le malade, lumière et don pour l’Église

17-05-2014 source : Radio Vatican

« Vos souffrances, comme les plaies de Jésus, sont un scandale pour la foi mais aussi la preuve de la foi, signe que Dieu est Amour, fidèle, miséricordieux et consolateur. » Le Pape François a reçu ce samedi midi au Vatican, salle Paul VI, les quelque cinq mille participants du pèlerinage de l’Association des Ouvriers silencieux de la Croix, qui célèbre le centenaire de la naissance de leur fondateur, le bienheureux Luigi Novarese.

Touché lui-même dans son enfance par la maladie, il fut très sensible à la douleur humaine. Cette rencontre avec notamment 350 personnes en fauteuil roulant, a été l’occasion pour le Saint-Père de revenir sur le sens de la Béatitude : « heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés ». « Heureux ceux qui pleurent car ils seront consolés » ne veut pas dire qu’une condition lourde et défavorable soit heureuse. Non, « la souffrance n’est pas une valeur en soi mais une réalité que Jésus nous apprend à vivre d’une manière juste ».

Accepter la réalité avec confiance et amour

Il y a donc deux attitudes erronées à éviter : d’une part, « celle qui consiste à vivre la douleur passivement, se laissant aller par inertie et résignation. » Il y a aussi « la rébellion et le refus » de cette douleur. Entre ces deux extrêmes, il y a ce que Jésus nous a appris : « vivre la douleur en acceptant la réalité de la vie avec confiance et espoir en misant sur l’amour qui transforme toute chose ».

Cet enseignement du Christ, Don Luigi l’a repris à son compte. Il a appris aux malades et aux enfants « à valoriser leurs souffrances au sein d’une action apostolique portée en avant avec foi et amour pour les autres. Les malades doivent se sentir les auteurs de leur propre apostolat ». « Une personne malade, handicapée, peut devenir soutien et lumière pour les autres personnes souffrantes, transformant ainsi l’environnement dans lequel il vit ». C’est en ce sens que « le charisme propre aux Silencieux ouvriers de la Croix » est « un don pour l’Église ».

Jésus, il faut le prier, pas juste l’étudier

16-05-2014 source : Radio Vatican

Pour connaître Jésus, l’étude et les idées ne suffisent pas mais il faut le prier avec le cœur, le célébrer et l’imiter : c’est ce qu’a dit ce vendredi matin le Pape François lors de l’homélie de la messe célébrée en la chapelle de la maison Sainte-Marthe. Il nous a de nouveau invités à lire l’Évangile qui parfois est recouvert de poussière car il n’est jamais ouvert.

Commentant les paroles de Jésus ‘Moi, je suis le chemin, la vérité et la vie’, le Pape a souligné que « la connaissance de Jésus est le travail le plus important de notre vie. »  « Si on se demande ‘Comment pouvons-nous connaître Jésus ?’ Quelqu’un dira : ‘En étudiant, mon Père. Il faut beaucoup étudier !’  C’est vrai ! Nous devons étudier le catéchisme, c’est vrai mais l’étude ne suffit pas en elle-même à connaître Jésus. Certains ont cette fantaisie de penser que les idées et seulement les idées nous porteront à la connaissance de Jésus. Parmi les premiers chrétiens, certains pensaient également ainsi . Et à la fin, ils restaient piégés dans leurs pensées. »

« Les idées ne donnent pas la vie et celui qui emprunte ce chemin constitué seulement d’idées finit dans un labyrinthe et n’en sort plus! C’est pour cela que depuis le début de l’Église, il y a des hérésies. Les hérésies sont : chercher à comprendre seulement avec nos esprits et avec notre lumière qui est Jésus. Un grand écrivain anglais disait que l’hérésie est une idée devenue folle. C’est ainsi ! Lorsque les idées sont seules, elles deviennent folles…Ce n’est pas le chemin ! »

Pour connaître Jésus, il faut ouvrir trois portes :

« La première porte : prier Jésus. Sachez que l’étude sans prière ne sert à rien. Prier Jésus pour mieux le connaître. Les grands théologiens font de la théologie à genoux. Prier Jésus ! Et avec l’étude, avec la prière nous nous en rapprochons un peu… Mais sans la prière, nous ne connaîtrons jamais Jésus. Jamais ! Jamais ! La deuxième porte : célébrer Jésus. La prière ne suffit pas, la joie de la célébration est nécessaire. Célébrer Jésus dans ses Sacrements parce que là, il nous donne la vie, il nous donne la force, il nous donne le repas, il nous donne le réconfort, il nous donne l’alliance, il nous donne la mission. Sans la célébration des Sacrements, nous n’arrivons pas à connaître Jésus. C’est le propre de l’Église : la célébration. La troisième porte : imiter Jésus. Prendre l’Évangile : voir ce qu’il a fait, comment était sa vie, ce qu’il nous a dit, ce qu’il nous a enseigné et chercher à l’imiter. »

« Entrer par ces trois portes » signifie « entrer dans le mystère de Jésus. » Seulement si nous « sommes capables d’entrer dans son mystère nous pouvons connaître Jésus. Mais il ne faut pas avoir peur d’entrer dans le mystère de Jésus . Cela signifie prier, célébrer et imiter. Et ainsi, nous trouverons le chemin pour aller vers la vérité et la vie. »

« Aujourd’hui, pendant la journée, nous pouvons penser à cette porte de la prière dans ma vie: mais la prière de cœur, non celle du perroquet ! Celle du cœur, comment se porte-t-elle ? Comment se porte la célébration chrétienne dans ma vie ? Et comment va l’imitation de Jésus dans ma vie ? Comment doit-on l’imiter ? Vraiment, tu ne te souviens pas ? C’est parce que le livre de l’Évangile est recouvert de poussière, parce qu’on ne l’ouvre jamais ! Prends le livre de l’Évangile, ouvre-le et tu trouveras comment imiter Jésus ! Pensons à comment sont ces trois portes dans notre vie et ça nous fera du bien à tous. »

Entre mémoire et espérance

15-05-2014 source : L’Osservatore Romano

Jésus n’est pas un héros solitaire venu du ciel pour nous sauver, mais il est le point central et le but ultime de l’histoire que Dieu a commencée avec son peuple. C’est pourquoi le chrétien doit toujours être un homme eucharistique qui marche entre mémoire et espérance; jamais une monade solitaire. En effet, si on ne marche pas avec le peuple, si on n’appartient pas à l’Eglise, la foi est seulement quelque chose d’artificiel, de laboratoire. C’est ce qu’a dit le Pape François lors de la Messe célébrée le jeudi 15 mai dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe.

«Il est curieux que quand les apôtres annoncent Jésus Christ, ils ne commencent jamais par Lui», par sa personne, «en disant: Jésus Christ est le sauveur!». Non, les apôtres commencent en revanche leur témoignage en partant toujours «de l’histoire du peuple». Et nous le voyons aujourd’hui dans le passages des Actes des apôtres (13, 13-25) qui raconte, précisément, le témoignage de saint Paul à Antioche de Pisidie. »

Ainsi, quand on demande aux apôtres «pourquoi croyez-vous en cet homme?», voilà qu’ils commencent à parler d’«Abraham et de toute l’histoire du peuple». La raison de cette attitude est claire: «Jésus ne se comprend pas sans cette histoire, Jésus est précisément le but de cette histoire vers lequel cette histoire va, marche».

Voilà pourquoi «on ne peut pas comprendre Jésus Christ sans cette histoire de préparation vers Lui». Et, en conséquence, «on ne peut pas comprendre un chrétien en dehors du peuple de Dieu». Car «le chrétien n’est pas une monade, là tout seul. Non, il appartient au peuple, à l’Eglise». A tel point que «un chrétien sans Eglise est une chose purement idéale, n’est pas réel !»

Nous nous trouvons face à la «promesse de Dieu»: je ferai de toi un grand peuple! Ainsi «ce peuple marche avec une promesse». Et là, entre en jeu la dimension de la mémoire: «Il est important que nous, dans notre vie, nous ayons à l’Esprit la dimension de la mémoire. » En effet, «un chrétien est un “souveneur” de l’histoire de son peuple; il est “souveneur” du chemin que le peuple a accompli; il est “souveneur” de son Eglise. » Un chrétien est donc un homme qui a «la mémoire» du passé.

Dans ce contexte «on ne peut pas comprendre un chrétien seul». Comme, du reste, «on ne peut pas comprendre Jésus Christ seul». En effet, «Jésus Christ n’est pas tombé du ciel comme un héros qui vient nous sauver. Non, Jésus Christ a une histoire!». Et «nous pouvons dire — et cela est vrai — que Dieu a une histoire parce qu’il a voulu marcher avec nous.» Voilà alors pourquoi «on ne peut pas comprendre Jésus sans histoire. » Et voilà aussi pourquoi «un chrétien sans histoire, un chrétien sans peuple, un chrétien sans Eglise ne peut pas se comprendre: c’est quelque chose de laboratoire, quelque chose d’artificiel, quelque chose qui ne peut pas avoir de vie. »

A et égard il est important d’«avoir l’habitude de demander la grâce de la mémoire du chemin qu’a fait le peuple de Dieu.» Egalement la grâce de la «mémoire personnelle: qu’a fait Dieu dans ma vie, comment m’a-t-il fait marcher?» Et il faut aussi savoir «demander la grâce de l’espérance qui n’est pas de l’optimisme: c’est une autre chose. » Et, enfin, «demander la grâce de renouveler tous les jours l’alliance avec le Seigneur qui nous a appelés. » Que le Seigneur, a conclu le Pape, «nous donne ces trois grâces qui sont nécessaires à l’identité chrétienne. »

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