Corps et Sang du Christ, la fête de Jésus qui se fait pain et vin

La Cène - l'Eucharistie - Corps et Sang du Seigneur
La Cène – l’Eucharistie – Corps et Sang du Seigneur

Fête de la foi, parce qu’elle l’anime et la renforce, mais surtout fête du Seigneur et de l’Eucharistie, la fête du Corps et du Sang du Christ rappelle le mystère de l’incarnation et le perpétue, car Jésus reste toujours avec nous.

Jésus est devenu homme comme nous et en même temps, devenant comme nous, il a rendu possible la « divinisation » de l’homme. C’est à partir du mystère de l’Incarnation que nous devons commencer à faire connaissance avec cette solennité dédiée au Corps béni et au Sang du Christ, qui résume en elle-même tout le mystère du salut et est donc une synthèse de l’année liturgique.

Le Christ, pour assurer cette identité spéciale à l’homme, se fait pain et vin : c’est ici que l’Eucharistie devient une sorte de continuation historique de l’Incarnation.

Origines et histoire de la fête du « Corps du Christ »

En 1207, une religieuse Augustinienne de 15 ans, Juliette de Cornillon, d’origine belge, eut une vision d’une pleine lune avec une tache terne qui la salissait. Ses experts contemporains l’interprétèrent ainsi : la pleine lune symbolise l’Église; la tache opaque est l’absence d’une fête célébrant spécifiquement le Corps de Jésus Eucharistie.

L’année suivante, la même religieuse eut une vision plus claire, mais dut lutter pour faire instituer la fête. Elle ne réussira au niveau diocésain qu’en 1247, lorsque Robert de Thourotte deviendra évêque de Liège.

Ce sont les années au cours desquelles l’Église lutte contre l’hérésie de Bérenger de Tours selon laquelle la présence du Christ dans l’Eucharistie n’est que symbolique et non réelle. Bérenger se rétractera alors et l’Église établira ainsi la présence de Jésus dans l’Eucharistie en tant que dogme de foi.

Puis, lorsque, en 1264, l’ancien archidiacre de Liège devient le pape Urbain IV, la solennité s’étend à toute l’Église universelle et Thomas d’Aquin est chargé d’en composer l’office liturgique.

L’Eucharistie au centre du mystère

Le « Corps du Christ » est la fête de l’Eucharistie et c’est le prolongement de l’Incarnation. Le Christ et l’Eucharistie sont donc le même mystère. De plus, avoir la conviction que l’Eucharistie en tant que présence vivante du Christ est un mystère est une condition essentielle pour l’approche avec un cœur pur.

Un mystère, comme tel, ne peut donc être compris même par les interprétations théologiques les plus érudites, mais doit simplement être accepté et contemplé avec amour : pour cette raison, la pratique de l’adoration du Saint Sacrement, c’est-à-dire de Jésus Eucharistie, s’est répandue au cours des siècles. L’Eucharistie contient l’œuvre de salut réalisée par le Christ et nous permet d’entrevoir la plénitude de la gloire céleste.

La célébration du Corps du Christ

La fête du Corps du Christ ou Fête-Dieu est une fête mobile fixée au jeudi (ou  au dimanche pour certains pays, comme la France) suivant la fête de la Sainte Trinité.  Devenu l’une des fêtes chrétiennes les plus populaires, elle est souvent célébrée avec des processions impressionnantes, une tradition introduite par Jean XXII en 1316.

Autrefois, à Rome, une procession solennelle avait lieu, que le Pape menait de Saint Jean de Latran à Sainte Marie Majeure. Depuis quelques années, le pape François célèbre la solennité du Corps  du Christ le dimanche dans une paroisse.