Marie, première évangéliste du Cœur de Jésus

Vierge Marie en attente du Sauveur
Vierge Marie en attente du Sauveur

La future Reine du ciel et de la terre semble s’oublier elle-même pour jeter un regard sur le monde tout entier et sur les générations à venir qui seront l’objet de la miséricorde de Dieu envers tous ceux qui le craignent.

Elle sait déjà que, à la naissance de son divin Fils, les Anges annonceront la paix sur la terre pour tous ceux qui la voudront, pour tous les hommes de bonne volonté. Ce sont ces angéliques paroles qu’elle prononce, d’avance, sous une forme un peu différente.

Le prophète Isaïe avait parlé de la force du bras du Seigneur Dieu Tout-Puissant. (Ps. xxxii, 10) . David avait dit que le Seigneur dissipe les conseils des nations ; qu’il réprouve les pensées des peuples et les conseils des princes de ce monde.

Marie dit tout cela dans une formule plus brève et plus complète encore. Dieu, dit-elle, a mis la puissance dans son bras et il a dispersé les superbes par une pensée de son cœur. Le Cœur de Jésus ! c’est la première fois qu’il est nommé.

Mais la Vierge qui l’a senti et qui le sentira encore pendant plusieurs mois battre à l’unisson avec le sien, et aussi près que possible du sien, a compris sa puissance et sa vertu.

C’est elle qui sera la première évangéliste de ce Cœur sacré qui a tant aimé les hommes, et qui sera pendant tous les siècles la fournaise ardente du feu de la charité divine et humaine, de l’amour de Dieu et du prochain.

C’est avec cette pensée puissante sortie du Cœur de Jésus, le premier organe vivant de son humanité sainte, que le Fils de Marie, le Roi du ciel et de la terre, qui se définira lui-même plus tard, en disant qu’il est doux et humble de cœur, saura dissiper et vaincre les superbes et les orgueil­leux qui triomphaient en ce moment sur le monde tout entier.

Orgueil de la force et de la majesté des rois, orgueil de la science des philosophes, orgueil des riches et des puissants de la terre, tout cela sera dissipé comme d’épais nuages disparais­sant au souffle de la brise du soir.

Ce n’est plus à ceux-là que le monde appartiendra, mais à ceux dont Jésus dira plus tard : Bienheureux ceux qui sont doux parce qu’ils posséderont la terre.