Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

mondialisation de l’indifférence ou fraternité

31-12-2013 Radio Vatican

Le bien de la fraternité peut vaincre l’expansion de la mondialisation de l’indifférence, à laquelle le pape François a plusieurs fois fait allusion. Ce mercredi 1er janvier 2014, on célèbre la 47° Journée mondiale de la Paix sur le thème : Fraternité, fondement et chemin de la paix.

Le texte du Message pour la paix du pape François est une invitation à dépasser les barrières. Le Saint-Père rappelle que les frontières ne parviennent pas à empêcher les autres d’entrer dans nos propriétés ou nos nations ; elles ne servent qu’à nous enfermer. On peut gaspiller sa vie à ériger des murs et à tracer des frontières ou bien, au contraire, choisir de vivre en les franchissant. On peut alors découvrir que la vie est magnifique de l’autre côté du mur. Pour le Souverain Pontife, ces barrières ne sont pas seulement économiques ou sociales. Les limites, dont parle le Pape, ce sont les inégalités, les vexations, le profit, la corruption, les malversations, la mauvaise foi, l’égoïsme, le repli sur soi et sur ses propres certitudes, le désir de les imposer aux autres.

Dans notre culture du bien-être, les autres sont perçus comme des étrangers ou des antagonistes, plutôt que comme des voisins ; les pauvres sont souvent considérés comme un fardeau, ou sont, dans le meilleur des cas, l’objet de compassion. Le Pape François nous invite à dépasser nos propres limites, à refuser la culture du rebut et à promouvoir la culture de la rencontre pour réaliser un monde plus juste et pacifique.

Les alertes ignorées

Malgré les cris d’alarme lancés dès les années 1970 sur les risques économiques et écologiques liés à l’économie de marché et au rythme effréné de consommation adopté par les sociétés opulentes, on a dépassé bien des limites avec les conséquences que l’on peut déjà constater. Le Pape François regrette l’augmentation inquiétante de la pauvreté relative, qui amène à de graves inégalités entre des personnes et des groupes qui cohabitent dans la même région ou dans un contexte historico-culturel déterminé.

Il fustige les nouvelles idéologies, caractérisées par un individualisme diffus, un égocentrisme et un consumérisme latents, qui affaiblissent les liens sociaux. Il lance un appel fort contre ceux qui utilisent les armes pour semer violence et mort, invoquant la non-prolifération et le désarmement de tous, en commençant par le désarmement nucléaire et chimique. Il rappelle que la nature est un don du Créateur qu’il faut respecter. En clair, c’est par la fraternité que passe la lutte contre la crise actuelle.

La fraternité demande du courage

La fraternité doit marquer de son empreinte tous les aspects de la vie, y compris l’économie, les finances, la société civile, la politique, la recherche, le développement, ainsi que les institutions publiques et culturelles. Les chefs d’État sont notamment appelés à mettre en œuvre des politiques efficaces basées sur le principe de la fraternité afin de s’assurer que tous puissent accéder aux capitaux, aux services, à l’éducation, à la santé et aux technologies.

Nous devons repenser nos modèles de développement économique et changer nos modes de vie. Cela demande du courage, reconnaît le Pape François. Depuis Caïn et Abel, les hommes et les femmes ont du mal à vivre ensemble, à prendre soin les uns des autres, au sein même des familles. Le Saint-Père insiste pourtant sur le devoir de solidarité, qui exige que les nations riches aident celles qui le sont moins ; sur le devoir de justice sociale et le devoir de charité universelle, qui implique de promouvoir un monde plus humain pour tous.

Le Pape prie pour les martyrs d’aujourd’hui

26-12-2013 source : Radio Vatican

Giotto._St._Etienne._1320-1325._Horne_Museum_Florence_Italie« Prions particulièrement pour les chrétiens qui subissent des discriminations à cause de leur témoignage rendu au Christ et à l’Évangile ». En ce jour de la Saint-Étienne qui commémore le premier martyr de l’Église, « un homme rempli de foi et d’Esprit Saint », « choisi avec six autres pour le service des veuves et des pauvres dans la première communauté de Jérusalem » et qui « fut trainé hors des murs de la ville et lapidé », le Pape François a appelé les fidèles réunis place Saint-Pierre à prier et à penser à ces martyrs d’aujourd’hui.

« Jésus transforme la mort de ceux qui l’aiment en aurore d’une vie nouvelle »

L’Angélus de ce 26 décembre s’inscrit dans l’octave de Noël, « un temps de joie pour tout le peuple de Dieu ». Or fêter un martyr dans ces circonstances peut paraitre incongru mais « dans l’optique de la foi, a expliqué le Pape, la fête de Saint-Étienne est en pleine harmonie avec la signification profonde de Noël. Dans le martyr, en effet, la violence est vaincue par l’amour ; la mort par la vie. L’Église voit dans le sacrifice des martyrs leur “montée au ciel”. Jésus transforme la mort de ceux qui l’aiment en aurore d’une vie nouvelle ».

L’injustice doit être éliminée

C’est pourquoi en ce second jour de l’octave de Noël, le Pape a demandé de prier pour « ces frères et sœurs qui, comme saint Étienne, sont accusés injustement et font l’objet de violences diverses. Cela arrive spécialement là où la liberté religieuse n’est pas encore garantie ou n’est pas pleinement appliquée. Cela arrive aussi dans des pays et des milieux qui, théoriquement, garantissent la liberté et les droits de l’Homme, mais où, de fait, les croyants, et spécialement les chrétiens, font face à des limites et des discriminations. » « Sur le plan civil, l’injustice doit être dénoncée et éliminée » s’est enfin exclamé le Pape.

Laissons le coeur s’émouvoir pour la paix

banners_25-dic-natale-FR_125-12-2013 source : Radio Vatican

MESSAGE URBI ET ORBI – NOËL 2013

Gloire et paix : ce sont les deux axes majeurs du message de Noël que le Pape François vient de lire depuis le balcon de la Loggia centrale de la basilique Saint-Pierre en ce jour de Noël devant une foule immense rassemblée place Saint-Pierre.

Le message du Pape fut donc d’abord et avant un message de paix, ou d’espoir de paix pour des peuples et des régions en guerre ou en crise. Tous les grands dossiers d’actualité ont ainsi été abordés. Expliquant avant tout que « la paix est un engagement de tous les jours, qu’on fait avancer à partir du don de Dieu, de sa grâce qui nous a été donnée en Jésus-Christ ».

Les premières pensées du Pape François vont aux « enfants qui sont les victimes les plus fragiles des guerres, aux personnes âgées, aux femmes maltraitées, aux malades ».

La Syrie, un conflit sans fin, qui a trop duré

Au niveau international, le premier pays cité est la Syrie, préoccupation majeure pour le Pape depuis son élection en mars dernier. « Le conflit en Syrie a trop brisé de vies ces derniers temps, fomentant haine et vengeance. Continuons à prier le Seigneur, pour qu’il épargne au bien-aimé peuple syrien de nouvelles souffrances et que les parties en conflit mettent fin à toute violence et garantissent l’accès aux aides humanitaires. Nous avons vu combien la prière est puissante ! Et je suis heureux qu’aujourd’hui des croyants de diverses confessions religieuses s’unissent aussi à notre supplication pour la paix en Syrie. Ne perdons jamais le courage de la prière ! Le courage de dire : Seigneur, donne ta paix à la Syrie et au monde entier. » Le Pape François a fait référence à la veillée de prière qu’il a organisé en septembre au plus fort des tensions internationales concernant l’usage d’armes chimiques par le régime syrien.

Outre la Syrie, le Pape François a évoqué le Proche-Orient, priant Dieu qu’il bénisse « la Terre que tu as choisie pour venir dans le monde et fais aboutir à une heureuse issue les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens ». « Guéris les plaies de l’Irak bien-aimé, encore frappé par de fréquents attentats ».

Afrique, de la Centrafrique au Soudan du Sud, en passant par le Nigeria

Autre conflit : la République centrafricaine, « souvent oubliée des hommes. Mais toi, Seigneur, tu n’oublies personne ! et tu veux porter aussi la paix à cette terre, déchirée par une spirale de violence et de misère, où beaucoup de personnes sont sans maison, sans eau ni nourriture, sans le minimum pour vivre. » Le Pape n’oublie pas non plus le Soudan du Sud qui a précipité dans la violence ces derniers jours et demande au Seigneur d’y favoriser la concorde. Il demande aussi que Dieu regarde le Nigeria, « lacéré par de continuelles attaques qui n’épargnent pas les innocents ni ceux qui sont sans défense. »

Le Pape François a eu également une pensée pour les déplacés et les réfugiés, « spécialement dans la Corne de l’Afrique et dans l’est de la République démocratique du Congo. » Autre préoccupation du Pape : les personnes « en quête d’une vie digne », les migrants. Et de souhaiter qu’ils trouvent « accueil et aide » et de souhaiter que « des tragédies comme celles à laquelle nous avons assisté cette année, avec les nombreux morts à Lampedusa, n’arrivent jamais plus. »

Le Pape a aussi pointé du doigt la traite des êtres humains, qualifiée de « délit contre l’humanité ». « Tourne ton regard vers les nombreux enfants qui sont enlevés, blessés et tués dans les conflits armés, et vers tous ceux qui sont transformés en soldats, volés de leur enfance ».

La protection de l’environnement

L’environnement a également été abordé dans ce message de Noël. « Seigneur du ciel et de la terre, regarde notre planète, que la convoitise et l’avidité des hommes exploitent souvent sans faire preuve de discernement ». Et de demander au Seigneur d’assister et de protéger « tous ceux qui sont victimes de calamités naturelles, surtout le cher peuple philippin, gravement frappé par le récent typhon ».

Malgré toutes ces tragédies, le Pape a appelé tous les fidèles et les pèlerins présents place Saint-Pierre à laisser « notre cœur s’émouvoir, laissons-le se réchauffer à la tendresse de Dieu ». « Demandons-lui qu’il nous aide à construire la paix chaque jour, dans notre vie, dans nos familles, dans nos villes et dans nos nations, dans le monde entier ».