Prière pour demander à Dieu la vie d’union avec lui

Prière pour demander à Dieu la vie d’union avec lui

Jésus bon berger oratoire de la congrégation de la Mission 95 rue de Sèvres Paris
Jésus bon berger oratoire de la congrégation de la Mission 95 rue de Sèvres Paris

Divin Jésus, modèle que nous devons tous imiter, Jésus qui venez si souvent en nous par la sainte communion, Jésus le soutien sans lequel nous ne pouvons rien, mais avec lequel nous pouvons tout, soyez avec moi maintenant et toujours.

Soyez avec moi maintenant, pour me donner votre bénédiction, mais une bénédiction qui éloigne de moi le péché, qui me fortifie contre les tentations, qui me conserve dans la grâce, qui me préserve de tout danger, et qui me fasse persévérer dans le bien.

Soyez avec moi dans mes prières, pour me communiquer le mérite des vôtres et les saintes dispositions avec lesquelles vous avez prié, afin qu’en vous, par vous et avec vous, je sois exaucée dans mes demandes pour tout ce qui m’est utile et nécessaire.

Soyez avec moi à la sainte messe, afin de m’en appliquer le fruit pour tous mes besoins temporels et spirituels, et d’y opérer dans moi le sacrifice de moi-même, pour ne faire avec vous qu’une même offrande, une offrande pure et sans tache.

Soyez avec moi dans mon travail et dans l’exercice de mon emploi, pour le bénir, et afin que je me conforme â la volonté divine, qui veut que je m’occupe selon l’obéissance.

Soyez avec moi dans mes délibérations, pour me donner la prudence, le discernement ; et me faire choisir ce qui doit plus sûrement procurer votre gloire.

Soyez avec moi dans mes repas, pour me faire conserver la sobriété et l’esprit de mortification.

Soyez avec moi dans mes récréations, pour me donner une joie douce, paisible, édifiante.

Soyez avec moi dans mes conversations, pour me faire garder le silence à propos, et mettre dans ma bouche des paroles d’édification, de bonté, de force, de consolation.

Soyez avec moi dans mes lectures ou mes études, pour me donner vos lumières et pour que, sans vanité, mon esprit devienne plus éclairé.

Et soyez avec moi dans mes souffrances, mes afflictions, mes disgrâces, pour me consoler, me donner ta patience et la soumission aux ordres de la Providence.

Soyez avec moi dans la prospérité et les succès pour me donner la reconnaissance et l’humilité.

Soyez avec moi dans toutes les circonstances particulières et extraordinaires où vous voyez que je pourrais me rencontrer, pour me détourner du mal et me faire pratiquer tout le bien que la circonstance demandera.

Soyez avez moi à l’heure de mon coucher, pour me cacher dans votre Sacré Cœur et me purifier de tout ce que je pourrais avoir contracté d’impur durant la journée ; pendant mon sommeil, pour en éloigner toute illusion et tout accident qui pourrait m’être nuisible ; à mon réveil, pour mettre dans mon esprit, de saintes pensées, et dans mon cœur de fervents désirs ; à mon lever, pour m’inspirer l’offrande que je dois vous faire de moi-même, et me disposer à passer saintement la journée.

Soyez dans mon intérieur pour en régler tous les mouvements, et dans mon extérieur, pour le rendre édifiant. En tout et partout, donnez-moi votre secours, pour imiter vos vertus, afin que Dieu le Père céleste soit glorifié en moi, par vous Seigneur Jésus-Christ.

Ô Jésus ! qui êtes mon unique espérance, Jésus pour qui j’ai tout quitté, venez en moi, restez en moi, vivez en moi !

Abbé Sylvain

La charité fraternelle

La charité fraternelle

VENDREDI (3e semaine de Carême) Os 14,210 Mc 12,28b-34

Tu aimeras ton prochain comme toi-même (Mc 12,31)

Saint Augustin
Saint Augustin

Remarquons à quel point l’apôtre Jean nous recommande l’amour fraternel :

Celui qui aime son frère, dit-il, demeure dans la lumière, et il n’y a en lui aucune occasion de chute (1 Jn 2,10). Il est clair que l’apôtre met la perfection, de la justice dans l’amour des frères : car celui en qui il n’y a pas d’occasion de chute est parfait.

Et cependant il semble passer sous silence l’amour de Dieu : ce qu’il ne ferait jamais, si dans la charité fraternelle elle-même il n’enten­dait Dieu. Peu après, dans la même épître, il dit en effet d’une façon on ne peut plus claire : Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu, et tout homme qui aime est né de Dieu et connaît Dieu ; celui qui n’aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour (1 Jn 4,7-8).

De ce contexte il ressort assez clairement qu’un témoin si autorisé considère l’amour fra­ternel non seulement comme issu de Dieu, mais comme Dieu lui-même, puisque c’est en l’amour fraternel que nous nous aimons les uns les autres.

*

Par conséquent, en aimant notre frère d’un amour véri­table, nous aimons notre frère selon Dieu, et il ne se peut faire que nous n’aimions en premier lieu cet amour grâce auquel nous aimons notre frère. D’où nous concluons que ces deux préceptes ne peuvent exister l’un sans l’autre. Puisqu’en effet Dieu est amour, celui-là aime certainement Dieu qui aime l’amour ; or celui-là aime nécessairement l’amour, qui aime son frère.

Aussi, peu après, l’apôtre Jean dit-il : Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ? (1 Jn 4,20) ; la raison qui l’empêche de voir Dieu, c’est qu’il n’aime pas son frère. Celui qui n’aime pas son frère n’est pas dans l’amour ; et celui qui n’est pas dans l’amour n’est pas en Dieu, car Dieu est amour.

*

En outre, celui qui n’est pas en Dieu n’est pas dans la lumière, car Dieu est lumière et il n’y a point en lui de ténèbres (1 Jn 1,5). Celui donc qui n’est pas dans la lumière, quoi d’étonnant qu’il ne voie pas la lumière, autre­ment dit, qu’il ne voie pas Dieu, puisqu’il est dans les ténèbres ? Il voit son frère d’une vue humaine, laquelle ne permet pas de voir Dieu.

Mais si ce frère qu’il voit d’une vue humaine, il l’aimait d’une charité spirituelle, il verrait Dieu qui est la charité même, de cette vue intérieure qui permet de le voir. Ainsi donc, celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment pourrait-il aimer Dieu que préci­sément il ne voit pas parce que Dieu est amour, et que cet amour fait défaut à celui qui n’aime pas son frère ?

Et qu’il ne soit plus question de savoir combien de charité nous devons à notre frère, combien à Dieu : incomparablement plus à Dieu qu’à nous, autant à nos frères qu’à nous-mêmes ; or nous nous aimons d’autant plus nous-mêmes que nous aimons Dieu davantage. C’est donc d’une seule et même charité que nous aimons Dieu et le prochain ; mais nous aimons Dieu pour lui-même, nous et le prochain pour Dieu.

Saint Augustin De Trinitate, VIII, 12 : PL 42, 958-959, Traduction Orval.

Quelles sont vos réserves de fidélité ?

Quelles sont vos réserves de fidélité ?

JEUDI (3e semaine de Carême) Jr 7,23-28 – Lc 11,14-23

Je serai votre Dieu, et vous, vous serez mon peuple (Jr 7,23)

Vous serez mon peuple et je serai votre Dieu
Vous serez mon peuple et je serai votre Dieu

Si Moïse n’était pas redescendu de la montagne le quarantième jour, aurait-il retrouvé autre chose dans la plaine que les os du dernier repas, et le silence d’un camp abandonné par un peuple parti chercher ailleurs une autre aventure ?

Si Jésus n’était pas ressuscité le troisième jour, combien des siens aurait-il encore retrouvé à Jérusalem, vu la hâte que plusieurs mettaient à s’en retourner chez eux ?

Si Dieu laisse trop longtemps circuler la nouvelle de sa mort sans la démentir de manière efficace, l’Église ne verra-t-elle pas ses problèmes résolus de la manière la plus expéditive : par la désertion de tous ses fidèles ? Si le Fils de l’homme tarde trop à revenir sur terre, y trouvera-t-il encore la foi ?

Tu t’étonnes que Dieu aussi obstinément coure ce ris­que. Qu’il n’ait pas l’air de tirer les leçons d’une histoire déjà longue… Tu t’étonnes, mais non sans tremblement Car ce drame ne se déroule pas en dehors de toi, c’est dans ta propre vie qu’il s’accomplit aussi et que tu en éprouves l’enjeu et les péripéties.

Jusqu’où le Seigneur peut-il te cacher sa Face sans que tu quittes toi aussi le Sinaï, Jéru­salem, l’Église, la foi ? Quelles sont tes réserves de fidé­lité ? Combien d’huile as-tu emporté avec ta lampe pour l’interminable nuit où le Seigneur se fait attendre ?

Au commencement d’une telle nuit, tu es comme tous ceux qui aiment et sont aimés lorsqu’ils se trouvent séparés de leur partenaire. Ils frémissent d’un désir plus violent. Ils découvrent à quel point ils sont attachés à l’autre et ne peuvent vivre sans lui. Ils ne cessent de lui écrire, de lui parler, en se riant des épaisseurs de l’absence.

Mais il suffit qu’avec un brin de mélancolie et un vague geste de la main j’ajoute ceci : « Des jours, des saisons passèrent… » pour que, sans autre discours/ tout homme qui a vécu sache douloureusement, honteusement, ce que je veux dire.

Dans ses carnets intimes, Maurice Blondel notait ceci : « Ce qu’on aimait, ce qu’on se promettait d’aimer, ce qu’on ai­mait à aimer pour toujours, on ne l’aime plus et on n’en souffre pas,

C’est une de nos grandes misères que cette inconstance d’ordinaire à peine sentie ; mais quand on la remarque, quand on y songe d’avance, il n’y a guère de plus amère mélancolie. Le cœur meurt donc ! La mort du cœur, la mort d’un amour à jamais donné, c’est odieux, et c’est nous. »

C’est odieux, et c’est toi ! Il ne reste plus qu’à protéger la flamme qui déjà vacille chez toi et à implorer dans la nuit : « Reviens, Seigneur, avant que l’oubli de toi comme un hiver n’ait transi mon âme. Dis une parole et mon esprit reprendra vie. Fais un signe de bonté pour ton servi­teur afin qu’il ne s’éloigne pas dans le vent amer de l’infidélité.

Tu es celui qui ne veut pas la perte du pécheur, ni que les lèvres qui te louent retournent au silence, ni que la vie qui témoigne de toi proclame l’échec de ton grand Nom. Tu es celui qui n’abandonne jamais aucun des tiens mais qui, pour nous conduire de rencontre en rencontre jusqu’à ta gloire, doit nous faire passer par les silences et les nuits.

Mais tu es celui qui ne se moque pas des hom­mes et tu connais leur fragilité ainsi que la limite de leur endurance. Oh ! que je vive devant ta Face et que ma vie te rende gloire ! Reviens, Seigneur ! Jusques à quand ? »

A.-M. Besnard Propos intempestifs sur la prière, Le Cerf, 1969, p. 117-118.

site officiel en France