Le Fils Unique de Dieu, conçu du Saint-Esprit

logo de l'année de la foi 2012
logo de l’année de la foi 2012

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Salle Paul VI -Vatican
Mercredi 2
janvier 2013

 Chers frères et sœurs, la lumière de la naissance du Seigneur illumine toujours les ténèbres qui couvrent souvent notre monde et nos cœurs. Mais d’où vient Jésus, celui qui est né à Bethléem ?

Les quatre évangiles disent qu’il vient totalement du Père. Conçu du Saint Esprit, né de la Vierge Marie, Jésus est « Dieu-parmi-nous ». Notre credo affirme qu’il est le Fils Unique de Dieu ; Dieu, né de Dieu ; Lumière, née de la lumière ; vrai Dieu, né du vrai Dieu. Il est de la même nature que le Père. Notre profession de foi parle aussi d’une action des trois Personnes divines qui se réalise en Marie, humble femme d’un village inconnu. En elle s’accomplit mystérieusement une nouvelle création.

Avec l’Incarnation de son Fils, Dieu donne vie à un nouveau commencement de l’humanité. La foi apporte en chacun de nous une nouveauté si forte qu’elle produit une nouvelle naissance, grâce au baptême. Quand nous nous ouvrons à l’action de Dieu, comme Marie, notre vie acquiert un nouveau sens et un nouveau visage, celui d’enfants de Dieu, le Père. Par son oui, Marie devient la nouvelle arche de l’alliance, la demeure de Celui que l’univers ne peut pas contenir.

En ce temps de Noël, nous célébrons un grand mystère bouleversant : par l’action de l’Esprit Saint, le Fils de Dieu s’est incarné dans le sein de la Vierge Marie. Cette annonce nous apporte espérance et joie : Dieu agit en nous et fait toujours des merveilles, malgré nos faiblesses et nos incapacités. Sa grâce est notre force !

* * *

Au début de cette année, renouvelons notre foi en la présence et en l’action de Dieu dans nos vies et dans notre histoire. Ouvrons-lui grandement les portes de nos cœurs et de nos maisons pour qu’il y établisse sa demeure. Il est un Père aimant qui ne nous abandonne jamais. Bonne Année à tous !

© Copyright 2013 – Libreria Editrice Vaticana

Voir Benoît XVI – audience intégrale du 2 janvier 2013

Mienne est la Mère de Dieu

Fra Filippo Lippi - Marie avec l'enfant
Fra Filippo Lippi – Marie avec l’enfant

Marie,

Seriez-vous absente ? oubliée ?

Mais comment « la mère de mon Seigneur » (comme disait votre vieille cousine Élisabeth) pourrait-elle être absente de ma vie ?

Mais d’abord, laissez-moi régler un petit, tout petit point de protocole.

Je n’ai pas de difficulté à dire « tu » à Dieu :

il est tellement au-dessus de tout pronom personnel,

le silence seul l’exprime.

Mais à vous, Marie, je ne me décide pas à vous dire « tu ».

Pourquoi ? Je ne sais.

Mais un « vous » si plein de toutes les tendresses humaines,

si riche de toutes mes admirations.

J’aime vous regarder dans votre humanité quotidienne,

jeune fille et femme, inconnue de tous, mère attentive, épouse soigneuse,

vraie fille d’Israël qui

« assise dans sa maison aussi bien que marchant sur la route, couchée aussi bien que debout »

redit la prière la plus chère à la piété de votre race :

« Dieu notre Dieu est le seul : Tu aimeras ton Dieu de tout toute ton âme et de tout ton pouvoir. » (Dt 6, 5)

Femme semblable à toutes les femmes, Dieu vous donne d’être là toujours disponible quand le cœur demande « Où es-tu ? »

Mais j’aime aussi vous voir

telle que les peintres et les sculpteurs de tous les siècles vous représentent,

Marie couronnée au tympan des cathédrales, la femme aux douze étoiles,

la Vierge des icônes au manteau de pourpre royale

et du retable de l’Agneau Mystique, si jeune.

Avec votre poète Claudel, j’aime vous dire :

« Souveraine des Anges, Reine des Docteurs…

ne quittez pas ce vêtement de gloire

ces franges d’or qui ne sont autres

que les rayons de votre gloire qui vient de l’intérieur. »

Mais avec Thérèse de l’Enfant Jésus s’exprimant sans mots superflus je m’émerveille :

« Elle est plus mère que reine. »

Oui, tout le reste est fioritures

devant les trois mots : « Mère de Dieu ».

Ils sont le fil qui de siècle en siècle

relie en un seul tissu toute la Tradition de l’Église.

« Mère de mon Seigneur », disait Élisabeth.

« L’enfant avec Marie sa mère », écrit saint Matthieu.

«Né d’une femme », ajoute saint Paul.

« Marie Theotokos », c’est-à-dire « Mère de Dieu », crieront les habitants d’Éphèse, en l’an 431, quand le Concile eut affirmé le dogme.

«Né de la Vierge Marie », chante le Credo. Car Jésus n’est véritablement homme que si vous êtes véritablement sa mère.

Le réalisme du Verbe de Dieu fait chair va jusque là.

« Jésus ayant aimé les siens jusqu’à l’extrême », dit saint Jean pour signifier la Passion, mais ce « jusqu’à l’extrême» était vrai dès le jour où Dieu a pris corps en vous, dès votre oui à l’ange.

« Mère de Dieu », ces trois mots,

je n’aurai jamais trop d’heures de silence pour les contempler.

Comme ces plantes du désert qui attendent des jours, des années peut-être, une pluie pour germer,

il nous faut les redire jusqu’à ce que votre fils les féconde en nous.

Tous les âges s’étonnent !

« Celui que le cosmos chante et ne peut contenir,

en votre sein, il est présent »,

« Vierge mère, fille de votre fils,

humble et haute plus qu’aucune créature. »

Que dirai-je de plus ?

Ceci, qui pour moi est souverainement essentiel :

« Femme, voilà ton fils,

Fils, voilà ta mère »,

ces ultimes paroles que me dit Jésus en croix aujourd’hui à moi sont dites.

Déjà réalisées à l’instant de l’Annonciation, Marie, avez-vous pressenti, alors, que «le Fils du Très-Haut », « le Fils de Dieu »,

celui dont « le règne n’aura pas de fin» était à ce point lié à l’humanité,

Vous, nourrie des Écritures ?

Et c’est pourquoi avec de nouveau la Tradition entière,

ajoutant ma voix à la multitude qui accomplit votre prophétie :

« Oui, désormais tous les âges me diront bienheureuse »

(et nul ne vous connaissait alors),

je redis sans me lasser la prière des pécheurs et des saints :

« Sainte Marie, Mère de Dieu,

priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. »

Marie, je vous ai priée avant même de croire à votre Fils « au cas où… »

et vous m’avez écouté.

Vous m’avez été secourable,

si souvent vous m’avez relevé.

Vous qui avez façonné le Christ,

refaites en moi son image,

sainte Marie, Mère de Dieu…

D’après Jean Madiran

Lire la suite →

Message de Noël Urbi et Orbi de Benoît XVI

MESSAGE

URBI ET ORBI

DU PAPE BENOÎT XVI

25 DÉCEMBRE 2012

« Veritas de terra orta est ! » – “La vérité a germé de la terre ! » (Ps 85, 12)

Chers frères et soeurs de Rome et du monde entier, bon Noël à vous tous et à vos familles!

En cette Année de la foi, j’exprime mon souhait de Noël avec ces paroles, tirées d’un psaume : « La vérité a germé de la terre ». Dans le texte du psaume, en réalité, nous les trouvons au futur : « La vérité germera de la terre » : c’est une annonce, une promesse, accompagnée d’autres expressions, qui dans l’ensemble résonnent ainsi :

« Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s’embrassent ;
la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice.
Le Seigneur donnera ses bienfaits
et notre terre donnera son fruit.
La justice marchera devant lui,
et ses pas traceront le chemin »
(Ps 85, 11-14).

Aujourd’hui, cette parole prophétique s’est accomplie ! En Jésus, né à Bethléem de la Vierge Marie, l’amour et la vérité se sont réellement rencontrés, la justice et la paix se sont embrassées ; a vérité a germé de la terre et la justice s’est penchée du ciel. Saint Augustin explique avec une heureuse concision :

« Qu’est-ce-que la vérité ? Le Fils de Dieu. Qu’est-ce que la terre ? La chair. Demandes-toi d’où est né le Christ, et vois pourquoi la vérité a germé de la terre… la vérité est née de la Vierge Marie » (En. in Ps. 84, 13).Lire la suite →

site officiel en France