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EUCHARISTIE MÉDITÉE 30

EUCHARISTIE MÉDITÉE 30

Terminons ce mois en rappelant que L’Eucharistie symbolise le sacrifice de Jésus, qui se renouvelle à chaque messe, et le fait qu’il est descendu sur ceux qu’il aimait pour les protéger et les guider après sa mort. L’Eucharistie contient en elle-même tout l’amour de Jésus, sous toutes ses formes : crucifié, unitif, adoration, contemplatif, contemplatif, priant, enivrant. Réserver du temps et de l’attention à cette dévotion conduit à l’obtention de nombreuses grâces et à un sentiment de proximité de l’amour inestimable de Dieu.

La Patrie

L’œil de l’homme n’a rien vu, son oreille n’a rien entendu, son cœur ne saurait comprendre rien de ce que Dieu réserve dans le ciel à ses élus.

Eucharistie- Motif sculpté sur porte d'église - Bruxelles
Eucharistie- Motif sculpté sur porte d’église – Bruxelles

30e ACTION DE GRÂCES

Vous vous donnez à moi, je vous possède, ô Jésus, mon aimable Sauveur, vous la joie, les délices et la gloire du ciel, et cependant j’envie la félicité des bienheureux, je la désire, et mon cœur languit et se consume du regret de ne pouvoir encore l’atteindre. Qu’est-ce que le ciel pourra donc me donner de plus que ce que je possède en cet instant, ô Jésus !

Ah ! sans doute, il ne me donnera rien de plus, mais il fera tomber les voiles qui vous dérobent à mes regards avides, et votre vue inondera mon âme de cette inénarrable joie dont parfois vous m’avez donné l’avant-goût ici-bas.

Mais cette joie n’entre jamais dans ce pauvre cœur que goutte à goutte; dans votre royaume, ô mon bien-aimé Sauveur, elle s’y précipitera par torrents, elle le rassasiera, elle comblera l’immensité de ses désirs ; ici encore cette joie n’est que passagère, là-haut elle sera éternelle.

Je me confie en votre bonté, ô Jésus, j’espère en votre infinie miséricorde, je crois à votre amour, et je sais que votre grâce ne me fera jamais défaut, et que toujours vous serez l’appui, le soutien de ma faiblesse.

Mais si je me confie en vous, je me défie de moi, je crains mon inconstance, ma lâcheté, et je tremble au seul souvenir de ces terribles paroles : Nul ne sait s’il est digne d’amour ou de haine, et encore : Que celui qui est debout prenne garde de tomber.

Oh ! quand donc la mort viendra-t-elle mettre un terme à cette cruelle incertitude? Quand me fixera-t-elle pour jamais dans votre grâce? quand donc enfin serai-je assuré de ne plus pouvoir vous perdre?

Je le comprends, ô Jésus, une des plus douces joies du ciel sera d’être affranchi de cette crainte de vous perdre, si douloureuse pour une âme qui vous aime. Ce sera la certitude de ne plus vous offenser jamais, de vous aimer, de vous posséder toujours.

Cette sécurité fera le bonheur de l’âme bienheureuse, car si dans le ciel, la crainte de vous perdre, d’être séparé de vous, ne fût-ce qu’un instant, pouvait exister, le bonheur n’existerait plus.

Mais elle n’y pénètre pas cette crainte dans votre royaume, ô Jésus, tout est stable, rien ne change, tout est permanent, immuable, éternel, et les âmes que vous y admettez sont pour toujours confirmées dans votre grâce et dans votre amour; vous vous êtes donné à elles pour ne vous reprendre jamais.

Hélas! il n’en est pas de même ici-bas. Aujourd’hui je suis votre ami, ô Jésus, demain je puis être votre ennemi. Je possède votre grâce en ce moment, le moment qui va suivre peut me la faire perdre.

Je vous aime et je puis cesser de vous aimer, car je suis faible, la faiblesse même, mes ennemis sont forts, ils sont nombreux, ils sont puissants, ils me pressent de toutes parts, ils m’assiègent sans cesse, ils voudraient m’empêcher d’atteindre le but auquel j’aspire, me frustrer du bonheur pour lequel vous m’avez créé.

Et vous le savez, Seigneur, c’est ce qui fait couler mes larmes, ce qui me fait gémir sur la prolongation de mon exil, car il n’y a dans mon faible cœur, dans l’inconstance de ma volonté que trop de tendance à se laisser séduire et à céder aux perfides insinuations de mes ennemis.

Ah ! ne le permettez pas, Seigneur, gardez vous-même ce cœur dans lequel vous venez de descendre, il est à vous, il veut y être toujours, il est votre bien, votre propriété, votre conquête, ne souffrez pas qu’on vous le ravisse , il s’est donné à vous pleinement, entièrement, sans réserve, ne permettez pas qu’il se reprenne jamais, sauvez-le de sa propre fragilité.

En vous possédant sous les voiles eucharistiques, j’entrevois, il est vrai, ô Jésus, quelque reflet de votre divine beauté, et ce que je vois ne fait qu’augmenter le désir que j’ai de la contempler face à face, je me forme une faible idée de vos amabilités de vos perfections infinies.

Mais je ne vous connais qu’imparfaitement ; mon âme a soif de vous connaître, ô éternelle vérité; quand donc lui sera-t-il donné d’étancher cette soif aux sources d’eaux vives qui jaillissent du trône de votre gloire et abreuvent tous les élus?

Quand comprendrai-je cette sainteté infinie, source et principe de toute sainteté? quand me sera-t- il donné de pénétrer les mystères de votre justice? mais quand surtout se dévoileront à mes regards ravis, ô Jésus, ceux de vos miséricordes et de votre amour. Ah ! je le sais, le ciel seul nous garde la révélation de tous ces mystères.

C’est là, là seulement que nous connaîtrons bien votre cœur adorable, là que nous pourrons mesurer la hauteur, la largeur, la profondeur et la longueur de sa charité, là que seront livrées à notre admiration toutes les tendresses, toutes les inventions de ce divin cœur, pour sauver les âmes et arracher à l’enfer les pécheurs les plus obstinés.

Oui, c’est au ciel, ô cœur si bon de Jésus, que nous vous connaîtrons tel que vous êtes, que vous nous livrerez tous vos secrets et que la connaissance que nous en aurons, nous plongera dans une éternelle extase de reconnaissance et d’amour.

Mais si mon âme a soif de vous connaître, elle a bien plus soif de vous aimer, ô mon bien-aimé Sauveur. Vous le savez, Seigneur, cette soif la dévore, elle la consume, elle la fait languir et soupirer après vous comme le cerf altéré soupire après l’eau des fontaines.

L’amour n’est pas seulement un besoin pour le cœur de l’homme, il est sa vie, il meurt s’il n’aime pas et ce besoin et ce désir de vivre deviennent trop souvent la cause de ses égarements, car il cherche dans les créatures ce qu’il ne peut trouver qu’en vous.

Il leur donne ce qu’il ne doit donner qu’à vous seul, il leur prodigue ses affections, il profane en la leur donnant la plus noble de ses facultés, celle d’aimer et il ne trouve que dégoût et déceptions, car aucun des amours de la terre n’est capable de satisfaire à l’immensité de ses aspirations.

Votre amour seul peut le faire, ô mon Dieu ; mais sur la terre il est à la fois le bonheur et le tourment de l’âme qui vous aime. L’amour est un feu qui dévore ; il ne dit jamais c’est assez, et plus l’objet auquel s’attache notre cœur est grand, plus il est beau, plus le feu qui le brûle devient ardent, l’âme qui vous aime, veut vous aimer plus encore.

Car elle sent que le faible amour qu’elle peut vous offrir n’est rien auprès de celui que vous méritez, elle gémit de n’avoir qu’un cœur à vous donner, elle voudrait qu’il fût en son pouvoir d’allumer dans le cœur de tous les hommes ce feu sacré que vous avez apporté sur la terre et son impuissance est un tourment dont vous seul, ô mon Dieu, comprenez la rigueur.

Il cessera dans le ciel ce tourment, ô Jésus, car le ciel est la patrie de l’amour et ce sentiment divin ne sera plus qu’une source d’inénarrables et éternelles délices pour ses heureux habitants.

Vous aimer, ô Jésus, vous aimer autant que vous êtes aimable, voilà le vœu le plus ardent de mon cœur, et je ne le puis ici-bas. Quand donc? oh ! quand donc romprez-vous les liens qui retiennent loin de vous ? Quand l’âme affranchie de la prison d’argile pourra-t-elle entonner l’hymne de la délivrance en allant se perdre et s’abîmer en vous, ô source divine de l’éternel amour.

Ici, ô Jésus, vous n’êtes point connu, vous n’êtes pas aimé, vous êtes outragé, méprisé. Plus que jamais, l’impiété lève son front superbe en vomissant contre vous l’insulte et le blasphème.

Plus que jamais aussi le monde est devenu un lieu d’exil pour vos serviteurs et vos amis, qui ne peuvent vous offrir en compensation des outrages dont l’ingratitude des hommes vous abreuve, que leurs gémissements, leurs larmes et l’hommage de leurs réparations et de leur amour.

Comment l’âme qui vous aime, ô Jésus, pourrait-elle se plaire au milieu de vos ennemis ?

Comment ne soupirerait-elle pas avec ardeur après l’heure bénie, où les portes de la Jérusalem céleste s’ouvriront pour elle, où elle vous verra enfin connu, loué par tous ces heureux habitants, où unie aux anges, aux saints, à tous ses parents, ses amis qui vous ont aimé sur la terre et qui l’ont précédé dans votre sein, elle n’aura plus avec eux tous qu’un seul cœur pour vous aimer, qu’une seule voix pour vous bénir.

O Marie, vierge immaculée, douce et aimable souveraine des cieux, vous l’ornement, la gloire et la joie du séjour du bonheur, vous que l’Église nomme la porte du ciel et qui ne portez dans vos mains virginales que le sceptre de la miséricorde et de l’amour.

Ah ! abaissez-le vers votre pauvre enfant, ô ma tendre mère ; je le reconnais, je suis indigne de vous donner ce doux nom, je ne mérite ni votre protection, ni votre amour ; mais vous êtes le refuge des pécheurs, vous n’en repoussez aucun, vous vous plaisez à les arracher à l’enfer, à les sauver, à leur ouvrir le ciel.

Vous ne rejetterez donc pas mon humble prière, ô vous, qui êtes après Jésus ma plus ferme espérance, vous vous souviendrez que c’est sur le Calvaire que vous m’avez été donnée pour mère, que c’est là que Jésus mourant a confié mon âme à votre sollicitude maternelle.

Et comme une mère a pitié de la misère et de la faiblesse de son enfant, quelque coupable qu’il soit, vous aurez pitié de la mienne, ô Marie, vous vous souviendrez de ce que mon âme a coûté de sang et de douleurs à votre divin Fils, de ce qu’elle vous a coûté à vous-même, d’angoisses, de larmes, et vous ne souffrirez pas qu’elle périsse.

Oui, j’en ai la douce confiance, ô Marie, après avoir été pour moi la radieuse étoile du matin, qui a réjoui les jours de mon enfance et de ma jeunesse, après avoir été l’étoile tutélaire qui a guidé mon frêle esquif sur la mer agitée du monde, vous vous lèverez sur mon lit de mort, vous brillerez à mes yeux éteints comme l’étoile de l’espérance et vous serez pour moi la porte du ciel. Ainsi soit-il.

Léonie Guillebaut

EUCHARISTIE MÉDITÉE 29

EUCHARISTIE MÉDITÉE 29

La vieillesse ou le soir et l’hiver de la vie.

Seigneur, demeurez avec nous, car il se fait tard.

Eucharistie- Motif sculpté sur porte d'église - Bruxelles
Eucharistie- Motif sculpté sur porte d’église – Bruxelles

29e ACTION DE GRÂCES.

Je vous adore en moi, ô Jésus Dieu vivant, vous qui seul êtes celui qui est, qui seul êtes la vie, la vie véritable, la vie dont je veux vivre, dont j’ai soif et sans laquelle je meurs. Donnez-la-moi cette vie, ô bien-aimé Sauveur, communiquez-la à mon âme, donnez-la-lui pleine, entière et abondante.

Je ne trouve en moi, il est vrai, que misères, infidélités, ingratitudes, et cependant, Seigneur, je ne veux plus que vous, j’aspire à vous de toutes les forces de mon âme, et cette âme, détachée de tout, dit à tout cœur qui n’est pas le vôtre : Vous êtes trop étroit pour contenter le mien, à toute lumière qui ne m’apprend rien de votre beauté, de vos perfections infinies : Vous n’êtes que ténèbres, à tout trésor qui n’est pas vous : Vous n’êtes qu’indigence.

En un mot, ô Jésus, tout ce qui n’est pas vous ne saurait me suffire, c’est vous, c’est vous seul qu’il me faut, sans vous toutes choses ne me sont rien, et hors de vous mon âme  trouve amertume, affliction et douleur.

Oui, ô Jésus, mon âme a soif de vous, soif de vous voir, soif de vous posséder, soif surtout de vous aimer. Donnez-le-moi votre amour, ô mon Dieu, mais un amour sans mesure, un amour sans mélange, un amour sans fin. Restez avec moi, ô vous qui êtes la source des clartés sans ténèbres, des joies sans mélange, des biens impérissables. Demeurez avec moi, ô Jésus.

Hélas ! j’aurais dû vous appeler, vous retenir dès le premier rayon d’intelligence qui vous révéla à mon âme ; mais j’ai erré loin, bien loin de vous une grande partie du jour de ma vie, et maintenant que ce jour baisse, que les ombres de la mort descendent rapidement sur mon horizon, ne méprisez pas, Seigneur, mes tardives supplications, pardonnez-moi mes égarements, mes infidélités, mon ingratitude et ne repoussez pas les regrets d’un cœur sincèrement contrit et humilié.

Ma vie a passé comme un songe, mes jours se sont enfuis comme une ombre fugitive ; ces jours ont été courts, ils n’ont pas été toujours mauvais. Mais vous le savez, ô Jésus, mes yeux ont versé bien des larmes, de grandes, de poignantes douleurs ont torturé, ont brisé mille fois mon cœur, la route de mon pèlerinage n’a pas été semée de fleurs, mais d’épines, et chacun de mes pas y a laissé pour trace une douleur ou un regret.

Et cependant, ô mon Dieu, ces jours, ces années semées pour moi de tant d’afflictions et dont le poids accablait ma faiblesse, dont la durée parfois m’a paru si longue, ont passé avec la rapidité de l’éclair; de ces heures d’angoisses, de tristesse et de deuil, à peine me reste-t-il un vague et confus souvenir ; ont-elles été stériles et perdues pour moi?

Ont-elles déposé quelques mérites dans le trésor de vos miséricordes ? Je l’ignore, tout ce que je sais, c’est que le jour de ma vie baisse, que je suis au soir, que je m’achemine vers la tombe qui s’ouvre devant moi et qu’il me semble cependant toucher encore à mon berceau, tant l’espace qui le sépare de ma tombe me paraît rapproché.

Ah! demeurez avec moi, ô Jésus, car il se fait tard, le jour de ma vie est à son déclin, ne me quittez pas, restez avec moi pour assurer mes derniers pas, laissez-moi m’appuyer sur vous jusqu’à la fin de ma course, ayez pitié de ma faiblesse , ne m’abandonnez pas, restez avec moi pour adoucir les angoisses du suprême combat, pour essuyer mes dernières larmes, pour soutenir, fortifier et consoler mon âme dans les luttes et les mortelles frayeurs de la dernière agonie.

Que mes derniers regards s’attachent sur vous, ô Jésus, dans votre Eucharistie, que ce pain sacré soit mon viatique et mon dernier aliment, que ce soit sur votre cœur adorable que s’éteignent les derniers battements du mien et que te dernier sentiment de ce cœur soit un sentiment de reconnaissance, d’action de grâce pour votre Eucharistie, pour cet adorable Sacrement qui a été pour moi la source de tant de grâces, la plus douce joie de ma vie, ma consolation, mon bonheur.

Ne me quittez pas, ô bien-aimé Sauveur ; demeurez avec moi pendant les quelques jours qui me restent encore à passer sur la terre. Vous le voyez, Seigneur, la route devient de plus en plus difficile, plus j’approche du terme, plus les épreuves se multiplient.

Hélas ! mes forces sont épuisées, mon âme est sans courage, sans énergie, elle va tomber en défaillance si vous ne vous faites vous-même sa force, son courage, si vous ne restez avec elle pour l’aider à supporter les rudes épreuves que votre providence lui ménage, à accomplir généreusement les derniers efforts que vous lui demandez.

Votre Eucharistie n’est-elle pas le pain qui fait les forts? n’est-ce pas ce pain divin qui rend les martyrs invincibles et comme insensibles aux plus affreux tourments. N’est-ce pas lui qui leur fait dominer la mort et trouver des joies divines, de célestes voluptés au milieu des atroces supplices qu’invente pour les vaincre la cruauté des tyrans?

Les martyrs livrés à eux-mêmes, eussent été faibles comme je le suis moi-même, unis à vous, nourris de vous, ils étaient forts de votre force, vous souffrirez en eux et votre amour leur adoucissait les aiguillons de la douleur.

Restez donc avec moi, ô Jésus, pour être ma force, mon courage, pour me soutenir et me consoler dans ces jours de douloureuse séparation si fréquents au déclin de la vie, pour adoucir l’amertume de mes larmes, alors que je verrai la tombe s’ouvrir et se refermer sur quelques-uns des rares amis qui me restent encore sur la terre, chères épaves échappées au naufrage de toutes mes affections, amis d’autant plus chers qu’ils sont devenus plus rares, qu’ils ont partagé les joies et les douleurs de ma vie tout entière, et qu’une longue habitude de verser tout mon cœur dans leurs cœurs me les a rendus en quelque sorte nécessaires.

Ah ! s’il vous plaît de me les reprendre, ô mon Dieu, arrêtez la plainte sur mes lèvres, élevez mon âme plus haut que cette misérable terre, où rien n’est stable, où tout finit et que je vais bientôt quitter à mon tour.

Consolez-moi par la douce espérance de retrouver dans votre sein pour ne plus m’en séparer jamais ceux qui m’y précèdent seulement de quelques jours; faites que mon amour pour vous s’accroisse à chaque nouveau sacrifice que vous me demandez, et que mes affections en se brisant, en dénouant un à un les liens qui attachent mon cœur à la terre, rendent plus étroits et plus forts ceux qui l’unissent à votre cœur adorable.

Enfin, ô Jésus, demeurez avec moi jusqu’à mon dernier jour, que le soleil de votre Eucharistie éclaire et assure les derniers pas que je ferai sur la terre, qu’il soit la joie de ma vieillesse, comme il a été la joie de ma jeunesse, que ses divins rayons éclairent mon lit de mort, qu’ils fassent sentir à mon cœur leur divine chaleur jusque sous les étreintes glacées de la main de la mort.

Accompagnez-moi, ô miséricordieux Sauveur, jusqu’au seuil de l’éternité, endormez mon âme sur votre sein comme une mère endort sur le sien son petit enfant, qu’elle ne soit pas un seul instant séparée de vous, et qu’en s’éveillant elle voie commencer pour elle les inénarrables délices de l’éternelle communion du ciel.

Ô Marie, Vierge immaculée, vous qui seule avez bien compris et dignement apprécié le don divin de l’Eucharistie, vous qui après l’ascension de votre divin Fils, le retrouviez chaque jour avec tant de joie et de bonheur dans ce sacrement d’amour, vous dont l’Eucharistie était la consolation et la vie, voyez combien ce pain sacré m’est cher et nécessaire, ne permettez pas que j’en sois privé, s’il faut l’acquerir par des souffrances et par des sacrifices, le manger pour ainsi dire à la sueur de mon front.

Vous le savez, ô tendre Mère, je ne les refuse pas, je sais que la communion fréquente est un engagement aux souffrances et au martyre du cœur, et qu’en communiant à la chair et au sang de votre divin Fils, je dois communier à ses douleurs et à son esprit, qui est l’esprit de la croix.

Obtenez-moi la grâce, ô Vierge sainte, d’être généreux et de ne pas reculer devant les sacrifices ; mais obtenez-moi également celle de ne pas être privé de la seule consolation qui puisse les adoucir et les rendre faciles, la sainte communion.

Et puis, ô tendre Mère, ayez pitié de l’indigence de votre enfant, et offrez à votre divin Fils toutes les richesses de votre cœur immaculé pour suppléer à ce qui me manque quand je me dispose à le recevoir, ou que j’ai le bonheur de le posséder. Ainsi soit-il.

Léonie Guillebaut

Sainte Catherine de Sienne, docteur de l’Église

Sainte Catherine de Sienne, docteur de l’Église

sainte Catherine de Sienne- Carlo Dolci (1616–1686) Dulwich Picture Gallery - London
sainte Catherine de Sienne- Carlo Dolci (1616–1686) Dulwich Picture Gallery – London

À l’occasion de la mémoire liturgique de la sainte patronne de l’Italie et co-patronne de l’Europe,le défunt Pape  François a évoqué naguère « une si grande figure de femme et de croyante, qui n’a cessé de rappeler les valeurs de l’Évangile ».

*

« Aucun État ne peut être  en droit civil conservé en état de grâce sans une sainte justice » : ce sont là quelques mots qui ont rendu célèbre cette sainte patronne de l’Italie. Née en 1347, Catherine ne va pas à l’école, elle n’a pas de professeur. Mais à ses parents elle commence à faire des discours vers l’âge de 12 ans. Et toujours elle vérifie.

Après tout, elle ne demande qu’une petite pièce qui sera sa « cellule » du tertiaire dominicain (ou Mantellata, pour la robe blanche et le manteau noir). La petite salle devient le cénacle des artistes et des érudits, des religieux, tous plus instruits qu’elle. Ils s’appelleront « Caterinati ». Elle apprend à lire et à écrire, mais la plupart de ses messages sont dictés.

Avec eux, elle parle aux papes et aux rois, aux femmes de la maison et aux reines, ainsi qu’aux prisonniers. Elle se rend à Avignon, ambassadrice des Florentins pour une mission de paix ratée avec le pape Grégoire XI. Mais elle pousse le pape à retourner à Rome en 1377. Elle doit ensuite se rendre à Rome, appelé par le pape Urbain VI après la rébellion d’une partie des cardinaux, ce qui commence le schisme de l’Occident.

Mais ici, elle tombe malade et meurt, à seulement 33 ans. Elle sera canonisée en 1461 par le pape siennois Pie II. En 1939, Pie XII la déclara patronne d’Italie auprès de François d’Assise.

Catherine (du grec: femme pure) a vécu en un moment historique et dans un pays , la Toscane, riche en ressources spirituelles et culturelles, dont la scène artistique et littéraire était remplie de personnalités telles que Giotto (1267-1337) et Dante (1265-1321), mais en même temps déchirées par des tensions et des luttes fratricides de nature politique , où les désaccords entre Guelfes et Gibelins occupaient l’espace prédominant.

Vierge et docteur de l’Église, sainte Catherine de Sienne, ayant pris l’habit des Sœurs de la Pénitence de Saint Dominique, s’est efforcée de connaître Dieu en elle-même et elle-même en Dieu et de se conformer au Christ crucifié ; elle a lutté vigoureusement et sans relâche pour la paix, pour le retour du pontife romain dans la ville de Rome et pour le rétablissement de l’unité de l’Église, laissant aussi des écrits célèbres sur son extraordinaire doctrine spirituelle.

Quand on pense à sainte Catherine de Sienne, on pense à eux. Trois aspects de ce mysticisme dans lequel les plans naturels ont été déformés : son appartenance totale au Christ, la sagesse infuse, son courage. Les deux symboles iconographiques du livre et du lis représentent respectivement la doctrine et la pureté.

L’insistance de l’iconographie ancienne sur les symboles doctrinaux et surtout le chef-d’œuvre du Dialogue de la Divine Providence (ou Livre de la doctrine divine), l’exceptionnel Epistolario (ses lettres) et le recueil de prières ont été décisifs pour la proclamation de Sainte-Catherine comme docteur de l’église , qui a eu lieu le 4 octobre 1970 sur l’ordre de Paul VI (1897-1978), sept jours après celle de sainte Thérèse d’Avila (1515-1582).

Prière à Marie de Sainte Catherine de Sienne

O Marie, Temple de la Trinité, O Marie, porteuse de feu, Marie, distributrice de miséricorde, Marie, qui as fait germer le fruit divin !…

O Marie, mer tranquille, distributrice de paix, Marie, terre féconde. Tu es l’arbre nouveau qui a porté la fleur odorante du Verbe, Fils unique de Dieu.

En toi, terre féconde, fut semé le Verbe. Tu es à la fois la terre et l’arbre.

O Marie, bénie sois-tu à jamais entre toutes les femmes, car en ce jour tu nous a donné le pain de ta farine : la divinité a été unie et pétrie avec l’humanité, si fortement que rien désormais, ni la mort, ni nos ingratitudes, ne pourra rompre l’union.

O Marie, je viens à toi. Tu connais toutes les intentions de mon cœur, j’ai confiance en toi et en ton intercession auprès de Jésus ton Fils, notre Sauveur. Écoute ma prière…(exprimer ses intentions dans le silence)

Un Notre Père puis un Je vous Salue Marie.

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

Voir l’audience de Benoit XVI sur Catherine de Sienne (page 2)