourquoi ne devons-nous pas avoir peur ? Parce que l’homme a été racheté par Dieu ! Quand j’ai prononcé ces mots sur la place Saint-Pierre, il m’apparaissait déjà clairement que ma première encyclique et tout mon pontificat devaient donner la priorité à la vérité sur la Rédemption. (…) La puissance de la Croix du Christ et de sa Résurrection est toujours plus grande que tout le mal dont l’homme pourrait et devrait avoir peur.

C’est ici qu’il faut revenir à la devise Totus Tuus. (…) Jasna Gora a fait irruption dans l’histoire de ma patrie au XVIIe siècle comme une sorte de «N’ayez pas peur ! » venu du Christ par la bouche de sa Mère. Quand, le 22 octobre 1978, j’ai reçu l’héritage romain du ministère de Pierre, cette expérience mariale vécue, sur ma terre polonaise, était déjà profondément inscrite dans ma mémoire.

« N’ayez pas peur ! » a dit le Christ aux Apôtres [Lc 24, 36] et aux femmes [Mt 28, 10] après sa Résurrection. Les textes évangéliques ne nous disent pas que Marie aurait, elle aussi, reçu cet encouragement. Forte de sa foi, « elle n’avait pas peur ». C’est l’expérience traversée par mon pays qui m’a, la première, fait comprendre comment Marie participe à la victoire du Christ.

J’ai aussi appris directement du cardinal Stefan Wyszynski,[1] que son prédécesseur, le cardinal August Hlond, avait prononcé avant de mourir cette parole prophétique : « La victoire, si elle vient, viendra par Marie »…

[1] Primat de Pologne, démis de ses fonctions et emprisonné par le pouvoir communiste au lendemain de la seconde guerre mondiale. Après la mort de Staline, il est libéré et reprend ses fonctions. II meurt peu après l’élévation de son fils spirituel, Karol Wojtyla, sur le siège de Pierre.

Au cours de mon ministère pastoral en Pologne, j’ai été témoin de l’accomplissement de cette parole.

Une fois élu Pape, confronté aux problèmes de l’Église entière, cette intuition, cette conviction m’a toujours habité : dans cette dimension universelle aussi, la victoire, si elle venait, serait remportée par Marie. Le Christ vaincra par Marie. Il veut qu’elle soit associée aux victoires de l’Église, dans le monde d’aujourd’hui et dans celui de demain.

J’en étais donc intimement persuadé, même si à l’époque j’ignorais presque tout de Fatima. Je pressentais seulement qu’il y avait là une certaine continuité, de La Salette à Fatima en passant par Lourdes, sans oublier, dans un passé plus lointain, notre Jasna Gora de Pologne.

Et puis le 13 mai 1981 est arrivé. Quand j’ai été atteint par la balle de mon agresseur sur la place Saint-Pierre, je ne me suis pas rendu compte immédiatement que nous fêtions justement l’anniversaire du jour où Marie était apparue aux trois enfants de Fatima, au Portugal, pour leur transmettre les messages qui, alors que la fin de ce siècle approche, se révèlent sur le point d’être pleinement confirmés.

Lors d’un tel événement, le Christ n’a-t-il pas encore une fois prononcé son « N’ayez pas peur ! » ? N’a-t-il pas répété à cette occasion son message pascal à l’intention du Pape, de l’Église et, au-delà, à l’attention de toute la famille humaine ? »

Exemples d’espérance dans les Évangiles

I. Rien ne montre plus sensiblement combien l’espérance est par elle-même agréable à Dieu, et qu’elle peut tout obtenir de sa bonté, que les exemples que nous présente l’Évangile .

Quel mérite remarquons-nous dans ce nombre prodigieux de toutes sortes de personnes, qui se sont adressées à Jésus-Christ, pour obtenir de sa bonté différentes grâces ? Jésus-Christ, pour nous exciter à recourir à lui avec une entière confiance dans tous nos différents besoins, ne relève en eux que le mérite de leur foi et de leur confiance .

Votre foi vous a sauvé. C’est ce qu’il avait coutume de leur dire ; c’est-à-dire, votre confiance vous a sauvés : car c’est ce que ce terme de foi signifie ordinairement dans l’Évangile ; et il y a même des endroits où l’on ne peut lui donner d’autre sens.

Ce n’est pas que plusieurs n’eussent d’autres dispositions ; mais Jésus-Christ, par des raisons dignes de sa tendresse pour nous, n’a point jugé à propos de les relever ; il attribue toujours à leur confiance les grâces qu’il leur accordait avec tant de bonté, parce qu’il pensait à exciter et à animer notre confiance en récompensant la leur.

Il voulait nous faire comprendre combien la confiance en sa bonté est agréable à ses yeux ; qu’il n’y a pas de grâces qu’elle n’obtienne de lui ; que c’est un trésor inépuisable de toute sorte de biens, puisqu’aucun ne lui est refusé, et que tout est possible à celui qui croit et qui espère.

II . C’est encore cette seule disposition que Jésus -Christ demanda expressément à cet heureux paralytique, dont il guérit l’âme avant de guérir son corps, en lui accordant la rémission de ses péchés : Mon fils, ayez confiance, lui dit-il (Matt. 9,  2 ), vos péchés vous sont remis.

Il est vrai que Jésus-Christ a jugé à propos de relever en termes exprès la grandeur de l’amour de cette heureuse pécheresse, qui est devenue aussi fameuse dans l’univers par sa pénitence, qu’elle l’avait été dans sa ville par sa vie déréglée.

Mais Jésus-Christ après avoir dit à Simon le pharisien et à tous les assistants que ( Luc 7, 47) plusieurs péchés étaient remis à cette femme, parce qu’elle avait beaucoup aimé, n’oublie pas de relever bientôt après le mérite de sa foi et de sa confiance, en disant à cette sainte pénitente ( Luc 7, 50 ) : Votre foi, ou votre confiance vous a sauvée : allez en paix.

III. Quel mérite trouvons-nous encore dans ce pécheur crucifié avec Jésus-Christ ? il reconnaît ses crimes ; il confesse qu’il avait été condamné très-justement au supplice de la Croix. Celui qui pour les mêmes crimes avait été aussi condamné au même supplice, et qui était crucifié à l’autre côté de Jésus-Christ, en pouvait dire autant.

Mais le premier invoque et prie Jésus-Christ, il demande miséricorde : l’horreur de ses crimes, qui sont présents à son esprit, la vue de la mort qu’il voit proche, l’impuissance entière où il se trouve de se préparer au jugement de Dieu par de bonnes œuvres, rien de tout cela ne l’empêche d’espérer miséricorde ; et lorsque tout le reste lui manque, son espérance en la miséricorde de Jésus-Christ, lui tient lieu de tout ce qui lui manquait.

Que de raisons spécieuses en apparence auraient pu le persuader qu’il n’était plus temps de rien faire, que son salut était désespéré! mais au lieu de raisonner il espéra, et trouva dans son espérance le salut et la vie.

Jésus-Christ va au-delà de ses espérances ; il n’avait rien demandé à Jésus-Christ, sinon de se souvenir de lui quand il serait entré dans son royaume ; et Jésus-Christ lui déclare que dès ce jour-là même il serait avec lui dans son royaume, dans le Paradis.

P. Gaud

Prière du Jubilé

Père céleste,
En ton fils Jésus-Christ, notre frère,
Tu nous as donné la foi,
Et tu as répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint, la flamme de la charité
Qu’elles réveillent en nous la bienheureuse espérance de l’avènement de ton Royaume.
 
Que ta grâce nous transforme,
Pour que nous puissions faire fructifier les semences de l’Évangile,
Qui feront grandir l’humanité et la création tout entière,
Dans l’attente confiante des cieux nouveaux et de la terre nouvelle,
Lorsque les puissances du mal seront vaincues,
Et ta gloire manifestée pour toujours.
 
Que la grâce du Jubilé,
Qui fait de nous des Pèlerins d’Espérance,
Ravive en nous l’aspiration aux biens célestes
Et répande sur le monde entier la joie et la paix
De notre Rédempteur.
A toi, Dieu béni dans l’éternité,
La louange et la gloire pour les siècles des siècles.
Amen !

Prières de la Veillée Pascale

Dieu qui fais resplendir cette nuit très sainte par la gloire de la résurrection du Seigneur, ravive en ton Église l’esprit filial que tu lui as donné, afin que, renouvelés dans notre corps et notre âme, nous soyons tout entiers à ton service. Par Jésus Christ.

Avec ces offrandes, Seigneur, reçois les prières de ton peuple : fais que le sacrifice inauguré dans le mystère pascal nous procure la guérison éternelle. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur

Le Christ, notre agneau pascal, a été immolé.
Célébrons donc la fête en partageant le pain de la Pâque,
un pain non fermenté : signe de droiture et de vérité, alléluia. (cf. 1 Co 5, 7-8)

Pénètre-nous, Seigneur, de ton esprit de charité, afin que soient unis par ton amour ceux que tu as nourris du sacrement pascal. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.