LA SEMAINE DE PRIÈRE POUR L’UNITÉ DES CHRÉTIENS
et pour toute l’année 2026
« Il y a un seul corps et un seul Esprit,
de même que votre vocation
vous a appelés à une seule espérance »
(Éphésiens 4,4)

TEXTE BIBLIQUE POUR 2026
Éphésiens 4,1-13
Je vous y exhorte donc dans le Seigneur, moi qui suis prisonnier : accordez votre vie à l’appel que vous avez reçu ; en toute humilité et douceur, avec patience, supportez-vous les uns les autres dans l’amour ; appliquez-vous à garder l’unité de l’esprit par le lien de la paix.
Il y a un seul corps et un seul Esprit, de même que votre vocation vous a appelés à une seule espérance ; un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême ; un seul Dieu et Père de tous, qui règne sur tous, agit par tous, et demeure en tous.
À chacun de nous cependant la grâce a été donnée selon la mesure du don du Christ. D’où cette parole : Monté dans les hauteurs, il a capturé des prisonniers ; il a fait des dons aux hommes.
Il est monté ! Qu’est-ce à dire, sinon qu’il est aussi descendu jusqu’en bas sur la terre ? Celui qui est descendu, est aussi celui qui est monté plus haut que tous les cieux, afin de remplir l’univers.
Et les dons qu’il a faits, ce sont des apôtres, des prophètes, des évangélistes, des bergers et catéchètes, afin de mettre les saints en état d’accomplir le ministère pour bâtir le corps du Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’adultes, à la taille du Christ dans sa plénitude. (Traduction œcuménique de la Bible)
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Dans l’hémisphère nord, la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens est célébrée du 18 au 25 janvier. Ces dates furent proposées en 1908 par Paul Wattson de manière à couvrir la période entre la fête de saint Pierre et celle de saint Paul. Ce choix a donc une signification symbolique.
La rédaction du matériel a été confiée au Département pour les relations interconfessionnelles de l’Église apostolique arménienne, celui-ci a coordonné le groupe œcuménique de chrétiens arméniens qui en a préparé une première version.
L’ÉGLISE APOSTOLIQUE ARMÉNIENNE
L’Église apostolique arménienne, reconnue comme l’une des plus anciennes communautés chrétiennes dans le monde, a joué un rôle essentiel dans la formation de l’identité spirituelle et historique du peuple arménien pendant près de deux millénaires.
Fondée au début du IVe siècle, ses racines remontant à la période apostolique, cette vénérable institution transcende l’organisation religieuse ; elle incarne la résilience nationale, l’héritage culturel et la force spirituelle.
Au-delà de son rôle de guide spirituel, l’Église a sauvegardé les traditions, la langue et les valeurs arméniennes, en particulier durant les périodes d’adversité et de domination étrangère.
Aujourd’hui, face à des défis tels que le conflit du Nagorno-Karabakh et le déplacement de la population de l’Artsakh, l’Église continue d’être source de force et de réconfort pour la population. Aujourd’hui, elle est pour les Arméniens du monde entier un phare qui les guide dans la foi, l’unité et la continuité, offrant des perspectives qui trouvent un écho au sein de la communauté chrétienne mondiale.
FONDEMENTS HISTORIQUES
Les origines de l’Église apostolique arménienne sont profondément enracinées dans les enseignements des apôtres Thaddée et Barthélemy, qui évangélisèrent l’Arménie dès le Ier siècle de notre ère. Cependant, ce fut sous saint Grégoire l’Illuminateur, premier Catholicos (Patriarche) officiel d’Arménie, que le christianisme commença à s’épanouir.
En 301 après J.-C., l’Arménie devint la première nation à adopter le christianisme comme religion d’État sous le règne du roi Tiridate III, événement qui fit de l’Arménie un pionnier de la foi bien avant l’adhésion de l’Empire romain au christianisme.
Le Saint-Siège d’Etchmiadzine, situé près d’Erevan, est le centre spirituel et administratif de l’Église apostolique arménienne. La tradition religieuse raconte que saint Grégoire eut une vision divine du Christ descendant du ciel et frappant le sol d’un marteau en or, désignant le lieu où devait être édifiée la première cathédrale arménienne.
Cette vision conduisit à la construction de la cathédrale d’Etchmiadzine, l’une des plus anciennes églises du monde, qui symbolise le lien pérenne entre l’Église arménienne et ses fidèles. Au fil des siècles, le Saint-Siège d’Etchmiadzine est demeuré un centre de spiritualité et d’autorité ecclésiastique, guidant les fidèles et préservant l’héritage chrétien arménien.
UNE TRADITION ET UNE IDENTITÉ CULTURELLE UNIQUES
L’Église apostolique arménienne appartient à la tradition orthodoxe orientale que caractérisent des pratiques théologiques et liturgiques distinctes. Ses rituels, façonnés à la fois par les anciennes coutumes chrétiennes et les influences culturelles arméniennes, reflètent un profond respect et une grande profondeur spirituelle.
La Divine Liturgie, ainsi que les sacrements de l’Église, célébrés en arménien ancien, comprennent des chants séculaires, l’usage de l’encens et de vêtements ornés, créant ainsi une atmosphère qui maintient le lien entre les fidèles et l’Église primitive.
L’Église apostolique arménienne, conformément aux enseignements des trois premiers Conciles œcuméniques, reconnaît la doctrine apostolique de la Sainte Trinité et la plénitude divine et humaine du Christ, s’alignant ainsi sur la communion orthodoxe orientale au sens large.
L’Église professe que le Christ a souffert, a été crucifié, est ressuscité le troisième jour, et est monté au ciel, et qu’elle attend sa venue dans la gloire pour juger les vivants et les morts. Cette conception christologique façonne en profondeur le discours théologique de l’Église et a eu une influence sur ses relations œcuméniques tout au long de l’histoire.
Par le sacrement du baptême, les Arméniens renaissent en Christ et prennent part à la vie divine dans le sacrement de la sainte communion et la célébration de l’eucharistie.
L’Église confesse le Saint-Esprit, qui a inspiré les prophètes et les Apôtres, continue d’inspirer les fidèles et de guider l’Église, une, sainte, catholique et apostolique. L’Église administre un seul baptême, proclame la résurrection des morts, le jugement dernier, et offre la promesse de la vie éternelle au Royaume des cieux.
Au-delà de sa mission spirituelle, l’Église a influencé de manière déterminante le développement de la culture arménienne. En effet, elle a occupé un rôle essentiel dans l’invention de l’alphabet arménien et dans l’épanouissement de la littérature et de l’art arméniens, notamment dans le projet monumental de traduction de la Bible en arménien.
Tout au long des périodes de domination étrangère, nommément sous les empires arabe, mongol, perse et ottoman, l’Église s’est comportée en gardienne de la langue, de la littérature et des arts arméniens.
Les monastères devinrent des centres d’apprentissage et de production culturelle, préservant les manuscrits et encourageant l’art religieux qui incarne l’identité chrétienne arménienne. Même sous le régime soviétique athée, l’Église a maintenu une présence discrète mais résiliente, répondant aux besoins spirituels et culturels du peuple arménien.
LE RÔLE DE L’ÉGLISE DANS LA VIE ARMÉNIENNE
Tout au long de l’histoire mouvementée de l’Arménie, l’Église apostolique arménienne a joué un rôle capital dans la survie et la résilience de son peuple. Elle a assuré la continuité et la stabilité durant les persécutions, migrations forcées et génocide.
Pendant le génocide arménien de 1915, l’Église est devenue un sanctuaire pour ceux qui souffraient, offrant son réconfort et préservant l’espoir d’un avenir meilleur. L’Église commémore chaque année cet événement tragique en honorant la mémoire des martyrs et plaidant pour la reconnaissance et la justice.
Dans l’Arménie moderne, l’Église continue d’exercer une influence significative dans la vie de la nation. Après la dissolution de l’Union soviétique en 1991, l’Arménie a connu un renouveau religieux et l’Église apostolique arménienne a retrouvé son rôle central dans la société.
Aujourd’hui, l’Église s’engage concrètement dans des initiatives sociales, éducatives et caritatives, luttant contre la pauvreté et en faveur de la santé et de l’éducation. Elle soutient également les communautés arméniennes de la diaspora, encourageant l’unité et veillant à ce que les traditions et la foi arméniennes demeurent vivantes parmi les Arméniens du monde entier.
RELATIONS ŒCUMÉNIQUES ET ENGAGEMENT AU NIVEAU MONDIAL
L’Église apostolique arménienne possède une riche tradition œcuménique et s’efforce de bâtir des ponts avec d’autres communautés chrétiennes. Au cours des dernières décennies, elle a entamé un dialogue avec diverses confessions, notamment les Églises catholique, orthodoxe et protestantes, cherchant un terrain d’entente tout en préservant son héritage unique.
La participation de l’Église au Conseil œcuménique des Églises et ses relations avec le Vatican et d’autres instances ecclésiales illustrent son engagement en faveur de l’unité des chrétiens et de la compréhension mutuelle.
L’engagement de l’Église apostolique arménienne dans le dialogue va au-delà du cadre du christianisme, englobant le dialogue avec d’autres religions, telle que l’islam. Ces dialogues ont favorisé la paix et la compréhension, en particulier dans une région marquée par la diversité religieuse et des tensions historiques.
Dans cet esprit, l’Église arménienne a contribué au débat international sur la tolérance religieuse, la protection de l’environnement et la justice sociale, en accord avec son engagement en faveur des valeurs d’amour, de compassion et de respect dans un monde complexe.
Projet de texte élaboré en Arménie – Réunion préparatoire au Saint-Siège d’Etchmiadzine, en Arménie
Texte présenté sur ce site par l’Association de la Médaille Miraculeuse