Il s’est fait homme

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BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Salle Paul VI au Vatican
Mercredi 9
janvier 2013
(Condensé)

Chers frères et sœurs, le mot ‘incarnation’ retentit souvent dans nos églises, en ce temps de Noël. Mais quel est son sens ? Pour l’expliquer, saint Ignace d’Antioche et surtout saint Irénée partent du Prologue de Saint Jean qui dit : « Le Verbe s’est fait chair » (1, 14). Le mot ‘chair’ indique l’homme dans son intégralité. Dieu a pris notre humanité pour nous donner sa divinité et nous permettre d’être ses fils. Voici le grand don de Noël : en son Fils, Dieu s’est donné lui-même pour nous. Il nous montre ainsi le modèle du don. Celui-ci ne doit pas se réduire au matériel. La personne qui est incapable de donner un peu d’elle-même, donne toujours trop peu. Notre foi ne concerne pas seulement notre esprit et notre cœur, mais toute notre vie. Le Verbe incarné était au commencement auprès de Dieu. Par lui, tout a été créé. Son Incarnation réalise une nouvelle création. Le Christ est le Nouvel Adam qui révèle pleinement l’homme à l’homme et lui montre son vrai visage et sa vocation. Chers amis, en ce temps de Noël, méditons la grande richesse du Mystère de l’Incarnation. Laissons Dieu nous transformer toujours plus en image de son Fils fait homme pour nous.

* * *

L’Incarnation de Jésus est centrale dans notre foi. Laissez-vous toucher par la grandeur de cet événement, plutôt que par les aspects extérieurs de la  fête.

 

© Copyright 2013 – Libreria Editrice Vaticana

BENOÎT XVI – Audience générale intégrale du mercredi 9 janvier 2013

Epiphanie du Seigneur

Andrea Mantegna (1431 - 1506) L' Adoration des mages - vers 1500 © The J. Paul Getty Museum, Los Angeles
Andrea Mantegna (1431 – 1506) L’ Adoration des mages – vers 1500 © The J. Paul Getty Museum, Los Angeles

Le mot du Saint Père à l’Angélus de ce jour :

Je suis heureux de saluer particulièrement nos frères chrétiens d’Orient qui célèbrent le Saint Noël.  L’Épiphanie manifeste que le salut apporté par le Christ est pour tous. En adorant cet Enfant, c’est-à-dire en croyant qu’il est Dieu, notre Sauveur et notre Roi, recevons la mission qu’il nous confie : le faire connaître à ceux qui nous entourent. Soyons comme une étoile pour les personnes qui cherchent l’espérance et repartons de la crèche comblés de la joie de Noël ! Bonne fête à tous !

***

Les Rois Mages dans l’Évangile (Matthieu 2, 1-12) ont été conduits vers Jésus, non à la lueur des néons ou autres lumières artificielles, mais par la lumière d’une étoile. Ils sont des modèles pour nous. La part essentielle de la vie, c’est le chemin qui conduit à Jésus, c’est marcher dans les voies intérieures de notre cœur et de notre âme, c’est la découverte de notre identité d’enfants de Dieu réalisant le vrai but de la vie : trouver le Christ en nous.

Saint Bonaventure dit que la spiritualité est « le voyage intérieur de l’âme vers Dieu. » Le pape Benoît XVI nous invite à voir l’Année de la foi comme une demande pressante à une conversion authentique et renouvelée au Seigneur, le seul Sauveur du monde. Cette Année de la foi est un chemin vers Jésus, pour une relation plus profonde avec lui. Et la vie elle-même est un cheminement vers Jésus.

Ce cheminement comprend des changements intérieurs qui nous permettent d’éviter les barrages du péché. Il inclut les changements intérieurs qui se produisent lorsque nous rencontrons Jésus à la messe, dans les sacrements, la Bible et la prière, quand nous imitons Jésus dans la vie quotidienne.

Comme les Mages, nous embarquons pour un long voyage, nous rendant compte que ça dure toute une vie. Nous ne faisons pas le voyage seul. Lorsque les Mages sont arrivés à l’endroit où était Jésus, ils l’ont trouvé avec Marie, sa mère. Bien sûr, Marie a révélé aux Rois Mages que son enfant était le but de leur recherche, et elle a dû les inviter à tenir Jésus près de leurs cœurs. Elle nous parle avec les mêmes mots et nous fait la même invitation !

Apprendre à se connaître en tant qu’enfants de Dieu, découvrir le vrai sens de la vie et trouver Dieu peut être un passionnant voyage, une grande aventure, surtout en compagnie de Marie. Qu’advienne aussi pour nous l’étoile qui nous conduise à Jésus !

D’après Oscar Lukefahr, C.M.

La prière, secret de Marie

L’annonce de la mort de la Vierge Marie (détail) Duccio (1260-1319) musée de Sienne
L’annonce de la mort de la Vierge Marie (détail) Duccio (1260-1319) musée de Sienne

La prière de toute l’Église, la prière toujours écoutée avec un amour infini donne à Dieu toute gloire. Elle est première, Marie, à savoir parfaitement comment nous devons prier, parce qu’elle a vu et compris d’abord le modèle unique de toute prière.

Qui a connu comme elle le secret de la vie intérieure ? Par-dessus toute la science des saints, elle possède l’intelligence de nos relations avec Dieu, la sagesse de l’Esprit de Jésus.

Mais Marie ne nous apporte pas seulement le témoignage du Fils de Dieu. Elle nous éclaire par son témoignage de Mère de Dieu. Car sa prière est celle de l’Immaculée en face du Père trois fois saint. Elle a fait l’expérience de tout ce qu’il y a de plus élevé dans cet échange d’amour avec la Trinité qu’elle veut nous apprendre, cette splendeur d’amour qui illumine et qui embrase son coeur.

Ce qui nous séduit, c’est son âme, remplie du Saint-Esprit où la Trinité habite, non pas comme dans les membres pécheurs de l’Église, mais dans un lieu immaculé de la création, où sont constamment versés des fleuves de grâces et de béatitudes ; son âme les reçoit dans des abîmes insondables qui sont aux yeux de Jésus des océans en comparaison de ces cavernes mythiques des puissances humaines.

Marie sait prier toujours comme Fille pure du Père, comme Épouse élue du Verbe, comme Mère, plus aimante que toutes les mères, d’un Fils divin conçu du Saint-Esprit. Et cet Esprit lui-même, comme il avait formé Jésus en son sein, continue à la combler de cette connaissance amoureuse de Dieu qui la tient humblement dans l’adoration et la reconnaissance. Il la comble de ses tendresses de maternité divine ; il forme lui-même en son coeur toutes les pensées, tous les désirs, tous les sentiments de sa prière, avec une abondance d’effusion aussi semblable que possible à celle qui s’épanche éternellement entre le Père et le Fils. ■

Jean-Daniel Planchot, cm

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