Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

Les fruits de l’Esprit Saint

Audience générale : Les fruits de l’Esprit Saint

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 27 novembre 2024

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Cycle de catéchèse. L’Esprit et l’Épouse. L’Esprit Saint conduit le peuple de Dieu vers Jésus, notre espérance. 15. Les fruits de l’Esprit Saint. La joie

Chers frères et sœurs, bonjour !
Après avoir parlé de la grâce sanctifiante et des charismes, je voudrais m’arrêter aujourd’hui sur une troisième réalité. La première est la grâce sanctifiante ; la seconde, les charismes et quelle est la troisième ? Une réalité liée à l’action de l’Esprit Saint : les “fruits de l’Esprit”.

Une chose étrange. Quel est le fruit de l’Esprit ? Saint Paul en propose une liste dans la lettre aux Galates. Il écrit ainsi, prêtez attention : « Voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. » (5,22). Neuf ; ce sont les “fruits de l’Esprit”. Mais quel est ce “fruit de l’Esprit” ?

À la différence des charismes, que l’Esprit donne à qui il veut et quand il veut pour le bien de l’Église, les fruits de l’Esprit – je répète : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi – sont le résultat d’une collaboration entre la grâce et notre liberté. Ces fruits expriment toujours la créativité de la personne, en qui « la foi opère par la charité » (Ga 5,6), parfois de manière surprenante et joyeuse.

Dans l’Église, tout le monde ne peut pas être apôtre, tout le monde ne peut pas être prophète, tout le monde ne peut pas être évangéliste, pas tous ; mais tout le monde indistinctement peut et doit être charitable, patient, humble, artisan de paix, et ainsi de suite. Mais nous tous, oui, nous devons être charitables, nous devons être patients, nous devons être humbles, nous devons être des artisans de la paix et non de guerres.

Parmi les fruits de l’Esprit énumérés par l’Apôtre, je voudrais en souligner un, en rappelant les premiers mots de l’exhortation apostolique Evangelii gaudium : « La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus.

Ceux qui se laissent sauver par Lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus la joie naît et renaît toujours. » (n. 1). Mais parfois [il y aura] des moments tristes, mais toujours il y a la paix. Avec Jésus, il y a la joie et la paix.

La joie, fruit de l’Esprit, a en commun avec toutes les autres joies humaines un certain sentiment de plénitude et d’accomplissement, qui fait désirer qu’elle dure toujours. Nous savons par expérience qu’il n’en est rien, car tout ici-bas passe vite : Tout passe vite. Réfléchissons ensemble : la jeunesse, la jeunesse – elle passe vite -, la santé, la force, le bien-être, les amitiés, les amours… Elles durent cent ans, mais ensuite… plus rien.

Tout passe vite. D’ailleurs, même si ces choses ne passent pas vite, au bout d’un certain temps elles ne suffisent plus, voire elles ennuient, car, comme le disait saint Augustin à Dieu : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos jusqu’à ce qu’il se repose en toi… » [1]. Il y a l’inquiétude du cœur pour chercher la beauté, la paix, l’amour, la joie.

La joie de l’Évangile, la joie évangélique, à la différence de toute autre joie, peut se renouveler chaque jour et devenir contagieuse. « C’est seulement grâce à cette rencontre – ou nouvelle rencontre – avec l’amour de Dieu, qui se convertit en heureuse amitié, que nous sommes délivrés de notre conscience isolée et de l’auto-référence. […] Là se trouve la source de l’action évangélisatrice.

Parce que, si quelqu’un a accueilli cet amour qui lui redonne le sens de la vie, comment peut-il retenir le désir de le communiquer aux autres ? » (Evangelii gaudium, 8). Telle est la double caractéristique de la joie, fruit de l’Esprit : non seulement elle n’est pas soumise à l’inévitable usure du temps, mais elle se démultiplie dans le partage avec les autres ! La vraie joie se partage avec les autres ; elle est également contagieuse.

Il y a cinq siècles, vivait à Rome un saint – ici à Rome – appelé Philippe Néri. Il est entré dans l’histoire comme le saint de la joie. Écoutez bien ceci : le saint de la joie. Aux enfants pauvres et abandonnés de son Oratoire, il disait : “Mes enfants, soyez joyeux ; je ne veux pas de scrupules ni de mélancolie ; il me suffit que vous ne péchiez pas”. Et encore : “ Soyez bons, si vous le pouvez !”.

Ce que l’on connaît moins, en revanche, c’est la source de sa joie. Saint Philippe Neri avait un tel amour pour Dieu qu’il semblait parfois que son cœur allait éclater dans sa poitrine. Sa joie était, au sens le plus large, un fruit de l’Esprit. Le saint participa au Jubilé de 1575, qu’il enrichit de la pratique, maintenue par la suite, de la visite des Sept Églises. Il fut, en son temps, un véritable évangélisateur grâce à la joie.

Et il avait cela, précisément comme Jésus qui pardonnait toujours, qui pardonnait tout. Peut-être certains d’entre nous pensent-ils : “Mais j’ai commis tel péché, et il ne me sera pas pardonné… ” Écoutez bien ceci : Dieu pardonne tout, Dieu pardonne toujours. Et c’est cela la joie : être pardonné par Dieu. Et aux prêtres et aux confesseurs, je dis toujours : “Pardonnez tout, ne demandez pas trop ; mais pardonnez tout, tout, et toujours”.

Le mot “Évangile” signifie bonne nouvelle. C’est pourquoi on ne peut pas communiquer avec des mines tirées et un visage sombre, mais avec la joie de celui qui a trouvé le trésor caché et la perle précieuse.

Nous nous souvenons de l’exhortation que Saint Paul a adressée aux fidèles de l’Église de Philippes, et maintenant à nous tous – et que nous avons entendu dès le début – : « Soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie. Que votre bienveillance soit connue de tous les hommes » (Ph 4, 4-5).

Chers frères et sœurs, soyez dans la joie avec la joie de Jésus dans notre cœur. Je vous remercie.

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Je salue cordialement les pèlerins de langue française, en particulier les collégiens venus de France et les fidèles du Bénin.

Frères et sœurs, dans notre monde plongé dans la tristesse des guerres et des crises multiples, puissions-nous annoncer la joie évangélique par nos vies transfigurées par la présence de Dieu.

Que Dieu vous bénisse !

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La semaine prochaine, avec l’Avent, commencera également la traduction en chinois du résumé de la Catéchèse de l’Audience.

Et n’oublions pas le peuple ukrainien martyrisé. Il souffre tellement. Et vous, les enfants, pensez aux enfants et aux jeunes Ukrainiens qui souffrent en ce moment, sans chauffage, avec un hiver très dur, très sévère. Priez pour les enfants et les jeunes Ukrainiens. Le ferez-vous ? Allez-vous prier ? Vous tous. N’oubliez pas.

Prions également pour la paix en Terre sainte, à Nazareth, en Palestine, en Israël… Que la paix règne, que la paix règne. Les gens souffrent tellement. Prions pour la paix tous ensemble.

Ma bénédiction à tous !

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Résumé de la catéchèse du Saint-Père :

Frères et sœurs, après avoir parlé de la grâce sanctifiante et des charismes, notre réflexion aujourd’hui sera centrée sur une troisième réalité liée à l’action de l’Esprit Saint : les “fruits de l’Esprit”. Les fruits de l’Esprit sont le résultat d’une collaboration entre la grâce et la liberté. Dans l’Église, être charitable, patient, humble, ouvrier de paix est la vocation de tous.

La joie évangélique, à différence de tout autre joie, peut se renouveler chaque jour et devenir contagieuse. Comme fruit de l’Esprit, la joie n’est pas soumise à l’usure du temps. Elle se multiplie lorsqu’elle est partagée avec les autres. Saint Philippe Neri, le saint de la joie, fut en son temps un véritable évangélisateur par la joie. Le mot “Évangile”, qui signifie bonne nouvelle, doit être annoncé par la joie de celui qui a trouvé le trésor caché et la perle précieuse.

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[1] S. Augustin, Les Confessions, I, 1.

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Angélus: le pouvoir royal de Jésus réside dans sa parole vraie et efficace

Angélus: le pouvoir royal de Jésus réside dans sa parole vraie et efficace

Lors de la prière mariale de l’Angélus place Saint-Pierre dimanche 24 novembre, le Pape François a parlé sur la signification de «roi» et «monde», deux mots avec lesquels il a résumé l’épisode de Jésus en face de Pilate. «Jésus est roi en ce qu’il est témoin de la vérité», mais sa royauté n’est pas de ce monde. «Le monde de Jésus, en effet, est le monde nouveau, le monde éternel, que Dieu prépare pour tous en donnant sa vie pour notre salut».
LE PAPE FRANÇOIS

ANGELUS

Place Saint-Pierre
dimanche 24 novembre 2024
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Chers frères et sœurs, bon dimanche !

Aujourd’hui, l’Évangile de la liturgie (Jn 18,33-37) nous présente Jésus devant Ponce Pilate : il fut livré au procureur romain pour le condamner à mort. Cependant, un bref dialogue commence entre les deux – entre Jésus et Pilate. A travers les questions de Pilate et les réponses du Seigneur, deux mots en particulier se transforment et acquièrent un nouveau sens. Deux mots : le mot « roi » et le mot « monde ».

Jésus est roi, mais pas à la manière du monde

Pilate demande d’abord à Jésus : « Es-tu le roi des Juifs ? (v. 33). Raisonnant en fonctionnaire de l’empire, il veut comprendre si l’homme en face de lui constitue une menace, et pour lui un roi est l’autorité qui commande sur tous ses sujets. Ce serait une menace pour lui, n’est-ce pas ?

Jésus prétend être roi, oui, mais d’une manière bien différente ! Jésus est roi parce qu’il est témoin : c’est lui qui dit la vérité (voir v. 37). La puissance royale de Jésus, Verbe incarné, réside dans sa parole vraie, sa parole efficace, qui transforme le monde.

Le monde de Jésus rachète la création ruinée par le mal

Monde : voici le deuxième moment. Le « monde » de Ponce Pilate est celui où les forts l’emportent sur les faibles, les riches sur les pauvres, les violents sur les doux, c’est-à-dire un monde que nous connaissons malheureusement bien. Jésus est Roi, mais son royaume n’est pas de ce monde, ni même de ce monde (v. 36).

Le monde de Jésus, en effet, est le nouveau, l’éternel, que Dieu prépare pour chacun en donnant sa vie pour notre salut. C’est le royaume des cieux que Christ apporte sur terre en déversant la grâce et la vérité (voir Jean 1 : 17).

Le monde, dont Jésus est Roi, rachète la création ruinée par le mal avec la force de l’amour divin, Jésus sauve la création, car Jésus libère, Jésus pardonne, Jésus donne la paix et la justice. « Mais est-ce que c’est un vrai père ? » – « Oui ». Comment va ton âme ? Y a-t-il quelque chose de lourd là-dedans ? Une vieille faute ?

Jésus pardonne toujours. Jésus ne se lasse jamais de pardonner. C’est le Royaume de Jésus. S’il y a quelque chose de mauvais en vous, demandez pardon. Et Il pardonne toujours.

Écouter la voix du Roi de l’Univers

Frères et sœurs, Jésus parle à Pilate de très près, mais il reste éloigné de lui, car il vit dans un monde différent. Pilate ne s’ouvre pas à la vérité, même s’il l’a sous les yeux. Il fera crucifier Jésus, et fera écrire sur la croix : « Le roi des Juifs » (Jn 19, 19), mais sans comprendre le sens de ce mot : « Roi des Juifs », de ces paroles. Pourtant le Christ est venu dans le monde, ce monde : celui qui est de la vérité écoute sa voix (voir Jean 18, 37). C’est la voix du Roi de l’univers qui nous sauve.

Frères et sœurs, l’écoute du Seigneur éclaire nos cœurs et nos vies. Essayons donc de nous demander – chacun se demande dans son cœur – : puis-je dire que Jésus est mon « roi » ? Ou ai-je d’autres « rois » dans mon cœur ? Dans quel sens ? Sa Parole est-elle mon guide, ma certitude ? Je vois en Lui le visage miséricordieux de Dieu qui pardonne toujours, qui pardonne toujours, attend-il que nous nous pardonnions ?

Prions ensemble Marie, servante du Seigneur, en attendant avec espérance le Royaume de Dieu.

Angelus Domini…

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Après l’Angélus

Ces deux jeunes coréens ont pris aujourd’hui la Croix de la Journée de la Jeunesse, qui se trouvera à Séoul, et l’apporteront en Corée pour préparer la Journée. Applaudissements aux Coréens ! Et aussi des applaudissements aux jeunes Portugais qui ont remis la Croix.

Hier à Barcelone, le prêtre Cayetano Clausellas Ballvé et le fidèle laïc Antonio Tort Reixachs, tués par haine de la foi en 1936, en Espagne, ont été béatifiés. Nous rendons grâce à Dieu pour le grand don de ces témoins exemplaires du Christ et de l’Évangile. Applaudissements pour les nouveaux bienheureux !

Aujourd’hui, dans les Églises particulières, sont célébrées les 39èmes Journées Mondiales de la Jeunesse, sur le thème : Celui qui espère dans le Seigneur marche sans se fatiguer (voir Is 40,31). Même les jeunes se fatiguent parfois s’ils n’espèrent pas dans le Seigneur ! Je salue les délégations du Portugal et de la Corée du Sud, qui ont passé le « témoin » sur le chemin des JMJ de Séoul en 2027.

Comme je l’ai déjà annoncé, le 27 avril, dans le cadre du Jubilé des adolescents, je proclamerai saint le bienheureux Carlo Acutis. En outre, informé par le Dicastère pour les Causes des Saints que le processus d’étude de la Cause du bienheureux Pier Giorgio Frassati est sur le point de se conclure positivement, j’ai l’intention de le canoniser le 3 août lors du Jubilé des jeunes, après avoir obtenu l’avis des Cardinaux. . Applaudissements pour les prochains nouveaux saints.

Demain, le Myanmar célèbre la Fête nationale, en souvenir de la première manifestation étudiante qui a conduit le pays vers l’indépendance, et dans la perspective d’une période pacifique et démocratique qu’il peine encore aujourd’hui à réaliser.

J’exprime ma proximité avec l’ensemble de la population du Myanmar, en particulier avec ceux qui souffrent des combats en cours, notamment les plus vulnérables : les enfants, les personnes âgées, les malades et les réfugiés, dont les Rohingyas. J’adresse un appel sincère à toutes les parties concernées à faire taire leurs armes et à ouvrir un dialogue sincère et inclusif capable d’assurer une paix durable.

Et je vous salue tous cordialement, Romains et pèlerins. En particulier, les groupes de fidèles de Malte, d’Israël, de Slovénie et d’Espagne, ainsi que des diocèses de Mostar-Duvno et Trebinje-Mrkan et du territoire de l’abbaye de Fossanova.

Et nous continuons de prier pour l’Ukraine tourmentée et qui souffre tant, nous prions pour la Palestine, pour Israël, le Liban, le Soudan. Nous demandons la paix.

Et je souhaite à tous, à tous, un bon dimanche. S’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Bon déjeuner et à bientôt !


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Audience générale: «Le charisme est le don fait pour le bien commun»

Audience générale: «Le charisme est le don fait pour le bien commun»

Poursuivant son cycle de catéchèses ce mercredi 20 novembre place Saint-Pierre, le Pape François a mis en lumière les divers dons de l’Esprit Saint, ou charismes, en tant qu’outils vitaux pour l’unité et le service dans l’Église, en soulignant leur finalité pour le bien commun et leur enracinement dans l’amour.

«Les charismes sont les “joyaux”, ou ornements, que l’Esprit Saint distribue pour embellir l’Épouse du Christ.» «L’œuvre sanctifiante de l’Esprit Saint, qui se réalise dans les sacrements, dans la prière et en suivant l’exemple de la Mère de Dieu». En revanche pour ce nouveau volet, «le moment est donc venu de parler aussi de cette deuxième forme d’action de l’Esprit Saint dans l’Église, qui est l’action charismatique». «Deux éléments permettent de définir ce qu’est le charisme». «Tout d’abord, le charisme est le don fait “pour le bien commun”».

Le bien commun, élément caractéristique du charisme

«Le charisme est le don fait “à un”, ou “à quelques-uns” en particulier, et non à tous de la même manière, et c’est ce qui le distingue de la grâce sanctifiante, des vertus théologales et des sacrements, qui sont au contraire identiques et communs à tous»

La redécouverte des charismes pour promouvoir le rôle des femmes

Leur redécouverte permet de faire en sorte que la promotion des laïcs et, en particulier des femmes, soit comprise «non seulement comme un fait institutionnel et sociologique, mais aussi dans sa dimension biblique et spirituelle». En effet, «les laïcs ne sont pas une sorte de collaborateurs externes ou de troupes auxiliaires du clergé, mais ils ont leurs propres charismes et dons avec lesquels ils contribuent à la mission de l’Église».

«La charité multiplie les charismes»

Le Pape François a exprimé son désir de «dissiper un malentendu». Puisque «de nombreux chrétiens, en entendant parler de charismes, éprouvent tristesse et désillusion, car ils sont convaincus qu’ils n’en possèdent pas et se sentent exclus ou chrétiens de seconde zone». Une réelle «interprétation du charisme est importante», car ce sont des «dons ordinaires qui acquièrent une valeur extraordinaire lorsqu’ils sont inspirés par l’Esprit Saint et qu’ils s’incarnent avec amour dans les situations de la vie».

S’inspirant de saint Augustin, le Pape a défini la charité «comme “le chemin par excellence”», qui permet de partager tous les charismes dans l’unité de l’Église. La charité, «elle me fait aimer l’Église, ou la communauté dans laquelle je vis et, dans l’unité, tous les charismes, et pas seulement quelques-uns, sont “miens”, de même que “mes” charismes, même s’ils semblent moindres, sont ceux de tous et pour le bien de tous», a-t-il déclaré. «La charité multiplie les charismes; elle fait du charisme de l’un le charisme de tous».

AUDIENCE GÉNÉRALE

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 20 novembre 2024

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Cycle de catéchèse. L’Esprit et l’Épouse. L’Esprit Saint conduit le peuple de Dieu vers Jésus, notre espérance. 14. Les dons de l’Épouse. Les charismes, dons de l’Esprit pour l’utilité commune 

Chers frères et sœurs, bonjour !

Dans les trois dernières catéchèses, nous avons parlé de l’œuvre sanctifiante de l’Esprit Saint, qui se réalise dans les sacrements, dans la prière et en suivant l’exemple de la Mère de Dieu.

Mais écoutons ce que dit un texte célèbre du Concile Vatican II : « L’Esprit Saint ne se borne pas à sanctifier le Peuple de Dieu par les sacrements et les ministères, à le conduire et à lui donner l’ornement des vertus, il distribue aussi parmi les fidèles de tous ordres, répartissant ses dons à son gré en chacun » (1 Co 12, 11) (Lumen Gentium, 12). Nous aussi, nous avons des dons personnels que le même Esprit donne à chacun de nous.

Le moment est donc venu de parler aussi de cette deuxième forme d’action de l’Esprit Saint qui est l’action charismatique. Une parole un peu difficile, je vais l’expliquer. Deux éléments permettent de définir ce qu’est le charisme. Tout d’abord, le charisme est le don fait “pour le bien commun” (1 Co 12,7), pour être utile à tous. En d’autres termes, il n’est pas prioritairement et ordinairement destiné à la sanctification de la personne, mais au “service” de la communauté (Cf.1 P 4,10).

Ceci est le premier aspect. En second lieu, le charisme est le don fait “à un”, ou “à quelques-uns” en particulier, et non à tous de la même manière, et c’est ce qui le distingue de la grâce sanctifiante, des vertus théologales et des sacrements, qui en revanche sont identiques et communs pour tous. Le charisme est donné à une personne ou une communauté spécifique. C’est un don que Dieu te fait.

Le Concile nous l’explique également. L’Esprit Saint – dit-il – « dispense aussi des grâces spéciales aux fidèles de tout ordre, par lesquelles il les rend aptes et prêts à assumer les œuvres et les charges utiles au renouvellement et à la plus grande expansion de l’Église, selon ces paroles : À chacun […] la manifestation de l’Esprit est donnée pour qu’il en résulte un avantage commun » (1 Co 12, 7).

Les charismes sont les “joyaux”, ou les ornements, que l’Esprit Saint distribue pour rendre belle l’Épouse du Christ. On comprend ainsi pourquoi le texte conciliaire se termine par l’exhortation suivante. « Et ces charismes, des plus éclatantes aux plus simples et aux plus largement diffusées, doivent être reçues avec action de grâce et apporter consolation, étant avant tout ajustées aux nécessités de l’Église et destinées à y répondre » (LG, 12).

Benoît XVI a affirmé : « Quiconque regarde l’histoire de l’époque postconciliaire, peut reconnaître la dynamique du vrai renouvellement, qui a souvent pris des formes inattendues dans des mouvements pleins de vie et qui rend presque tangible l’inépuisable vivacité de la sainte Église ». Et ceci est le charisme donné à un groupe, à travers une personne.

Nous devons redécouvrir les charismes afin que la promotion des laïcs et des femmes en particulier soit alors comprise non seulement comme un fait institutionnel et sociologique, mais dans sa dimension biblique et spirituelle.

Les laïcs ne sont pas les derniers, non, les laïcs ne sont pas une espèce de collaborateurs externes ou des “troupes auxiliaires” du clergé, non ! Ils ont leurs propres charismes et dons avec lesquels ils contribuent à la mission de l’Église.

Ajoutons une autre chose : lorsqu’on parle de charismes, il faut immédiatement dissiper un malentendu : celui de les identifier avec des dons et des capacités spectaculaires et extraordinaires ; il s’agit en revanche de dons ordinaires – chacun de nous a son propre charisme – qui acquièrent une valeur extraordinaire lorsqu’ils sont inspirés par l’Esprit Saint et s’incarnent avec amour dans les situations de la vie.

Une telle interprétation du charisme est importante, car de nombreux chrétiens, en entendant parler de charismes, éprouvent tristesse ou désillusion, car ils sont convaincus qu’ils n’en possèdent pas et se sentent exclus ou chrétiens de seconde zone. Non, il n’y a pas de chrétiens de seconde zone, non, chacun a son charisme personnel et aussi communautaire.

À ceux-là, Saint Augustin répondait en son temps par une comparaison assez éloquente : « Si tu aimes – disait-il à son peuple – ce que tu possèdes n’est pas moindre. Si, en effet, tu aimes l’unité, tout ce qu’elle contient est possédé par quelqu’un, tu le possèdes aussi ! Seul l’œil, dans le corps, a la faculté de voir ; mais est-ce seulement pour lui-même que l’œil voit ? Non, il voit pour la main, pour le pied, pour tous les membres » [1].

Voilà dévoilé le secret pour lequel la charité est définie par l’Apôtre comme “le chemin par excellence” (1 Co 12, 31) : elle me fait aimer l’Église, ou la communauté dans laquelle je vis et, dans l’unité, tous les charismes, et pas seulement quelques-uns, sont “miens”, de même que “mes” charismes, même s’ils semblent moindres, sont ceux de tous et pour le bien de tous. La charité multiplie les charismes ; elle fait du charisme de l’un, d’une seule personne, le charisme de tous. Je vous remercie !

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[1] S. Augustin, Traités sur Jean, 32,8.

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Je salue cordialement les pèlerins de langue française, en particulier les élèves de l’Institut Stanislas et du Collège St Michel.

Je vous encourage à recevoir avec gratitude les charismes offerts par l’Esprit Saint à certains hommes et femmes pour l’édification et la consolation de l’Église.

Dieu vous bénisse !

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ANNONCE ET APPEL

À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant et de l’adolescent, qui est célébrée aujourd’hui, je voudrais annoncer que se tiendra ici, au Vatican, le 3 février, la Rencontre mondiale sur les droits de l’enfant intitulée « Aimons-les et protégeons-les », avec la participation d’experts et de personnalités de différents Pays.

Ce sera l’occasion d’identifier de nouveaux moyens d’aider et de protéger des millions d’enfants qui n’ont toujours pas de droits, qui vivent dans des conditions précaires, sont exploités et abusés, et subissent les conséquences dramatiques des guerres.

Il y a un groupe d’enfants qui préparent cette Journée, merci à vous tous qui le faites. Et voici une petite fille courageuse qui arrive…, maintenant ils arrivent tous ! C’est ainsi que sont les enfants, l’un commence et ensuite ils viennent tous ! Saluons les enfants ! Merci à vous Bonjour.

Je voudrais dire que l’année prochaine, à l’occasion de la Journée des adolescents, je canoniserai le bienheureux Carlo Acutis et que pour la Journée de la jeunesse, l’année prochaine, je canoniserai le Bienheureux Pier Giorgio Frassati.

Hier, mille jours se sont écoulés depuis l’invasion de l’Ukraine. Un anniversaire tragique pour les victimes et les destructions qu’elle a causées, mais aussi une honte pour l’ensemble de l’humanité ! Mais cela ne doit pas nous empêcher de nous tenir aux côtés du peuple ukrainien martyrisé, ni de plaider pour la paix et d’œuvrer pour que les armes cèdent la place au dialogue et la confrontation à la rencontre.

Avant-hier, j’ai reçu une  lettre d’un jeune universitaire ukrainien, qui dit : « Père, lorsque tu te souviendras de mon pays mercredi et que tu auras l’occasion de parler au monde entier au millième jour de cette terrible guerre, je t’en prie, ne parle pas seulement de nos souffrances, mais témoigne aussi de notre foi : même si elle est imparfaite, sa valeur n’en est pas diminuée, elle dépeint l’image du Christ Ressuscité avec des coups de pinceau douloureux ». Ces jours-ci, il y a eu trop de morts dans ma vie. Vivre dans une ville où un missile tue et blesse des dizaines de civils, être témoin de tant de larmes est difficile. J’aurais voulu m’échapper, j’aurais voulu redevenir l’enfant que ma mère embrassait, j’aurais honnêtement voulu être dans le silence et l’amour, mais je remercie Dieu parce qu’à travers cette douleur, j’apprends à aimer davantage. La douleur n’est pas seulement un chemin vers la colère et le désespoir ; si elle est fondée sur la foi, elle est un bon maître de l’amour. Père, si la douleur fait mal, cela signifie que tu aimes ; par conséquent, lorsque tu parles de notre douleur, lorsque tu te souviens des mille jours de souffrance, souviens-toi aussi des mille jours d’amour, car seuls l’amour, la foi et l’espérance donnent un véritable sens aux blessures ». C’est ce qu’a écrit ce jeune universitaire ukrainien.

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Résumé de la catéchèse du Saint-Père :

Chers frères et sœurs,

L’Esprit Saint sanctifie le Peuple de Dieu, non seulement par les sacrements et les ministères en le parant de vertus et en le guidant, mais aussi en distribuant à chacun ses propres dons, rappelle le Concile Vatican II dans la Lumen Gentium. Ce second mode opératoire de l’Esprit Saint dans l’Église est l’action charismatique.

Les charismes étant donnés à certains pour l’utilité commune, ils sont davantage destinés au service de la communauté, c’est-à-dire de l’Église, qu’à la sanctification personnelle. Ces grâces peuvent donc être reçues par tous avec reconnaissance et apporter consolation.


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