Que regrettez-vous, saintes âmes du Purgatoire, de la terre que vous avez quittée ?
Je regrette le mal commis. Il me paraissait autrefois si léger et si agréable. J’en étouffais les remords au milieu des plaisirs du monde. Maintenant, son poids m’accable, son amertume fait mon tourment, son souvenir me poursuit et me déchire.
Si je pouvais retourner à la vie ! Nulle promesse, nul plaisir, nulle richesse, nulle parole séduisante ne serait capable de m’engager à commettre le plus petit péché.
Ô vous qui avez encore la liberté de choisir entre Dieu et le monde, regardez les épines, la Croix, les flammes qui ont torturé le Cœur de Jésus ; elles vous diront ce que nos péchés lui ont coûté de souffrances.
Prions : Ô Seigneur, Dieu tout-puissant, nous te supplions, par le Sang très précieux de Jésus, répandu durant sa Passion, de délivrer les âmes du Purgatoire, et surtout celles qui doivent le plus tôt entrer dans votre Gloire, afin qu’elles commencent des maintenant à te bénir pendant toute l’éternité et intercéder inlassablement pour nous. Amen. Doux Cœur de Marie, soyez notre salut.
Notre Père et Je vous Salue Marie. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen!
***
En cette Fête de Toussaint 2020, les écrits de Madeleine Delbrêl semblent particulièrement bien exprimer la « sainteté des gens ordinaires » :
« Nous autres, gens ordinaires
IL y a des gens que Dieu prend et met à part.
Il y en a d’autres qu’il laisse dans la masse, qu’il ne « retire pas du monde ».
Ce sont des gens qui font un travail ordinaire, qui ont un foyer ordinaire ou sont des célibataires ordinaires.
Des gens qui ont des maladies ordinaires, des deuils ordinaires.
Des gens qui ont une maison ordinaire, des vêtements ordinaires.
Ce sont les gens de la vie ordinaire.
Les gens que l’on rencontre dans n’importe quelle rue.
Ils aiment leur porte qui s’ouvre sur la rue, comme leurs frères invisibles au monde aiment la porte qui s’est refermée sur eux.
Nous autres, gens de la rue, croyons de toutes nos forces que cette rue, que ce monde où Dieu nous a mis est pour nous le lieu de notre sainteté.
Nous croyons que rien de nécessaire ne nous y manque, car si ce nécessaire nous manquait, Dieu nous l’aurait déjà donné. »
( Madeleine Delbrêl, « La sainteté des gens ordinaires« , tome VII des Œuvres Complètes 2009 – Nouvelle Cité – Nous autres gens des rues, p. 24)
Chaque petite action est un événement immense où le Paradis nous est donné, où nous pouvons donner le paradis.
Qu’importe ce que nous avons à faire : un balai ou un stylo à tenir; parler ou se taire; raccommoder ou faire une conférence; soigner un malade ou taper à la machine.
Tout cela n’est que l’écorce d’une réalité splendide, la rencontre de l’âme avec Dieu, à chaque minute renouvelée, à chaque minute accrue en grâce, toujours plus belle pour son Dieu.
On sonne ? Vite, allons ouvrir .
c’est Dieu qui vient nous aimer.
Un renseignement ? le voici:
c’est Dieu qui vient nous aimer.
C’est l’heure de se mettre à table: allons-y :
c’est Dieu qui vient nous aimer.
Laissons-le faire. »
( Madeleine Delbrêl, « La sainteté des gens ordinaires« , tome VII des Œuvres Complètes 2009 – Nouvelle Cité – Nous autres, gens des rues, p. 30)
MOIS DU ROSAIRE – jour 26 – Le Rosaire, Oraison mentale
afficher le Rosaire
Le Rosaire étant, pour ainsi dire, un livre de méditation, on peut appliquer à la pratique de cette dévotion ce que Saint François de Sales dit, en général, de l’oraison mentale ou méditation.
« Je vous conseille principalement, dit-il, l’oraison de l’esprit et du cœur, et surtout celle qui est occupée de la vie et de la passion de Notre Seigneur (ce qui a lieu dans la méditation des mystères du rosaire); car, à force de le considérer dans l’exercice de la méditation, toute votre âme se remplira de lui, et vous formerez votre conduite intérieure et extérieure sur la sienne. Il est la lumière du monde, c’est donc en lui, par lui et pour lui que nous devons être éclairés. Vous le savez; les petits enfants entendant continuellement parler leurs mères, et s’efforçant de bégayer avec elles, apprennent à parler la même langue: c’est de cette sorte que nous attachant au Sauveur dans la méditation des mystères du rosaire, y observant ses paroles, ses actions, ses sentiments et ses inclinations, nous apprendrons avec sa grâce, à parler comme lui, à agir comme lui, à juger comme lui et à aimer ce qu’il a aimé. »
C’est là l’oraison mentale propre à la récitation du Rosaire et qui, d’après l’intention de l’Église, doit lui être inhérente; et de quel avantage ne doit pas être pour nous cette méditation, puisque nous ne saurions aller à Dieu le Père que par cette porte qui est Jésus-Christ, ainsi qu’il nous l’a dit lui-même.
La glace d’un miroir ne peut arrêter notre vue, à moins qu’elle ne soit enduite d’un côté d’une couche de plomb ou d’étain, de même nous n’aurions jamais pu bien contempler la divinité en celle vie mortelle, si elle ne se fut unie à notre humanité dans Jésus-Christ, dont la Vie, la Passion et la Mort sont pour nos méditations l’objet le plus proportionné à la faiblesse de nos lumières, le plus doux à notre cœur et le plus utile au règlement de nos mœurs.
Le Sauveur s’est appelé le Pain descendu du ciel, pour plusieurs raisons, mais entre autres pour celle-ci: Comme l’on mange le pain avec toutes sortes de viandes, nous devons si bien goûter l’esprit de Jésus-Christ dans la méditation des Mystères du Rosaire, que nous en étant nourris, nous le fassions entrer dans toutes nos actions.
Mais, pour s’en nourrir réellement, il faut mettre en pratique ce que Saint Ignace appelle l’exercice des trois puissances de l’âme; c’est-à-dire que, pour méditer chaque Mystère du Rosaire, nous devons exercer la mémoire, l’entendement et la volonté: la mémoire, en nous remettant devant les yeux le mystère que nous avons à méditer; l’entendement, en recherchant les motifs qui peuvent le plus contribuer à échauffer notre volonté; et enfin la volonté, en lui faisant produire les actes de la vertu qui est le fruit de la méditation du Mystère.
C’est ce dernier point qui est le principal de tous et celui auquel nous devons nous arrêter, parce qu’il est la fin de la méditation, et en outre parce que le fruit qui doit provenir de toutes les réflexions de l’entendement, doit être d’émouvoir la volonté à la recherche du bien et à la fuite du mal.
Cette manière de méditer est très simple et très à la portée de tout le monde. Par le moyen de cet exercice des trois puissances de l’âme, nous nous représentons le sujet du Mystère que nous avons à méditer; nous nous figurons les circonstances du fait comme s’il se passait sons nos yeux; nous réfléchissons sur les particularités qui nous fourniront des motifs propres à exciter les sentiments analogues au fait rappelé dans ce Mystère, et nous nous livrons à ces sentiments, résolus à pratiquer la vertu qui en découle naturellement et dont nous faisons des actes.
Mais il est évident que la volonté étant une puissance aveugle qui ne peut se porter à rien d’elle-même si l’entendement ne la guide, il faut qu’elle soit éclairée par celui-ci pour découvrir ce qu’elle doit ou aimer ou haïr, car nous n’aimons une chose que parce que nous la concevons bonne et digne d’être aimée. Il est donc clair que l’opération de l’entendement est le fondement des autres actes que nous faisons dans l’oraison, et c’est pour cela qu’on l’appelle souvent simplement méditation.
Ce que l’Écriture dit de la méditation de la Loi du Seigneur, peut s’appliquer très-naturellement à la méditation des mystères du rosaire. « Heureux, dit le Prophète royal, heureux l’homme qui médite jour et nuit sur la Loi du Seigneur ! Il sera comme un arbre qui est planté le long des eaux et qui portera son fruit dans sa saison».
« Heureux, dit-il ailleurs, ceux qui réfléchissent sur ses promesses; c’est une marque qu’ils le recherchent de fout leur cœur ». Donne-moi l’entendement, dans la méditation des Mystères du Rosaire, et je ferai de profondes réflexions sur Votre Loi, et je l’observerai de tout mon cœur.
« Que si, dit-il dans un autre endroit, Votre Loi n’eût été le sujet ordinaire de ma méditation, peut-être que je serais demeuré dans mon anéantissement, et que j’y aurais péri »; c’est-à-dire, comme l’interprète saint Jérôme, je serais demeuré dans les peines et dans les misères qui m’environnent. Ce qui doit nous donner encore une haute estime de la méditation, en général, et en particulier de la méditation des Mystères du Rosaire, c’est que les Saints disent qu’elle sert à toutes les vertus et à toutes les bonnes œuvres.
Mais afin que par l’opposition de son contraire, on vienne à la mieux connaître, il faut savoir que le manque de réflexion est une des principales causes de tous les maux qui arrivent dans le monde, suivant ces paroles de Jérémie: « Toute la terre est désolée d’une désolation universelle, parce qu’il n’y a personne qui fasse aucune réflexion dans son cœur ».
Savez-vous pourquoi la terre est si désolée, quant au spirituel ? c’est qu’il parce n’y a presque personne qui rentre en soi-même et qui repasse en son esprit les Mystères ineffables de la religion et les bontés infinies de Dieu.
Or, n’est-ce pas ce désordre que ferait cesser la récitation du Rosaire faite dans l’esprit de l’Église, c’est-à dire en méditant affectueusement les Mystères qui le constituent et qui sont la base de la religion et de la morale chrétienne ?
Qui, en effet, oserait s’éloigner de Dieu, s’il considérait intérieurement et en esprit de Foi et d’amour que Dieu est mort à cause du péché, et que le péché est un si grand mal, qu’il a fallu que Dieu se fit homme, afin , par sa mort, de satisfaire entièrement pour le péché, à la justice du Père éternel ?
Il n’y a point de doute que si nous faisions les réflexions convenables en méditant les mystères du Rosaire, cela nous servirait d’un frein puissant pour nous faire éviter le péché; aussi est-ce pour cette raison que le démon, qui connaît l’utilité de cette méditation bien faite, essaie continuellement de nous en détourner par tous les moyens possibles:
il fait en sorte que nous ne nous servions pas des yeux de fa Foi et que nous croyions comme si nous ne croyions pas, c’est-à-dire sans croire de cœur et d’âme, d’une foi vivante et pratique, afin qu’en voyant, nous ne voyions pas, et qu’en écoutant, nous n’écoutions et ne comprenions pas, faute de réflexions sur ce que nous croyons.
Résolution
Prenons la résolution de nous recueillir et de méditer de notre mieux les Mystères du Rosaire, lorsque nous le récitons: nous pouvons aisément nous convaincre, par notre propre expérience, que la seule manière de le réciter avec fruit, pour la gloire de Dieu et le salut de notre âme, c’est de bien méditer les Mystères afin d’en pénétrer notre esprit et notre cœur. Disons avec l’Apôtre: «Je prierai en esprit; je prierai au-dedans de mon cœur: je chanterai les louanges de Dieu en esprit; je les chanterai au-dedans de mon cœur.»
Prière
Vierge Sainte, parfait modèle des chrétiens ! l’Évangile dit de Vous que vous conserviez dans Votre Cœur et méditiez lus paroles de Votre Divin Fils; nous sommes des enfants qui ne savent pas grand chose relativement à la méditation, ô bonne Mère ! apprenez-nous Vous-même à méditer les Mystères du Rosaire, afin que la pratique de cette dévotion nous rende agréables aux yeux de Dieu en nous rendant des hommes et des femmes d’oraison. Ainsi soit-il.
D’après le manuel de Liège 1847
POUR HONORER SA MÈRE
Par l’effusion de l’Esprit Saint à la Pentecôte, il a donné à ses disciples la force d’aimer et de répandre sa vérité, il a demandé la communion pour construire un monde digne de l’homme racheté et a accordé la faculté de sanctifier toutes les choses dans l’obéissance à la volonté du Père céleste. De cette façon il a allumé dans l’âme de celui qui donne la joie de donner, et dans le cœur du malheureux, la certitude d’être aimé.
Dans la gloire de l’assomption de la Vierge Marie, la première des rachetés, nous contemplons, entre autres, la véritable sublimation des liens du sang et des affections familiales: le Christ, en effet, a glorifié Marie non seulement parce que immaculée et arche de la divine Présence, mais aussi pour honorer sa Mère en tant que Fils.
Saint Jean-Paul II, Osservatore Romano 45, 08-11-1983
Angélus: Sans amour, la foi serait sans consistance
Avant de réciter la prière mariale ce dimanche, le Pape est revenu sur l’Évangile selon saint Matthieu où un docteur de la loi met à l’épreuve Jésus en lui demandant quel est «le plus grand commandement». Le Christ place l’amour au cœur de notre relation avec Dieu et Dieu attend de nous une relation personnelle.
logo-Vatican
PAPE LÉON XIV
ANGÉLUS
Place Saint-Pierre
Dimanche 25 octobre 2026
___________________________________
Chers frères et sœurs, bon dimanche !
Dans l’Évangile d’aujourd’hui (Cf. Mt 22, 34-40), le Seigneur nous conduit à nouveau au cœur de notre foi. Un docteur de la Loi, pour mettre Jésus à l’épreuve, lui demande : « Dans la Loi, quel est le plus grand commandement ? » (v. 36). Le Maître répond en citant un passage du Deutéronome : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée » (v. 37 ; Dt 6, 5).
Le Christ place l’amour au cœur de notre relation avec Dieu. Il ne suffit en effet pas de savoir que Dieu existe, qu’Il est l’unique ou qu’Il est Tout-Puissant ; le Seigneur attend de nous une relation personnelle : le seul vrai Dieu veut devenir notre Dieu.
Dans la rencontre avec Lui, le commandement de l’amour n’est ni une obligation, ni une contrainte. On ne peut en effet pas aimer « sur commande ». L’amour pour Dieu est précisément le besoin inhérent au désir de l’homme, qui trouve son accomplissement dans la communion avec Lui. C’est pourquoi notre amour ne peut être authentique que lorsqu’il est une réponse à son amour qui nous précède toujours. D’où le besoin d’une totalité qui engage toute la personne : cœur, âme, esprit.
Au premier commandement, le Seigneur en ajoute un second : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt 22, 39). Cette règle de vie jaillit d’une même source : c’est pourquoi, dit Jésus, elle est semblable à la première. Grâce à cette relation intime avec Dieu, nous devenons capables de nous regarder nous-mêmes et de regarder notre prochain avec le même regard que le Christ, selon sa perspective.
Ainsi, l’égoïsme est vaincu et même l’amour de soi-même se transforme en charité : notre existence s’oriente vers l’autre et devient un don pour ceux qui nous entourent.
Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus l’avait bien compris : « Seul l’amour – écrivait-elle – pousse les membres de l’Église à l’action ; si cet amour s’éteignait, elle n’annoncerait plus l’Évangile » (cf. Œuvres complètes, Manuscrit B, 3v°, Rome 1997, 223). Sans lui, en effet, notre foi serait privée de son contenu, nos bonnes œuvres se réduiraient à du moralisme, notre espérance serait vaine.
Très chers amis, nous ne pouvons pas aimer véritablement Dieu sans que cet amour déborde en amour pour nos frères et sœurs. Et nous ne pouvons pas aimer véritablement notre prochain si ce n’est en tant qu’enfants d’un même Père qui nous a aimés le premier en son Fils Jésus.
Demandons au Seigneur la grâce d’un cœur nouveau, capable d’accueillir et de vivre le grand commandement. Que la Vierge Marie intercède pour nous, elle dont le cœur immaculé n’est rempli que d’amour.
______________________
Après l’Angélus
Chers frères et sœurs,
je suis avec inquiétude la grave situation humanitaire au Yémen, en particulier dans la ville de Taïz, où la population souffre du manque de nourriture, d’eau et de soins médicaux. Je lance un appel pressant pour que cessent les hostilités et que le peuple yéménite, ainsi que tous les peuples de la région, puissent vivre en paix.
J’assure de mes prières toutes les personnes qui ont été tuées ou blessées vendredi dernier, lors de l’attentat terroriste contre les fidèles de l’église orthodoxe Saint-Georges à Hamoud, en Jordanie. Je suis proche de cette communauté et de l’ensemble du pays, qui se distingue par la coexistence pacifique et le respect entre les différentes religions.
Continuons ensemble à prier pour la paix. Après-demain, le 27 octobre, unissons-nous spirituellement aux chefs d’Églises et aux responsables religieux qui se réuniront à Assise à l’occasion du 40e anniversaire de la Rencontre convoquée par saint Jean-Paul II. Jamais cela n’a été aussi évident qu’aujourd’hui : les guerres, en plus de semer la mort et la destruction, appauvrissent et nuisent au monde. Que le Seigneur inspire des choix de dialogue et de paix !
Je vous salue tous, chers fidèles de Rome et pèlerins venus de différents pays !