Premier jour : le sang de la Circoncision

Premier jour : Le Sang de la Circoncision.

Présentation au Temple
Présentation au Temple

Ô Verbe éternel, Fils de Dieu, c’est bien au jour de ta circoncision que tu te manifestes au monde Fils de l’Homme, puisque c’est en ce jour que tu reçois un nom humain. Mais ce baptême figuratif, dont la synagogue te fait une loi, n’est pas un baptême d’eau, c’est un baptême de Sang, pour l’Alliance !. . .

Enfant de Bethléem, fils de la Vierge immaculée, c’est du Sang de ta circoncision que doit sortir le nom sauveur, le doux nom de JÉSUS, parce que ce nom porte en lui le mystère de la rédemption, parce que le Sang de la circoncision annonce le Sang qui rougira un jour le bois de la croix, le Sang qui me fera enfant de Dieu, cohéritier avec toi du royaume des cieux !

Que te rendrai-je, Jésus, pour cette première souffrance, pour ces premières gouttes de Sang qui marquent l’Alliance et inaugurent ta sublime mission de sauveur de l’humanité ?. . . . — Ah ! Avec Marie et Joseph, j’unirai mes actions de grâces et mes louanges à celles de tous les élus ; surtout, je te rendrai amour pour amour.

Mais je n’oublie pas, ô Jésus, que le Sang de ta circoncision était prémices de la grâce inestimable de mon baptême. — Hélas ! je n’ai pas été fidèle à cette grâce insigne !. . . . Mais j’ai été baptisé dans ton Sang, purifié et uni à toi dans le feu de ton amour,

Jésus, je t’en conjure, par le Sang de ta circoncision, rends-moi fidèle à la grâce de ce baptême, généreux et constant dans l’accomplissement de mes devoirs, et prêt à tout sacrifier pour te prouver mon amour.  Ainsi soit-il.

Que les effusions sept fois renouvelées de ton Sang précieux, ô Jésus, reçoivent à jamais les bénédictions, les actions de grâce du ciel et de la terre, et nous assurent la vie éternelle ! Ainsi soit-il.

Marie immaculée, ma douce souveraine et ma tendre mère, je vous en supplie, mettez entre mes péchés et la justice divine, au moment suprême de la mort, le mystère de votre immaculée conception et le Sang de votre divin Fils, versé dans la circoncision. Ainsi soit-il.

Litanies du Précieux Sang

Marie et le Royaume de Dieu

Marie et le Royaume de Dieu

À quelle distance la souffrance d’autrui devient-elle supportable ?
À quelle distance tenons-nous la nouvelle du malheur des  autres ?
À l’opposé, à quelle distance la joie d’autrui devient-elle supportable ?

Si je souffre, n’est-elle pas une insulte à ma souffrance, et si je ne traîne que mon lot habituel de tristesses et de soucis, cette joie enjouée d’un autre n’éveille-telle pas une intolérable envie ? Voilà bien les plis et les replis du cœur humain !

ASSOMPTION Vitrail - Église de l’Assomption Saint-Denis de la Réunion
ASSOMPTION Vitrail – Église de l’Assomption Saint-Denis de la Réunion

Pour nous obliger à les voir, à les avouer, mais surtout pour les guérir, Dieu a posé au milieu de nous une provocation. Un être, une femme, Marie. C’est cette provocation que nous célébrons au cœur de l’été.

Nous remontons le fil de l’histoire sainte jusqu’à son Assomption. À dire vrai, curieux pèlerinage ! Aucun texte des Écritures ne nous en parle. Il n’y a pas de récit, pas d’anecdote, simplement le fait que sa vie ait
été assumée.

La parole de saint Paul éclaire judicieusement ce qui se manifeste dans ce fait : « Frères, nous le savons, tout a contribue au bien de ceux qui aiment Dieu, puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour. »

Tout a contribué au bien, au bonheur, à la gloire de la Mère de Jésus, qui peut, en toute rigueur, recevoir le titre  incroyable de Mère de Dieu, du Dieu venu avec nous. Dieu peut dire à Marie : « Tu m’aimais parce que je t’aimais » ; cet amour, elle l’a respiré durant sa vie et c’est pourquoi la joie de cette Mère unique a été parfaite.

Allons-nous accepter de dépasser nos marasmes et nos souffrances pour nous laisser enseigner par elle la louange et l’action de grâce ? Le Christ nous a donné sa Mère pour nous révéler qu’en acceptant comme elle qu’il n’y ait plus de distance entre Dieu et nous, nous parviendrons à abolir aussi la distance qui nous empêche de rejoindre nos frères dans leur joie ou leur souffrance. Cela s’appelle le Royaume de Dieu. ■

P. Jean-Daniel Planchot, cm

le Précieux Sang du Christ

Sang de Jésus
Sang de Jésus

Le mois de juillet, nous sommes invités à faire mémoire du Précieux Sang de Jésus-Christ, une tradition qui existe depuis les débuts de l’Église.

C’est par Jésus, « en répandant, non pas le sang de boucs et de jeunes taureaux, mais son propre sang » que nous avons été rachetés. Par son propre sang, le Christ « est entré une fois pour toute dans le saint des Saints », obtenant sa « rédemption définitive », déclare saint Paul dans sa lettre aux Hébreux (Hé 9, 12).

« Vous le savez, dit saint Pierre : ce n’est pas par des biens corruptibles que vous avez été rachetés de la conduite superficielle héritée de vos pères ; mais c’est par un sang précieux, celui d’un agneau sans défaut et sans tache, le Christ » (1 P 1, 19).

Inspirée par ce texte de saint Pierre, enracinée dans la réflexion de l’Épître aux Hébreux sur le sang des sacrifices (ch. 9), l’Église a contemplé dès l’origine ce sang de Jésus répandu pour le salut du monde. Le Christ, « Lui qui nous aime et nous a lavés de nos péchés par son sang » (Ap 1, 5), a tout réconcilié et a fait la paix par le sang de sa croix (cf. Col 1, 20).

Cette dévotion, désormais réunie de nos jours à  celle du Corps du Seigneur, a franchi les siècles, portée par plusieurs saints comme Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), sainte Marie-Madeleine de Pazzi (1566-1607) et saint Gaspard del Bufalo (1786-1837) qui lui a voué toute sa vie.

Bien des cathédrales ont été bâties à travers le monde pour exposer les reliques de ce Précieux Sang à la vénération des fidèles. Mais ce culte a pris un vrai tournant avec le pape Pie IX, qui l’a instituée officiellement comme fête en 1850, et Pie XI, en 1934, qui l’a élevé parmi les fêtes les plus importantes de l’Église – à l’occasion des commémorations du dix-neuvième centenaire de la mort du Sauveur.

Pie IX accorda à ceux qui feraient le mois du Précieux Sang en particulier, l’indulgence plénière. C’est dire l’importance qu’il voulait donner à cette célébration qui aurait lieu le premier dimanche du mois de juillet, mais devait se prolonger tout le mois pour entretenir le principe du sacrifice, élément chrétien de la sainteté.

Le 24 février 1960, saint Jean XXIII promulguait les Litanies du Précieux Sang. Le Saint-Père voyait dans la dévotion au sang du Christ un moyen particulièrement efficace de conjurer les dangers qui menacent l’Église et les nations. Le 30 juin 1960, il publiait une lettre apostolique sur la dévotion au Précieux Sang, afin d’« honorer dignement ce sang divin qui est le sommet du sacrifice rédempteur » durant le mois de juillet.

Cette fête est comme une suit liturgique de la Fête-Dieu (elle-même suite du Jeudi saint), pour rappeler, selon l’expression de Pascal, que le Christ est « en agonie jusqu’à la fin du monde » et qu’il « ne faut pas dormir pendant ce temps-là », comme l’a rappelé Benoît XVI dans la cathédrale du Très Précieux Sang à Westminster, en septembre 2010, en invitant les fidèles à ne pas oublier que  « le sang du Christ répandu est la source de la vie de l’Église dans épreuves et vicissitudes ».

La fête du Précieux Sang, le 1er juillet, a été supprimée du calendrier liturgique en 1970 mais les fidèles sont invités à entretenir la tradition du mois de juillet pour louer la dignité de ce saint sang.

« Juillet est un mois au cours duquel nous vénérons traditionnellement le précieux sang du Christ. Le sang humain innocent est versé en permanence dans le monde. Dans le cœur des hommes, au lieu de l’amour évangélique, la haine habite souvent au lieu de prendre soin de l’homme, du mépris et de l’oppression. Je demande votre prière pour que l’humanité contemporaine puisse expérimenter la force du sang du Christ versé sur la Croix pour notre salut. Loué soit Jésus Christ !»,  ainsi parlait Benoît XVI aux pèlerins polonais lors de l’audience générale du 5 juillet 2006.

Une congrégation a obtenu du Saint-Siège la faveur de conserver la fête du 1er juillet : les Sœurs adoratrices du Précieux-Sang, dont la maison mère se trouve à Saint-Hyacinthe, au Québec. Vêtues d’un scapulaire rouge vif, ces contemplatives adorent ce jour-là, avec grande ferveur,ce qui est devenu sang du Christ à l’autel.

De notre côté, nous pouvons au moins durant la première semaine honorer les sept temps essentiels où le sang du Seigneur a coulé, en nous inspirant du « cérémonial des Sœurs adoratrices du Précieux-Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ ».

diffusons-la!