Fête de saint Matthias, Apôtre, le 14 mai (le 9 août pour les Églises d’Orient). Il avait suivi le Seigneur Jésus depuis son baptême par Jean jusqu’au jour où le Christ fut enlevé au ciel; aussi fut-il choisi par les Apôtres, après l’Ascension du Seigneur.
C’est le plus sûr qu’on sait de lui vient des Actes des Apôtres où on raconte son choix par tirage au sort pour prendre la place de Judas Iscariote dans le groupe des douze Apôtres et devenir témoin de la Résurrection.
Judas vient de se pendre. Il lui faut un successeur pour compléter le chiffre de 12 apôtres choisis par le Maître pour marquer les 12 tribus d’Israël. Parmi les témoins de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus, le conseil présente deux candidats possibles. Saint Matthias est choisi par Dieu lui-même, le maître du sort et de l’existence. On en fait l’évangélisateur de l’Éthiopie, d’autres le font mourir martyr en Judée.
« On tira au sort, et le sort tomba sur Matthias, qui fut dès lors associé aux onze Apôtres. » Actes des Apôtres, chap 1.
M. Aladel avait donc accueilli avec beaucoup de défiance les communications de Sœur Catherine Labouré ; il continuait à traiter d’illusions les confidences de la jeune Sœur. Les mois passaient et les désirs exprimés par la Sainte Vierge ne se réalisaient pas.
Une voix intérieure s’en plaignit bientôt à Sœur Catherine : « La Sainte Vierge n’est pas contente parce qu’on néglige de faire frapper la médaille. » — »Ma Bonne Mère, répondit-elle, vous voyez bien que M. Aladel ne me croit pas. » — « Sois tranquille, répliqua la voix, un jour viendra où il fera ce que je désire : il est mon serviteur et craindrait de me déplaire. »
C’est ce qui arriva. Quand le pieux missionnaire reçut cette communication, il se dit : « Si Marie est mécontente, ce n’est pas de la jeune Sœur qui, elle, ne peut rien faire de plus; c’est donc de moi. » Il se décida dès lors à agir et la Providence l’aida visiblement.
« J’eus l’occasion, écrit-il, de voir Mgr de Quélen, archevêque de Paris; la conversation nous donna lieu de raconter tous les détails des apparitions au vénérable prélat, qui nous dit ne voir aucun inconvénient à la frappe de cette médaille, attendu qu’elle n’offrait rien d’opposé à la foi de l’Église, qu’au contraire tout y était très conforme à la piété des fidèles envers la Sainte Vierge, que, par conséquent, elle ne pouvait que contribuer à la faire honorer.
Mgr de Quélen exprima le désir d’avoir une des premières médailles. Dès lors, ajoute M. Aladel, je me déterminai à faire le nécessaire. »
« Aussitôt que la médaille fut frappée, dit-il, elle commença à se répandre, surtout parmi les Filles de la Charité qui, ayant eu connaissance de son origine, tout en ignorant qui était la Voyante, la portaient avec une grande confiance.
Bientôt, elles la donnèrent à quelques personnes malades, dont six ne tardèrent pas à en ressentir les heureux effets. Trois guérisons et trois conversions s’opérèrent, tant à Paris que dans le diocèse de Meaux, d’une manière aussi subite qu’inattendue. »
Malgré les sarcasmes des incroyants, la diffusion en fut immédiatement prodigieuse dans toutes les classes de la société et dans tous les pays. M. Vachette, le graveur, prouva, registres en main, qu’il en avait vendu plus de deux millions en dix ans. Il affirmait de plus que, à sa connaissance, onze autres fabricants de Paris en avaient écoulé la même quantité, et quatre autres de Lyon au moins le double.
De tous côtés, l’on écrivait à la rue du Bac pour réclamer des stocks de médailles, pour raconter les merveilles réalisées. Dans telle ville, des paroisses entières suppliaient leur curé de la leur procurer. Des prêtres écrivaient à M. Aladel qu’ « elle ranimait la ferveur dans les villes comme dans les campagnes. »
A Rome, les supérieurs généraux de plusieurs Ordres religieux s’empressèrent de la faire connaître, et le Souverain Pontife lui-même, Grégoire XVI, la plaça au pied de son crucifix.
PRIÈRE
O Marie, Vierge immaculée, merci de nous avoir donné ce signe, ce présent, cette petite Médaille qui mérite si bien et méritera toujours son nom de « miraculeuse » Si Dieu a permis qu’elle se répande ainsi d’une manière si prodigieuse à travers le monde, n’est-ce pas pour y manifester votre gloire et votre puissance ?
Nous voulons, dans notre humble sphère, être les propagateurs de votre Médaille, et ce signe béni continuera à faire des merveilles et à attirer les bénédictions divines sur tous ceux que nous aimons. Ainsi soit-il !
Ô MARIE, CONÇUE SANS PÉCHÉ, PRIEZ POUR NOUS QUI AVONS RECOURS A VOUS !
+P. BAETEMAN
Le respect humain est si commun que je pense utile de le combattre encore aujourd’hui. Voulez-vous vaincre le respect humain ? n’ayez pas l’air d’hésiter à faire votre devoir, autrement vous êtes perdu.
Si, par exemple, vous voulez garder l’abstinence, soit que vous soyez en voyage, soit que vous soyez invité à un repas dans un jour maigre et qu’on vous engage à manger du gras, ne balancez pas une minute à refuser net, sans ostentation ni fierté, mais aussi sans faiblesse. Qu’on lise sur votre figure qu’il n’y a rien à gagner sur votre résolution, alors on vous cèdera ; mais si vous paraissez irrésolu, vous êtes vaincu.
Il eut le courage de son devoir ce domestique qui, se trouvant à table un jour d’abstinence, sut résister avec force aux sollicitations pressantes et réitérées de ses amis et aux railleries de ses camarades.
Comme on insistait pour le faire manquer à sa conscience, on lui présenta une aile de poulet (c’est un mets très tentant et que nous ne rencontrons pas souvent sur nos tables ) ; mais il savait que Dieu commandait et qu’il fallait lui obéir.
Il appelle le chien de la maison, il lui jette ce qui lui était servi, et s’adressant à ses amis, il leur dit en riant : «Médor ne sait pas lire ! car il prend un L pour un O. – Bravo, » lui cria -t -on de tous côtés. Dès ce moment, on le laissa tranquille, et on lui fit même servir un bon repas maigre, auquel il fit honneur avec gaieté.
Son exemple fut suivi par un ami que le respect humain avait vaincu à moitié. C’est ainsi qu’avec un peu de fermeté on se montre un homme.
M. Aladel, directeur de Sœur Catherine, accueillit avec indifférence, on peut même dire avec sévérité, les communications de sa pénitente; il lui défendit même d’y ajouter foi.
Mais l’obéissance de la Sainte, attestée par son directeur lui-même, n’avait pas la puissance d’effacer en son cœur le souvenir ineffable de ce qu’elle avait vu ? Revenir aux pieds de Marie faisait tout son bonheur; sa pensée ne la quittait point, non plus qu’une persuasion intime qu’elle la verrait encore.
En effet, dans le courant de décembre, à une date qu’elle n’a pas précisée, elle eut une nouvelle apparition, exactement semblable à celle du 27 novembre, et au même moment, pendant l’oraison du soir; il y eut toutefois une différence notable : la Sainte Vierge, au lieu de s’arrêter à droite de la chapelle, à l’endroit où s’élève aujourd’hui la magnifique statue de la » Vierge au globe « , vint se poser au-dessus du tabernacle, mais un peu en arrière.
La messagère choisie par l’Immaculée reçut de nouveau l’ordre de faire frapper une médaille sur ce modèle. Elle termina son récit par ces mots :
« Vous dire ce que j’ai appris au moment où la Sainte Vierge offrait le globe à Notre-Seigneur, cela est impossible à rendre, comme aussi ce que j’ai éprouvé pendant que j’étais occupée à la contempler ! Une voix se fit entendre au fond de mon cœur; elle me dit : ‘CES RAYONS SONT LE SYMBOLE DES GRÂCES QUE LA SAINTE VIERGE OBTIENT AUX PERSONNES QUI LES LUI DEMANDENT.’ »
Puis, contre son habitude, il lui échappa une exclamation de joie à la pensée des hommages qui seraient rendus à Marie : « Oh ! Qu’il sera beau d’entendre dire : ‘Marie est la Reine de l’Univers, et particulièrement de la France !’ Les enfants s’écrieront : « Elle est la Reine de chaque personne en particulier. »
PRIÈRE
Ô Marie, étoile étincelante, continuez à briller sur notre terre, surtout dans nos cœurs qui vous sont tout dévoués ! Oui, soyez Reine de l’Univers et particulièrement de la France. Sans doute, l’oubli de Dieu continuera son œuvre délétère ; mais nous voulons, nous, le rappeler à ceux qui l’ont oublié. Votre Médaille, fièrement portée, sera là pour redire : « Je crois en Dieu qui nous a donné Marie, je crois Marie et au meilleur de ses dons. »
Nous l’aurons, sa médaille, sur nous, nous la porterons partout ; avec elle, nous le savons bien, nous ferons pénétrer Dieu. Comme une étoile, elle brillera dans nos ténèbres ; et à sa lumière, les égarés reviendront à Dieu par Marie. Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse, exaucez notre prière. Ainsi soit-il !
Ô MARIE CONÇUE SANS PÉCHÉ, PRIEZ POUR NOUS QUI AVONS RECOURS A VOUS !
+P. BAETEMAM
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Un des vices qui nuit le plus à la sanctification de nos actions, c’est le respect humain ; car il nous empêche de remplir nos devoirs, par la crainte du qu’en- dira – t- on ? C’est un vice honteux et dégradant, car quoi de plus bas que de voir un homme trembler devant son semblable, redouter une raillerie, une plaisanterie !
Il est esclave et agit en esclave : un mot le fait rougir. Je ne reconnais plus un homme, je ne vois qu’un lâche, qui aime mieux déplaire au bon Dieu que d’encourir la critique d’un égal et souvent même d’un inférieur. Voici un fait dont moi-même j’ai été témoin : Deux bons paysans, un jour de marché, entrent dans un cabaret pour prendre un léger repas avant de retourner chez eux ; c’était un vendredi.
Ils demandent du maigre : c’était fort bien ; mais une femme, j’ai honte de le dire, se mit à les plaisanter ; l’un d’eux rougit, l’autre céda, et ils vendirent leur âme au diable pour un plat de viande. O honte ! une nouvelle Ève fit tomber deux nouveaux Adam ; et pourtant qu’il eût été facile de s’en tirer par un bon mot, comme par exemple.
Merci de l’avis, bonne mère, combien vaut-il ? pas cher, probablement ; alors vous nous permettrez de ne pas en user. Ensuite répéter avec fermeté la première demande ; les rieurs eussent été certainement de leur côté. Priez Marie de vous obtenir la force et le courage de résister aux plaisanteries capables de vous faire abandonner votre devoir.