Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

Malte, «laboratoire de paix» et foyer d’évangélisation

Malte, «laboratoire de paix» et foyer d’évangélisation

Comme le veut la tradition après chaque voyage apostolique, le Pape a consacré sa catéchèse à sa récente visite sur l’île de Malte, des 2 et 3 avril dernier. Repoussé de deux ans en raison de la pandémie, le voyage a pu enfin avoir lieu,  particulièrement  dans le contexte de la guerre en Ukraine. Le Saint Père a proposé une synthèse de ce qui lui a permis de constater l’humanité et la foi des Maltais, atouts de taille face au défi des migrations et à l’exigence d’annoncer l’Évangile.

 

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Salle Paul VI
Mercredi, 6 avril 2022

___________________________

Résumé de la catéchèse du Saint-Père :

Frères et sœurs, Malte a reçu très tôt l’Évangile grâce à l’Apôtre Paul et à ses compagnons que les Maltais ont accueillis « avec une rare humanité ». Ces mots ont été choisis comme devise du récent Voyage Apostolique pour que le monde devienne plus fraternel, plus vivable, et se sauve d’un « naufrage » qui nous menace tous.

Malte est avant tout un lieu-clé du point de vue géographique. Par sa position, elle est un lieu où se croisent peuples et cultures. Elle représente aussi le droit et la force des « petits », des Nations petites mais riches d’histoire et de civilisation, qui incarnent la logique du respect et de la liberté, de la convivialité des différences.

Malte est ensuite un lieu-clé concernant les migrations. Ce phénomène est un signe de notre temps qui peut devenir source de conflit ou de paix. Cela dépend de nous. Malte est enfin un lieu-clé du point de vue de l’évangélisation parce qu’elle a porté au monde entier le témoignage chrétien.

Face au vent du sécularisme et de la culture globalisée, le temps est venu d’une nouvelle évangélisation à Malte afin que l’Évangile puisse jaillir avec la fraîcheur des origines et raviver son patrimoine de religiosité populaire.

La Vierge Marie est là pour nous aider à raviver la flamme de l’Esprit Saint qui anime de génération en génération l’annonce joyeuse de l’Évangile, parce que la joie de l’Église est d’évangéliser !

*

Le Voyage Apostolique à Malte

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

Samedi et dimanche derniers, je me suis rendu à Malte : un Voyage Apostolique prévu depuis un certain temps : il a été reporté de deux ans, à cause du Covid et de ces choses. Peu de gens savent que Malte, bien qu’étant une île au milieu de la Méditerranée, a reçu l’Évangile très tôt.

Pourquoi ? Parce que l’apôtre Paul fit naufrage près de ses côtes et eut miraculeusement la vie sauve, avec tous ceux qui se trouvaient sur le bateau, soit plus de deux cent soixante-dix personnes. Les Actes des Apôtres racontent que les Maltais les accueillirent tous, et dit ces mots « avec humanité peu ordinaire » (28,2). C’est important, ne l’oubliez pas : « avec humanité peu ordinaire ».

J’ai choisi ces mots : avec une humanité peu ordinaire, comme thème de mon Voyage, parce qu’ils indiquent le chemin à suivre non seulement pour affronter le phénomène des migrants, mais plus généralement pour que le monde devienne plus fraternel, plus vivable, et soit sauvé d’un « naufrage » qui nous menace tous, nous qui sommes – comme nous l’avons appris – dans la même embarcation, tous. Malte est dans cet horizon un lieu-clé.

*

Tout d’abord, géographiquement, en raison de sa position au centre de la Mer entre l’Europe et l’Afrique, mais qui baigne aussi l’Asie. Malte est une sorte de « rose des vents », où les peuples et les cultures se rencontrent ; c’est un point privilégié d’où l’on peut observer à 360° la région méditerranéenne.

Aujourd’hui on parle souvent de « géopolitique », mais malheureusement la logique dominante est celle des stratégies des États les plus puissants pour faire valoir leurs intérêts en étendant leur zone d’influence économique, ou d’influence idéologique et ou d’influence militaire : nous le constatons avec la guerre.

Malte représente, dans ce cadre, le droit et la force des « petits », des Nations petites, mais riches d’histoire et de civilisation, qui devraient promouvoir une autre logique : celle du respect et de la liberté, celle du respect et aussi la logique de la liberté, de la convivialité des différences, opposée à la colonisation des plus puissants. C’est ce que nous constatons actuellement.

Et pas seulement d’un côté : également d’autre … Après la Seconde Guerre mondiale, l’on a tenté de jeter les bases d’une nouvelle histoire de paix, mais malheureusement – nous n’apprenons pas, eh ? – s’est perpétuée la vieille histoire des grandes puissances concurrentes. Et, dans la guerre actuelle en Ukraine, nous sommes témoins de l’impuissance de l’Organisation des Nations Unies.

*

Deuxième aspect : Malte est un lieu-clé en ce qui concerne le phénomène des migrations. Au centre d’accueil Jean XXIII, j’ai rencontré de nombreux migrants qui sont arrivés sur l’île après de terribles périples.

Nous ne devons jamais nous lasser d’écouter leurs témoignages, car c’est le seul moyen d’échapper à la vision déformée qui circule souvent dans les médias de masse et de pouvoir reconnaître les visages, les histoires, les blessures, les rêves et les espoirs de ces migrants. Chaque migrant est unique : ce n’est pas un numéro, c’est une personne ; il est unique comme chacun d’entre nous.

Chaque migrant est une personne avec sa propre dignité, ses racines, sa culture. Chacun d’eux est porteur d’une richesse infiniment plus grande que les problèmes qu’il apporte. Et n’oublions pas que l’Europe s’est faite par les migrations.

*

Bien sûr, l’accueil doit être organisé – et ceci est vrai – doit être gouverné, et encore avant, largement plus tôt, il faudrait qu’il soit planifié ensemble, au niveau international. Parce que le phénomène migratoire ne peut être réduit à une urgence, c’est un signe de notre temps. Et il doit être lu et interprété comme tel. Il peut devenir un signe de conflit, ou un signe de paix.

Cela dépend de la façon dont nous le prenons, cela dépend de nous. Ceux qui créé le Centre Jean XXIII à Malte ont fait le choix chrétien et c’est pourquoi ils l’ont appelé « Peace Lab » : laboratoire de la paix. Mais je tiens à dire que Malte dans son ensemble est un laboratoire de la paix !

La nation entière, avec son attitude, avec son attitude propre est un laboratoire de la paix. Et Malte peut accomplir sa mission si elle puise dans ses racines la sève de la fraternité, de la compassion et de la solidarité. Le peuple maltais a reçu ces valeurs en même temps que l’Évangile, et grâce à l’Évangile, il pourra les garder vivantes.

*

C’est pourquoi, comme évêque de Rome, je suis allé confirmer ce peuple dans la foi et la communion. En effet – troisième aspect – Malte est également un lieu-clé du point de vue de l’évangélisation. De Malte et de Gozo, les deux diocèses du pays, de nombreux prêtres et religieux, ainsi que des fidèles laïcs, sont partis, portant le témoignage chrétien dans le monde entier.

Comme si le passage de saint Paul avait laissé la mission dans l’ADN des Maltais ! C’est pourquoi ma visite était avant tout un acte de gratitude, de reconnaissance envers Dieu et envers son peuple saint et fidèle qui est à Malte et à Gozo.

*

Cependant, là aussi souffle le vent du sécularisme et de la pseudo-culture mondialisée à base de consumérisme, de néo-capitalisme et de relativisme. Là aussi, est donc venu le temps d’une nouvelle évangélisation.

Ma visite à la Grotte de Saint-Paul, comme celle de mes Prédécesseurs, a été comme un retour à la source, pour que l’Évangile jaillisse à Malte avec la fraîcheur des origines et ravive son grand patrimoine de religiosité populaire. Ceci est symbolisé par le Sanctuaire marial national de Ta’ Pinu, sur l’île de Gozo, où nous avons célébré une intense rencontre de prière.

Là, j’ai senti battre le cœur du peuple maltais, qui a tant confiance en sa Sainte Mère. Marie nous ramène toujours à l’essentiel, au Christ crucifié et ressuscité, et ceci pour nous, à son amour miséricordieux. Marie nous aide à raviver la flamme de la foi en puisant dans le feu de l’Esprit Saint, qui anime la joyeuse annonce de l’Évangile de génération en génération, car la joie de l’Église est d’évangéliser !

N’oublions pas cette phrase de saint Paul VI : la vocation de l’Église est d’évangéliser, la joie de l’Église est d’évangéliser. Ne l’oublions plus : c’est la plus belle définition de l’Église.

*

Je saisis cette occasion pour renouveler mes remerciements à Monsieur le Président de la République de Malte si courtois et si fraternel : merci à lui et à sa famille ; à Monsieur le Premier Ministre et aux autres autorités civiles, qui m’ont accueilli avec tant de gentillesse ; ainsi qu’aux évêques et à tous les membres de la communauté ecclésiale, aux volontaires et à ceux qui m’ont accompagné dans la prière.

Je ne voudrais pas omettre de mentionner le centre d’accueil Jean XXIII pour les migrants : là, ce frère franciscain [le père Dionisio Mintoff] qui le dirige, a 91 ans et il continue à travailler ainsi, avec des collaborateurs du diocèse. C’est un exemple de zèle apostolique et d’amour pour les migrants, dont on a tant besoin aujourd’hui.

En effet avec cette visite, nous semons, mais c’est le Seigneur qui fait pousser. Que son infinie bonté accorde des fruits abondants de paix et de tout bien au cher peuple maltais ! Merci au peuple maltais pour son accueil tellement humain et ainsi chrétien. Merci beaucoup.

*

Je salue cordialement les pèlerins de langue française, en particulier l’Office International de l’Enseignement Catholique et les jeunes venus de France et de Belgique.

Frères et sœurs, en ces moments où le monde fait face à de grands phénomènes migratoires, apprenons, à l’exemple des Maltais, à vaincre l’indifférence et la peur de l’autre afin de construire des sociétés fondées sur l’accueil et la solidarité. Sur chacune de vos personnes, j’invoque la Bénédiction de Dieu.

APPEL

Les nouvelles récentes sur la guerre en Ukraine, au lieu d’apporter soulagement et espoir, témoignent plutôt de nouvelles atrocités, comme le massacre de Bucha : une cruauté de plus en plus horrible, également exercée contre des civils, des femmes et des enfants sans défense.

Ce sont des victimes dont le sang innocent crie vers le ciel et implore : la fin de cette guerre ! Faites taire les armes ! Arrêtez de semer la mort et la destruction ! Prions ensemble pour cela…

Et hier, juste de Bucha, ils m’ont apporté ce drapeau. Ce drapeau vient de la guerre, de cette ville meurtrie, Bucha. Et aussi, il y a ici des enfants ukrainiens qui nous accompagnent. Saluons-les et prions avec eux.

Ces enfants ont dû fuir et gagner une terre étrangère : c’est un des fruits de la guerre. Ne les oublions pas, et n’oublions pas le peuple ukrainien. Il est difficile d’être arraché à sa terre pour une guerre.

* * *

Aujourd’hui, c’est la Journée mondiale du sport au service de la paix et du développement, annoncée par les Nations Unies. J’en appelle aux sportifs, hommes et femmes, pour qu’à travers leur activité ils soient des témoins actifs de fraternité et de paix.

Le sport, avec ses valeurs, peut jouer un rôle important dans le monde, ouvrant des voies de concorde entre les peuples, tant qu’il ne perd jamais sa capacité de gratuité : sport pour le sport, et ne devient pas commercial. Cet amateurisme typique du vrai sport.

*

Enfin, comme d’habitude, mes pensées vont aux personnes âgées, aux malades, aux jeunes et aux jeunes mariés. Je vous invite à vivre la prochaine Semaine Sainte avec une participation intense au Mystère de l’amour rédempteur, qui y sera remémoré.

Que la lumière du Fils de Dieu, crucifié et ressuscité, vous guide vers le témoignage de sa vérité, qui ouvre l’esprit des jeunes, rassure le cœur des malades et des personnes âgées et soutient l’amour mutuel des époux. A tous, ma bénédiction !


Copyright © Dicastero per la Comunicazione – Libreria Editrice Vaticana

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

Angélus lors du voyage apostolique à Malte

VOYAGE APOSTOLIQUE DE SA SAINTETÉ LE PAPE FRANÇOIS À MALTE
(2-3 AVRIL 2022)

ANGÉLUS

Piace de Granai, Floriana
dimanche 3 avril 2022

____________________________

Chers frères et sœurs !

Je suis reconnaissant des paroles que Mgr Scicluna m’a adressées en votre nom. Mais c’est moi qui vous dis: Grazzi ! [Merci!]

Je voudrais exprimer ma gratitude au Président de la République et aux Autorités, à mes Frères Évêques, à vous, chers prêtres, religieux et religieuses, et à tous les citoyens et fidèles de Malte et de Gozo pour l’accueil et l’affection reçus . Ce soir, après avoir rencontré plusieurs frères et sœurs migrants, il sera déjà temps de rentrer à Rome, mais j’apporterai avec moi de nombreux moments et paroles de ces jours.

Beaucoup de gestes. Surtout, je garderai plusieurs visages dans mon cœur, et le visage lumineux de Malte ! Je remercie également ceux qui ont travaillé pour cette visite; et je voudrais saluer cordialement les frères et sœurs de diverses confessions et religions chrétiennes que j’ai rencontrés. Je demande à chacun de prier pour moi; Je vais le faire pour vous. Prions les uns les autres !

Dans ces îles, vous pouvez respirer le sens du Peuple de Dieu, continuez ainsi, en vous rappelant que la foi grandit dans la joie et se fortifie dans le don. Continuez la chaîne de sainteté qui a conduit tant de Maltais à se donner avec enthousiasme à Dieu et aux autres. Je pense à Dun Ġorġ Preca, canonisé il y a quinze ans. Et enfin, je voudrais adresser un mot aux jeunes qui sont votre avenir.

Chers jeunes amis, je partage avec vous la meilleure chose de la vie. Savez vous ce que c’est? C’est la joie de se dépenser en amour qui nous libère. Mais cette joie a un nom : Jésus. Je vous souhaite la beauté de tomber amoureux de Jésus, qui est le Dieu de miséricorde – nous l’avons entendu aujourd’hui dans l’Évangile -, qui croit en vous, rêve avec vous, aime vos vies et ne vous décevra jamais.

Et pour toujours aller de l’avant avec Jésus aussi avec la famille, avec le peuple de Dieu, n’oubliez pas les racines. Parlez aux vieux, parlez aux grands-parents, parlez aux vieux !

Que le Seigneur vous accompagne et que Notre-Dame vous garde. Nous vous prions maintenant pour la paix, en pensant à la tragédie humanitaire de l’Ukraine tourmentée, toujours sous les bombardements de cette guerre sacrilège. Ne nous lassons pas de prier et d’aider ceux qui souffrent. Que la paix soit avec vous!


Copyright © Dicastero per la Comunicazione – Libreria Editrice Vaticana

Texte traduit et présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

Voyage Apostolique à Malte

Voyage Apostolique à Malte

logo-Malta

En ce premier jour de Voyage Apostolique à Malte, Le Pape François a eu une cérémonie de bienvenue à l’aéroport international de Malte, une visite de courtoisie au Président de la République de Malte, une brève rencontre avec le Premier Ministre au Palais du Grand Maître et une rencontre avec les Autorités et le Corps Diplomatique au Palais du Grand Maître.

«Que Malte continue à faire palpiter l’espérance»: le Pape François, lors de son discours aux autorités maltaises dans la matinée du samedi 2 avril, a salué l’exemple que représente l’archipel pour de nombreux peuples. Il a souligné les problèmes qui caractérisent la société et rappelé l’urgence d’une action commune pour la sauvegarde de l’environnement, avant de critiquer durement la guerre en cours en Ukraine et la course aux armements.

Après sa rencontre avec les autorités maltaises, le Pape François s’est rendu au sanctuaire de Ta’Pinu, sur l’île maltaise de Gozo. Célèbre lieu de pèlerinage marial, le sanctuaire est perché en haut du village de Gharb, au nord-ouest de l’île de Gozo. Son église de style gothique, une rosace ancrée sur la façade, abrite de nombreuses offrandes, témoins de la grande dévotion populaire des habitants depuis la construction du sanctuaire, en 1920.

Malte, petite île au grand cœur, est un trésor pour l’Église, a affirmé le Saint-Père au cours de la veillée de prière. Son histoire nous appelle à retrouver l’esprit des premières communautés de chrétiens, centré sur la relation au Christ et l’annonce de son Évangile. Le sanctuaire porte au monde un message de foi et d’espérance.

Au second et dernier jour de son voyage à Malte, le Pape François est allé prier dans la grotte de saint Paul, là où l’apôtre trouva refuge après son naufrage sur l’île. Dans sa prière, il implore Dieu de nous aider à reconnaître de loin les besoins de ceux qui luttent au milieu des vagues de la mer.

Messe sur la Place de Granai, à Floriana

Après avoir quitté la Basilique de Saint Paul, le Saint-Père s’est déplacé en voiture jusqu’à la Place de Granai à Floriana pour la célébration de la Sainte Messe. Devant la Paroisse Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse où se trouve la tombe de Saint Georges Preca, le Pape a changé de voiture et est monté dans la papamobile.

À son arrivée à la Place de Granai, après quelques tours de papamobile parmi les fidèles et les pèlerins rassemblés, à 10h15, il a célébré la Sainte Messe en présence d’environ 20 000 fidèles et représentants des Églises chrétiennes et autres confessions religieuses. Au cours de la célébration eucharistique, après la proclamation de l’Évangile, le Saint-Père a prononcé l’homélie.

A la fin de la Sainte Messe, l’Archevêque Métropolite de Malte, S.E. Mgr Charles J. Scicluna, a adressé un salut et des remerciements au Saint-Père. Puis le Pape François a dirigé la récitation de l’Angélus avec les fidèles et les pèlerins présents sur la Place de Granai à Floriana.

Après l’Angélus et la bénédiction finale, le Saint-Père est retourné à la Nonciature apostolique de Malte où il déjeune en privé. Il a conclu son voyage par une visite au centre pour migrants Giovanni XXIII Peace Lab, où il a rencontré deux cents migrants. Dans son discours, il a dénoncé les autorités complices des violations des droits fondamentaux et exprimé le rêve de voir les migrants devenir des témoins d’accueil et de fraternité.

Nous publions ci-dessous l’homélie que le Pape a prononcée lors de la célébration eucharistique :

Homélie du Saint-Père

Jésus « le matin retourna au temple et tout le peuple vint à lui » (Jn 8, 2). Ainsi commence l’épisode de la femme adultère. Le décor est serein : une matinée dans le lieu saint, au cœur de Jérusalem. Le protagoniste est le peuple de Dieu qui, dans la cour du temple, cherche Jésus, le Maître : il veut l’écouter, car ce qu’il dit éclaire et réchauffe.

Son enseignement n’a rien d’abstrait, il touche la vie et la libère, la transforme, la renouvelle. Voici le « flair » du peuple de Dieu, qui ne se contente pas du temple fait de pierres, mais se rassemble autour de la personne de Jésus. Dans cette page on peut entrevoir le peuple des croyants de tous les temps, le saint peuple de Dieu , qui ici à Malte est nombreux et vivant, fidèle dans la recherche du Seigneur, lié à une foi concrète, à une foi vécue. Je vous en remercie.

Devant les gens qui viennent à lui, Jésus n’est pas pressé : « Il s’assit – dit l’Évangile – et se mit à les enseigner » (v. 2). Il y a des absents : ce sont la femme et ses accusateurs. Ils ne sont pas allés chez le Maître comme les autres, et les raisons de leur absence sont différentes : scribes et pharisiens pensent qu’ils savent déjà tout, qu’ils n’ont pas besoin de l’enseignement de Jésus ; la femme, en revanche, est une personne perdue, égarée à la recherche du bonheur dans le mauvais sens.

Des absences donc dues à des motifs différents, tout comme le dénouement de leur histoire est différent. Arrêtons-nous sur ces absents.

Tout d’abord sur les accusateurs de la femme, absents, comme la femme. En eux, nous voyons l’image de ceux qui se targuent d’être justes, qui se targuent d’observer la loi de Dieu, des gens décents. Ils ne prêtent aucune attention à leurs propres défauts, mais ils sont très attentifs à trouver ceux des autres. Alors ils vont à Jésus : non pas le cœur ouvert pour l’écouter, mais « pour le mettre à l’épreuve – dit l’Évangile – et avoir des raisons de l’accuser » (v. 6).

C’est une intention qui photographie l’intériorité de ces personnes cultivées et religieuses, qui connaissent les Écritures, fréquentent le temple, mais subordonnent tout à leurs propres intérêts et ne luttent pas contre les pensées malveillantes qui s’agitent dans leur cœur. Aux yeux des gens, ils semblent être des experts en Dieu, mais ils ne reconnaissent vraiment pas Jésus, au contraire ils le voient comme un ennemi à éliminer.

Pour ce faire, ils mettent une personne devant lui, comme s’il s’agissait d’une chose, l’appelant avec mépris « cette femme » et dénonçant publiquement son adultère. Ils pressent la femme d’être lapidée, déversant contre elle l’aversion qu’ils ont pour la compassion de Jésus, et ils font tout cela sous le couvert de leur réputation d’hommes religieux.

Frères et sœurs, ces personnages nous disent que même dans notre religiosité le ver de l’hypocrisie et l’habitude de pointer du doigt peuvent se glisser. À tout moment, dans n’importe quelle communauté. Il y a toujours le danger de méconnaître Jésus, d’avoir son nom sur les lèvres mais de le renier en fait.

Et cela peut aussi être fait en levant des bannières avec la croix. Comment alors vérifier si nous sommes disciples à l’école du Maître ? De notre regard, de la façon dont nous regardons les autres et de la façon dont nous nous regardons. C’est le point de définir notre appartenance.

De la façon dont nous regardons notre prochain : si nous le faisons comme Jésus nous le montre aujourd’hui, c’est-à-dire avec un regard de miséricorde, ou d’une manière critique, parfois même méprisante, comme les accusateurs de l’Évangile, qui se présentent comme les champions de Dieu mais ne réalise que piétiner les frères.

En réalité, ceux qui croient défendre la foi en pointant du doigt les autres auront aussi une vision religieuse, mais ils n’épousent pas l’esprit de l’Évangile, car ils oublient la miséricorde, qui est le cœur de Dieu.


Copyright © Dicastero per la Comunicazione – Libreria Editrice Vaticana