LE MOIS DU ROSAIRE –  jour 24 – Le Rosaire vivant

LE MOIS DU ROSAIRE –  jour 24 – Le Rosaire vivant

Le Rosaire et la Bible
Le Rosaire et la Bible

Le Rosaire Vivant est absolument le même que celui de Saint Dominique, il n’en diffère que par la manière de le pratiquer. Pour la récitation simple et privée du Rosaire, chacun dit, chaque jour, au moins une des quatre parties du rosaire, c’est-à-dire cinq dizaines. Selon les statuts des Confréries du Rosaire, chaque membre dit dans le cours de la semaine le Rosaire tout entier, c’est-à-dire vingt dizaines.

Enfin, pour le Rosaire Vivant, vingt personnes (ou dix ou cinq dans les petites équipes du Rosaire) associées ensemble se partagent, pour un mois, les vingt Mystères du Rosaire; et chacune d’elles récite tous les jours une dizaine (ou deux ou plus) de son Chapelet en l’honneur de celui de ces Mystères qui lui est échu pendant le mois.

Par ce moyen si simple et si facile, le Rosaire est récité chaque jour tout entier entre ces vingt personnes, et autant de fois en entier qu’il y a de vingtaines, sans que chaque personne y mette beaucoup de temps; qu’en faut-il en effet pour dire une dizaine de Chapelet ?

De cette manière la récitation du Rosaire devient vraiment perpétuelle: et quelle gloire n’en revient-il pas à la Très Sainte Vierge ! vingt personnes associées ensemble forment un Rosaire Vivant, et la réunion des diverses vingtaines compose la confrérie du Rosaire Vivant, dont tous les membres sont unis par les liens d’une tendre Charité, par une émulation mutuelle pour la gloire de Marie, par une sainte ardeur à implorer sa protection.

On sent aisément tous les avantages que présente cette méthode par l’union des cœurs et des prières. C’est un moyen de resserrer et d’entretenir les liens de la charité entre les fidèles, qui trop souvent sont indifférents les uns pour les autres; on forme une nouvelle communauté de biens spirituels, que l’on partage avec ses frères.

Si l’on peut se réunir quelquefois pour réciter la dizaine ensemble, on perfectionne cette pratique et on la rend plus efficace. En méditant pendant un mois sur le même Mystère, on l’étudie mieux, on s’en pénètre et l’on s’attache à pratiquer la vertu qui en est le fruit: enfin, les personnes les plus occupées peuvent ainsi pratiquer le Rosaire et en recueillir les biens spirituels.

Cette méthode de pratiquer le Rosaire, qui sans détruire ou altérer l’ancienne, ne doit que la seconder, a été inspirée de Dieu pour ranimer la confiance en Marie, réveiller la ferveur qui se refroidissait et parer aux besoins présents et à venir.

Entrons donc de tout notre cœur dans les vues de la Providence: dévoués au culte de Marie, ranimons, faisons revivre la dévotion du Rosaire, répondons à la voix du Père commun des fidèles en nous faisant le Rosaire Vivant.

Cette dénomination a été donnée à cette manière de réciter le rosaire parce que, d’après le mode de son organisation, chaque vingtaine réunissant autant de personnes qu’il y a de Mystères à honorer, chaque division se composant d’autant d’associés qu’il y a de grains dans un Rosaire, ces associés forment comme autant de grains vivants, dévoués par un culte journalier au service de la Mère de Dieu; et, en second lien parce qu’il est mis comme en action par la récitation perpétuelle des prières.

Quant à son origine, on la doit à la piété d’une fidèle Servante du Seigneur, Pauline Jaricot, à qui Dieu avait déjà inspiré l’œuvre admirable et si utile de la Propagation de la Foi. C’est à Lyon que cette forme nouvelle de réciter le Rosaire a commencé à être pratiquée: c’était en 1826. Elle y est d’abord demeurée cachée, pour ainsi dire, dans les plaies de Jésus humilié, mais bientôt, comme le grain de sénevé de l’Évangile, elle s’est répandue dans un grand nombre de diocèses.

Le souverain Pontife Grégoire XVI l’a solennellement instituée et approuvée par un bref du 27 Janvier 1832. Le père commun des fidèles y exprime avec une sainte effusion de cœur la joie que lui fait éprouver l’établissement de cette pieuse pratique et les espérances qu’il en conçoit.

Il y fait paraître un vif désir de voir le rosaire vivant se propager et il engage à le répandre. Dans cette vue, il accorde au rosaire vivant l’indulgence, à laquelle il joint, en outre, celle qui a été attachée par ses prédécesseurs à la récitation du rosaire.

A dater de celle approbation par le Saint Siège, le Rosaire Vivant a fait de nouveaux et rapides progrès; il s’est étendu et s’étend encore dans tous les pays. Répondant à la voix du Souverain Pontife, les évêques le favorisent d’une manière spéciale; plusieurs ont publié des lettres pastorales pour l’établir dans leurs diocèses, le recommandant vivement à leurs diocésains.

Un des buts du Rosaire Vivant, que le souverain Pontife exprime lui-même dans son bref de 1832, c’est de faire revivre et de rendre plus fréquente la pratique du Saint Rosaire, dévotion si belle, mais trop oubliée, en la mettant à la portée de tous, par une méthode plus simple et plus facile; c’est de tendre à réaliser le désir d’un pieux missionnaire, qui eût souhaité de voir le monde entier couvert des grains bénits du Rosaire.

Mais des grains muets n’auraient pas rendu à la Mère de Dieu la gloire qu’Elle mérite; il fallait que des grains vivants, que des Rosaires de cœurs, fissent retentir toute la terre de Ses louanges.

Cette association doit  les favoriser, en disposant ceux qui ne connaîtraient qu’imparfaitement cette dévotion à la goûter davantage et à la pratiquer avec plus d’étendue, selon les règles de ces confréries, car il ne faut pas confondre l’ancienne Confrérie avec l’association du Rosaire Vivant; chacune demeure distincte, et conserve toujours sou organisation, ses règles, l’ indulgence, qui lui sont propres.

Un autre but du Rosaire Vivant, et qui est le principal, c’est de fléchir la colère de Dieu,  d’implorer avec des instances réitérées la Divine Miséricorde au Ciel , par l’entremise de Notre Dame du Rosaire, afin d’obtenir la conservation de la Foi pour nous et pour nos frères, l’avancement et la perfection des justes, la conversion des pécheurs, l’exaltation de la sainte Église de Jésus-Christ.

Prions sans cesse pour une si noble fin. Si saint Dominique, le Rosaire à la main, put triompher des Albigeois, et réformer des provinces entières, qui sait si, malgré notre indignité, nous n’obtiendrons pas du Cœur de Marie qu’elle confonde l’impiété, non pas en perdant les impies, mais en obtenant leur conversion! Puisque Jésus-Christ nous promet d’exaucer les prières de deux ou trois personnes assemblées en son nom, ne peut-on pas espérer que tant de milliers d’âmes associées au Rosaire Vivant seront exaucées ?

Résolution

Faisons comme beaucoup d’âmes pieuses qui pratiquent les deux manières de réciter le Rosaire, c’est-à-dire, qui le récitent en entier chaque semaine selon les règles de l’ancienne Confrérie et de plus récitent chaque jour une dizaine pour le rosaire vivant. Cette pratique n’a rien que de très facile. Travaillons donc à propager ces deux manières de dire le Rosaire, à l’exemple du souverain Pontife qui désire si ardemment de rendre plus fréquente la récitation d’une prière si propre à honorer saintement la Mère de Dieu en tout temps et en tout lieu.

Prière

Vierge sainte, c’est Vous qui avez inspiré à l’une de vos fidèles servantes, de former de pieuses associations pour s’unir dans la récitation quotidienne du Rosaire; obtenez de Dieu à tous les associés du Rosaire Vivant, qu’en Vous rendant ce tribut d’hommages, ils remplissent tous leurs autres devoirs de religion et de Charité, et règlent leur conduite sur les préceptes de la vie chrétienne, afin que, Vous devenant de jour en jour plus agréables, Vous les conduisiez à la vie éternelle et qu’ainsi cette dévotion soit pour le peuple fidèle une source abondante de bénédiction et de salut. Ainsi soit-il.

D’après le manuel de Liège 1847

UN ENFANT QUI APPARTIENT À DIEU

En Marie, mariée virginalement à Joseph et fécondée divinement, se trouve la joie du chaste amour des époux et de la maternité accueillie et protégée comme don de Dieu;
en Marie, empressée de se rendre chez Élisabeth, la joie de servir les frères en leur portant la présence de Dieu;
en Marie, qui présente aux pasteurs et aux Mages l’attendu d’Israël, le partage spontané et confiant, le propre de l’amitié;
en Marie, qui, au temple, offre son propre Fils au Père céleste, la joie mêlée d’angoisses des parents et des éducateurs envers leurs fils ou leurs élèves;
en Marie qui, après trois jours d’angoissante recherche, retrouve Jésus, la joie unie à la souffrance de la mère qui sait que son enfant appartient à Dieu avant d’appartenir à elle-même.
Saint Jean-Paul II, Osservatore Romano 43, 25-10-1983