prier pour des solutions favorables aux peuples

prier pour des solutions favorables aux peuples

Lors de sa messe quotidienne, ce lundi de l’Octave de Pâques, en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, le Pape a invité à prier pour les responsables politiques et les scientifiques afin qu’ils trouvent le juste chemin pour répondre à la pandémie, choisissant des solutions favorables aux populations. Dans son homélie, le Pape a expliqué le choix que pose l’Évangile entre l’espérance de la résurrection et la nostalgie du tombeau.

 

Voici son intention de prière : «Prions aujourd’hui pour ceux qui gouvernent, pour les scientifiques, pour les politiques qui ont commencé à étudier une voie de sortie, l’après-pandémie, cet “après” qui a déjà commencé, afin qu’ils trouvent le juste chemin, toujours favorable aux personnes et aux peuples.»

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Dans l’Évangile de ce jour (Mt 28, 8-15), lorsque le Christ ressuscité apparait à des femmes, il les exhorte à demander aux disciples de se rendre en Galilée : là, ils pourront le voir.

Dans le même temps, explique l’évangéliste, les prêtres et docteurs de la loi corrompent les soldats postés devant le tombeau, leur disant de rapporter que les disciples de Jésus étaient venus de nuit pour voler le corps tandis qu’ils dormaient. L’Évangile propose un choix entre l’espérance de la résurrection de Jésus et la nostalgie du tombeau.

L’homélie :

L’Évangile d’aujourd’hui nous présente un choix, un choix de tous les jours, un choix humain mais qui tient depuis ce jour-là, entre la joie, l’espérance de la résurrection de Jésus et la nostalgie du tombeau.

Les femmes vont de l’avant pour apporter la Bonne Nouvelle -Dieu commence toujours avec les femmes, elles ouvrent la route. Elles ne doutent pas, elles savent, elles l’ont vu, elles l’ont touché. Elles ont vu le tombeau vide. C’est vrai que les disciples ne pouvaient pas le croire. Ils se disaient que ces femmes avaient peut-être trop de fantaisie… Je ne sais pas…

Ils avaient des doutes, mais pas elles, elles étaient sûres et elles sont allées de l’avant jusqu’à aujourd’hui pour dire que Jésus est ressuscité, qu’il est vivant parmi nous. Puis, il y a une autre option : c’est mieux de ne pas vivre avec un tombeau vide. Ce tombeau vide créera beaucoup de problèmes. Il y a la décision de cacher les faits. Et comme toujours : quand on ne sert pas Dieu, le Seigneur, nous servons l’autre dieu, l’argent.

Rappelons ce que Jésus a dit, il y a deux seigneurs, le Seigneur Dieu et le maître argent. On ne peut les servir tous les deux. Pour sortir de cette évidence, de cette réalité, les prêtres et les docteurs de la loi ont choisi l’autre route, celle qu’offrait leur dieu : l’argent, et ils ont payé le silence des témoins.

Un des gardes avait confessé, à peine Jésus était-il mort, «vraiment, celui-ci était le fils de Dieu !». Ces pauvres gardes ne comprennent pas, ils ont peur parce qu’il en va de leur vie. Ils sont allés voir les docteurs de la loi et ces derniers les ont payés, ils ont acheté leur silence. Et cela est pure corruption.

Si tu ne confesses pas que Jésus Christ est le Seigneur, demande-toi pourquoi, (demande-toi) où est le sceau de ton tombeau, où est la corruption. Il est vrai que beaucoup de gens ne confessent pas Jésus parce qu’ils ne le connaissent pas, qu’on ne leur a pas annoncé avec cohérence, c’est notre faute. Mais quand, devant les évidences, on prend un autre chemin, c’est le chemin du diable, la route de la corruption. On paie, toi, sois silencieux.

Aujourd’hui encore, devant la fin qu’on espère prochaine de cette pandémie, nous avons deux options : est-ce que notre pari sera la vie, la résurrection des peuples ou ce sera le dieu argent : retourner au tombeau de la faim, de l’esclavage, des guerres, de la fabrication d’armes, des enfants sans éducation… Là est le tombeau.

Que le Seigneur, dans notre vie personnelle ou sociale, nous aide toujours à choisir l’annonce : l’annonce qui est un horizon ouvert, toujours, qui nous pousse à choisir le bien des gens et à ne jamais tomber dans le tombeau du dieu argent.

Pour ceux qui ne peuvent communier sacramentellement, le Pape a proposé un acte de communion spirituelle, en récitant la prière suivante :

«Mon Jésus, je crois que tu es réellement présent dans le Saint Sacrement de l’autel. Je t’aime par-dessus toute chose et je te désire dans mon âme. Parce que je ne peux maintenant te recevoir sacramentellement, viens au moins spirituellement dans mon cœur. Comme par le passé, je t’embrasse et m’unis tout entier à Toi. Ne permet pas que je me sépare jamais de Toi.»

À la fin de la messe, comme chaque matin, le Saint Sacrement a été exposé pour un temps d’adoration, suivi de la bénédiction. Puis, l’antiphone marial en ce temps pascal, le Regina Caeli, a résonné dans la chapelle dédiée à l’Esprit Saint :

Regína caeli laetáre, allelúia.
Quia quem merúisti portáre, allelúia.
Resurréxit, sicut dixit, allelúia.
Ora pro nobis Deum, allelúia.

Regina Coeli : la Résurrection, une certitude de foi au milieu des épreuves

Regina Coeli : la Résurrection, une certitude de foi au milieu des épreuves

En ce lundi de l’Octave de Pâques, dit aussi «lundi de l’Ange», le Pape a prié le Regina Coeli depuis la bibliothèque du Palais apostolique.
Résurrection - les femmes et l'Ange
Résurrection – les femmes et l’Ange

L’Évangile du jour (Mt 28, 8-15) nous montre les saintes femmes, quittant le tombeau vide de Jésus, remplies à la fois de crainte et de joie. Voici que Jésus ressuscité lui-même vient à leur rencontre : «soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront».

Par ces mots, le Ressuscité confie aux femmes «un mandat missionnaire» auprès des Apôtres. En effet, «elles avaient donné un exemple admirable de fidélité, de dévouement et d’amour au Christ au cours de sa vie publique et durant sa Passion ; elles sont maintenant récompensées par un geste spécial d’attention et de prédilection de sa part.»

La vie a le dernier mot

D’abord les femmes, puis les disciples et, en particulier, Pierre, constatent la réalité de la Résurrection. À plusieurs reprises, Jésus leur avait annoncé qu’il ressusciterait après la Passion et la croix, mais les disciples ne l’avaient pas compris car ils n’étaient pas encore prêts. «Leur foi devait faire un saut qualitatif, que seul l’Esprit Saint, don du Ressuscité, pouvait provoquer.»

Dans la première lecture, tirée du livre des Actes des apôtres, Pierre proclame avec force : «ce Jésus, Dieu l’a ressuscité, nous tous, nous en sommes témoins» (Actes 2,32). À partir de ce moment, l’annonce de la résurrection se répand et parvient jusqu’aux extrémités de la terre, devenant un message d’espérance pour tous.

«La Résurrection de Jésus nous dit que ce n’est pas la mort, mais la vie, qui a le dernier mot. En ressuscitant le Fils unique, Dieu le Père a pleinement manifesté son amour et sa miséricorde pour l’humanité de tous les temps.»

Un message de confiance et d’espérance

«Si le Christ est ressuscité, il est possible d’envisager avec confiance tous les événements de notre existence, même les plus difficiles, pleins d’angoisse et d’incertitude.» C’est ce message pascal que nous sommes appelés à proclamer, en paroles et en actes.

«Que cette joyeuse nouvelle résonne dans nos foyers et dans nos cœurs : “Le Christ, mon espérance, est ressuscité !” (séquence pascale). Que cette certitude renforce la foi de chaque baptisé et encourage particulièrement ceux qui sont confrontés à de plus grandes souffrances et difficultés.»

Et le Souverain Pontife s’est tourné vers la Vierge Marie, «témoin silencieux de la mort et de la résurrection de son Fils Jésus», afin qu’elle nous aide à «croire fermement en ce mystère de salut qui, accueilli avec foi, peut changer notre vie. C‘est le souhait de Pâques que je renouvelle à tous.»

« Que le Seigneur nous donne le courage des femmes ! »

Après avoir prié le Regina Coeli depuis la bibliothèque du Palais apostolique, le Pape a tenu à saluer toutes les femmes, surtout celles qui, en ces temps de confinement, prennent soin des autres, sans oublier celles aussi qui se retrouvent prises au piège des violences conjugales.

Les femmes jouent un rôle de premier plan dans l’annonce de la Résurrection, les Évangiles l’attestent d’ailleurs bel et bien. Le Saint-Père a souhaité rendre hommage à toutes les femmes et à ce qu’elles font en cette période d’urgence sanitaire : «les femmes médecins, infirmières, agents de police et agents pénitentiaires, employées de magasins de produits de première nécessité», pour ne citer qu’elles.

Les «nombreuses mères et sœurs qui se retrouvent enfermées chez elles avec toute la famille, avec des enfants, des personnes âgées, des handicapés». Certains «risquent parfois de subir des violences, en raison d’une cohabitation dont elles portent trop le poids».

«Prions pour elles, afin que le Seigneur leur donne de la force et que nos communautés les soutiennent avec leurs familles. Que le Seigneur nous donne le courage des femmes, celui d’aller toujours de l’avant !»

Le Saint-Père a conclu son allocution après le Regina Coeli en adressant toutes ses pensées aux malades du coronavirus et aux pays le plus touchés par la pandémie. «N’oubliez pas que le Pape prie pour vous.»

Urbi et Orbi : «Laissons le Seigneur vaincre dans notre cœur»

Urbi et Orbi : «Laissons le Seigneur vaincre dans notre cœur»

À l’issue de la messe de Pâques célébrée sans fidèles dans la basilique Saint-Pierre, le Pape a donné sa bénédiction Urbi et Orbi, à la ville et au monde, devant l’autel de la confession de Pierre.

En cette année marquée par la pandémie de Covid-19, le Pape François a demandé au peuple de Dieu et aux hommes de bonne volonté de se départir de l’indifférence, de l’égoïsme de la division et de l’oubli qui «prévalent quand la peur et la mort sont victorieux en nous». Il souhaite que chacun laisse le Seigneur vaincre en lui, et qu’Il «nous introduise dans son jour glorieux qui ne connait pas de déclin».

«Le Christ, mon espérance, est ressuscité !» En ce jour de Pâques, l’annonce de l’Église résonne dans le monde, actuellement «opprimé par la pandémie».

La Bonne Nouvelle de la résurrection est un «autre type de contagion, la contagion de l’espérance». Il ne s’agit pas d’une «formule magique»,  mais de la «victoire de l’amour sur la racine du mal, une victoire qui “n’enjambe pas” la souffrance et la mort, mais les traverse en ouvrant une route dans l’abîme». Le corps glorieux du Christ porte des plaies indélébiles «devenues fissures d’espérance».

Dans un contexte mondial marqué par la pandémie de coronavirus, le Pape a d’abord une pensée pour toutes les personnes affectées par le virus : les malades, les défunts, les familles qui pleurent la mort d’un proche sans parfois avoir eu la possibilité de leur dire un dernier adieu.

Le Pape prie le Seigneur de vie, qu’il accueille les défunts et qu’il donne réconfort et espérance à ceux qui sont encore dans l’épreuve, notamment aux personnes âgées et seules.

Une Pâques de solitude, «mais le Seigneur ne nous a pas laissés seuls»

«C’est pour beaucoup une Pâques de solitude.» La maladie prive des affections mais aussi de la possibilité d’avoir recours en personne à la consolation des sacrements «mais le Seigneur ne nous a pas laissés seuls ! Restant unis dans la prière, nous sommes certains qu’il a mis la main sur nous.»

Gratitude pour les personnels soignants qui «témoignent d’amour jusqu’à l’extrême», pour ceux qui travaillent «assidûment» pour assurer les services essentiels, pour les forces de l’ordre.

Ces dernières semaines, en raison de la pandémie, la vie de millions de gens a changé. Le confinement est pour certains une occasion, pour d’autres un temps de préoccupation pour l’avenir. Le Pape encourage les responsables politiques «à s’employer activement en faveur du bien commun».

Levée des sanctions et réduction des dettes pour le bien des populations

Suit une feuille de route en ce jour d’espérance et de joie. Un temps qui n’est pas pour le Pape celui de l’indifférence vis-à-vis des plus vulnérables, pauvres, réfugiés, sans abris. «Ne les laissons pas seuls», ni manquer de médicaments ou de soins.

Le Pape exhorte aussi à une levée des sanctions internationales «qui empêchent aux pays qui en font l’objet de fournir un soutien convenable à leurs citoyens». Il se prononce également pour réduction ou une suppression de la dette des pays les plus pauvres.

L’Europe appelée à la solidarité contre les égoïsmes

«Ce temps n’est pas celui des égoïsmes». Le message s’adresse sans détour à l’Europe qui a su s’unir après la Seconde Guerre mondiale et dont les membres sont appelés à se redécouvrir comme faisant partie d’une unique famille.

«Il est plus urgent que jamais que les rivalités (du passé) ne reprennent pas vigueur.» Il faut prôner la solidarité face aux intérêts individuels qui pourraient remettre en cause la cohabitation pacifique et le développement.

Un cessez-le-feu mondial immédiat

«Que le Christ notre paix éclaire tous ceux qui ont des responsabilités dans les conflits, pour qu’ils aient le courage d’adhérer à l’appel pour un cessez-le-feu mondial et immédiat dans toutes les régions du monde.»

Ce n’est pas le temps des divisions, de continuer à fabriquer des armes, mais de mettre un terme aux conflits en Syrie, au Yémen, aux tensions en Irak ou au Liban, aux violences terroristes en Afrique, aux souffrances dans l’est de l’Ukraine. C’est le temps aussi de la reprise du dialogue entre Israéliens et Palestiniens, «pour permettre à tous de vivre en paix».

Laisser Jésus vaincre dans son cœur 

Le Pape prie pour que le Seigneur de la vie se montre proche et «réchauffe les cœurs» de toutes ces personnes se trouvant dans une situation d’urgence humanitaire en raison de conflit, de sécheresse ou de famine. Ce temps n’est pas non plus «le temps de l’oubli». Il pense aux déplacés, aux réfugiés et en particulier aux mineurs isolés en Libye ou à la frontière gréco-turque ou sur l’île de Lesbos.

Que le Seigneur les protège, qu’il permette aussi au Venezuela «d’arriver à trouver des solutions concrètes et immédiates pour accorder l’aide internationale à la population qui souffre.»

Le Pape demande à chacun de bannir l’indifférence, l’égoïsme, la division et l’oubli, aujourd’hui et en tout temps. Ces paroles «semblent prévaloir quand la peur et la mort sont victorieuses en nous, c’est-à-dire lorsque nous ne laissons pas le Seigneur Jésus vaincre dans notre cœur et dans notre vie.»

Le Pape demande à Dieu «Lui, qui a déjà détruit la mort nous ouvrant le chemin du salut éternel», de disperser «les ténèbres de notre pauvre humanité et nous introduise dans son jour glorieux qui ne connaît pas de déclin».»

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