Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

la Croix glorieuse nous enseigne à ne pas craindre la défaite

La Croix glorieuse et les deux Coeurs de Jésus et de Marie
La Croix glorieuse et les deux Cœurs

En ce jour de Fête de la Croix glorieuse, le Pape François a consacré son homélie matinale à la contemplation de l’échec mais aussi de l’exaltation de Jésus, qui «a assumé tout le péché du monde».

 

La croix de Jésus nous enseigne que dans la vie il y a l’échec et la victoire, et qu’il ne faut pas craindre «les mauvais moments», qui peuvent être illuminés justement par la croix, signe de la victoire de Dieu sur le mal. Un mal, Satan, qui est détruit et enchainé, mais qui «aboie encore» et qui «te détruira» si vous vous rapprochez pour le caresser…

La défaite de Jésus illumine nos mauvais moments

Contempler la croix, signe du chrétien, cela revient pour nous à contempler un signe de défaite mais aussi un signe de victoire. Dans la croix tombe «tout ce que Jésus avait fait dans la vie», et toute l’espérance des gens qui suivaient Jésus.

«N’ayons pas peur de contempler la croix comme un moment de défaite, d’échec. Paul, quand il fait sa réflexion sur le mystère de Jésus-Christ, il nous dit des choses fortes, il nous dit que Jésus s’est vidé, s’est annihilé, s’est fait péché jusqu’à la fin, qu’il a assumé tout notre péché, tout le péché du monde : c’était une “serpillère”, un condamné. Paul n’avait pas peur de faire voir cette défaite et ceci peut illuminer un peu nos mauvais moments, nos moments de défaite, car la croix est aussi un signe de victoire pour nous les chrétiens.»

Le Vendredi Saint, le «grand piège» pour Satan

Le Livre des Nombres, dans la Première Lecture, raconte le moment de l’Exode dans lequel le peuple hébreu qui médisait «a été puni par les serpents». Et ceci rappelle le serpent antique, Satan, le Grand Accusateur. Mais le serpent qui donnait la mort, a dit le Seigneur à Moïse, sera élevé et donnera le salut. Et ceci «est une prophétie». En effet «Jésus fait péché a vaincu l’auteur du péché, il a vaincu le serpent». Satan était heureux le Vendredi Saint, il était «si heureux qu’il ne s’est pas rendu compte du grand piège de l’histoire dans lequel il est tombé».

Comme le disent les Pères de l’Église, Satan «a vu Jésus si défait, battu, et comme le poisson affamé qui va vers l’appât s’attache à l’hameçon, lui, il est allé là et il a englouti Jésus». «Mais à ce moment il a aussi englouti la divinité parce que c’était l’appât attaché à l’hameçon avec le poisson.». «À partir de ce moment, Satan est détruit pour toujours. Il n’a pas la force. La croix, à ce moment, devient un signe de victoire.»

Le serpent antique est enchainé, mais tu ne dois pas t’en rapprocher

«Notre victoire est la croix de Jésus, victoire devant notre ennemi, le grand serpent antique, le Grand Accusateur.» Dans la croix, «nous avons été sauvés, dans ce parcours que Jésus a voulu faire jusqu’au plus bas, mais avec la force de la divinité.»

«Jésus dit à Nicodème : “Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes”. Jésus élevé et Satan détruit. La croix de Jésus doit être pour nous l’attraction : il faut la regarder, parce qu’elle est la force pour continuer à avancer.»

«Et le serpent antique, qui est détruit, aboie encore, menace encore, mais, comme le disaient les Pères de l’Église, c’est un « chien enchainé » : ne te rapproche pas et il ne te mordra pas ; mais si tu vas le caresser parce que la fascination t’amène là comme si c’était un petit chiot, prépare-toi, il te détruira.»

Devant le crucifix, signe de défaite et de victoire

Notre vie avance avec le Christ vainqueur et ressuscité, qui nous envoie l’Esprit Saint, mais aussi avec ce chien enchainé, «dont je ne dois pas me rapprocher parce qu’il me mordra».

«La croix nous enseigne ceci, que dans la vie il y a l’échec et la victoire. Nous devons être capables de tolérer les défaites, de les assumer avec patience, aussi nos péchés parce que Lui, Il a payé pour nous. Les tolérer en Lui, demander pardon en Lui, mais ne jamais nous laisser séduire par ce chien enchainé.»

«Aujourd’hui, ce serait beau si à la maison nous prenons tranquillement 5, 10, 15 minutes devant le crucifix, ou celui que nous avons à la maison ou celui du rosaire : le regarder, c’est notre signe de défaite qui provoque les persécutions, qui nous détruit, mais c’est aussi notre signe de victoire parce que c’est là que Dieu a vaincu.»

La miséricorde est le style du chrétien

main de miséricorede
main de miséricorde

Dans la chapelle de la maison Sainte Marthe, le pape, célébrant la messe aujourd’hui 13 septembre, a rappelé que les chrétiens ne suivent pas « l’esprit du monde », mais vivent la « folie de la croix ».

« Être chrétien n’est pas facile », mais cela rend « heureux »: le chemin que notre Père céleste nous indique est celui de « miséricorde » et de « paix intérieure ». Le pape François clarifie à nouveau les traits distinctifs du « style chrétien », en partant de l’évangile de Luc d’aujourd’hui (Lc 6, 27-38). Le Seigneur nous montre toujours comment devrait être «la vie d’un disciple», par exemple à travers les Béatitudes ou les œuvres de la Miséricorde.

Aller à l’encontre de la logique du monde

D’une manière particulière, la liturgie d’aujourd’hui se concentre sur « quatre détails pour vivre la vie chrétienne »: « aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous traitent mal » .

Les chrétiens ne doivent jamais entrer « en bavardage » ou « dans la logique des insultes », ce qui ne génère que la « guerre », mais ils doivent trouver toujours le temps de « prier pour des gens agaçants ».

C’est le style chrétien, c’est le mode de vie chrétien. Mais si je ne fais pas ces quatre choses ? Aimer les ennemis, faire du bien à ceux qui me haïssent, bénir ceux qui me maudissent et prier pour ceux qui me traitent mal, je ne suis pas chrétien ? Oui, vous êtes chrétien parce que vous avez reçu le baptême, mais vous ne vivez pas comme chrétien. Vous vivez comme païen, avec l’esprit de mondanité.

La folie de la croix

Bien sûr, il est plus facile de « parler d’ennemis ou de partis différents », mais la logique chrétienne va à l’encontre du courant et suit la « folie de la croix ». Le but ultime « est de se comporter comme des enfants de notre Père. »

Seul le miséricordieux ressemble à Dieu le Père. « Soyez miséricordieux, car votre Père est miséricordieux ». C’est la route, le chemin qui va à l’encontre de l’esprit du monde, qui pense le contraire, qui n’accuse pas les autres. Car parmi nous, il y a le grand accusateur, celui qui nous accuse toujours devant Dieu, pour nous détruire. Satan, c’est le grand accusateur.

Et quand j’entre dans cette logique d’accusation, de malédiction, de tentative de faire du mal à autrui, j’entre dans la logique du grand accusateur qui est destructeur. Qui ne connaît pas le mot «pitié», ne le sait pas, ne l’a jamais vécu.

La miséricorde du chrétien

La vie oscille donc entre deux invitations : celle du Père et celle du « grand accusateur », « qui nous pousse à accuser les autres, à les détruire ».

Mais c’est lui qui me détruit! Et vous ne pouvez pas le faire à un autre. Vous ne pouvez pas entrer dans la logique de l’accusateur. « Mais père, je dois accuser ». Oui, vous vous accusez. Ça vous fera du bien. La seule accusation légitime que nous avons, chrétiens, est de nous accuser. Pour les autres seulement la miséricorde, parce que nous sommes enfants du Père qui est miséricordieux.

Abus sexuels : déclaration des évêques de France

Dans une déclaration publiée ce mercredi, le conseil permanent de l’épiscopat, présidé par Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille, évoque la question des abus, des scandales qui mettent durement l’Église à l’épreuve.

En France,  dans le sillage de la Lettre du Pape François, datée du 20 août dernier, les évêques se disent «profondément affectés» par la succession de sordides révélations d’abus de ces dernières semaines, face à la souffrance «imprescriptible» des victimes de ces actes.

Les méfaits de quelques-uns, «qu’il s’agisse d’actes criminels ou de silences coupables», rejaillissent sur l’Église toute entière et sur son clergé. Face au soupçon général qui s’installe, les évêques français réaffirment leur «soutien» et leur «estime» envers les prêtres de leur diocèse qu,i pour leur très grande majorité, n’ont rien à voir avec de tels actes et demandent aux fidèles de  continuer à leur faire confiance.

Ils invitent à lire attentivement la Lettre au Peuple de Dieu du Pape François et à voir comment la mettre en œuvre. «Nous appelons chaque baptisé, quelle que soit sa responsabilité dans l’Église, à s’engager dans la transformation ecclésiale et sociale» que le Souverain Pontife appelle ardemment de ses vœux.

Une lutte à intensifier

La déclaration rappelle encore le ferme engagement de l’Église de France à lutter contre les abus. Une lutte «toujours à intensifier», et qui nécessite une «attention sans faille, une conversion permanente des mentalités», car la souffrance des victimes demeure une priorité absolue. Les écouter «nous a profondément bouleversés et transformés».

L’épiscopat s’engage à trouver de nouvelles voies de prévention, notamment lors leur prochaine assemblée plénière à Lourdes, à l’automne. Cette crise sans précédent, et le profond désarroi qu’elle engendre, sont une invitation à réfléchir à la «juste place de chacun». Faisant leur l’appel du Pape, les évêques français invitent encore à «travailler sur la question de l’autorité, partout où elle se pose dans l’Église».