Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

CHANT-PRIÈRE AU SAINT-ESPRIT

CHANT-PRIÈRE AU SAINT-ESPRIT

colombe représentant l'Esprit Saint
colombe représentant l’Esprit Saint

Ô SAINT-ESPRIT !
donnez-nous vos lumières ;
Venez en nous pour nous embraser tous.
Guidez nos pas et formez nos prières :
Nous ne pouvons faire aucun bien sans Vous.
Ô Saint-Esprit, donnez-nous vos lumières ;
Venez en nous pour nous embraser tous.

Priez pour nous Sainte Vierge Marie,
Obtenez-nous l’Esprit-Saint du Seigneur !
Pour écouter ses paroles de vie
Et les garder au fond de notre cœur.
Priez pour nous Sainte Vierge Marie,
Obtenez-nous l’Esprit-Saint du Seigneur !

Veni Sancte Spiritus Iesu !
Veni in nobis per Mariam !

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Acte de consécration à l’Esprit-Saint

Saint-Esprit, divin Esprit de lumière et d’amour,
je Vous consacre mon intelligence, mon cœur,
ma volonté et tout mon être, pour le temps et l’éternité.
Que mon intelligence soit toujours docile
à vos célestes inspirations et à l’enseignement
de la Sainte Église catholique,  dont vous êtes le guide infaillible ;
que mon cœur soit toujours enflammé
de l’amour de Dieu et du prochain, de Marie et de l’Église ;
que ma volonté soit toujours conforme à la volonté divine,
et que toute ma vie soit une imitation fidèle
de la vie et des vertus de Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ,
à Qui, avec le Père et Vous, soient honneur et gloire à jamais. Amen.

Textes proposés par l’Association de la Médaille Miraculeuse

La solennité de la Pentecôte

La solennité de la Pentecôte

PENTECOSTE_BAV_Chig.A.IV.74-f.117v_FR
PENTECOSTE_BAV_Chig.A.IV.74-f.117v_FR (Vatican)

Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères. (Actes 1.14)

La solennité de la Pentecôte est célébrée 50 jours après Pâques : une fête au cours de laquelle on commémore le don de l’Esprit Saint, qui vient assainir la confusion de Babel (cf. Genèse 11) : en Jésus, mort, ressuscité et monté au ciel, les peuples arrivent à nouveau à se comprendre dans l’unique langue, celle de l’amour.

Dans la première moitié du troisième siècle, Tertullien et Origène parlaient déjà de la Pentecôte comme d’une fête qui suit celle de l’Ascension. Au IVe siècle, la Pentecôte est une fête déjà communément célébrée à Jérusalem, comme retrace la pèlerine Égérie, et elle propose le thème du renouveau opéré dans le cœur des hommes par la venue de l’Esprit.

La Pentecôte trouve ses racines dans le peuple juif, avec la fête des Semaines : une fête d’origine agricole célébrant les premiers fruits de la récolte où l’on fêtait la récolte de l’année.

Plus tard, les Juifs se souvinrent de la révélation de Dieu à Moïse sur le mont Sinaï avec le don des Tables de la loi, les dix commandements. Ainsi, pour les chrétiens, c’est le moment où le Christ, rentré dans la gloire du Père, se rend présent dans le cœur de l’homme par l’Esprit, loi donnée par Dieu et inscrite dans les cœurs :

 » L’Alliance nouvelle et définitive est fondée non plus sur une loi écrite sur des tables de pierre, mais sur l’action de l’Esprit de Dieu qui fait toutes choses nouvelles et qui se grave dans des cœurs de chair. » (Pape François, Audience générale, 19 juin 2019). À partir de la Pentecôte, commence l’Église et sa mission d’évangélisation.

« Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » » (Évangile de saint Jean 20,19-23).

Les portes fermées

L’évangéliste Jean ne craint pas de mentionner les « portes closes » derrière lesquelles les disciples étaient emprisonnés par la peur. Une fermeture qui ne permettait certes pas aux ennemis d’entrer, mais qui ne leur permettait pas non plus de sortir.

À première vue, c’est peut-être une situation qui te fait sentir en sécurité et en paix, mais à la longue, elle montre toutes ses limites, car ces portes fermées révèlent l’anxiété des disciples, leur insécurité, leur lâcheté.

En un mot, elles dévoilent leur peu de foi en ce Jésus avec qui, ils ont partagé trois ans de leur vie. Le pape François depuis le début a invité à être une « Église sortante » : une Église capable de témoigner, même avec ses peurs et ses doutes.

L’inattendu

La peur atteste qu’ils n’ont pas compris que ce qui s’est passé faisait partie du plan de salut de Dieu. Pourtant, Jésus « entre » par ces portes, brise la peur par son amour, rejoint avec sa paix tous ceux qui sont prisonniers de leurs peurs. Il ne fait pas de reproches et ne demande pas d’explications.

Il sait déjà tout de toute façon. Ce qu’il fait, c’est leur « montrer ses mains et son côté ». Le Ressuscité se présente aux disciples à travers les signes de la Passion et de la Croix, indiquant qu’il a vaincu la mort.

L’envoi

Un autre passage mérite d’être souligné. Après s’être « montré », Jésus « envoie » les disciples. Ces mêmes disciples effrayés, enfermés derrière les portes de leur sécurité apparente, sont maintenant « envoyés » pour témoigner de ce qu’ils ont vu et touché. Car l’on surmonte la peur, la méfiance et l’effroi en allant vers les autres, en devenant proche d’eux.

Et au cœur du témoignage se trouve la Miséricorde. Après tout, c’est l’expérience que les disciples viennent de vivre avec Jésus, et c’est cette expérience qu’ils sont maintenant appelés à « raconter » aux autres, forts du don de l’Esprit.

Prière

Viens, Esprit-Saint,
et envoie du haut du ciel
un rayon de ta lumière.

Viens en nous, père des pauvres,
viens, dispensateur des dons,
viens, lumière de nos cœurs.

Consolateur souverain,
hôte très doux de nos âmes
adoucissante fraîcheur.

Dans le labeur, le repos,
dans la fièvre, la fraîcheur,
dans les pleurs, le réconfort.

O lumière bienheureuse,
viens remplir jusqu’à l’intime
le cœur de tous tes fidèles.

Sans ta puissance divine,
il n’est rien en aucun homme,
rien qui ne soit perverti.

Lave ce qui est souillé,
baigne ce qui est aride,
guéris ce qui est blessé.

Assouplis ce qui est raide,
réchauffe ce qui est froid,
rends droit ce qui est faussé.

A tous ceux qui ont la foi
et qui en toi se confient
donne tes sept dons sacrés.

Donne mérite et vertu,
donne le salut final
donne la joie éternelle.

 

Copyright © Dicastère pour la Communication – Libreria Editrice Vaticana

Texte proposé par l’Association de la Médaille Miraculeuse

LA MÈRE DU GENRE HUMAIN

LA MÈRE DU GENRE HUMAIN

Jésus rencontre sa Mère Chemin de Croix Chapelle ND de la Médaille Miraculeuse Paris
Jésus rencontre sa Mère Chemin de Croix Chapelle Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse Paris

Dans l’ordre de la vie surnaturelle, Dieu est notre Père en raison de notre solidarité avec son Christ, qu’il a engendré de Marie à la vie de la nature. De la même manière, Marie est notre Mère, comme chrétiens, au nom de notre solidarité avec le Fils qu’elle a engendré à la vie de ce monde.

On peut la dire, de ce fait, deux fois maternelle, ou une seule, suivant qu’on met à part l’individualité de Jésus ou qu’on l’agrège à cette vaste solidarité en laquelle il a voulu se confondre. Dans les deux cas, Marie est Mère du genre humain en quelque sorte avant d’être mère du Christ, puisqu’elle n’a été appelée à être la Mère du Christ que pour sauver le genre humain.

Quel honneur, par elle, revient à notre race ! Elle est celle « par qui nous avons mérité de mettre au monde l’Auteur de la vie », dit la liturgie. C’est un honneur solidaire que nous avons en cette Mère admirable.

Le fait qu’elle est Mère des hommes et alliée à tous les hommes, fait que par elle l’humanité est mère de Dieu, comme, par le Christ, elle est une avec Dieu. Car Dieu, par le Christ et en le Christ, est bien l’un de nous, et le Christ nous vient de la Vierge.

*

Fille de Dieu, Mère de la race humaine, ton Fils Jésus n’est que le premier de tes fils, le premier des « enfants de Marie »; au delà de lui, il y a devant toi toute ta race, et Dieu, en posant sur toi ses regards, nous voit tous entre tes bras.

Oh ! certes, la différence est grande entre le Fils et les fils de cette Mère ; pourtant, ils ne se séparent point. Eve innocente, se tournant vers l’avenir humain et le désignant tout entier, aurait pu dire : mon peuple ; la nouvelle Eve peut tenir le même langage. Elle aussi est la « Mère des vivants ». Par l’adoption du cœur, mais aussi par vocation initiale, elle est la Mère de l’humanité nouvelle engendrée à la croix avec son concours.

Elle est Mère par son mérite universel comme par son amour ; elle est une associée du mérite rédempteur et, à son rang éminent, elle le partage. Nous-mêmes ne le partageons-nous pas ? Si nous avons le pouvoir, au dire de saint Paul, d’« ajouter ce qui manque à la Passion du Christ », la Vierge, en premier et à l’égard du tout, cette fois, est méritante et coopératrice.

Ce privilège, exclusif par son éminence, n’en est pas moins au service de tous. Et il a ceci de singulier qu’il est empreint d’une criante partialité en faveur des rôles bienveillants, au détriment, dirait-on, des droits de la justice.

Jésus, lui, est notre frère en même temps que notre juge, et il est donc en quelque sorte juge et partie; mais enfin il est juge, et le juge, en lui, ne peut-il éventuellement gêner le frère ? Marie est notre sœur seulement, notre Mère seulement ; elle n’a que faire de juger, elle aime.

*

Comme saint Thomas le dit de Dieu, mais avec la nuance de partialité que j’exprime, elle nous aime non point parce que nous sommes aimables, mais pour que nous le soyons. Elle a la garde des innocents, qui lui ressemblent, et l’on dirait qu’elle s’acharne, pour peu qu’ils lui accordent leur confiance, à imprimer aux cœurs souillés la marque de son Fils.

Toi qui sais excuser les fautes des pécheurs, lui murmure Corneille : les excuser serait de peu ; elle veut les détruire. C’est par elle pour une grande part que l’Église jouit de cette extraordinaire puissance de résorber le mal et de le tourner en bien. La conversion est une des spécialités de la Vierge, et il est remarquable que la plupart des convertis ont pour elle une particulière tendresse.

Le partage du genre humain en bons et méchants est donc pour elle ce qu’est au pur rayon la neige ou la fange. Elle y voit une occasion de faveurs, non de rejet ou de flétrissure. L’axiome latin d’après lequel « le genre humain vit de peu de gens » n’a pas cours pour son cœur.

Le genre humain est sa famille ; il l’est dans tous ses êtres. Elle y dépense un amour distribué et un amour collectif. Elle est Mère de chaque humain et Mère de l’unité humaine, dont le Père est Dieu et l’aîné Jésus-Christ.

*

On l’a appelée familièrement « Notre-Dame de tout le monde » : c’est bien cela ; on y songe surtout au regard de ces déshérités ou de ces irrités que guette le suicide moral, ou bien l’autre.

Ceux qui n’ont plus d’espoir en rien ni en personne, les aigris que toute force, même bienveillante, rebuterait, peuvent venir encore à cette tendre faiblesse, plus forte que la rancœur et que l’orgueil. On ne se rebute pas d’une Mère. Dégoûté de soi et de tout, on accueille pourtant ce regard sans exigence, et l’on consent à s’écrouler dans ces bras.

Mère de la collectivité humaine, Marie est Mère de la vie et de la mort, qui en marquent les phases essentielles. Elle protège les naissances et assiste aux départs tremblants. De tout berceau elle fait un berceau de Jésus; de l’instant si redoutable à notre crainte humaine, elle tire le sentiment d’un doux et lumineux passage.

Elle est Notre-Dame de la Bonne Mort. L’invoquer alors, pour soi ou pour les siens, c’est verser de la suavité dans ce que les vivants appellent des affres.

Marie est aussi la Mère des collectivités qui, parties du foyer, peu à peu s’élargissent. Elle est la Mère des familles, des groupes professionnels, des associations de tout genre qui se recommandent de sa protection, des peuples et des États assez bien inspirés pour lui consacrer un culte.

Elle sera un jour la Mère du genre humain entièrement socialisé, si ce Prodigue, revenu aux lois de la vraie vie, reconnaît enfin comme chef Celui qu’elle nous donne.

*

Le vœu de Louis XIII, illustré par les arts, est à cet égard un noble symbole. Bien des cas similaires en pourraient appuyer l’exemple. L’élan des corporations et des communes au moyen âge, les pèlerinages nationaux modernes ont une même signification. Le « blanc manteau d’églises » qui couvre notre pays, manteau si souvent constellé de son chiffre, porte aussi témoignage.

Maternité reconnue; maternité beaucoup plus large encore que l’aveu humain et que la gratitude filiale, la maternité de Marie se propose et se proposera toujours. Rien ne saurait la décourager. Quand on nomme, dans les Litanies, la Porte du ciel, on sait bien qu’une telle porte n’est jamais fermée.

Venez, pèlerins de toutes les générations : cette arche vous invite ; à qui s’y engage elle marque la direction des vraies fins de toute créature : bonheur individuel, heureux échanges fraternels, postérité féconde, et même — car la Mère du genre humain étend jusqu’au milieu humain son empire — ordre final où tend, à travers ses crises pour nous incompréhensibles, l’amour secret de l’univers.

P. Sertillanges

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse