Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

l’indifférence est opposée à l’amour de Dieu

Saint Sauveur in Chora, Istanbul, mosaïque de la multiplication des pains
Saint Sauveur in Chora, Istanbul, mosaïque de la multiplication des pains

Ce mardi matin, le Pape François a commenté l’Évangile de la multiplication des pains selon saint Marc (Mc 6, 34-44) et la première lettre de saint Jean (1 Jn 4, 7-10). Dieu «fait le premier pas» et il nous aime, parce qu’Il fait miséricorde. Même si nous aussi nous sommes bons, souvent nous ne comprenons pas les besoins des autres et nous y sommes indifférents. L’amour de Dieu doit davantage entrer dans notre cœur.

Dieu nous aime le premier

«Aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu», selon les mots de l’apôtre Jean. «Tel est le mystère de l’amour, Dieu nous a aimés le premier. Il a fait lui le premier pas». Un pas «vers l’humanité qui ne sait pas aimer», qui «a besoin des caresses de Dieu pour aimer». «Et ce premier que Dieu a fait, c’est son Fils: il l’a envoyé pour nous sauver et pour donner un sens à la vie, pour nous renouveler, pour nous recréer.»

Jésus a compassion pour la foule

Le Seigneur a réalisé le miracle de la multiplication des pains et des poissons par «compassion» pour la foule nombreuse qu’il voyait sur les rives du lac de Tibériade, «parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger.» «Le cœur de Dieu, le cœur de Jésus s’émeut et il voit, il voit ces gens, et il ne peut pas rester indifférent.»

«L’amour est inquiet. L’amour ne tolère pas l’indifférence. L’amour compatit. Mais la compassion signifie de mettre en jeu le cœur; ça signifie miséricorde. Mettre en jeu son propre cœur vis-à-vis des autres: c’est cela l’amour. L’amour, c’est mettre en jeu son cœur pour les autres.»

Donnez-leur vous-mêmes à manger

Puis Jésus «se mit à les enseigner longuement». Les disciples semblent s’ennuyer, s’impatienter: «L’endroit est désert et déjà l’heure est tardive. Renvoie-les : qu’ils aillent dans les campagnes et les villages des environs s’acheter de quoi manger.» Les disciples demandent presque «qu’ils se débrouillent» et qu’ils s’achètent eux-mêmes du pain. Les disciples «savaient qu’ils avaient du pain pour eux, et ils voulaient garder celui-là. C’est l’indifférence.»

«Les gens n’intéressaient pas les disciples: Jésus les intéressait, parce qu’ils les aimaient bien. Ils n’étaient pas méchants: ils étaient indifférents. Ils ne savaient pas ce que signifiait aimer. Ils ne savaient pas ce que ce signifiait la compassion. Il ne savaient pas ce que signifiait l’indifférence. Ils ont dû pécher, trahir le Maître, abandonner le Maître, pour comprendre le cœur de la compassion et de la miséricorde.»

Et la réponse de Jésus est incisive: «Donnez-leur vous-mêmes à manger». «Telle est le combat entre la compassion de Jésus et l’indifférence, l’indifférence qui se répète toujours dans l’histoire, toujours… Beaucoup de gens sont bons, mais ils ne comprennent pas les besoins des autres, ils ne sont pas capables de compassion», sans doute «parce que l’amour de Dieu n’est pas entré dans leur cœur ou ils ne l’ont pas laissé entrer.»

le cliché d’une photographe symbolise «la culture de l’indifférence»

Le Saint-Père a alors décrit une photo qui se trouve à l’Aumônerie apostolique. Un cliché de Daniele Garofani, aujourd’hui photographe de L’Osservatore Romano, en revenant d’un service de distribution de repas à des sans-abris avec le cardinal Konrad Krajewski. On y voit des gens «tous bien couverts», sortant d’un restaurant, satisfaits d’un bon repas.

Il y a aussi «un sans-abri, par terre, qui fait comme ça… », a mimé le Pape faisant le geste de celui qui demande l’aumône. Le photographe a réussi «à saisir ce moment où les gens regardent d’un autre côté, pour que les regards ne se croisent pas». Et c’est cela «la culture de l’indifférence. C’est ce qu’ont fait les apôtres» en espérant que la foule s’arrange pour trouver de la nourriture.

l’indifférence est l’opposé de l’amour

«L’opposé le plus quotidien à l’amour de Dieu, à la compassion de Dieu, c’est l’indifférence: ‘Je suis satisfait, il ne me manque rien. J’ai tout, j’ai mon assurance pour cette vie, et aussi pour la vie éternelle, puisque je vais à la messe tous les dimanches, je suis un bon chrétien’. ‘Mais en sortant du restaurant, je regarde dans une autre direction’».

Face à «ce Dieu qui fait le premier pas, qui a compassion, qui fait miséricorde, et tant de fois, notre attitude est l’indifférence. Prions le Seigneur pour qu’il guérisse l’humanité, à commencer par nous : que mon cœur guérisse de cette maladie qui est la culture de l’indifférence.»

Près de la crèche, souhaitons-nous une Bonne Année

vitrail de la Nativité - cathédrale de Tours
vitrail de la Nativité – cathédrale de Tours

1. Devant la crèche, prions et méditons sur les valeurs fondamentales de la vie chrétienne et sur notre engagement en tant que membres de l’association ou porteurs de la Médaille Miraculeuse !

Les objectifs typiques de l’association nous concernent tous : en effet, avec le pouvoir de la foi en la Parole de Dieu faite homme de la sorte dans le corps de la très sainte Vierge Marie, pour apporter aux hommes la plénitude de vie, de grâce et de vérité, nous avons l’intention non seulement de professer avec la Parole, mais de vivre avec le comportement quotidien, les exigences de l’Évangile, le choix de « suivre le Christ » , qui dévoile et satisfait les attentes les plus profondes de l’homme.

2. A côté de la modeste mangeoire de Bethléem, contemplant l’enfant Jésus, le Fils de Dieu, fragile et tendre, ayant humainement besoin de tout, l’homme contemporain ne peut que ressentir l’appel du silence, du recueillement, de la paix intérieure, de la disponibilité à la Parole de Dieu, de la solidarité, du respect et de l’amour de tous les hommes, de l’attitude des « pauvres en esprit » et des « purs de cœur » des béatitudes évangéliques, de l’attitude des bergers de Bethléem et des Mages, venus pour adorer Jésus.

C’est l’attitude qui doit animer spirituellement et constamment notre action en tant que membres de l’association ou porteurs de la Médaille Miraculeuse, c’est-à-dire de chrétiens conscients et heureux qui souhaitent rendre un témoignage particulier de vie chrétienne en toute simplicité.

Nous voulons vivre, dans l’Église et dans le monde, notre vocation de chrétiens. En vertu des sacrements du baptême et de la confirmation, nous avons la responsabilité d’édifier l’Église et de sanctifier le monde en l’animant avec fidélité à l’Évangile du Christ, nous inspirant du message  de la Médaille Miraculeuse.

3. L’association nous aide, d’une part, dans notre « apostolat chrétien » et nous donne, de l’autre, l’occasion de répondre consciemment aux précieux indices de l’Évangile sous le regard de Marie.

Une fois encore, notre vie associative nous permet de connaître et d’approfondir les motivations qui sont à la base et qui doivent animer tous nos choix spirituels et autres initiatives : celles de la vie liturgique, qui réunit et implique de nombreux membres parmi nous ; et celles qui s’ouvrent à de nouvelles perspectives de disponibilité généreuse au service des frères dans le besoin ou souffrants.

Souhaitons-nous de réaliser avec sérieux et joie les engagements spécifiques contractés au moment de l’admission à l’association, et renouvelons notre profonde gratitude envers ceux qui ont l’intention d’approfondir le message de Jésus et de le réaliser dans toute sa plénitude, notamment en témoignant d’une adhésion particulière et localement bien enracinée. Continuons avec générosité et enthousiasme!

En nous adressant encore nos vœux sincères pour une nouvelle année paisible, confions toutes nos résolutions et nos idéaux de bien au cœur maternel de Marie, « Vierge Fidèle », à la protection de nos protecteurs célestes ; demandons leur bénédiction sur nous-mêmes, sur nos familles et sur nos proches.

le concret est le critère du christianisme

Ce lundi en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe au Vatican,  le Pape François a dit dans son homélie que le caractère concret des commandements de Dieu se traduit par l’amour de tous nos frères en humanité.

Aimer en actes et en vérité
Aimer en actes et en vérité

 

La première lecture, issue de la Première lettre de saint Jean, insiste sur le respect des commandements de Dieu, qui implique d’aimer «par des actes et en vérité». Ainsi, ce ne sont pas les «belles paroles» qui importent, mais le caractère concret de l’amour chrétien. En cela, les saints, «les fous du réalisme» nous aident «à marcher» sur cette voie.

Aimer concrètement

Chacun peut demander à Dieu ce qu’il veut, à deux conditions : croire «dans le nom de son Fils Jésus Christ», comme l’écrit l’apôtre, et nous aimer «les uns les autres». Mettre sa foi en Jésus-Christ signifie croire en «un Dieu concret», tel que le dépeignent les Évangiles. «Ce n’est pas Dieu déguisé en homme», «Dieu s’est fait homme» : c’est-là le caractère concret du premier commandement.

Le deuxième commandement est tout autant réaliste, il ne s’agit pas d’un «amour de fantaisie. Le critère du christianisme est le réalisme.»

Lutter contre les faux prophètes

Saint Jean, ce «passionné de l’Incarnation de Dieu», invite ensuite à mettre à l’épreuve «les esprits». Une «vigilance spirituelle» salutaire pour combattre les «idées ou faux prophètes qui proposent un Christ ‘soft’, sans beaucoup de chair et dont l’amour envers le prochain est un peu relatif».

«Beaucoup de faux prophètes se sont répandus dans le monde», écrit l’apôtre. Et le diable cherche toujours «à nous éloigner de Jésus.» «À la fin de la journée on doit prendre deux, trois, cinq minutes» pour se demander ce qui s’est passé dans son propre cœur, quelle inspiration ou peut-être quelle «folie du Seigneur» : «L’Esprit parfois nous pousse à des folies, mais aux grandes folies de Dieu». Ainsi cet homme qui«depuis plus de quarante a quitté l’Italie pour être missionnaire auprès des lépreux» au Brésil.

Être aidé dans le discernement

«Le peuple de Dieu, l’Église, l’unanimité de l’Église, le frère, la sœur qui ont le charisme de nous aider à y voir clair» sont une aide précieuse pour discerner. Pour le chrétien «l’entretien spirituel avec une personne d’autorité spirituelle» est donc important. «Il n’est pas nécessaire d’aller chez le Pape ou chez l’évêque pour voir si ce que je ressens est bon», «mais il y a tant de personnes, prêtres, religieuses, laïcs, qui ont cette capacité de nous aider à voir ce qui se passe dans notre esprit pour ne pas se tromper».

Jésus nous ouvre la voie, il ne faut donc pas «avoir peur»;  il a du «faire cela au début de sa vie quand le diable lui a rendu visite dans le désert et qu’il lui a proposé trois choses qui n’étaient pas de l’Esprit de Dieu». Jésus «a repoussé le diable, avec la Parole de Dieu».

Se laisser conduire par l’Église

Au temps de Jésus il y avait aussi «des gens de bonne volonté», convaincus cependant que la voie de Dieu était autre : les pharisiens, les sadducéens, les esséniens, les zélotes par exemple. «Tous avaient la loi en main», mais tous n’ont pas emprunté la meilleure route. Le Pape a donc rappelé la «douceur de l’obéissance».

Le peuple de Dieu doit toujours aller plus loin dans le réalisme, celui de la charité et de la foi. C’est «le sens de la discipline de l’Église» : lorsqu’elle se fait concrète, «elle aide à grandir», évitant ainsi «les philosophies de pharisiens ou des sadducéens». Dieu s’est incarné en naissant d’une «femme concrète, il a vécu une vie concrète, il est mort d’une mort concrète, et il nous demande d’aimer des frères et sœurs concrets», même si «certains ne sont pas faciles à aimer».