Le Christ reviendra. Il l’a promis lui-même, c’est l’espérance des chrétiens depuis le début: «Celui qui vous a été enlevé, ce même Jésus, viendra comme cela, de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel» (Ac 1, 11), proclament les anges à l’ Ascension. « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, escorté de tous les anges… », c’est ainsi que le Seigneur commence son grand discours du Jugement dernier (Mt 25, 31-46).
«Viens, Seigneur Jésus »: tel est le cri de désir qui clôt l’ Apocalypse de saint Jean. Il-répond à la promesse de Jésus: «Oui, mon retour est proche » (Ap 22, 20). «Marana tha!» (Notre Seigneur, viens !), disent les chrétiens en priant dans la langue de Jésus (1 Co 16, 22), notamment dans la célébration de l’Eucharistie (Catéchisme de l’Église Catholique CEC 1403), lorsqu’ils proclament la mort du Seigneur et annoncent sa Résurrection jusqu’à ce qu’Il revienne.
Dans le Notre Père aussi, nous prions qu’Il vienne, quand nous demandons : «Que ton Règne vienne » (CEC 2818), car la venue du Christ est la venue de son Règne. Mais quand reviendra le Seigneur? Il est vrai que les premiers chrétiens attendaient ce «dernier» Jour comme imminent (cf. 1 Th 4, 15).
Mais ils n’ont jamais indiqué de dates et de jours. Jésus lui-même a repoussé cette curiosité: «II ne vous appartient pas de connaître les temps et moments que le Père a fixés de sa seule autorité» (CEC I,07).
Quant à la dater de ces jour tous à l’heure, personne ne les connaît, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais seulement le Père» (Mc 13, 32). Il faut donc écarter de la foi toutes les spéculations ou soi-disant prophéties sur la fin du monde. Le Christ peut revenir en tout temps (CEC 673), et à nous, Il a recommandé d’être vigilants (ME25/45).
N’y a-t-1l cependant pas des signes qui montrent que nous vivons déjà aux derniers jours ? Le Catéchisme (672) dit: «Le temps présent est, selon le Seigneur, le temps de l’Esprit et du témoignage, mais c’est aussi un temps encore marqué par la “détresse” (1 Co 7, 26) et l’épreuve du mal qui n’épargne pas l’Église et inaugure les combats des derniers jours.
C’est un temps d’attente et de veille. «Avant l’avènement du Christ, l’Église doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants. La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre dévoilera le “mystère d’iniquité” » (CEC 675). L’Écriture Sainte parle de «l’Antéchrist» et de sa séduction qui aveuglera un grand nombre.
La puissance du mal semble par conséquent souvent envahissante et écrasante. Notre siècle donne cette impression. Et pourtant, en regardant la victoire pascale du Christ, nous confessons : « Déjà les derniers temps sont arrivés pour nous. Le renouvellement du monde est irrévocablement acquis » (CEC 670), car le Christ est ressuscité de la mort, Lui, «le Seigneur du cosmos et de l’histoire» (CEC 668).
Son Royaume a déjà commencé sur la terre, car son Église est «germe et commencement de ce Royaume sur la terre» (CEC 669). Dès maintenant, le Seigneur vient. Il est au milieu de nous.
Christoph Schönbron, Au cœur de notre foi : le credo – éditions Saint Paul pp.96-98
Anniversaire de la Compagnie des Filles de la Charité
Comme la Chapelle de la rue du Bac est celle de la Maison Mère des Filles de la Charité., c’est avec elles, c’est à leur histoire, que nous sommes reliés. La Compagnie des Filles de la Charité, fondée en 1633, fut le commun chef d’œuvre de saint Vincent et de sainte Louise.
Saint Vincent de-Paul entretien avec les Filles de la Charité aquarelle de J. Bernat – sainte Louise en face
La Compagnie s’est développée dans le monde entier, fidèle à sa vocation. Quand, un jour de 1830, est arrivée au noviciat de la rue du Bac une jeune bourguignonne de 24 ans…
Les apparitions de la Vierge Marie à Catherine Labouré et la diffusion de la médaille miraculeuse furent suivies d’un extraordinaire renouveau des vocations, tant chez les Filles de la Charité que chez les Prêtres de la Mission. La ferveur y redevint des plus ardentes. Au long des années, la Compagnie a continué son service dans l’esprit des fondateurs : humilité, simplicité, charité.
A ce jour, les Filles de la Charité sont présentes sur les cinq continents.
Profondément touché par la souffrance et la pauvreté, Vincent de Paul sollicite l’aide de femmes riches et se rend vite compte que la charité doit être organisée. Une fille de la campagne, Marguerite Naseau, vient trouver Vincent pour être employée aux tâches les plus basses que ne pouvaient assurer les dames des confréries.
Elle se fit, dans son amour tout évangélique, la servante des plus délaissés. Son exemple fut communicatif, c’est ainsi que naquit, imperceptiblement la Compagnie des Filles de la Charité. Dès 1630, Monsieur Vincent confia à Louise de Marillac la formation des premières sœurs qui se dévouaient dans les diverses confréries.
sceau des Filles de la Charité
Le 29 novembre 1633, elles se regroupèrent autour de Louise de Marillac pour vivre, sous sa conduite, leur idéal en communauté fraternelle. Elles eurent d’abord le soin des pauvres malades chez eux, dans les villes et les campagnes, puis, au fur et à mesure des besoins, celui des malades dans les hôpitaux, des petites filles à instruire, des enfants trouvés, des galériens, des soldats blessés, des réfugiés, des personnes âgées, des malades mentaux, et autres…
Aujourd’hui, la Compagnie internationale est présente sur tous les continents. Les Filles de la Charité, toute données à Dieu, en communauté de vie fraternelle, consacrent leur vie à soigner, à accompagner, à remettre debout les personnes délaissées, à se faire proche de chacune.
Par leur service, dynamisé par leur devise « La Charité de Jésus crucifié nous presse », elles couvrent un vaste champ d’activités dans le domaine humanitaire et social, tout en travaillant également pour la justice, la paix et la solidarité.
De même que les sociétés se transforment et croissent, ainsi en est-il des besoins de leurs populations. C’est pourquoi les services dans lesquels les Filles de la Charité s’engagent sont en perpétuelle transformation et adaptation.
Selon LE MOIS DE NOVEMBRE CONSACRÉ AU SOUVENIR DES ÂMES DU PURGATOIRE par des considérations sur les peines qu’elles y souffrent, les motifs et les moyens de les soulager et sur l’utilité de la pensée du purgatoire. – L. Grandmont Liège 1841
Le Purgatoire considéré comme motif de patience dans les maladies.
Un mois avec les âmes du purgatoire
Le premier fruit, que les malades doivent tirer de la pensée du purgatoire, est la haine et la détestation du péché : car, si l’on peut juger de l’horreur que nous devons avoir de la plus petite faute, par la grandeur de la peine que Dieu nous impose pour la punir, qui ne sait que les peines du purgatoire sont en cela semblables à celles de l’enfer ; qu’elles surpassent, non seulement tout ce que nous pouvons souffrir en cette vie, mais encore tout ce que notre imagination peut se figurer.
Rappelons-nous tout ce que nous avons médité sur ce sujet les premiers jours de ce mois, pendant l’octave des morts. Mais surtout pensons à la privation de Dieu : c’est sans doute le comble de leurs maux, tant à cause de l’amour que ces âmes lui portent, que parce que la possession de Dieu doit être leur béatitude.
C’est là où tendent leurs plus ardents souhaits, et néanmoins elles s’en voient éloignées par leur faute, avec la perte de tant de degrés de gloire qu’elles pouvaient acquérir si facilement, et dont elles se sont rendues indignes pour de si basses et si légères occasions. O péché ! que tu es un cruel poison et une funeste source de maux ! ô sainteté divine! que vous haïssez l’iniquité, puisque vous punissez si rigoureusement les moindres fautes dans vos amis !
Le second fruit, que les malades doivent tirer de la pensée du purgatoire, est la patience dans leurs peines, et le désir de faire leur purgatoire en ce monde plutôt qu’en l’autre. C’est un acte de prudence d’écouter les gémissements des fidèles trépassés, et d’apprendre d’eux à ne point tomber en de semblables tourments.
Comme ils ont plus de charité que le mauvais riche, ils enverraient volontiers des messagers aux malades pour les avertir charitablement, et pour les exciter à souffrir les incommodités de leur maladie avec tant de résignation et de vertu, qu’il ne leur restât rien à payer à l’autre monde.
Un jour de fièvre, une tristesse d’une heure, une douleur, un ennui passager qu’ils endureront volontiers pour l’amour de Dieu, abrégera leur séjour dans le purgatoire, parce que le temps de l’autre vie est un temps de justice, où Dieu fait payer en rigueur tout ce qu’on lui doit, au lieu que cette vie est un temps de grâce et de miséricorde, où il se contente de peu pour le paiement d’une grande dette.
En sorte qu’on peut dire qu’il a mis le purgatoire de sa douceur et de son amour dans la maladie, mais qu’il réserve celui de sa sévérité après la mort ; et, ce qui est très-important, les peines qu’il fait souffrir après la mort sont pures peines sans mérite, et sans aucun accroissement de grâce, tandis que, dans la maladie, un acte de patience pratiqué comme il faut, nous apporte un trésor inestimable de grâce et de gloire.
C’est pourquoi saint Augustin avait raison de faire cette prière, que le malade doit souvent répéter : «Seigneur, purifiez-moi en cette vie, et me rendez tel que je ne sois point obligé de passer par le feu d’expiation, que je désire éviter, non tant pour m’exempter de la peine, que pour être plus tôt uni à mon souverain bien et à ma dernière fin. »
Le troisième fruit, que les malades doivent tirer de la pensée du purgatoire, est la charité qui les porte à offrir à Dieu leurs souffrances, pour délivrer quelqu’une de ces âmes saintes qui sont détenues dans les flammes. On ne | peut douter que cette œuvre de miséricorde l spirituelle ne soit fort agréable au Fils de Dieu.
Le cardinal de Vilry rapporte, dans la vie de sainte Christine, que cette admirable fille étant morte dans la fleur de son âge, se releva du cercueil, lorsqu’on disait la messe sur son corps, et qu’elle tint ce discours : L’Ange du Seigneur m’a menée dans le purgatoire, où j’ai vu de si horribles tourments que je croyais certainement que ce fut l’enfer.
De là, il m’a conduite au trône de Jésus-Christ qui m’a donné le choix de demeurer au ciel, ou de retourner au monde pour soulager les âmes du purgatoire par mes prières et par mes souffrances ; ajoutant que, si je faisais ce dernier choix, je lui ferais plaisir.
On sait les tourments incroyables qu’elle endura depuis pour plaire à son céleste époux, qui mérite bien sans doute que nous suivions son inclination, en renonçant à nos propres intérêts pour le contenter. C’est aussi ce qu’ont fait plusieurs Saints, qui ont pris sur eux de satisfaire pour les membres de l’église souffrante
Il serait facile de citer des traits des plus authentiques et des plus merveilleux, mais nous aimons mieux rappeler au souvenir des lecteurs une contemporaine, dont plusieurs d’entre eux connaissent sans doute les Méditations sur la Passion de J.-C., Anne-Catherine Emmerich, religieuse Augustine en Westphalie, morte en 1824.
L’ouvrage intitulé : La douloureuse Passion de N.-S. J.-C., d’après les méditations de cette religieuse, contient l’abrégé de sa vie ; on y lit page XX : « une grande partie de ses maladies et de ses douleurs (elle fut 20ans continuellement souffrante) provenait de ce qu’elle prenait sur elle les souffrances des autres.
Elle avait donc à supporter des maladies qui lui étaient propres, des maux qu’elle prenait à autrui, certaines douleurs pour expier les fautes des autres,… et très-fréquemment des souffrances de satisfactions fort diverses pour les âmes du purgatoire. »
RÉSOLUTION.
Lorsque la maladie nous accablera, ou lorsque nous visiterons et consolerons des malades, appliquons-nous à trouver, dans la pensée du purgatoire, un puissant motif de patience. En outre, sans cesse mille autres occasions se présentent de pratiquer la vertu de patience; recourons donc sans cesse au même moyen, à la pensée du purgatoire, pour rendre méritoires toutes ces pénibles circonstances de notre vie.
PRIÈRE.
Père des miséricordes, qui avez autrefois retiré Isaac du bûcher, et votre serviteur Loth de l’embrasement de Sodome, ayez, s’il vous plaît, mon Dieu, la même bonté pour ces âmes qui sont privées de votre gloire, et qui attendent le temps où il vous plaira de les en faire jouir. Ne différez pas plus longtemps le bonheur après lequel elles soupirent.
Ne regardez pas ce qu’elles méritent, mais ce que votre très-cher Fils a souffert pour les rendre dignes du paradis. Appliquez-leur le mérite de son précieux sang ; et, si votre justice exige encore d’elles quelque satisfaction, recevez par votre souveraine clémence le désir que j’ai d’y satisfaire, et mettez sur moi les offenses qu’elles ont commises contre vous.
Que si mon indignité empêchait l’effet de ma demande, mettez mon âme dans un état qui vous soit agréable, afin de hâter le bonheur de ces saints et aimables prisonniers, dont le seul désir est de vous aimer, de vous voir, de vous louer et de vous posséder dans l’éternité. Par N.-S. J.-C. Ainsi soit-il.
Indulgence applicable aux morts. — Indulgence accordée à perpétuité à tous les Fidèles qui réciteront, avec un cœur contrit, les Litanies de la bonne mort.
1° Indulgence une fois par jour.
2° Indulgence plénière, une fois par mois, pour tous les Fidèles qui réciteront les litanies tous les jours pendant le mois, le jour, à leur choix, où s’étant confessés et ayant communié, visiteront une église ou chapelle publique, et y prieront selon les intentions de l’Église.