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pour un monde entrepreneurial humain

Ce mardi 23 janvier s’ouvre le rendez-vous du gotha international de la finance et de la politique, le forum économique de Davos en Suisse. Dans la petite commune des Alpes suisses de Davos se tient le plus grand forum économique du monde du 23 au 26 janvier 2018. Le Pape a adressé un message à ses 3 000 participants. Des  patrons du monde entier et quelques 70 chefs d’État et de gouvernement y prennent part.

Favoriser des approches inclusives au lieu d’un individualisme qui fragmente, servir et protéger l’humain au lieu de le réduire à une machine, ou encore améliorer la productivité, le marché et les lois du travail, en rejetant la «culture jetable».

Pour ce 48ème Forum économique de Davos (Suisse) à l’ambitieux thème de: «Créer un avenir partagé dans un monde fracturé», le Pape François a appelé les sommités du monde économique à oser prendre des mesures courageuses.

Les technologies, vecteurs de l’individualisme et de la démesure

En premier lieu, vient la technologie, dont la place rampante dans nos sociétés ne cesse de modeler et remodeler le monde globalisé lui-même. Dans sa lettre en date du 12 janvier mais rendue publique la veille du forum, le 22 janvier, le Pape a mis en garde contre ces technologies qui «conditionnées par des intérêts privés et une ambition du profit à tout prix», semblent davantage favoriser «la fragmentation et l’individualisme, plutôt que de faciliter des approches plus inclusives».

Dans un monde fragmenté, de nouveaux défis émergent. «Croissance du chômage, augmentation des diverses formes de pauvreté, élargissement du fossé socio-économique et nouvelles formes d’esclavage, ancrées dans des situations de pauvreté comme les conflits, les migrations ou divers problèmes sociaux».

L’homme comme nouvel objet de consommation à exploiter

Citant son allocution devant le Parlement européen de Strasbourg, le 25 novembre 2014, le Pape a renouvelé son désarroi quant à la prédominance des questions techniques et économiques dans le débat politique, «au détriment de l’intérêt véritable pour les êtres humains».

Une prévalence technico-économique, non sans risques: «Les hommes et les femmes risquent d’être réduits à de simples rouages ​​dans une machine qui les traite comme des objets de consommation à exploiter, de sorte que, comme c’est tragiquement apparent, chaque fois qu’une vie humaine ne s’avère plus utile pour cette machine, elle est jetée avec quelques hésitations». C’est un appel au refus de «la culture du prêt-à-jeter» et de la mentalité d’indifférence.

Ainsi il apparait vital de «sauvegarder la dignité de la personne humaine, en offrant à tous des possibilités réelles de développement humain intégral, et en mettant en œuvre des politiques économiques favorables à la famille». À cet égard, des modèles économiques enclins «à une éthique du développement durable et intégral, fondée sur des valeurs qui placent la personne humaine et ses droits au centre», doivent se développer.

Sur les nouvelles innovations technologiques, comme l’intelligence artificielle ou la robotique, que leur utilisation soit «au service de l’humanité et à la protection de notre maison commune, plutôt qu’au contraire, comme le prévoient, malheureusement, certaines évaluations».

Grave responsabilité du monde entrepreneurial

Enfin la responsabilité hors-norme incombant au monde entrepreneurial. «C’est un impératif moral, une responsabilité qui implique tout le monde: créer les bonnes conditions pour permettre à chaque personne de vivre dignement».

Il faut louer le «potentiel énorme des acteurs économiques pour améliorer la qualité de la productivité, créer de nouveaux emplois, respecter les lois du travail, lutter contre la corruption publique et privée et promouvoir la justice sociale. avec le partage juste et équitable des profits».

couronnement de la Vierge de la Porte à Trujillo

couronnement de la Vierge de la Porte à Trujillo

Ce samedi 20 janvier 2018, après sa rencontre avec les prêtres, consacrés et séminaristes péruviens, les invitant à se remémorer leurs racine, à un témoignage enthousiaste et à se rappeler avec joie de leur vocation, le Pape François, lors d’une veillée mariale,  place de Las Armas, au coeur de la ville, a rendu hommage à la piété populaire au Pérou en couronnant la «Virgen de la Puerta» («Vierge de la Porte»), portée en procession dans les rue deTrujillo.

Cette statue de Marie vient du sanctuaire d’Otuzco, un village de montagne situé à 75 kilomètres de Trujillo. Le 15 janvier, elle a été transportée en procession jusqu’à la cathédrale de la ville, accompagnée de milliers de personnes chantant et dansant, d’orchestres multicolores.

Parmi eux: «los negritos d’Otuzco», d’anciens travailleurs pauvres descendant d’esclaves d’Afrique, qui portaient une grande vénération pour la Vierge dont ils estiment qu’elle les a affranchis de leur servitude. Cette foi du peuple est chère au Pape François qui ne cesse de vanter ses richesses et son apport à la vie de l’Église locale.

 

La cérémonie très recueillie était placée sous la protection de la «Vierge de la Porte», patronne du Nord du Pérou, particulièrement vénérée dans le pays. Images de Vierges et de saints de la région avaient convergé à cette occasion, incarnant cette fois populaire très enracinée chez les Péruviens.

« Nous sommes réunis aujourd’hui pour nous retrouver avec la ‘‘Petite Mère de Otzuco’’», a dit le Pape avec affection, en évoquant cette Vierge de la Porte, placée sur la tribune installée pour cette veillée, devant la cathédrale. «Sur cette place, on veut faire trésor de la mémoire d’un peuple qui sait que Marie est Mère et qu’elle n’abandonne pas ses enfants», thématique de la mère protectrice évoquée en Amazonie.

Le Pape a également salué les autres images et statues de Vierges ou de saints qui avaient également été portés en procession jusqu’au centre de Trujillo, comme Notre-Dame de Grandes Grâces de Huamachuco, la Vierge de l’Assomption d’Usquil ou encore les reliques des Martyrs Conventuels de Chimbote, ville située sur la côte pacifique, au sud de Trujillo.

Au total elles étaient quarante à avoir rejoint le centre de Trujillo ces derniers jours, chacune portée avec ferveur par les peuples de ses villes et villages alentour.

«Chaque communauté, chaque petite localité de ce territoire est assistée par le visage d’un saint, par l’amour pour Jésus Christ et pour sa Mère.» «Là où il y a de la vie et des cœurs qui battent et qui sont désireux de trouver des raisons pour espérer, pour chanter, pour danser, pour vivre dignement.»

Marie, une mère métisse

Dieu se rend proche de chacun,  de manière à ce qu’on puisse le recevoir, «la langue de l’amour de Dieu, c’est toujours un dialecte». C’est dans cette Amérique Latine et plus particulièrement dans ce pays andin qu’est le Pérou que la Vierge manifeste sa proximité en adoptant les traits caractéristiques de ses enfants. Ainsi «Marie sera toujours une Mère métisse, parce que dans son cœur tous les sangs trouvent une place.»

‘‘Mère de la Miséricorde et de l’Espérance’’. C’est une Vierge qui a montré son amour pour les enfants de cette terre, quand placée sur une porte, elle les a défendus et les a protégés des menaces qui les affectaient, suscitant l’amour de tous les Péruviens jusqu’à nos jours. «Elle nous accompagne et nous conduit jusqu’à la Porte qui donne la Vie, parce que Jésus ne veut que personne reste dehors, à la merci de l’intempérie.» 

Le Pape est revenu sur l’année jubilaire de la miséricorde qu’il a convoquée il y a deux ans, formulant un vœu pour le Pérou: «que cette terre habitée par la Mère de la Miséricorde et de l’Espérance puisse démultiplier et apporter la bonté et la tendresse de Dieu en tout lieu.»

La violence faite aux femmes

Le Pape a conclu son discours en rendant hommage à d’autres figures maternelles qui marquent l’histoire péruvienne, à savoir les mères et les grand-mères. «Que serait notre vie sans elles! L’amour pour Marie doit nous aider à avoir des attitudes de reconnaissance et de gratitude envers la femme, envers nos mères et nos grands-mères qui sont un rempart dans la vie de nos cités. Presque toujours silencieuses, elles font avancer la vie.»

Le Souverain pontife a enfin dénoncé le fléau du féminicide, qui affecte particulièrement le continent américain, invitant à lutter contre cette source de souffrance. «Il y a de nombreuses situations de violence qui sont étouffées derrière tant de murs»,

«La Vierge de la Porte, Mère de la Miséricorde et de l’Espérance nous montre le chemin et nous indique la meilleure protection contre le mal de l’indifférence et de l’insensibilité.»

Pérou, un lieu d’espérance

Emblème national du Pérou
Emblème national du Pérou

Après ses rencontres en Amazonie, le Pape est revenu à Lima pour s’exprimer devant les autorités civiles péruviennes. Avant de s’entretenir en privé avec le président péruvien, le Souverain pontife s’est exprimé au palais du gouvernement devant 500 personnes, diplomates, politiques ou autorités religieuses.

Dans son discours, il est revenu sur l’espérance, thème-phare de son voyage apostolique dans le pays. «Cette terre péruvienne est un motif d’espérance.» Le Pérou, poumon amazonien est aussi cette «très riche pluralité culturelle qui constitue l’âme de ce peuple.» Elle a «un visage de sainteté», à l’image de Martin de Porres, fils de paysans, et grand saint  péruvien, connu et vénéré dans toute l’Amérique Latine.

«La dégradation de l’environnement, hélas, ne peut être séparée de la dégradation morale de nos communautés.» Ainsi, «unis pour défendre l’espérance», implique une plus grande culture de la transparence entre les entités publiques, le secteur privé, la société civile et la communauté ecclésiastique.

C’est vers la partie septentrionale du Pérou que le Pape François se dirige ce samedi 20 janvier, au deuxième jour de son voyage apostolique dans le pays.