Pourquoi l’adoration des Mages

Les Mages lui offrirent des présents précieux et symboliques, de l’or, de l’encens et de la myrrhe ; de l’or parce qu’il était roi, de l’encens parce qu’il était Dieu, de la myrrhe parce qu’il devait être un homme de douleurs.

Épiphanie du Seigneur
Épiphanie du Seigneur

Ces dons sont offerts à Jésus par les Mages pour reconnaître sa royauté, comme un tribut qui lui est présenté par ses sujets. Dieu avait voulu que la dignité de son Fils incarné fut manifestée à tous ceux qu’il devait sauver sur la terre. Les premiers appelés furent les pauvres et humbles bergers avertis par un ange.

Après ceux-là, vinrent les deux vieillards de Jérusalem, Simon et Annah, convoqués par l’Esprit-Saint, représentant la Loi Mosaïque. Mais le Messie n’était pas venu seulement pour régénérer le peuple juif ; il était descendu du ciel pour donner la vraie lumière à toutes les nations de la terre.

Si ses préférés étaient les pauvres, son amour n’excluait pas les puissants et les savants du monde. A ceux-là, il avait envoyé une étoile, et ils avaient obéi à ce mystérieux langage. Eux aussi, ils avaient reçu un cordial accueil de l’Enfant et de sa mère. Eux aussi, ils étaient heureux parce qu’ils avaient eu la foi et parce qu’ils avaient su comprendre l’appel de la Providence.

Le bref récit de l’évangile renferme de multiples enseignements. Nous apprenons ainsi que les Juifs ne sont pas seuls à être appelés auprès du Messie. Les Gentils aussi sont convoqués pour l’adorer. Pour tous, il suffira d’entrer dans cette maison sainte qui est l’Église, et ils y trouveront l’Enfant avec sa mère, Jésus avec Marie, les deux inséparables ouvriers de la rédemption des âmes.

En outre, les Mages ne sont pas là à titre purement individuel ; ils sont les représentants de tous les hommes qui doivent venir prier et adorer leur Rédempteur. Ils sont les premiers, mais tous les siècles les suivront, et offriront au divin Libérateur les mêmes présents qu’ils déposèrent eux-mêmes à ses pieds.

Ils lui ont apporté de l’or, parce qu’il est roi ; mais toujours, depuis lors, Jésus-Christ a eu de l’or à sa disposition, toutes les fois qu’il en a voulu. Quel est le souverain qui a de plus beaux et de plus nombreux palais que les églises où réside le Dieu de l’Eucharistie ?

Ils lui ont offert de l’encens parce qu’ils croyaient à sa divinité ; mais leur encensoir ne s’est jamais éteint, et ce n’est pas seulement par la fumée odorante de nos sanctuaires que nous proclamons sa divinité, mais encore et surtout par les prières incessantes que nous lui adressons.

Enfin, ils ont déposé à ses pieds de la myrrhe, cette plante amère qui symbolise la douleur, qu’on employait pour l’ensevelissement des cadavres, et qui devait être apportée avec un mélange d’aloès, du poids de cent livres, pour faire au divin Crucifié une royale sépulture.

Le symbolisme de ce présent est plus notable encore. Il annonçait toutes les tristesses, toutes les douleurs, toutes les tortures par lesquelles les hommes devraient, selon la parole du grand Apôtre, compléter ce qui manquait encore à la Passion du Christ, pour achever son œuvre rédemptrice.

Marie aura sa part de cet or, de cet encens et de cette myrrhe. Elle aura aussi sur toute la terre des sanctuaires magnifiques ; elle aussi, elle sera priée comme étant la toute-puissance suppliante. Mais elle aussi, elle aura à souffrir sur la terre, et devra participer aux douleurs et aux souffrances de son Fils bien-aimé. Elle sera nommée, à juste titre, la Reine des Martyrs.

+ Albert Pillet