Archives de catégorie : Billet

sur la Médaille Miraculeuse, l’Église dans le monde

Le regard de Jésus

 Pour parler du terrible scandale des abus sur des mineurs par des membres du clergé, le Pape François a médité sur un moment poignant de la passion du Christ, sur l’instant où le regard de Jésus croise celui de Pierre, qui venait de le renier et pleure. Et il l’a fait dans l’homélie pendant la Messe célébrée hier au début du jour à Sainte-Marthe, où étaient présentes plusieurs victimes, avec lesquelles il a ensuite passé toute la matinée dans une série de longs entretiens privés.

 

images_5A eux, mais en ne s’adressant pas seulement aux catholiques, l’Évêque de Rome a ouvert son cœur devant cet abîme du mal : non seulement des actes déplorables, mais même un « culte sacrilège » qui a profané chez ces innocents l’image de Dieu même, a dit avec angoisse le Pape. Et on avait l’impression d’entendre les paroles de son prédécesseur Benoît XVI prononcées avec honte et humilité, prenant sur lui les péchés et les crimes de membres de l’Église, dans les différentes rencontres avec des groupes de victimes.

Et le Pape François lui aussi, devant Dieu et son peuple, a déclaré avec force la gravité et l’ignominie d’actes qui laissent des cicatrices pour toute la vie, et qui ont parfois causé le désespoir du suicide. En demandant ensuite pardon pour « les actes d’omission de la part des chefs de l’Église », il a remercié le courage de qui a fait émerger la vérité et déchiré ainsi les ténèbres d’une obscurité qui peut être guérie « par le baiser de l’enfant Jésus ».

Mais surtout le Pape a demandé la grâce des larmes, pour que « l’Église pleure et répare pour ses fils et ses filles qui ont trahi. Pour se relever après les chutes, en implorant que les loups ne dévastent plus le troupeau de Dieu.

La dignité de l’homme au centre de tout

05-07-2014 source : Radio Vatican

« Il est nécessaire de mettre la dignité de la personne humaine au centre de chaque perspective et de chaque action ». Le Pape François, lors de la messe célébrée ce samedi matin dans le stade de Campobasso, capitale du Molise, au centre-sud de l’Italie, est revenu dans son homélie sur les deux dimensions de l’Église : « peuple qui sert Dieu et peuple qui vit dans la liberté donnée par Lui ». Dans sa réflexion livrée aux fidèles réunis dans le stade, le Pape explique la dimension de la charité inhérente à l’Église et à ses membres.

S’il est une dimension existentielle de l’Église, c’est bien celle de la charité. Et il y en a besoin « dans les situations de précarité matérielle et spirituelle, spécialement celles liées au chômage ». Après s’être adressé au monde du travail un peu plus tôt dans la matinée, le Pape a insisté sur la « responsabilité des institutions, du monde de l’entreprise et de la finance » dans ce domaine. La dignité de la personne humaine doit être au centre. « Les autres intérêts, même si légitimes, sont secondaires car la personne humaine a été créée à l’image de Dieu. »

Au niveau ecclésial, cette charité pousse l’Église à s’occuper « des situations qui en ont le plus besoin, à être attentionnée envers les petits et les exclus », dans les cadres familial, paroissial et professionnel. « Le témoignage de la charité est la meilleure voie pour l’évangélisation », ainsi « la communauté chrétienne cherche à diffuser dans la société ce supplément d’âme qui permet de regarder au-delà et d’espérer ».

L’autre dimension de l’Église est celle de la liberté que Dieu lui a donné, liberté qui la libère « du péché, de l’égoïsme dans toutes ses formes ; la liberté de se donner et de le faire avec joie ». Les fidèles ont à « se servir », car ainsi « le Seigneur nous libère de l’ambition et des rivalités qui minent l’unité de la communion. Il nous libère aussi de la méfiance et de la tristesse », si « dangereuse » car elle nous abat complètement. C’est donc une invitation à la joie que le Pape a livré malgré les épreuves.

l’étoile du matin

Comme l’étoile du matin, en même temps que l’aurore, précède le lever du soleil, de même Marie, dès sa conception immaculée, a précédé la venue du Sauveur, le lever du « Soleil de justice » dans l’histoire du genre humain.

Jean Paul II, Encyclique « Redemptoris Mater » § 3

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Ceux qui ne découvrirent dans la chaste Reine des anges que des mystères d’obscurité sont bien à plaindre. II nous semble qu’on pourrait dire quelque chose d’assez touchant sur cette femme mortelle, devenue une mère immortelle d’un Dieu rédempteur, sur cette Marie à la fois vierge et mère, les deux états les plus divins de la femme, sur cette jeune fille de l’antique Jacob, qui vient au secours des misères humaines et sacrifie un fils pour sauver la race de ses pères. Cette tendre médiatrice entre nous et l’Éternel ouvre avec la douce vertu de son sexe un cœur plein de pitié à nos tristes confidences, … en interposant la beauté entre notre néant et la majesté divine !

Les cantiques de l’Église nous peignent la bienheureuse Marie assise sur un trône de candeur, plus éclatant que la neige ; elle brille sur ce trône comme une rose mystérieuse, ou comme l’étoile du matin, précurseur du soleil de la grâce ; les plus beaux anges la servent, les harpes et les voix célestes forment un concert autour d’elle ; on reconnaît dans cette fille des hommes le refuge des pécheurs, la consolation des affligés ; elle ignore les saintes colères du Seigneur, elle est toute bonté, toute compassion, toute indulgence.

La foule dans nos églises se compose de pauvres matelots qu’elle a sauvés du naufrage, de vieux invalides qu’elle a arrachés à la mort, de jeunes femmes dont elle a calmé les douleurs. Celles-ci apportent leurs nourrissons devant son image, et le cœur du nouveau-né, qui ne comprend pas encore le Dieu du ciel, comprend déjà cette divine mère qui tient son enfant dans ses bras.

D’après Chateaubriand – le Génie du Christianisme

 Voir aussi Bienheureux Jean XXIII – Discours II, p. 53
– Marie, étoile du matin, porte du ciel –> Lire la suite →