témoignage commun des chrétiens : urgent

24-01-2014 source : Radio Vatican

Ce samedi, dernier jour de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, le Pape François se rend à la Basilique Saint-Paul-hors-les-murs, comme le veut la tradition, pour y célébrer les Vêpres. Un groupe d’étudiants de l’Institut œcuménique de Bossey, en Suisse, assiste à la célébration.

Plusieurs initiatives ont jalonné cette semaine de prière qui était placé cette année sous le thème : « Jésus-Christ ne peut être divisé ». Ainsi, au Portugal, des représentants des Églises catholique, anglicane, presbytérienne, méthodiste et orthodoxe signent ce samedi à Lisbonne une déclaration de reconnaissance réciproque du sacrement du baptême lors d’une célébration œcuménique nationale.

De son côté, la Présidence du Conseil des Conférences Épiscopales d’Europe réunie à Gênes, en Italie, a appelé les chrétiens européens à livrer un témoignage commun dans les différents secteurs de la société, à ne pas se servir du Christ pour justifier leurs incompréhensions et leurs divisions, à ne pas séparer la dimension religieuse de leur foi entre vie publique et vie privée, à ne pas mépriser le don de la vie.

Le témoignage commun des chrétiens est particulièrement urgent dans des sociétés qui sont devenues multiconfessionnelles. Il faut montrer la proximité de Dieu à l’homme contemporain.

pour une vraie culture de la rencontre

Le pape François a appelé, jeudi 23 janvier, les catholiques à être des « citoyens du numérique » constructifs, en utilisant Internet, qualifié de « don de Dieu », pour manifester leur solidarité. Son premier message sur les communications sociales, traditionnellement délivré chaque année à l’occasion de la fête de Saint-François de Sales, patron des journalistes, est intitulé « la communication au service d’une authentique culture de la rencontre », qui ne peut s’établir sans proximité et dialogue.

Message du Saint Père Lire la suite →

Comment nouer le dialogue

24-01-2014 source : L’Osservatore Romano

Le dialogue se noue à travers l’humilité, même au prix d’ « avaler des couleuvres », parce qu’il ne faut pas laisser grandir dans notre cœur « des murs » de ressentiment et de haine. Ce sont les mots du Pape François à la Messe célébrée vendredi matin, 24 janvier, mémoire liturgique de saint François de Sales, dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe.

Le point de départ de l’homélie a été le passage du premier livre de Samuel (24, 3-21), qui raconte la confrontation entre Saul et David. « Hier nous avons entendu la parole de Dieu » qui nous faisait voir ce que fait la jalousie, ce que fait l’envie dans les familles, dans les communautés chrétiennes ». Ce sont des attitudes négatives qui « conduisent toujours à beaucoup de disputes, de divisions. Voire à la haine ». Et « cette histoire nous l’avons vue dans le cœur de Saul contre David: il éprouvait cette jalousie » au point « qu’il voulait le tuer ».

Mais « aujourd’hui la parole de Dieu nous fait voir une autre attitude : celle de David ». Qui « savait très bien » qu’il était « en danger ; il savait que le roi voulait le tuer. Et il s’est trouvé dans la situation de pouvoir tuer le roi : et cela aurait été la fin de l’histoire ». Pourtant « il a choisi une autre voie » ; il a préféré « la voie du rapprochement, pour éclaircir la situation, s’expliquer. La voie du dialogue pour faire la paix ».

En revanche le roi Saul «ruminait dans son cœur cette amertume », il insultait « David parce qu’il croyait qu’il était son ennemi. Et celle-ci grandissait dans son cœur ». Malheureusement, « ces pensées grandissent toujours lorsque nous les écoutons, à l’intérieur de nous. Et elles forment un mur qui nous éloigne de l’autre personne ». Ainsi finissons-nous par rester « isolés dans ce bouillon amer de notre ressentiment ».

« Humilité, douceur et se faire tout pour tous » sont les trois éléments de base du dialogue. Mais même si « ce n’est pas écrit dans la Bible, nous savons tous que pour faire ces choses-là, il faut avaler beaucoup de couleuvres : nous devons le faire parce que c’est ainsi qu’on fait la paix ! ». On fait la paix « avec l’humilité, l’humiliation ». Il faut la disponibilité à reconnaître face à l’autre : « Écoute, excuse-moi, moi j’ai cru cela… ». La juste attitude est « s’humilier : il est toujours bon de faire le pont, toujours, toujours ! ». Tel est le style de qui veut « être chrétien » ; même si « Ce n’est pas facile, pas facile ! ».

Le Pape a ensuite suggéré un autre conseil pratique : pour ouvrir le dialogue « il est nécessaire que ne passe pas trop de temps ». Les problèmes en effet doivent être affrontés « le plus tôt possible, au moment où on peut le faire dès qu’est passée la tourmente ». Il faut immédiatement « s’approcher du dialogue, parce que le temps fait grandir le mur », « comme il fait grandir la mauvaise herbe qui empêche au blé de pousser ». Et « quand les murs grandissent, la réconciliation est très difficile ». L’évêque de Rome a fait référence au mur à Berlin qui pendant des années a été un élément de division. Et il a noté que « dans notre cœur aussi » il y a la possibilité de devenir comme à Berlin, avec un mur élevé vers les autres. D’où l’invitation à « ne pas laisser passer trop de temps » et « à chercher la paix le plus tôt possible ».

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Le Pape a reçu dans la matinée François Hollande qui a effectué ce vendredi sa première visite au Vatican, vingt mois après son élection alors qu’il s’était déjà rendu quatre fois en Italie. Lire la suite →

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