Le grand saut de la foi vers la Résurrection

Le Pape François, ce jeudi 5 novembre 2020, en la Basilique Saint-Pierre, a célébré une messe de suffrage pour les cardinaux et évêques décédés ces douze derniers mois. Il a donné une homélie sur le sens de la mort.

le Pape durant la messe pour les Cardinaux et évêques décédés (Vatican Media)
le Pape durant la messe pour les Cardinaux et évêques décédés (Vatican Media)

Le grand saut de la foi transcende le visible

Dans l’Évangile du jour (Jn 11, 17-27) Jésus se révèle ainsi : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais » (vv. 25-26). La Résurrection est  un « événement déjà présent, qui nous implique déjà maintenant mystérieusement », et non « une sorte de mirage à l’horizon ».  

Toutefois, nous avons à renouveler « le grand saut de la foi : «Quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ?» (v. 26) «Le regard de la foi, transcendant le visible, voit d’une certaine manière l’invisible (cf. He 11, 27). Chaque évènement est alors considéré à la lumière d’une autre dimension, celle de l’éternité. »

Les desseins de Dieu échappent au monde

Ainsi dans la perspective de la foi, la mort devient « un acte providentiel du Seigneur dont les pensées ne coïncident pas avec nos pensées ».

« La dignité du vieillard ne tient pas au grand âge, elle ne se mesure pas au nombre des années. Pour l’homme, la sagesse tient lieu de cheveux blancs, une vie sans tache vaut une longue vieillesse » (4, 8-9), « les desseins d’amour de Dieu pour ses élus échappent totalement à ceux qui ont pour unique horizon la réalité mondaine.»

Tout ne finit pas avec la mort

En priant pour les cardinaux et les évêques défunts au cours de l’année, le Pape a aussi demandé à Dieu de « dissiper cette mélancolie négative qui parfois s’infiltre en nous, comme si tout finissait avec la mort ».

Un sentiment « loin de la foi, qui s’ajoute à la peur humaine de devoir mourir, et dont personne ne peut se dire immunisé ».

Nous sommes appelés « à aller au-delà de l’image que nous avons instinctivement de la mort comme anéantissement total d’une personne pour nous confier entièrement au Seigneur qui déclare : ‘’Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais’’ (Jn 11, 25-26). »

Aspirer à la patrie céleste, et non terrestre

Nous avons à « vivre en aspirant non pas à une patrie terrestre, mais à une meilleure, la patrie céleste » (cf. He 11, 16).

Cette prière de suffrage pour les défunts, « élevée dans la confiance qu’ils vivent auprès de Dieu, répand ainsi ses grâces sur nous aussi, pèlerins sur cette terre », car « elle nous éduque à une vraie vision de la vie ; elle nous révèle le sens des tribulations qu’il est nécessaire de traverser pour entrer dans le Règne de Dieu ; elle nous ouvre à la vraie liberté en nous disposant à la recherche constante des biens éternels.»

Le Seigneur «ne nous abandonne pas, surtout dans les heures où le chemin devient plus difficile » : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20).