Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

MESSE PRO ECCLESIA

Voici la première homélie du Pape Léon XIV, qui nous concerne puisqu’elle est pour l’Église dont nous faisons partie en tant qu’association de la Médaille Miraculeuse, même si elle est adressée surtout aux Cardinaux.

MESSE PRO ECCLESIA 

CÉLÉBRÉE PAR LE SOUVERAIN PONTIFE AVEC LES CARDINAUX ÉLECTEURS

HOMÉLIE DU PAPE LÉON XIV

Chapelle Sixtine
Vendredi 9 mai 2025

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armoiries de Léon XIV
                                        armoiries de Léon XIV

Je commencerai par quelques mots en anglais, puis je poursuivrai en italien.

Mais je voudrais répéter les paroles du psaume responsorial: « Je chanterai un cantique nouveau au Seigneur, car il a fait des merveilles  ».

Et en effet, pas seulement pour moi, mais pour nous tous.

Mes frères cardinaux, alors que nous célébrons ce matin, je vous invite à reconnaître les merveilles que le Seigneur a accomplies, les bénédictions que le Seigneur continue de répandre sur nous tous à travers le ministère de Pierre.

Vous m’avez appelé à porter cette croix et à être béni par cette mission, et je sais que je peux compter sur chacun d’entre vous pour marcher à mes côtés, alors que nous continuons à être une Église, une communauté d’amis de Jésus, des croyants qui annoncent la Bonne Nouvelle, qui annoncent l’Évangile.

« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16, 16). Par ces paroles, Pierre, interrogé avec les autres disciples par le Maître sur la foi qu’il a en Lui, exprime en synthèse le patrimoine que l’Église, à travers la succession apostolique, garde, approfondit et transmet depuis deux mille ans.

Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant, c’est-à-dire l’unique Sauveur et le révélateur du visage du Père.

En Lui, Dieu, pour se faire proche et accessible aux hommes, s’est révélé à nous dans les yeux confiants d’un enfant, dans l’esprit éveillé d’un adolescent, dans les traits mûrs d’un homme (cf. Conc. Vat. II, Const. Past. Gaudium et spes, n. 22), jusqu’à apparaître aux siens, après sa résurrection, dans son corps glorieux.

Il nous a ainsi montré un modèle d’humanité sainte que nous pouvons tous imiter, avec la promesse d’une destinée éternelle qui dépasse toutes nos limites et toutes nos capacités.

Dans sa réponse, Pierre saisit ces deux aspects : le don de Dieu et le chemin à parcourir pour se laisser transformer, dimensions indissociables du salut, confiées à l’Église afin qu’elle les annonce pour le bien du genre humain.

Confiés à nous, choisis par Lui avant même que nous ayons été formés dans le sein de notre mère (cf. Jr 1, 5), régénérés dans l’eau du Baptême et, au-delà de nos limites et sans aucun mérite de notre part, conduits ici et envoyés d’ici, afin que l’Évangile soit annoncé à toute créature (cf. Mc 16, 15).

En particulier, Dieu, en m’appelant par votre vote à succéder au Premier des Apôtres, me confie ce trésor afin que, avec son aide, j’en sois le fidèle administrateur (cf. 1 Co 4, 2) au profit de tout le Corps mystique de l’Église, de sorte qu’elle soit toujours plus la ville placée sur la montagne (cf. Ap 21, 10), l’arche du salut qui navigue sur les flots de l’histoire, phare qui éclaire les nuits du monde.

Et cela, non pas tant grâce à la magnificence de ses structures ou à la grandeur de ses constructions – comme les édifices dans lesquels nous nous trouvons –, mais à travers la sainteté de ses membres, de ce « peuple que Dieu s’est acquis pour proclamer les œuvres admirables de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière » (1 P 2, 9).

Cependant, en amont de la conversation où Pierre fait sa profession de foi, il y a aussi une autre question : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » (Mt 16, 13). Ce n’est pas une question anodine, elle touche en effet à un aspect important de notre ministère : la réalité dans laquelle nous vivons, avec ses limites et ses potentialités, ses questions et ses convictions.

« Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ?» (Mt 16, 13). En pensant à la scène sur laquelle nous réfléchissons, nous pourrions trouver deux réponses possibles à cette question qui dessinent deux attitudes différentes.

Il y a tout d’abord la réponse du monde. Matthieu souligne que la conversation entre Jésus et ses disciples sur son identité se déroule dans la belle ville de Césarée de Philippe, riche en palais luxueux, nichée dans un cadre naturel enchanteur, au pied de l’Hermon, mais aussi siège de cercles de pouvoir cruels et théâtre de trahisons et d’infidélités.

Cette image nous parle d’un monde qui considère Jésus comme une personne totalement insignifiante, tout au plus un personnage curieux, qui peut susciter l’émerveillement par sa manière inhabituelle de parler et d’agir. Ainsi, lorsque sa présence deviendra gênante en raison de son exigence d’honnêteté et de moralité, ce « monde » n’hésitera pas à le rejeter et à l’éliminer.

Il y a ensuite une autre réponse possible à la question de Jésus : celle du peuple. Pour lui, le Nazaréen n’est pas un « charlatan » : c’est un homme droit, courageux, qui parle bien et dit des choses justes, comme d’autres grands prophètes de l’histoire d’Israël.

C’est pourquoi il le suit, du moins tant qu’il peut le faire sans trop de risques ni d’inconvénients. Mais ce n’est qu’un homme, et donc, au moment du danger, lors de la Passion, il l’abandonne et s’en va, déçu.

Ce qui frappe dans ces deux attitudes, c’est leur actualité. Elles incarnent en effet des idées que l’on pourrait facilement retrouver – peut-être exprimées dans un langage différent, mais identiques dans leur substance – dans la bouche de nombreux hommes et femmes de notre temps.

Aujourd’hui encore, nombreux sont les contextes où la foi chrétienne est considérée comme absurde, réservée aux personnes faibles et peu intelligentes ; des contextes où on lui préfère d’autres certitudes, comme la technologie, l’argent, le succès, le pouvoir, le plaisir.

Il s’agit d’environnements où il n’est pas facile de témoigner et d’annoncer l’Évangile, et où ceux qui croient sont ridiculisés, persécutés, méprisés ou, au mieux, tolérés et pris en pitié.

Et pourtant, c’est précisément pour cette raison que la mission est urgente en ces lieux, car le manque de foi entraîne souvent des drames tels que la perte du sens de la vie, l’oubli de la miséricorde, la violation de la dignité de la personne sous ses formes les plus dramatiques, la crise de la famille et tant d’autres blessures dont notre société souffre considérablement.

Aujourd’hui encore, il existe des contextes où Jésus, bien qu’apprécié en tant qu’homme, est réduit à une sorte de leader charismatique ou de super-homme, et cela non seulement chez les non-croyants, mais aussi chez nombre de baptisés qui finissent ainsi par vivre, à ce niveau, dans un athéisme de fait.

Tel est le monde qui nous est confié, dans lequel, comme nous l’a enseigné à maintes reprises le Pape François, nous sommes appelés à témoigner de la foi joyeuse en Christ Sauveur. C’est pourquoi, pour nous aussi, il est essentiel de répéter : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16, 16).

Il est essentiel de le faire avant tout dans notre relation personnelle avec Lui, dans l’engagement d’un chemin quotidien de conversion. Mais aussi, en tant qu’Église, en vivant ensemble notre appartenance au Seigneur et en apportant à tous la Bonne Nouvelle (cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, n. 1).

Je le dis tout d’abord pour moi-même, en tant que Successeur de Pierre, alors que je commence cette mission d’Évêque de l’Église qui est à Rome, appelée à présider dans la charité l’Église universelle, selon la célèbre expression de S. Ignace d’Antioche (cf. Lettre aux Romains, Prologue).

Conduit enchaîné vers cette ville, lieu de son sacrifice imminent, il écrivait aux chrétiens qui s’y trouvaient : « Alors je serai vraiment disciple de Jésus-Christ, quand le monde ne verra plus mon corps » (Lettre aux Romains, IV, 1). Il faisait référence au fait d’être dévoré par les bêtes sauvages dans le cirque.

Et c’est ce qui arriva –, mais ses paroles renvoient de manière plus générale à un engagement inconditionnel pour quiconque exerce un ministère d’autorité dans l’Église : disparaître pour que le Christ demeure, se faire petit pour qu’Il soit connu et glorifié (cf. Jn 3, 30), se dépenser jusqu’au bout pour que personne ne manque l’occasion de Le connaître et de L’aimer.

Que Dieu m’accorde cette grâce, aujourd’hui et toujours, avec l’aide de la très tendre intercession de Marie, Mère de l’Église.


Copyright © Dicastero per la Comunicazione – Libreria Editrice Vaticana

PREMIÈRE SALUTATION DU SAINT-PÈRE LÉON XIV

PREMIÈRE SALUTATION DU SAINT-PÈRE LÉON XIV

ET BÉNÉDICTION APOSTOLIQUE « URBI ET ORBI »

Loggia centrale de la basilique Saint-Pierre
Jeudi 8 mai 2025

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Que la paix soit avec vous tous !

Chers frères et sœurs, c’est la première salutation du Christ ressuscité, le Bon Pasteur, qui a donné sa vie pour le troupeau de Dieu. Moi aussi, je voudrais que ce salut de paix entre dans vos cœurs, qu’il atteigne vos familles, tous les peuples, où qu’ils soient, tous les peuples, la terre entière. Que la paix soit avec vous !

C’est la paix du Christ ressuscité, une paix désarmée et une paix désarmante, humble et persévérante. Cela vient de Dieu, Dieu qui nous aime tous inconditionnellement.

Nous gardons encore dans nos oreilles cette voix faible mais toujours courageuse du Pape François bénissant Rome, le Pape qui a béni Rome, a donné sa bénédiction au monde, au monde entier, ce matin de Pâques. Permettez-moi de poursuivre sur cette même bénédiction : Dieu nous aime, Dieu vous aime tous et le mal ne prévaudra pas ! Nous sommes tous entre les mains de Dieu.

Alors, sans crainte, unis main dans la main avec Dieu et entre nous, avançons ! Nous sommes disciples du Christ. Le Christ nous précède. Le monde a besoin de sa lumière. L’humanité a besoin de Lui comme d’un pont pour être atteinte par Dieu et son amour. Aidez-nous aussi, et ensuite les uns les autres, à construire des ponts, par le dialogue, par les rencontres, nous unissant tous pour être un seul peuple toujours en paix. Merci au Pape François !

Je voudrais également remercier tous mes frères cardinaux qui m’ont choisi pour être le successeur de Pierre et pour marcher avec vous, comme une Église unie, toujours à la recherche de la paix, de la justice, cherchant toujours à travailler comme des hommes et des femmes fidèles à Jésus-Christ, sans peur, pour annoncer l’Évangile, pour être missionnaires.

Je suis fils de saint Augustin, augustinien, qui disait : « Avec vous je suis chrétien et pour vous évêque. » En ce sens, nous pouvons tous marcher ensemble vers la patrie que Dieu nous a préparée.

Un salut spécial à l’Église de Rome ! Nous devons chercher ensemble comment être une Église missionnaire, une Église qui construit des ponts, du dialogue, toujours ouverte à accueillir, comme cette place, à bras ouverts tous ceux qui ont besoin de notre charité, de notre présence, du dialogue et de l’amour.

Et si vous me permettez un mot, un salut à tous et spécialement à mon cher diocèse de Chiclayo, au Pérou, où un peuple fidèle a accompagné son évêque, a partagé sa foi et a donné beaucoup, beaucoup, pour continuer à être une Église fidèle de Jésus-Christ.

À vous tous, frères et sœurs de Rome, d’Italie, du monde entier : nous voulons être une Église synodale, une Église qui marche, une Église qui cherche toujours la paix, qui cherche toujours la charité, qui cherche toujours à être proche surtout de ceux qui souffrent.

Aujourd’hui c’est le jour de la Supplication à Notre-Dame de Pompéi. Notre Mère Marie veut toujours marcher avec nous, être proche de nous, nous aider par son intercession et son amour. Alors j’aimerais prier avec vous. Prions ensemble pour cette nouvelle mission, pour toute l’Église, pour la paix dans le monde et demandons cette grâce particulière à Marie, notre Mère : Je vous salue Marie…

Bénédiction solennelle  (la traduction suit)

Sancti Apostoli Petrus et Paulus, de quorum potestate et auctoritate confidimus, ipsi intercedant pro nobis ad Dominum.

℟. Amen.

Precibus et meritis beatæ Mariæ semper Virginis, beati Michælis Archangeli, beati Ioannis Baptistæ et sanctorum Apostolorum Petri et Pauli et omnium Sanctorum misereatur vestri omnipotens Deus et dimissis omnibus peccatis vestris, perducat vos Iesus Christus ad vitam æternam.

℟. Amen.

Indulgentiam, absolutionem et remissionem omnium peccatorum vestrorum, spatium veræ et fructuosæ pænitentiæ, cor semper pænitens et emendationem vitæ, gratiam et consolationem sancti Spiritus et finalem perseverantiam in bonis operibus, tribuat vobis omnipotens et misericors Dominus.

℟. Amen.

Et benedictio Dei omnipotentis : Patris et Filii et Spiritus sancti descendat super vos et maneat semper.

℟. Amen.

Que les saints Apôtres Pierre et Paul, en la puissance et l’autorité desquels nous mettons notre confiance, intercèdent personnellement pour nous auprès du Seigneur !

℟. Amen.

Que par les prières et les mérites de la bienheureuse Marie toujours Vierge, de Saint Michel archange, de Saint Jean Baptiste et des saints apôtres Pierre et Paul, et de tous les saints, le Dieu tout-puissant ait pitié de vous et qu’ayant remis tous vos péchés, Jésus Christ vous conduise à la vie éternelle !

℟. Amen.

L’indulgence, l’absolution et le pardon de tous vos péchés, un espace d’une pénitence authentique et fructueuse, un cœur toujours pénitent et une correction de votre vie, la grâce et le conseil de l’Esprit Saint et la persévérance jusqu’à la fin dans les bonnes œuvres : que vous l’accorde le Seigneur tout-puissant et miséricordieux !

℟. Amen.

Et que la bénédiction du Dieu tout-puissant, le Père, le Fils et le Saint-Esprit descende sur vous et y demeure à jamais.

℟. Amen.


Copyright © Dicastero per la Comunicazione – Libreria Editrice Vaticana

Texte traduit et présenté par l’Association de la Médaille  Miraculeuse

Espère le Seigneur

Espère le Seigneur

logo du Jubilé
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Laissons-nous dès aujourd’hui attirer par l’espérance et faisons en sorte qu’elle devienne contagieuse à travers nous, pour ceux qui la désirent.

Puisse notre vie leur dire : « Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur » (Ps 27, 14).

Puisse la force de l’espérance remplir notre présent, dans l’attente confiante du retour du Seigneur Jésus-Christ, à qui reviennent la louange et la gloire, maintenant et pour les siècles à venir.

Fin de la Bulle d’indiction du Jubilé 2025 – +Pape François

Délivre-nous de tout mal, Seigneur,
et donne la paix à notre temps:
soutenus par ta miséricorde,
nous serons libérés de tout péché,
à l’abri de toute épreuve,
nous qui attendons que se réalise
cette bienheureuse espérance:
l’avènement de Jésus-Christ, notre Sauveur.

Ô Mère du saint amour,

notre vie, notre refuge et notre espérance, vous savez bien que votre Fils, Jésus, non content de se faire notre avocat perpétuel auprès du Père Éternel, a voulu que vous plaidiez aussi pour nous auprès de la divine miséricorde.

Je me tourne donc vers vous, espérance des malheureux, en souhaitant que par les mérites de Jésus et votre’ intercession, j’obtienne le salut éternel. Ma confiance est si grande que si j’avais mon salut entre les mains, je le placerais entre les vôtres, car je me fie davantage à votre miséricor­dieuse protection qu’en toutes mes œuvres.

Ô ma Mère et mon espérance, ne m’abandonnez pas ! La pitié que vous avez pour les misérables, et votre pouvoir auprès de Dieu, dépassent le nombre et la malice de toutes mes fautes. Que tous m’oublient mais vous, Mère du Dieu tout-puissant, ne m’oubliez pas. Dites à Dieu que je suis votre enfant et que vous me protégez, et je serai sauvé.

Pour m’aider, ô Mère, ne cherchez en moi ni vertu, ni mérite ; je vous en prie, ne voyez que la confiance que j’ai mise en vous et ma volonté d’être meilleur. Voyez ce que Jésus a fait et souffert pour moi ; après quoi, abandonnez-moi si vous en avez le cœur.

Je vous offre toutes les souffrances de sa vie : le froid qu’Il endura dans l’étable, son voyage en Égypte, son Sang répandu, sa pauvreté, ses sueurs, ses tristesses, la mort qu’Il supporta par amour pour moi en votre présence ; et vous, par amour pour Jésus, venez à mon secours. O ma Mère, ne refusez pas votre pitié à celui auquel Jésus n’a pas refusé son Sang !

O Marie, je me confie en vous ; c’est en cette espérance que je veux vivre et mourir, en répétant toujours : unica spes mea Jesus, et post Jesum Virgo Maria, mon unique espérance est Jésus, et après Jésus, la Vierge Marie (Saint Alphonse de Liguori).

La félicité parfaite

*I. La félicité parfaite n’est pas pour cette vie ; ce n’est que dans le ciel que la béatitude sera pleine et parfaite. La faim, la soif, la douleur, la mort et toutes les autres misères du corps ou de l’âme, qui partagent ici-bas l’esprit et le cœur, et qui l’empêchent de réunir toutes ses pensées et ses affections en Dieu, n’approcheront pas de cette demeure céleste.

Plus alors d’ignorance de ses devoirs, plus d’anxiétés, d’irrésolutions, d’incertitude, qui tourmentent ici étrangement une âme qui aime Dieu et qui désire connaître et accomplir toutes ses volontés.

Le Soleil de justice luira pleinement dans cet heureux séjour, et dissipera pour jamais toutes les ténèbres : on y verra la vérité dans la vérité même ; on y verra tout ce qui est vrai, tout ce qui est juste, tout ce qui est saint, et on le verra clairement et sans voile : on le verra dans la source même de toute vérité, de toute justice et de toute sainteté.

Plus alors de péché, plus de tentations. La concupiscence, qui en est la source, sera anéantie : une charité très-lumineuse et très ardente embrasera le cœur, et le rendra pour jamais incapable de tout péché, et incapable même d’avoir jamais aucune mauvaise pensée.

Alors notre joie sera pleine et parfaite, parce qu’il ne nous restera plus rien à désirer, parce que nous serons entrés dans la joie même du Seigneur, et dans la possession de tous ses biens avec une entière assurance de les posséder éternellement.

Ô Seigneur qui êtes la vérité, la beauté, la justice et la bonté souveraine, qu’heureux sont ceux qui habitent dans votre sainte maison ; car ils vous verront éternellement, ils vous aimeront éternellement, et ils vous loueront dans les siècles des siècles avec des transports de joie et d’admiration que nous ne sommes pas dignes de concevoir (. Ps. 83, 5). Mon âme languit et tombe en défaillance par l’ardeur du désir qu’elle a d’y habiter (Ps. 83, 1).

*II. Seigneur des armées, heureux est aussi l’homme qui espère en vous (Ibid. 13). Heureux celui qui attend de vous son secours, qui dans cette vallée de larmes dispose dans son cœur des degrés pour monter dans votre sainte maison ! Car le divin législateur leur donnera sa bénédiction ; ils s’avanceront de vertu en vertu, et ils verront le Dieu des dieux dans Sion.

Le Seigneur leur donnera la grâce et la gloire.  Le Prophète distingue dans ce psaume deux sortes de bonheur : le bonheur de ceux qui habitent déjà dans la maison de Dieu ; et le bonheur de ceux qui dans cette vallée de larmes espèrent en Dieu : il appelle heureux les uns et les autres.

Mais que leur bonheur est différent ! Les premiers habitent dans la maison de Dieu, dans Sion, dans le séjour de la joie et de la gloire ; leur bonheur est de louer Dieu dans les siècles des siècles.

Les autres sont encore dans une vallée de larmes : et leur bonheur est d’espérer en Dieu, d’attendre et d’implorer son secours par des gémissements continuels ; de soupirer sans cesse après la grâce et la gloire qui leur est promise, d’avancer de vertu en vertu, et de disposer dans leurs cœurs des degrés pour monter jusqu’au lieu où ils verront le Dieu des dieux dans Sion (Ps. 83, 6. 7. 12). ,

*III. Ce dernier bonheur est celui de tous les véritables chrétiens, tant qu’ils restent sur la terre. Ils sont heureux dans un sens très véritable puisque le Saint-Esprit les appelle ainsi en tant d’endroits de l’Écriture.

Mais dans un autre sens ils sont misérables et malheureux ; obligés à gémir sans cesse dans cette vallée de larmes, à combattre contre eux-mêmes et contre des ennemis puissants et artificieux qui ne leur laissent presque aucun repos ; condamnés à porter en esprit de pénitence le poids de tant de misères et de nécessités, auxquelles ils sont asservis, et de tant de peines qui affligent leur corps et leur âme.

Si l’on compare cet état à la félicité du ciel, on le doit regarder comme une grande misère, et comme une espèce de mort, plutôt qu’une véritable vie. Malheureux homme que je suis, dit le grand Apôtre, qui me délivrera de ce corps de mort (Rom. 7, 24) ?

Nous-mêmes, dit-il ailleurs, qui avons reçu les prémices de l’Esprit, les dons les plus excellents du Saint-Esprit, nous gémissons aussi, comme les autres fidèles, et nous soupirons en nous- mêmes, attendant l’accomplissement de l’adoption des enfants de Dieu qui sera la rédemption et la délivrance de nos corps (Rom. 5, 27).

*IV. Mais si l’on considère les grandes et magnifiques promesses que Dieu a faites à tous ceux qui n’espèrent qu’en sa miséricorde, et qui ont mis tout leur refuge et leur ressource dans la recherche et dans l’acquisition des biens qui leur sont proposés par l’espérance on doit les appeler heureux au milieu même des maux de cette vie (Hébreux 6, 18).

C’est en ce sens que Dieu lui-même les appelle souvent heureux, que l’Apôtre leur commande de se glorifier dans l’espérance de la gloire des enfants de Dieu, et de se regarder comme déjà sauvés par l’espérance, et comme déjà ressuscités et montés au ciel avec Jésus – Christ (Rom. 5, 2).

Un homme qui aurait un droit véritable et certain à un grand royaume, serait sans doute regardé comme très heureux selon le monde, quoiqu’il ne dût entrer dans la possession de ce royaume que dans quelques années ; et que pour mériter et acquérir cette possession, il fut obligé de passer quelque temps dans un état pauvre, pénible et humiliant (Éphésiens 6, 20). Tous les amateurs du siècle présent porteraient envie à son bonheur.

Qui pourrait donc comprendre quel est le bonheur de ceux qui n’espèrent, qui ne désirent et ne recherchent que le royaume de Dieu et sa justice ? car ils y ont un droit véritable. Toute l’ambition humaine peut-elle aspirer à quelque chose de plus grand que le royaume des cieux ? Il est vrai qu’ils sont obligés de passer le temps de cette vie dans la douleur, dans les larmes et les gémissements.

Dieu permet souvent qu’ils y soient pauvres, haïs, calomniés, persécutés, couverts d’opprobres ; mais c’est cela même qui leur acquiert un droit nouveau et plus assuré à cette royauté céleste. C’est donc aussi ce qui doit augmenter leur joie et leur bonheur.

Si ce n’est pas là le langage du monde, c’est celui de la vérité souveraine. Bienheureux les pauvres ; bienheureux ceux qui pleurent, ceux qui souffrent persécution pour la justice, parce que le royaume du ciel est à eux (Matt. 5, 3, 5. 10).

Ils n’en jouissent pas encore, et cependant Jésus-Christ dit qu’il est déjà à eux, qu’il leur appartient ; parce qu’ils y ont un droit véritable, et que pourvu qu’ils conservent jusqu’à la fin la confiance et une attente pleine de joie de ce royaume (Hébreux 3, 6), qui est l’objet unique de leur espérance, ils le posséderont infailliblement.

Qui pourrait donc refuser d’appeler heureux ceux que Jésus-Christ lui-même appelle de ce nom huit et neuf fois tout de suite (Matth. 5, 3 et suiv. ) ?

*V. Sans cette espérance que J.-C. nous donne de régner éternellement avec lui, nous serions, dit l’Apôtre, les plus misérables de tous les hommes (Cor. 15. 49. 25), obligés par les maximes de Jésus-Christ pendant tout le temps de cette vie, à nous priver de tout ce que le monde présente de plus flatteur, sans en attendre de lui aucune récompense dans une autre vie : Jésus-Christ aurait été un grand séducteur, et ne serait descendu en ce monde que pour y faire des malheureux.

Mais avec cette espérance nous sommes les plus heureux de tous les hommes, puisque tout ce qui peut contribuer à rendre les autres malheureux, contribue, selon les paroles de Jésus-Christ, à augmenter notre récompense, et devient pour nous un plus grand sujet de joie et de ravissement de joie (Matt. 5, 12).

C’est cette heureuse espérance, comme l’Apôtre la nomme cette espérance pleine de l’immortalité, comme l’appelle le Sage, (Tite. 2, 13) qui fait la vie, la joie et le bonheur de cette vie mortelle (Sagesse 3, 4) (cf. Saint Augustin. in Ps.103, 33).

Que tous ceux, Seigneur, qui mettent en vous leur espérance, se réjouissent, ils seront éternellement remplis de joie, et vous habiterez dans eux. Seigneur, vous nous avez couverts de votre bonté et de votre amour, comme d’un bouclier (Ps. 5, 13.15) impénétrable à tous les traits de nos ennemis.

J’espérerai à l’ombre de vos ailes, jusqu’à ce que le temps de l’iniquité soit passé (Ps. 56, 2). C’est dans cette paix que je m’endormirai et que je reposerai, parce que vous m’avez, Seigneur, affermi d’une manière toute singulière dans l’espérance (Ps. 4, 9. 10).

P. Gaud

Prière du Jubilé

Père céleste,
En ton fils Jésus-Christ, notre frère,
Tu nous as donné la foi,
Et tu as répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint, la flamme de la charité
Qu’elles réveillent en nous la bienheureuse espérance de l’avènement de ton Royaume.
 
Que ta grâce nous transforme,
Pour que nous puissions faire fructifier les semences de l’Évangile,
Qui feront grandir l’humanité et la création tout entière,
Dans l’attente confiante des cieux nouveaux et de la terre nouvelle,
Lorsque les puissances du mal seront vaincues,
Et ta gloire manifestée pour toujours.
 
Que la grâce du Jubilé,
Qui fait de nous des Pèlerins d’Espérance,
Ravive en nous l’aspiration aux biens célestes
Et répande sur le monde entier la joie et la paix
De notre Rédempteur.
A toi, Dieu béni dans l’éternité,
La louange et la gloire pour les siècles des siècles.
Amen !

Prières de la Messe du jour

Je te louerai, Seigneur, parmi les peuples, j’annoncerai ton nom à mes frères, alléluia. (Ps 17, 50; 21, 23)

Chaque année, Seigneur, tu nous fais revivre le mystère pascal où l’homme, rétabli dans sa dignité, trouve l’espérance de la résurrection; donne-nous de toujours accueillir avec amour ce que nous célébrons dans la foi. Par Jésus Christ.

Seigneur notre Dieu, dans l’admirable échange du sacrifice eucharistique, tu nous fais participer à ta propre nature divine: puisque nous avons la connaissance de ta vérité, accorde-nous de lui être fidèles par toute notre vie. Par Jésus Christ.

« Je vous ai choisis, je vous ai pris dans le monde, dit le Seigneur, afin que vous partiez, que vous donniez du fruit et que votre fruit demeure », alléluia. (Jn 15, 19.16)

Dieu très bon, reste auprès de ton peuple, car sans toi notre vie tombe en ruine; fais passer à une vie nouvelle ceux que tu as initiés aux sacrements de ton royaume. Par Jésus Christ.