Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

derrière le silence, Dieu manifeste sa tendresse

derrière le silence, Dieu manifeste sa tendresse

Le Saint-Père s’est entretenu de la foi vécue dans les épreuves, au cours de l’audience du mercredi 18 mai. À l’exemple de Job qui crie sa protestation face au mal, jusqu’à ce que Dieu lui réponde, le temps du silence et de l’attente dans l’épreuve peut être une bénédiction.

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 18 mai 2022

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Catéchèse sur la vieillesse – 10.
Job. L’épreuve de la foi, la bénédiction de l’attente

résumé

Chers frères et sœurs,
alors que nous poursuivons notre réflexion sur la vieillesse, nous rencontrons la figure de Job. Ce témoin de la foi n’accepte pas la caricature d’un Dieu vengeur que ses amis, plein de piétisme hypocrite et présomptueux, lui présentent ; Dieu les condamne pour cela. Venus le consoler, ils en finissent même par le juger responsable de son malheur. Job crie à Dieu sa protestation face au mal.

Mais derrière le silence de Dieu se manifeste le mystère de sa tendresse. Il se révèlera à lui de manière inattendue en lui montrant sa gloire. Dieu nous donne le droit de protester contre l’injustice et le mal, Job refuse la rationalité du mal et que Dieu soit un persécuteur : son désir incessant de la justice suprême sera comblé dans le face à face avec le Seigneur.

Encore aujourd’hui, comme Job, nous voyons des personnes, des familles, des peuples souffrir de maux injustes, nous sommes impressionnés par leur cris et émerveillés par la constance de leur foi et de leur amour.

Les personnes âgées affligées de maux, portent en elles fragilité et pertes progressives. Par leurs prières et leurs souffrances unies au Christ, elles sont un témoignage crédible et un rempart de la communauté dans sa lutte contre le mal.

Catéchèse

Chers frères et sœurs, bonjour !

Le passage biblique que nous avons entendu clôt le Livre de Job, sommet de la littérature universelle. Nous rencontrons Job sur notre chemin de catéchèse sur la vieillesse : nous le rencontrons comme un témoin de la foi qui n’accepte pas une « caricature » de Dieu, mais crie sa protestation face au mal, jusqu’à ce que Dieu réponde et révèle son visage.

Et à la fin Dieu répond, comme toujours de manière surprenante : il montre à Job sa gloire mais sans l’écraser, en effet, avec une tendresse souveraine, comme Dieu le fait toujours avec tendresse. Il faut lire attentivement les pages de ce livre, sans préjugés, sans clichés, pour saisir la puissance du cri de Job.

Cela nous fera du bien d’aller à son école, de vaincre la tentation du moralisme face à l’exaspération et au découragement de la douleur d’avoir tout perdu.

*

Dans ce passage conclusif du livre – on se souvient de l’histoire, Job qui perd tout dans la vie, perd sa richesse, perd sa famille, perd son fils et perd aussi la santé et reste là, blessé, en dialogue avec trois amis, puis un quatrième, qui viennent le saluer.

C’est l’histoire – et dans ce passage d’aujourd’hui, le passage conclusif du livre, quand Dieu parle enfin (et ce dialogue de Job avec ses amis est comme une manière d’arriver au moment où Dieu donne sa parole, Job est loué pour avoir compris le mystère de la tendresse de Dieu caché derrière son silence.

Dieu réprimande les amis de Job qui prétendaient tout savoir, tout savoir sur Dieu et sur la douleur, et, venus consoler Job, ils ont fini par le juger avec leurs schémas préétablis. Dieu nous préserve de ce piétisme hypocrite et présomptueux ! Que Dieu nous préserve de cette religiosité moraliste et de cette religiosité des préceptes qui nous donne une certaine présomption et conduit au pharisaïsme et à l’hypocrisie.

C’est ainsi que le Seigneur leur parle. Ainsi parle le Seigneur : « Ma colère s’est enflammée contre [toi] […], parce que tu n’as pas dit de bonnes choses à mon sujet comme mon serviteur Job. […] » : C’est ce que dit le Seigneur aux amis de Job. « Mon serviteur Job priera pour toi, afin que moi, par considération pour lui, je ne punisse pas ta folie, parce que tu n’as pas dit de bonnes choses à mon sujet comme mon serviteur Job » (42,7-8).

La déclaration de Dieu nous surprend, car nous avons lu les pages brûlantes de la protestation de Job, qui nous ont consternés. Pourtant – dit le Seigneur – Job a bien parlé, même quand il était en colère et même en colère contre Dieu, mais il a bien parlé, parce qu’il a refusé d’accepter que Dieu soit un « Persécuteur », Dieu est autre chose. Et comme récompense, Dieu rend à Job le double de tous ses biens, après lui avoir demandé de prier pour ses mauvais amis.

*

Le tournant de la conversion de la foi se situe précisément au plus fort de l’explosion de Job, où il dit : « Je sais que mon rédempteur est vivant / et qu’à la fin, il ressuscitera ! / Après que cette peau qui m’est arrachée, / sans ma chair, je verrai Dieu. / Je le verrai, moi, / mes yeux le contempleront et pas un autre ». (19.25-27). Cette étape est magnifique.

Je me souviens de la fin de ce brillant oratorio de Haendel, le Messie, après cette fête d’Alléluia, la soprano chante lentement ce passage : « Je sais que mon Rédempteur vit », avec paix. Et ainsi, après toute cette chose de douleur et de joie de Job, la voix du Seigneur est une autre chose. « Je sais que mon Rédempteur vit » : c’est une belle chose.

On peut l’interpréter ainsi : « Mon Dieu, je sais que tu n’es pas le persécuteur. Mon Dieu viendra me rendre justice ». C’est la simple foi en la résurrection de Dieu, la simple foi en Jésus-Christ, la simple foi que le Seigneur nous attend toujours et viendra.

La parabole du livre de Job représente de manière dramatique et exemplaire ce qui se passe réellement dans la vie. Autrement dit, des épreuves trop lourdes, des épreuves disproportionnées par rapport à la petitesse et à la fragilité humaines, s’abattent sur une personne, une famille ou un peuple.

Dans la vie souvent, comme on dit, « il pleut sur le mouillé ». Et certaines personnes sont accablées par une somme de maux qui apparaît vraiment excessive et injuste. Et tant de gens sont comme ça.

*

Nous avons tous connu des gens comme ça. Nous avons été impressionnés par leur cri, mais nous avons aussi souvent été étonnés de la fermeté de leur foi et de leur amour dans leur silence. Je pense aux parents d’enfants gravement handicapés ou vivant avec une maladie permanente ou au membre de la famille qui leur est proche… Des situations souvent aggravées par la rareté des ressources économiques.

Dans certaines conjonctures de l’histoire, ces tas de poids semblent se donner comme un rendez-vous collectif. C’est ce qui s’est passé ces dernières années avec la pandémie de Covid-19 et ce qui se passe actuellement avec la guerre en Ukraine.

Peut-on justifier ces « excès » comme une rationalité supérieure de la nature et de l’histoire ? Pouvons-nous religieusement les bénir comme une réponse justifiée aux péchés des victimes, qui les méritaient ? Non, nous ne pouvons pas. Il y a une sorte de droit de la victime à protester contre le mystère du mal, un droit que Dieu accorde à quiconque, en effet, que c’est lui-même qui, après tout, inspire.

Parfois je trouve des gens qui s’approchent de moi et me disent : « Mais, Père, j’ai protesté contre Dieu parce que j’ai tel problème, tel autre… ». Mais, tu sais, ma chère, cette protestation est une manière de prier, quand c’est fait comme ça. Quand des enfants, des jeunes protestent contre leurs parents, c’est une façon d’attirer l’attention et de demander qu’ils prennent soin d’eux.

Si vous avez des blessures au cœur, des douleurs et que vous avez envie de protester, protester même contre Dieu, Dieu vous écoute, Dieu est Père, Dieu n’a pas peur de notre prière de protestation, non ! Dieu comprend. Mais soyez libre, soyez libre dans votre prière, n’emprisonnez pas votre prière dans des schémas préconçus !

La prière doit être tellement spontanée, comme celle d’un fils avec son père, qui lui dit tout ce qui lui passe par la bouche parce qu’il sait que son père le comprend. Le « silence » de Dieu, au premier moment du drame, signifie cela. Dieu ne reculera pas devant la confrontation, mais au début, il laisse à Job l’exutoire de sa protestation, et Dieu écoute.

Peut-être devrions-nous parfois apprendre ce respect et cette tendresse de Dieu. Et Dieu n’aime pas cette encyclopédie – appelons-la ainsi – d’explications, de réflexion que font les amis de Job. C’est le jus de la langue, qui n’est pas juste : c’est cette religiosité qui explique tout, mais le cœur reste froid. Dieu n’aime pas ça. Plus comme la protestation de Job ou le silence de Job.

*

La profession de foi de Job – qui découle précisément de son appel incessant à Dieu, à la justice suprême – s’achève finalement par une expérience presque mystique, dirais-je, qui lui fait dire : « Je ne t’ai connu que par ouï-dire, mais maintenant mon yeux vous ont vu » (42,5). Combien de personnes, combien d’entre nous après une expérience un peu laide, un peu obscure, cèdent et connaissent Dieu mieux qu’avant !

Et nous pouvons dire, comme Job : « Je t’ai connu par ouï-dire, mais maintenant je t’ai vu, parce que je t’ai rencontré. Ce témoignage est particulièrement crédible si la vieillesse l’assume, dans sa fragilité et sa perte progressives. Les personnes âgées en ont vu tellement dans leur vie !

Et ils ont aussi vu l’incohérence des promesses des hommes. Hommes de loi, hommes de science, voire hommes de religion, qui confondent le persécuteur avec la victime, attribuant à cette dernière l’entière responsabilité de leur propre douleur. Ils ont tort!

Les personnes âgées qui trouvent la voie de ce témoignage, qui convertit le ressentiment de la perte en ténacité à attendre la promesse de Dieu – il y a un changement, du ressentiment de la perte à une ténacité à suivre la promesse de Dieu – ces personnes âgées sont une garnison irremplaçable pour le communauté face à l’excès du mal. Le regard des croyants qui se tourne vers le Crucifix l’apprend.

Que nous aussi nous pouvons l’apprendre, de tant de grands-parents et de grands-mères, de tant de personnes âgées qui, comme Marie, unissent leur prière, parfois déchirante, à celle du Fils de Dieu qui s’abandonne au Père sur la croix. Nous regardons les personnes âgées, nous regardons les vieillards, les vieilles femmes, les vieilles dames ; regardons-les avec amour, regardons leur expérience personnelle.

Ils ont tant souffert dans la vie, ils ont tant appris dans la vie, ils ont traversé beaucoup de choses, mais à la fin ils ont cette paix, une paix – je dirais – presque mystique, c’est-à-dire la paix de la rencontre avec Dieu, à tel point qu’ils peuvent dire « Je le savais par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t’ont vu ». Ces vieillards ressemblent à cette paix du fils de Dieu sur la croix qui s’abandonne au Père.

Salutations

Je salue cordialement les personnes de langue française, en particulier les collégiens venus de France ainsi que les pèlerins du Diocèse de Besançon et la Mission Catholique Vietnamienne de Lyon.

Le Seigneur a mis sur notre route des frères et sœurs souffrant qui témoignent d’une grande foi et d’un grand amour. Gardons à cœur leurs témoignages et demandons au Dieu la force de persévérer dans l’espérance au milieu des épreuves de la vie. Que Dieu vous bénisse.

Je salue les pèlerins et visiteurs anglophones qui participent à l’Audience d’aujourd’hui, en particulier ceux du Royaume-Uni, du Danemark, d’Israël et du Moyen-Orient, du Canada et des États-Unis d’Amérique. Dans la joie du Christ ressuscité, j’invoque sur vous et sur vos familles la miséricorde aimante de Dieu notre Père. Que Dieu vous bénisse!

Chers fidèles germanophones, je vous invite à venir en aide aux nombreuses personnes qui souffrent, qu’elles soient éloignées ou proches. Nous faisons tout ce que nous pouvons, confiants que chacune de nos bonnes actions est toujours accompagnée et soutenue par la grâce du Seigneur.

Je salue cordialement les pèlerins hispanophones. Je vous invite à relire le livre de Job, et à nous laisser interpeller par son témoignage. Bien qu’il ait dû traverser de nombreuses épreuves et souffrances, il n’a jamais cessé d’élever sa prière vers le Père. Joignons-nous également à cette supplication et demandons au Seigneur d’accroître et de renforcer notre foi. Que Dieu vous bénisse. Merci beaucoup.

Je salue les pèlerins lusophones, en particulier les fidèles de Cascavel, Jundiaí, São Paulo et Fátima ; les Sœurs de la Présentation de Marie et le groupe sportif et culturel du Portugal. Frères et sœurs, lorsque nous nous trouvons face au mal, nous devons apprendre – à l’exemple de nombreuses personnes âgées – à joindre notre prière à celle de Jésus qui, sur la croix, s’abandonne au Père. Que Dieu vous bénisse!

Je salue les fidèles arabophones. Job est l’homme souffrant qui a protesté contre la gravité de sa douleur, mais est resté solide dans la foi, c’est pourquoi Dieu l’a rempli de tendresse et l’a accompagné sur un chemin spirituel pour arriver à la vérité et découvrir que Dieu est bon. Que le Seigneur vous bénisse tous et vous protège toujours de tout mal !

Je salue cordialement les pèlerins polonais. Il y a deux jours, vous vous êtes souvenu de Sant’Andrea Bobola, martyr jésuite, saint patron de votre patrie. Que son engagement pour l’unité de l’Église, sa force d’esprit et sa fermeté dans la défense de la foi au Christ vous donnent le courage de professer les valeurs évangéliques, en particulier face aux tentations de la mondanité. Je vous bénis de tout mon cœur.

* * *

Je souhaite une cordiale bienvenue aux pèlerins de langue italienne. En particulier, je salue les prêtres du diocèse de Milan et les diacres proches du sacerdoce de Padoue : je vous exhorte à renouveler jour après jour votre disponibilité à répondre fidèlement à l’appel du Seigneur pour un service généreux au peuple saint de Dieu.

Je salue l’Association « Familles pour l’accueil » qui se consacre à l’adoption, à la prise en charge des enfants et des personnes âgées en difficulté : persévérez dans la foi et la culture de l’accueil, offrant ainsi un beau témoignage chrétien et un service social important. Merci, merci pour ce que vous faites.

Enfin, comme d’habitude, mes pensées vont aux personnes âgées, aux malades, aux jeunes et aux jeunes mariés. Chers jeunes, n’ayez pas peur de mettre vos énergies au service de l’Évangile, avec l’enthousiasme typique de votre époque ; et vous, chers vieillards et chers malades, sachez que vous apportez une contribution précieuse à la société, grâce à votre sagesse ; et vous, chers jeunes mariés, faites grandir vos familles comme des lieux où vous apprenez à aimer Dieu et le prochain dans la sérénité et la joie.


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Texte traduit et présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

canonisation de dix bienheureux, dont Charles de Foucauld

canonisation de dix bienheureux, dont Charles de Foucauld

Charles de Foucauld canonisation

Le Pape François a célébré ce dimanche 15 mai la messe pour la canonisation de dix bienheureux. Devant près de 50 000 fidèles rassemblés sur la place Saint-Pierre et aux alentours, il a exhorté à se laisser aimer par le Christ et à aimer comme lui, non par des actions héroïques, mais dans le service et le don de soi-même. Les nouveaux saints en témoignent et invitent chaque baptisé à le vivre, selon sa vocation propre.

MESSE ET CANONISATION DES BIENHEUREUX :
Titus Brandsma – Lazzaro, detto Devasahayam – César de Bus – Luigi Maria Palazzolo – Giustino Maria Russolillo – Charles de Foucauld – Maria Rivier – Maria Francesca di Gesù Rubatto – Maria di Gesù Santocanale – Maria Domenica Mantovani

HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

Place Saint-Pierre
Dimanche 15 mai 2022

Nous avons entendu ces paroles que Jésus confie à ses disciples, avant de passer de ce monde au Père, des paroles qui nous disent ce que signifie être chrétiens : « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres » » (Jn 13, 34). C’est le testament que le Christ nous a laissé, le critère fondamental pour discerner si nous sommes vraiment ses disciples ou non : le commandement de l’amour.

Arrêtons-nous sur les deux éléments essentiels de ce commandement : l’amour de Jésus pour nous – comme je vous ai aimés – et l’amour qu’il nous demande de vivre – aimez-vous les uns les autres.

Notre identité: «aimés de Dieu»

 

Tout d’abord, comme je vous ai aimés. Comment Jésus nous a-t-il aimés ? Jusqu’au bout, jusqu’au don total de lui-même. Il est frappant de constater qu’il prononce ces paroles par une nuit sombre, alors que l’atmosphère du Cénacle est pleine d’émotion et d’inquiétude : émotion parce que le Maître est sur le point de dire adieu à ses disciples, inquiétude parce qu’il annonce que l’un d’entre eux va le trahir.

Nous pouvons imaginer quelle douleur Jésus portait dans son âme, quelles ténèbres s’amoncelaient dans le cœur des apôtres, et quelle amertume en voyant Judas quitter la pièce pour entrer dans la nuit de la trahison, après avoir reçu la bouchée trempée pour lui par le Maître. Et c’est précisément à l’heure même de la trahison que Jésus confirme son amour pour les siens. Car, dans l’obscurité et les tempêtes de la vie, c’est cela l’essentiel : Dieu nous aime.

Cette annonce, frères, sœurs, doit être au centre de la profession et des expressions de notre foi : « Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés » (1Jn 4, 10). N’oublions jamais cela. Au centre, il n’y a pas notre capacité, nos mérites, mais l’amour inconditionnel et gratuit de Dieu, que nous n’avons pas mérité.

Au début de notre être chrétien, il n’y a pas de doctrines ni d’œuvres, mais l’émerveillement de nous découvrir aimés, avant toute réponse de notre part. Alors que le monde veut souvent nous convaincre que nous n’avons de valeur que dans la mesure où nous produisons des résultats, l’Évangile nous rappelle la vérité de la vie : nous sommes aimés. Et c’est notre valeur : nous sommes aimés.

*Un maître spirituel de notre époque a écrit : « Avant même qu’un être humain puisse nous voir, nous étions vus par les yeux aimants de Dieu. Avant même que quelqu’un nous entende pleurer ou rire, nous étions entendus par notre Dieu qui est toute écoute pour nous. Avant même que quelqu’un en ce monde nous parle, la voix de l’amour éternel nous parlait déjà » (H. Nouwen, Sentirsi amati, Brescia 1997, p. 50).

Il nous a aimés le premier, il nous a attendus. Il nous aime, il continue de nous aimer. Et c’est notre identité : aimés de Dieu. C’est notre force : aimés de Dieu.

Qu’est-ce que la sainteté?

Cette vérité nous demande de nous convertir sur l’idée que nous nous faisons souvent de la sainteté. Parfois, en insistant trop sur les efforts pour accomplir de bonnes œuvres, nous avons généré un idéal de sainteté trop fondé sur nous-mêmes, sur l’héroïsme personnel, sur la capacité de renonciation, sur le sacrifice de soi pour gagner une récompense.

C’est une vision parfois trop pélagienne de la vie, de la sainteté. Nous avons ainsi fait de la sainteté un objectif inaccessible, nous l’avons séparée de la vie quotidienne au lieu de la rechercher et de l’embrasser dans le quotidien, dans la poussière de la rue, dans les efforts de la vie concrète et, comme le disait Thérèse d’Avila à ses sœurs, « parmi les casseroles de la cuisine ».

Être disciples de Jésus et marcher sur le chemin de la sainteté, c’est avant tout se laisser transfigurer par la puissance de l’amour de Dieu. N’oublions pas la primauté de Dieu sur le moi, de l’Esprit sur la chair, de la grâce sur les œuvres. Parfois on donne plus de poids, plus d’importance au moi, à la chair et aux œuvres. Non : le primat de Dieu sur le moi, le primat de l’Esprit sur la chair, le primat de la grâce sur les œuvres.

Une force qui transfigure

L’amour que nous recevons du Seigneur est la force qui transforme notre vie : il dilate notre cœur et nous prédispose à aimer. C’est pourquoi Jésus dit – et c’est le deuxième aspect – « comme je vous ai aimés, vous devez aussi vous aimer les uns les autres« .

Ce comme n’est pas seulement une invitation à imiter l’amour de Jésus ; il signifie que nous ne pouvons aimer que parce qu’il nous a aimés, parce qu’il donne son Esprit à nos cœurs, l’Esprit de sainteté, l’amour qui nous guérit et nous transforme. C’est pourquoi nous pouvons faire des choix et accomplir des gestes d’amour dans chaque situation et avec chaque frère et sœur que nous rencontrons, parce que nous sommes aimés et que nous avons la force d’aimer.

De même que je suis aimé, je peux aimer. Toujours, l’amour que je réalise est uni à celui de Jésus pour moi : “comme ceci”. Tout comme il m’a aimé, ainsi je peux aimer. La vie chrétienne est si simple, elle est si simple ! Nous la rendons plus compliquée, avec tant de choses, mais elle est si simple.

*

Et, concrètement, qu’est-ce que cela signifie de vivre cet amour ? Avant de nous laisser ce commandement, Jésus a lavé les pieds à ses disciples ; après l’avoir annoncé, il s’est livré sur le bois de la croix. Aimer signifie ceci : servir et donner sa vie.

Servir, c’est-à-dire ne pas faire passer ses propres intérêts en premier ; se désintoxiquer des poisons de la cupidité et de la concurrence ; combattre le cancer de l’indifférence et le ver de l’autoréférentialité ; partager les charismes et les dons que Dieu nous a donnés.

Se demander concrètement : « qu’est-ce que je fais pour les autres ? » C’est aimer, et vivre le quotidien dans un esprit de service, avec amour et sans clameur, sans rien revendiquer.

Et puis donner sa vie, ce qui ne se réduit pas à offrir quelque chose, comme une partie de ses biens, aux autres, mais se donner soi-même. J’aime demander aux gens qui me demandent des conseils : “Dis-moi, tu fais l’aumône ?” – “Oui, Père, je fais l’aumône aux pauvres” – “Et quand tu fais l’aumône, est-ce que tu touches la main de la personne, ou jettes-tu l’aumône et tu le fais ainsi pour te nettoyer ?”

Et ils rougissent : “Non, je ne touche pas”. “Lorsque tu fais l’aumône, regardes-tu la personne que tu aides dans les yeux ou regardes-tu ailleurs ?” – “Je ne regarde pas”. Toucher et regarder, toucher et regarder la chair du Christ qui souffre dans nos frères et sœurs. C’est très important. C’est cela, donner la vie. La sainteté n’est pas faite de quelques gestes héroïques, mais de beaucoup d’amour quotidien.

« Es-tu une consacrée ou un consacré ? – ils sont nombreux, aujourd’hui, ici – Sois saint en vivant avec joie ton engagement. Es-tu marié ou mariée ? Sois saint et sainte en aimant et en prenant soin de ton époux ou de ton épouse, comme le Christ l’a fait avec l’Église. Es-tu un travailleur ou une femme qui travaille ?

*

Sois saint en accomplissant honnêtement et avec compétence ton travail au service de tes frères, et en luttant pour la justice de tes compagnons, pour qu’ils ne restent pas au chômage, pour qu’ils aient toujours le juste salaire. Es-tu père, mère, grand-père ou grand-mère ? Sois saint en enseignant avec patience aux enfants à suivre Jésus.

Dis-moi, as-tu de l’autorité ? – et ici il y a tant de gens qui ont de l’autorité – Je vous demande : as-tu de l’autorité ? Sois saint en luttant pour le bien commun et en renonçant à tes intérêts personnels » (cf. Exhortation apostolique Gaudete et Exsultate, n. 14). C’est le chemin de la sainteté, si simple ! Regarder toujours Jésus dans les autres.

La voie est ouverte

Servir l’Évangile et les frères, offrir sa vie sans retour – c’est le secret : offrir sans retour –, sans chercher la gloire mondaine : nous sommes, nous aussi, appelés à cela.

Nos compagnons de route, canonisés aujourd’hui, ont vécu la sainteté de cette manière : en embrassant leur vocation avec enthousiasme – comme prêtres, certains, comme personnes consacrées, d’autres, comme laïcs – ils se sont dépensés pour l’Évangile, ils ont découvert une joie sans comparaison et ils sont devenus des reflets lumineux du Seigneur dans l’histoire.

C’est un saint ou une sainte : un reflet lumineux du Seigneur dans l’histoire. Faisons-le aussi : le chemin de la sainteté n’est pas fermé, il est universel, c’est un appel pour nous tous, il commence par le Baptême, il n’est pas fermé. Faisons-le aussi, parce que chacun de nous est appelé à la sainteté, à une sainteté unique et non reproductible.

La sainteté est toujours originale, comme le disait le bienheureux Carlo Acutis : la photocopie de la sainteté n’existe pas, la sainteté est originale, elle est la mienne, la tienne, celle de chacun de nous. Elle est unique et non reproductible. Oui, le Seigneur a un plan d’amour pour chacun de nous, il a un rêve pour ta vie, pour ma vie, pour la vie de chacun de nous. Que voulez-vous que je vous dise ? Et faites-le avancer avec joie. Merci.

Regina Cœli: que les nouveaux saints suscitent la paix

Chers frères et sœurs,

Avant de conclure cette célébration eucharistique, je souhaite vous saluer et vous remercier tous : les cardinaux, les évêques, les prêtres, les religieux et les religieuses, en particulier ceux qui appartiennent aux familles spirituelles des nouveaux saints, et vous tous les fidèles, fidèles peuple de Dieu. , réunis ici de nombreuses parties du monde.

Je salue les délégations officielles de divers pays, en particulier le Président de la République italienne. Il est beau de constater que, par leur témoignage évangélique, ces saints ont favorisé la croissance spirituelle et sociale de leurs nations respectives et aussi de toute la famille humaine.

Alors que malheureusement les distances grandissent dans le monde et que les tensions et les guerres augmentent, les nouveaux saints inspirent des solutions d’ensemble, des voies de dialogue, en particulier dans le cœur et l’esprit de ceux qui occupent des postes de grande responsabilité et sont appelés à être des protagonistes de la paix et non . de la guerre.

Je vous salue tous, chers pèlerins, ainsi que ceux qui ont suivi cette messe à travers les médias.

Et maintenant nous nous tournons vers la Vierge Marie pour nous aider à imiter joyeusement l’exemple des nouveaux saints.


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profiter de la retraite pour tisser des liens entre générations

profiter de la retraite pour tisser des liens entre générations

Le Pape François a continué ce mercredi 11 mai son cycle de catéchèses sur le thème de la vieillesse à partir de la figure biblique de Judith. Il a parlé de la retraite, une période opportune pour tisser et repenser les liens entre les générations.

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 11 mai 2022

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Catéchèse sur la vieillesse – 9. Judith.
Une jeunesse admirable, une vieillesse généreuse

Résumé de la catéchèse

Chers frères et sœurs,

L’héroïne du jour est Judith, qui, après la grande aventure dont elle fut la protagoniste, retourna dans sa ville de Betulia qu’elle avait sauvée d’un général Assyrien, grâce à sa foi, sa beauté, son astuce et son courage. Elle y vécue plus de Cent ans et témoigna dans sa vieillesse d’une grande générosité. De nos jours il n’est pas rare d’avoir à vivre encore de longues années après avoir pris sa retraite.

Comment mettre à profit cette période de repos mérité ? Il y certes la joie de s’occuper des petits-enfants, mais les enfants sont de moins en moins nombreux et les parents moins enclins à laisser aux grands-parents un rôle de soutien dans l’éducation des petits. Ceux-ci apprennent pourtant tellement à leur contact, y compris la tendresse et la force de la fragilité qui permettent de rendre humain le futur.

Le Seigneur ne confie pas ses talents seulement aux jeunes et aux forts, la vie de nos communautés doit savoir profiter des talents des anciens, enseignements, conseils, écoute : une vraie richesse à mettre en valeur. Certes, dans la vieillesse on perd un peu la vue, mais le regard intérieur se fait plus pénétrant.

Catéchèse

Chers frères et sœurs, bonjour !

Aujourd’hui, nous parlerons de Judith, une héroïne biblique. La conclusion du livre qui porte son nom – nous en avons entendu un extrait – résume la dernière partie de la vie de cette femme, qui défendit Israël contre ses ennemis.

Judith est une jeune et vertueuse veuve juive qui, grâce à sa foi, sa beauté et son astuce, sauve la ville de Béthulie et le peuple de Judée du siège d’Holopherne, général de Nabuchodonosor, roi d’Assyrie, un ennemi puissant et dédaigneux de Dieu. Ainsi, grâce à sa manière rusée d’agir, elle est capable de trancher la gorge du dictateur qui s’en prend au pays. Elle était courageuse, cette femme, mais elle avait la foi…

Après la grande aventure dont elle est protagoniste, Judith retourne vivre dans sa ville, Béthulie, où elle vit une belle vieillesse jusqu’à cent cinq ans. Comme c’est le cas pour de nombreuses personnes : parfois après une vie de travail intense, parfois après une existence aventureuse, ou une existence de grand dévouement.

L’héroïsme n’est pas seulement celui des grands événements qui tombent sous les feux des projecteurs, par exemple le meurtre du dictateur par Judith : mais souvent on trouve l’héroïsme dans la ténacité de l’amour vécu dans une famille difficile et en faveur d’une communauté menacée.

Judith a vécu plus de 100 ans, une bénédiction particulière. Mais il n’est pas rare aujourd’hui qu’il reste tant d’années à vivre après le moment de la retraite.

Comment interpréter, comment tirer le meilleur parti de ce temps dont nous disposons ? Je prends ma retraite aujourd’hui, et cela fera de nombreuses années, et que puis-je faire pendant ces années ? Comment puis-je grandir – en âge, cela va sans dire, mais comment puis-je grandir en autorité, en sainteté, en sagesse?

La perspective de la retraite coïncide pour beaucoup, avec celui d’un repos mérité et désiré après des activités exigeantes et fatigantes. Mais il arrive aussi que la fin du travail soit une source d’inquiétude et soit attendue avec une certaine appréhension. « Que vais-je faire maintenant que ma vie va être vidée de tout ce qui l’a remplie pendant si longtemps ? » : c’est la question.

Le travail quotidien, c’est aussi un ensemble de relations, la satisfaction de gagner sa vie, l’expérience d’avoir un rôle, une considération méritée, un emploi à temps plein qui dépasse le simple horaire de travail.

Bien sûr, il y a l’engagement, à la fois joyeux et fatigant, de s’occuper des petits-enfants, et aujourd’hui, les grands-parents ont un rôle très important au sein de la famille pour aider à élever les petits-enfants ; mais nous savons qu’aujourd’hui il y a de moins en moins d’enfants qui naissent, et que les parents sont souvent plus éloignés, plus sujets aux déplacements, avec des situations de travail et d’habitation non favorables.

Parfois, ils sont aussi plus réticents à confier aux grands-parents des espaces pour l’éducation, ne leur accordant que ceux strictement lié au besoin d’assistance. Mais quelqu’un me disait, en souriant un peu ironiquement : « Aujourd’hui, les grands-parents, dans cette situation socio-économique, sont devenus plus importants, parce qu’ils ont une pension ».

Eh, ils le pensent. Il y a de nouvelles exigences, même au niveau des relations éducatives et parentales, qui nous obligent à remodeler l’alliance traditionnelle entre les générations.

Mais, demandons-nous : faisons-nous cet effort de « remodèlement » ? Ou subissons-nous simplement l’inertie des conditions matérielles et économiques ? La présence ensemble des générations s’allonge en effet. Cherchons-nous, tous ensemble, de la rendre plus humaines, plus affectueuse, plus juste, dans les nouvelles conditions des sociétés modernes ?

Pour les grands-parents, une part importante de leur vocation est de soutenir leurs enfants dans l’éducation de leurs petits-enfants. Les petits-enfants apprennent la force de la tendresse et le respect de la fragilité : des leçons irremplaçables, qui sont plus faciles à transmettre et à recevoir avec les grands-parents.

Les grands-parents, quant à eux, apprennent que la tendresse et la fragilité ne sont pas seulement des signes de déclin : pour les jeunes, ce sont des étapes qui rendent l’avenir humain.

Judith est veuve très tôt et n’a pas d’enfants, mais en tant que femme âgée, elle a pu vivre une saison de plénitude et de sérénité, sachant qu’elle avait vécu pleinement la mission que le Seigneur lui avait confiée. Pour elle, c’est le temps de laisser le bon héritage de la sagesse, de la tendresse, de dons pour la famille et la communauté : un héritage du bien et pas seulement de biens.

Lorsque nous pensons à l’héritage, nous pensons parfois aux biens, et non au bien qui a été fait dans la vieillesse et qui a été semé, ce bien qui est le meilleur héritage que nous pouvons laisser.

Précisément dans sa vieillesse, Judith « affranchit sa servante préférée ». C’est le signe d’un regard attentif et humain envers ceux qui l’ont côtoyée. Cette servante l’avait accompagnée dans cette aventure pour vaincre le dictateur et lui trancher la gorge. En vieillissant, on perd un peu la vue mais le regard intérieur devient plus pénétrant : on voit avec le cœur.

On devient capable de voir des choses qui nous échappaient auparavant. Les personnes âgées savent regarder et savent voir… C’est ainsi : le Seigneur ne confie pas seulement ses talents aux jeunes et aux forts : il a des talents pour tous, faits sur mesure pour chacun, également pour les vieux.

La vie de nos communautés doit savoir profiter des talents et des charismes de tant de personnes âgées, déjà retraitées, mais qui sont une richesse à valoriser. Cela exige, de la part des personnes âgées elles-mêmes, une attention créative et une attention nouvelle, une disponibilité généreuse.

Les anciennes compétences de la vie active perdent leur part de contrainte et deviennent des ressources de don : enseigner, conseiller, construire, soigner, écouter… De préférence au profit des plus démunis, qui n’ont pas les moyens d’apprendre ou qui sont abandonnés à leur solitude.

Judith a libéré sa servante et a couvert tout le monde d’attentions. Jeune fille, elle avait gagné l’estime de la communauté par son courage. Dans sa vieillesse, elle l’a mérité pour la tendresse avec laquelle elle a enrichi leur liberté et leurs affections. Judith n’est pas une retraitée qui vit son vide de façon mélancolique : c’est une femme âgée passionnée qui remplit de dons le temps que Dieu lui offre.

Je vous recommande : prenez, un de ces jours, la Bible et prenez le livre de Judith : il est minuscule, on le lit… il y a 10 pages, pas plus. Lisez cette histoire d’une femme courageuse qui s’accomplit ainsi, avec tendresse, avec générosité, une femme à la hauteur.

Et je voudrais que toutes nos grands-mères soient ainsi, comme ça : courageuses, sages et qu’elles nous laissent en héritage non pas de l’argent, mais l’héritage de la sagesse, semée dans leurs petits-enfants. Merci.


Salutations

Je salue cordialement les pèlerins de langue française présents à cette audience, en particulier les pèlerins venus de France et de Côte d’Ivoire.

La figure de Judith dans sa vieillesse, veuve et sans enfants, n’apparaît pas repliée sur elle-même, c’est une passionnée qui remplit de bienfaits le temps que Dieu lui donne de vivre encore. À nous de donner aux personnes âgées la possibilité de nous offrir leur expérience et leur sagesse acquises par les joies et les épreuves d’une longue vie bien remplie. Dieu vous bénisse !

Je salue les pèlerins et visiteurs anglophones qui participent à l’Audience d’aujourd’hui, en particulier ceux du Royaume-Uni, de Suède et des États-Unis d’Amérique. Dans la joie du Christ ressuscité, j’invoque sur vous et sur vos familles la miséricorde aimante de Dieu notre Père. Que Dieu vous bénisse!

Chers pèlerins de langue allemande, je vous salue cordialement. Une fois de plus, je vous invite à prier le Rosaire pour la paix dans le monde. Que le Seigneur nous accorde de faire l’expérience de sa proximité dans les joies et les difficultés de notre temps.

Je salue cordialement les pèlerins hispanophones. C’est plein de Mexicains. Je vous encourage à vivre avec générosité le temps que Dieu nous donne, en le consacrant à son service dans le dévouement aux autres, en particulier aux personnes les plus fragiles et vulnérables. Demandons cette grâce au Seigneur par l’intercession de Marie, Mère de l’Espérance. Que Dieu vous bénisse. Merci beaucoup.

Mes salutations de bienvenue aux pèlerins de langue portugaise. En vous souhaitant la bienvenue, mes pensées se tournent également vers ceux qui se rendent ces jours-ci au Sanctuaire de Fatima, apportant les joies et les soucis de leur cœur à Notre-Dame. Avec ces frères qui sont les nôtres, nous confions nous aussi l’ardent désir de paix dans le monde à la Vierge Marie, qu’elle enveloppe tous de son regard maternel. Que la bénédiction du Seigneur vous accompagne partout !

Je salue les fidèles arabophones. Quand on est vieux, on perd un peu la vue mais le regard intérieur devient plus pénétrant et on devient capable de voir des choses qui échappaient auparavant. Cette image est le symbole de ce que fait le Seigneur : Il ne confie pas des talents seulement aux jeunes et aux forts, mais les donne à tous selon les capacités de chacun. Que le Seigneur vous bénisse tous et vous protège toujours de tout mal !

Je salue cordialement les pèlerins polonais. Lundi, vous avez célébré la solennité de saint Stanislas, évêque et martyr, patron de votre pays. Puisse cet ardent défenseur de l’ordre moral divin, spécialement en cette semaine de prière pour les vocations, obtenir pour tous les jeunes le don d’un sage discernement du chemin de vie, de la confiance au Christ et de la fidélité aux valeurs évangéliques. Je vous bénis de tout mon cœur.

* * *

J’adresse une pensée particulière au peuple sri-lankais, en particulier aux jeunes qui ces derniers temps ont fait entendre leur cri face aux défis et problèmes sociaux et économiques du pays. Je me joins à ces autorités religieuses pour exhorter toutes les parties concernées à maintenir une attitude pacifique, sans céder à la violence. J’appelle tous ceux qui ont la responsabilité d’écouter les aspirations du peuple garantissant le plein respect des droits de l’homme et des libertés civiles.

Je souhaite une cordiale bienvenue aux pèlerins de langue italienne. En particulier, je salue les membres du Chapitre des Filles de Saint François de Sales et des Sœurs Maristes, les nouveaux prêtres des Légionnaires du Christ avec leurs familles, les Recteurs des Grands Séminaires des territoires de mission, l’Association Père Eusebio Chini .

Enfin, comme d’habitude, mes pensées vont aux personnes âgées, aux malades, aux jeunes et aux jeunes mariés. En ce mois dédié de manière particulière à Notre-Dame, je vous invite à suivre l’exemple de Marie, confiants en son intercession maternelle, abandonnés avec confiance entre les mains du Seigneur, soutenus par Celle qui est restée fidèle sous la Croix du Calvaire.

Et je voudrais m’excuser car aujourd’hui je ne pourrai pas venir vous saluer à cause de mon genou : il est toujours malade. Vous devrez vous éloigner un peu de moi, mais c’est pareil et je vous reçois le cœur dans la main. Merci à vous.

Et ma bénédiction à tous.


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