Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

sans la prière : idéologie et moralisme

17-10-2013 source : Radio Vatican

Si un chrétien « devient disciple de l’idéologie, il a perdu la foi ». Le Pape François met en garde contre ce danger d’une attitude avec « clé en poche et porte fermée », et rappelle que lorsque l’on ne prie pas, on abandonne la foi et l’on tombe dans l’idéologie et dans le moralisme. Une mise en garde exprimée jeudi matin dans l’homélie de la messe célébrée en la chapelle de la Maison Sainte Marthe au Vatican.

Le Pape est parti de l’Évangile du jour, de Saint Luc, où Jésus fait des reproches aux docteurs de la Loi : « Malheureux êtes-vous, docteurs de la Loi, parce que vous avez enlevé la clé de la connaissance ; vous-mêmes n’êtes pas entrés, et ceux qui essayaient d’entrer, vous les en avez empêchés. » Le Pape a actualisé cette mise en garde. « Quand nous sortons dans la rue et que nous nous trouvons devant une église fermée, déclarait-il, on nous donne des explications qui ne sont que des prétextes, mais la réalité reste que l’église est fermée, et que les gens qui passent devant ne peuvent entrer ». « Pire encore, le Seigneur qui est à l’intérieur ne peut sortir ».

Avoir la clé en poche et ne pas ouvrir la porte

« Aujourd’hui, a poursuivi le Pape, Jésus nous parle de cette image de la fermeture, l’image de ces chrétiens qui ont en main la clé, mais l’emportent, et n’ouvrent pas la porte ». « Pire encore, ils restent devant la porte et ne laissent personne entrer », et « de la sorte, eux-mêmes n’entrent pas ». « Le manque de témoignage chrétien arrive à ce résultat et quand ce chrétien est un prêtre, un évêque ou un Pape, c’est bien pire ». Et le Pape s’interroge alors sur cette « l’attitude du chrétien avec la clé en poche et la porte fermée ».

« La foi passe, pour ainsi dire, par un alambic et devient idéologie. Et dans les idéologies, Jésus n’a pas sa place : on ne trouve pas sa tendresse, son amour, sa douceur. Les idéologies sont toutes rigides, toujours. Et quand un chrétien devient le disciple de l’idéologie, il a perdu la foi: il n’est plus disciple de Jésus. » « C’est ce que Jésus dit aux docteurs de la Loi : ‘vous avez emporté la clé de la connaissance’. La connaissance de Jésus est transformée en une connaissance idéologique et moraliste, parce que ces docteurs de la Loi fermaient la porte avec précision ».

Ne pas être des chrétiens rigides, moralistes, sans bonté

« La foi devient idéologie et l’idéologie fait peur, éloigne les gens, éloigne l’Église des gens ». « C’est une maladie grave que celle des chrétiens pris par l’idéologie » « Mais ce n’est pas nouveau, car déjà l’apôtre Jean, dans sa première Épître, parle de cela. Les chrétiens qui perdent la foi et préfèrent les idéologies. Ils deviennent rigides, moralistes, mais sans bonté. » Le Pape François devait alors rendre l’absence de prière responsable de cette dérive, que le « chrétien en question soit un simple fidèle, ou un prêtre, un évêque, même un pape ». « S’il n’y a pas la prière, tu fermes toujours la porte ».

« La clé qui ouvre la porte à la foi, a ajouté le Pape, c’est la prière ». « Si un chrétien ne prie pas, son témoignage est rempli de superbe ». « Celui qui ne prie pas est un orgueilleux, il manque d’humilité, et ne cherche que son édification personnelle ». « Par contre, si un chrétien prie, il ne s’éloigne pas de la foi, il parle avec Jésus ». « Je parle de prier, pas de dire des prières, parce que ces docteurs de la Loi récitaient beaucoup de prières, mais pour se faire voir. » « Et quand on réprimande une personne qui est tombée dans ce travers, nous avons la même réaction que les docteurs de la Loi, dans l’Évangile : Jésus était à peine parti, que les scribes et les pharisiens commencèrent à parler mal de lui ».

Le Pape a mis en relief alors leur hostilité, leur manque de transparence, leur orgueil, et a demandé à Dieu la grâce que « nous ne cessions jamais de prier, de ne pas perdre la foi, de rester humbles, sans nous fermer, et sans fermer le chemin au Seigneur ».

Sans Jésus, il n’y a pas d’Église

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre à Rome
Mercredi 16 octobre 2013
Condensé

Année-de-la-foi-2012-13Chers frères et sœurs, l’Église est apostolique à cause de son lien profond et constitutif avec les Apôtres, choisis, appelés et envoyés par Jésus. Elle est fondée sur leur prédication, leur prière et sur l’autorité que Jésus leur a donnée. Elle est comme un édifice formé de pierres vivantes que sont les chrétiens, et dont la pierre angulaire est Jésus. L’Église est apostolique en ce sens qu’elle garde et transmet, avec l’aide de l’Esprit Saint, l’enseignement, le bon dépôt, les saines paroles entendues des apôtres (Catéchisme de l’Église Catholique, n. 857). Elle conserve la Sainte Écriture, la doctrine, les Sacrements, le ministère des Pasteurs, de telle sorte que nous puissions être fidèles au Christ et participer à sa vie. L’Église est apostolique, car elle est envoyée pour porter l’Évangile au monde entier. Une Église qui s’enferme sur elle-même et sur son passé trahit sa propre identité. Découvrons alors toute la beauté et la responsabilité d’être Église apostolique.

Comme les Apôtres de Jésus, puissiez-vous porter, sans peur ni honte, l’Évangile à tous vos frères et sœurs ! Par vos paroles et surtout par votre vie chrétienne, soyez toujours et partout des missionnaires pleins de dynamisme et de joie !

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Audience Générale du 16-10-2013 (complète)

Message du Pape pour le 70ème anniversaire de la déportation des juifs de Rome

Avant tout aimer Dieu et son prochain

15-10-2013 source : Radio Vatican

« L’idolâtrie, par exemple de ceux qui adorent leurs propres idées et leur bien-être, et l’hypocrisie n’épargnent pas même la vie chrétienne. » Une réflexion du Pape François ce mardi matin durant l’homélie de la messe célébrée comme chaque matin en la chapelle de la Maison Sainte Marthe au Vatican. Le Pape a mis en garde contre ces deux « vices ».

Les critiques de Saint Paul -dans la lecture du jour- s’adressaient, il y a deux mille ans, aux idolâtres qui se prosternaient devant des statues d’animaux, et le Pape François réfute d’emblée l’objection selon laquelle aujourd’hui le problème ne se pose pas, parce que personne n’adore de statues. Pour le Pape, l’idolâtrie revêt d’autres formes : « Les gens qui croient tout savoir et qui idolâtrent leurs propres idées, à la place de Dieu ». « Tous nous avons nos propres idoles à l’intérieur de nous. Il suffit de les découvrir. »

Pour ne pas céder à ces deux péchés pour le moins insidieux, le Pape a préconisé de mettre en pratique les commandements de l’amour de Dieu et de l’amour du Prochain. « Jésus conseille de ne pas se fier aux apparences, d’aller à la vérité. Le plat est plat, mais le plus important est ce qui se trouve dans le plat : le repas. Mais si tu es vaniteux, carriériste, ambitieux, une personne qui se vante et aime se vanter, parce que tu te crois parfait, alors va faire un peu l’aumône et cela guérira ton hypocrisie.

Voilà la route du Seigneur, adorer Dieu, aimer Dieu, avant tout et aimer ton prochain. C’est si simple, mais si difficile ! Et ce n’est possible qu’avec la grâce. »