Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

le pardon divin, moteur d’espérance

Marie-Madeleine aux pieds de Jésus chez Simon

Lors de l’audience générale de ce mercredi 16 août, tenue en salle Paul VI, le Pape François a poursuivi sa série d’enseignements sur l’espérance. Pour la 30e étape de ce parcours catéchétique, il s’est arrêté sur «le pardon divin, moteur d’espérance», en commentant la rencontre du Christ avec Marie-Madeleine, dans le 7e chapitre de l’Évangile selon saint Luc.

«Qui est cet homme, qui pardonne même les péchés ?» C’est sur cette réaction scandalisée de Simon le pharisien que le Pape a axé sa réflexion. Cette séquence de l’Évangile de Luc est en effet subversive pour la société de l’époque.

«Une femme de la ville, connue par tous comme une pécheresse, est entrée dans la maison de Simon, s’est penchée vers les pieds de Jésus et a versé sur ses pieds une huile parfumée», suscitant le regard méprisant des témoins de la scène, murmurant que Jésus ne pouvait pas être un vrai prophète s’il la laissait faire. «Selon la mentalité du temps, entre le saint et le pécheur, entre le pur et l’impur, la séparation devait être nette.»

Mais Jésus vient renverser cet ordre moral, quitte à déconcerter ses contemporains. «Là où il y a une personne qui souffre, Jésus en prend charge, et cette souffrance devient la sienne.» Jésus n’est pas comme les philosophes stoïciens, qui appelaient à supporter la peine avec héroïsme : au contraire, il «partage la douleur humaine», avec un cœur «miséricordieux».

Il pardonne, il embrasse, il pose un regard d’espérance sur chaque personne. Or se croire  parfaits et mépriser les autres, c’est suivre la voie des scribes et des pharisiens et non pas celle de Jésus.

Et pourtant, «l’Église est un peuple de pécheurs qui expérimentent la miséricorde et le pardon de Dieu.» Ce n’est donc qu’avec cette «confiance dans le pardon, dans l’amour miséricordieux de Jésus» que peut se construire un chemin chrétien authentique.

16-08-2017 source : Radio Vatican

 

Angélus de l’Assomption : Marie apporte au monde la joie de Jésus

Assomption par Fermo Ghisoni da Caravaggio – XVIe siècle

En ce jour de fête de l’Assomption ce mardi 15 août 2017, beaucoup de pèlerins sont venus à la Chapelle de la rue du Bac, pour vénérer Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse.

Le Pape François, lors de l’Angélus, place Saint Pierre à Rome, a insisté sur la joie de Jésus apportée par la Vierge Marie au monde. Il a ainsi commenté l’Évangile du jour, celui de la visitation selon saint Luc, quand Marie enceinte du Christ se rend auprès de sa cousine Élisabeth, qui attend Jean-Baptiste. «Tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de tes entrailles est béni

Voici le cri d’exclamation d’Élisabeth dès l’arrivée de Marie dans sa maison. Ce sont ces mots qui commenceront la populaire prière de l’Ave Maria, Je vous salue Marie. Ce cri d’émerveillement, c’est un cri de grande joie car «Marie vient de faire un don à Élisabeth, et même au monde entier.»

C’est le don de «Jésus qui vit déjà en elle, pour prendre chair humaine, pour accomplir sa mission de salut.» Tout d’un coup dans la demeure d’Élisabeth et Zacharie, il y a «la présence invisible mais réelle de Jésus qui remplit tout de sens : la vie, la famille, le salut du peuple, tout !»

Cette joie s’exprime par la voix de Marie, «dans la belle prière que Saint-Luc nous transmet, qui s’appelle Magnificat, un chant de louange à Dieu qui s’opère à travers les personnes humbles comme Marie elle-même, comme son époux Joseph et le lieu où ils vivent Nazareth.» Car «l’humilité est comme un vide qui laisse place à Dieu.» «L’humble est puissant car il est humble et non car il est fort, c’est ça la grandeur de l’humilité.»

Posons-nous la question, en répondant dans notre cœur, «comment va mon humilité ?» «Le Magnificat chante le Dieu miséricordieux et fidèle qui accomplit son dessein de salut avec les petits et les pauvres, avec ceux qui se fient à sa Parole comme Marie.»

Ainsi, dans la maison d’Élisabeth, la présence de Jésus crée non seulement un «climat de joie et de communion fraternelle, mais aussi de foi qui apporte espérance, prière et louange.» C’est ce qui doit se passer aujourd’hui dans nos maisons,  en célébrant «celle qui nous apporte ce don immense, cette grâce au-dessus de toute autre grâce, la grâce de Jésus-Christ !»

Car «en portant Jésus, la Vierge nous apporte aussi une joie nouvelle, pleine de sens, une nouvelle capacité de traverser avec foi les moments douloureux et difficiles, la capacité de miséricorde, de nous pardonner, de nous comprendre, de nous soutenir les uns les autres.» «Marie est un modèle de vertu et de foi.»

Remercions-la de «toujours nous précéder dans le pèlerinage de la vie et de la foi», et demandons-lui «son soutien pour avoir une foi forte, joyeuse et miséricordieuse qui nous aide à être saints pour la rencontrer un jour, au Paradis.»

Après l’Angélus, le Saint-Père a confié à la Vierge Marie «les angoisses et les douleurs des populations de tant de parties de monde qui souffrent à cause des catastrophes naturelle, des tensions sociales et des conflits.»

15-08-2017 source : Radio Vatican

la foi n’est pas une échappatoire aux tempêtes de la vie

Lors de la prière de l’Angélus, ce dimanche 13 août, le Pape François s’est appuyé sur l’Évangile du jour, récit de Jésus marchant sur l’eau qui tend la main pour sauver Pierre dans le lac de Galilée. C’est toute l’histoire de la foi. Il a ainsi rappelé que croire n’est pas un chemin de tranquillité mais l’assurance d’un soutien qui donne sens au chemin de vie.

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Le Christ sauvant l’apôtre Pierre de la noyade, par Lorenzo Veneziano (1370).

L’Évangile (Mt 14,22 à 33) d’aujourd’hui décrit l’épisode de Jésus qui, après avoir prié toute la nuit sur la rive du lac de Galilée, va vers la barque de ses disciples marchant sur l’eau. La barque est située sur le lac, arrêtée par un fort vent de face. Quand ils voient Jésus venir marchant sur l’eau, les disciples le prennent pour un fantôme et prennent peur.

Mais il les rassure : « Courage, c’est moi, n’ayez pas peur ! » (V. 27). Pierre, dans son impétuosité typique, dit : « Seigneur, si c’est toi, fais que j’aille vers toi sur l’eau » ; et Jésus l’appelle « Viens ! » (vv. 28-29). Pierre du bateau se met à marcher sur l’eau vers Jésus ; mais en raison du vent si agité il commence à couler. Et il crie : « Seigneur, sauve-moi ! » Alors Jésus tend la main et le saisit (vv. 30-31).

Ce récit de l’Évangile contient un symbolisme riche et nous fait réfléchir sur notre foi, en tant qu’individus et en tant que communauté ecclésiale, la foi de nous tous qui sommes ici aujourd’hui sur la place Sait Pierre. La communauté, cette communauté ecclésiale a-t-elle la foi ? Comment est la foi en nous et la foi de notre communauté ?

La barque, c’est la vie de chacun d’entre nous, mais elle est aussi la vie de l’Église ; Le vent de face, ce sont les difficultés et les épreuves. L’invocation de Pierre : « Seigneur, fais que j’aille vers toi ! » Et son cri : « Seigneur, sauve-moi ! » ressemble beaucoup à notre désir de sentir la proximité du Seigneur mais aussi la peur et l’angoisse qui accompagnent les moments les plus durs de notre vie et de notre communauté, marquées par des fragilités internes et des difficultés externes.

Pour Pierre, à ce moment-là, ne suffit pas la parole de Jésus, qui est comme la corde à s’agripper pour faire face aux eaux hostiles et turbulentes. C’est ce qui peut arriver à ceux qui ne s’attachent pas à la parole du Seigneur, pour avoir plus de sécurité, à ceux qui consultent les horoscopes et les diseurs de bonne aventure et commencent à sombrer vers le fond. Cela signifie que la foi n’est pas aussi forte.

L’Évangile d’aujourd’hui nous rappelle que la foi dans le Seigneur et en sa parole ne nous ouvre pas un chemin où tout est facile et paisible ; elle ne soustrait pas aux tempêtes de la vie. La foi nous donne la sécurité d’une présence, la présence de Jésus qui nous pousse à surmonter les tempêtes existentielles, la certitude d’une main qui nous aide à faire face aux difficultés, montrant le chemin même quand il est sombre. La foi, en somme, n’est donc pas une échappatoire aux problèmes de la vie, mais soutient le chemin et lui donne un sens.

Cet épisode est une image merveilleuse de la réalité de l’Eglise de tous les temps : une barque qui, le long de la traversée, fait face à des vents contraires et aussi aux tempêtes qui menacent de l’accabler. Ce qui la sauve, ce n’est pas le courage et les qualités de ses hommes : la garantie contre le naufrage, c’est la foi dans le Christ et en sa parole. Ceci est la garantie : la foi en Jésus et en sa parole.

Sur cette barque, nous sommes en sécurité, malgré nos pauvretés et nos faiblesses, surtout quand nous nous mettons à genoux et adorons le Seigneur, comme les disciples qui, à la fin, « se prosternent devant lui, en disant : ‘En vérité, tu es le Fils de Dieu’ (v. 33). Qu’il est merveilleux de dire à Jésus ces paroles : « En vérité, tu es le Fils de Dieu ! » Ensemble disons-les tous, n’est-ce pas ? « En vérité, tu es le Fils de Dieu ! »

Que la Vierge Marie nous aide à nous maintenir fermement dans la foi pour résister aux tempêtes de la vie, à rester sur la barque de l’Église, évitant la tentation d’aller sur les barques séduisantes, mais pas sûres des idéologies, des modes et des slogans.

PAPE FRANÇOIS – ANGELUS – Place Saint Pierre – dimanche, 13 août 2017

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