Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

la mondanité qui tue l’âme

banners_FIESTA-SAN-FRANCISCO-ASIS-fr2013-10-04 Radio Vatican

« La mondanité spirituelle tue l’âme, les personnes et l’Église ». Voilà ce qu’a déclaré le Pape François lors de sa rencontre avec les pauvres au siège de l’évêché, dans la Salle du dépouillement, là où le ‘poverello’ se délesta de ses vêtements devant son père en signe de renonciation aux biens terrestres. Le Pape a alors demandé au Seigneur « qu’il nous donne à tous le courage de nous dépouiller de l’esprit du monde qui est la lèpre, le cancer de la société, l’ennemi de Jésus ».

« Le christianisme sans la croix, sans Jésus, sans dépouillement est comme une pâtisserie, une belle tarte. Le danger de la mondanité est un très grand péril », a déclaré le Pape d’un ton grave.

A Assise, « le pape ira déshabiller l’Église. Il ôtera les habits des évêques, des cardinaux, les siens » Des fantaisies de la presse selon le pape François. Car l’Église, c’est nous tous, l’Église, c’est nous tous. »

C’est triste un chrétien mondain !

Pour le pape, « l’Église, c’est nous tous », pas seulement « les sœurs, les frères, les évêques, les cardinaux, le pape ». « Tous nous devons nous dépouiller. C’est si triste de trouver un chrétien mondain. Il croit qu’il est sûr de sa foi et de la sécurité que lui donne le monde. Mais on ne peut pas travailler sur les deux fronts. On doit se dépouiller de la mondanité. On ne peut pas servir deux patrons : il faut choisir, l’argent ou Dieu. » C’est « ridicule qu’un chrétien ‘ vrai ‘, qu’un religieux, veuille aller sur cette route de la mondanité, une route assassine, qui tue les personnes, l’église. » Il faut « se dépouiller de son orgueil, et de la soif d’avoir, de l’argent, a ajouté le Pape qui encourageait à apprendre à être avec les pauvres, à partager avec ceux qui sont privés du minimum nécessaire, à toucher ainsi la chair du Christ! »

Quand François s’est dépouillé : il était jeune, il n’avait pas la force, c’était la force de Dieu. Jésus nous rappelle pour qu’il nous sauve de l’esprit du monde. Il faut se dépouiller de cet esprit du monde, l’ennemi de Jésus, un cancer pour nous. Que Jésus nous donne la grâce de nous dépouiller. » Pour le Pape François, notre société donne des signes de fatigue, et si nous voulons la sauver du naufrage, il faut suivre la voie de la pauvreté, qui n’est pas la misère – car celle-ci doit être combattue- mais cette capacité à partager, à être solidaires avec ceux qui sont dans le besoin. Une confiance plus grande en Dieu aussi et moins dans nos forces humaines.

La messe n’est pas un évènement social

03-10-2013 source : Radio Vatican

« La messe n’est pas un évènement social mais la présence de Dieu parmi nous », le pape l’a rappelé jeudi matin lors de la messe célébrée en la chapelle de la maison Sainte Marthe, en présence notamment du « Conseil des cardinaux » réunit actuellement au Vatican. « Quand Dieu vient et se rapproche c’est toujours la fête. »

Dans son homélie, il s’est attardé sur le sens de la mémoire soulignant qu’il ne fallait pas transformer la mémoire du Salut en un souvenir, « un événement habituel. Tous, nous avons la mémoire du Salut, pas seulement dans les grands moments historiques, mais aussi dans les moments de notre vie. Mais cette mémoire, est-ce une mémoire proche de nous, ou est-elle un peu lointaine, archaïque, une mémoire de musée ? Et lorsque la mémoire n’est pas proche, lorsque nous nous n’avons pas cette expérience de la proximité de la mémoire s’enclenche un processus de transformation, et la mémoire devient un simple souvenir. »

Mais lorsque la mémoire est proche  elle se transforme en joie, et c’est la joie du peuple . Cela constitue un principe de notre vie chrétienne. Lorsque la mémoire est proche elle réchauffe les cœurs et nous donne la joie. » Et cette joie est notre force ajoute le pape. « Cette rencontre avec la mémoire est un événement de Salut, c’est une rencontre avec l’amour de Dieu qui a fait l’histoire avec nous et nous a sauvés. Et c’est tellement beau d’être sauvés, que nous devons nous réjouir et faire la fête ».

« C’est triste, mais la messe, souvent, se transforme en un événement social et nous ne sommes pas proches de la mémoire de l’Église, qui est la présence du Seigneur parmi nous. Demandons au Seigneur la Grâce d’avoir toujours sa mémoire près de nous,  une mémoire proche et non pas domestiquée par l’habitude, par tant de choses et transformée en un simple souvenir ».

une Eglise sainte faite de pécheurs

02-10-2013 Radio Vatican

« Les hommes pécheurs, les femmes pécheurs, les prêtres pécheurs, les sœurs pécheurs, les évêques pécheurs, les cardinaux pécheurs, le Pape pécheur : comment une Église comme cela peut être sainte ? » Le Pape, dans sa catéchèse, est revenu sur un des termes fondamentaux du Credo : une Église « sainte ». Place Saint-Pierre, devant plusieurs dizaines de milliers de fidèles venus assister à l’audience générale du mercredi, le pape François a tenté de répondre à cette question fondamentale.

« L’Église est sainte parce qu’elle procède de Dieu qui est saint, qui lui est fidèle et ne l’abandonne pas au pouvoir de la mort et du mal. » Se basant sur un extrait de la Lettre de saint Paul aux Ephésiens, le Pape a poursuivi, expliquant que l’Église « est sainte parce que Jésus Christ, le saint de Dieu, est uni de manière indissoluble à elle, parce qu’elle est guidée par l’Esprit Saint qui purifie, transforme et renouvelle. Elle n’est pas sainte à cause de nos mérites. »

Et pour cause : « nous sommes une Église de pécheurs » s’est exclamé le Pape François, précisant que cette Eglise ne devait surtout pas éloigner ces pêcheurs comme certains en ont eu la tentation. « C’est une hérésie ! L’Église ne refuse pas les pêcheurs parce qu’elle appelle tout le monde. » « Le Seigneur veut nous entendre lui dire : pardonne-moi, aide moi à marcher, transforme mon cœur. Et le Seigneur peut transformer le cœur ! Dieu t’attend toujours ! »

Le Pape a conclu sa catéchèse en expliquant ce que chacun d’entre nous peut faire en étant « faible, fragile, et pêcheur ». « Ne pas avoir peur de la sainteté, de se laisser aimer et purifier par Dieu, de se laisser guider par l’Esprit Saint. Laissons-nous contaminer par la sainteté de Dieu. Chaque chrétien est appelé à la sainteté ». Citant l’écrivain français Léon Bloy, le Pape a déclaré qu’il n’y avait « qu’une seule tristesse dans la vie, celle ne pas être saint ». Et d’inviter les fidèles à ne pas perdre l’espoir dans la sainteté.

Voici le résumé de la catéchèse du Pape lu en français durant l’audience :

Bien qu’elle soit constituée d’hommes pécheurs, nous professons, dans le Credo, que l’Église est sainte. Elle est sainte car elle vient de Dieu qui est saint et qui ne saurait l’abandonner. Elle est indissolublement unie au Christ qui s’est livré pour elle, et qu’il conduit par l’action du Saint-Esprit. L’Église n’est pas constituée de gens parfaits, mais elle accueille tous les pécheurs, pour les conduire à la sainteté. Elle est la maison de tous. Tous, faibles et pécheurs, perdus ou découragés, nous pouvons vraiment y être renouvelés, transformés, par la rencontre du Seigneur qui nous sanctifie. Par sa grâce nous devenons capables, malgré notre faiblesse de vivre dans la charité, pour la gloire de Dieu et le service du prochain.

Comme à son habitude, le Pape a ensuite salué les pèlerins francophones :

« Je salue cordialement les pèlerins francophones, en particulier le pèlerinage diocésain de Besançon et un groupe de Tziganes de la communauté de l’Emmanuel. Nous sommes tous appelés à la sainteté. N’ayez pas peur de vous laisser aimer et sanctifier par le Christ. Bon pèlerinage ! »