Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

SAINT FIDÈLE DE SIGMARINGEN, MARTYR EN 1622.

SAINT FIDÈLE DE SIGMARINGEN, MARTYR EN 1622.

Fidèle de Sigmaringen, vénéré en la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Coire
Fidèle de Sigmaringen, vénéré en la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption de Coire (Suisse)

24 Avril : « Mémoire de saint Fidèle de Sigmaringen, prêtre et martyr. Né à Sigmaringen, Marc Roy, fut avocat à Colmar avant d’entrer chez les capucins de Fribourg-en-Brisgau, où il reçut le nom de Fidèle. Menant une vie austère dans les veilles et la prière, assidu à prêcher la parole de Dieu, il fut envoyé au pays des Grisons, en Suisse, pour y affermir la vérité catholique, pour laquelle il fut massacré à Scewis, en 1622, par un groupe de soldats fanatiques.  » (Martyrologe Romain)

Avocat, religieux et martyr, saint Fidèle a été suscité de Dieu, en son temps, pour réformer les mœurs et combattre le protestantisme. Marc Rey, ou Roy, naquit en 1577, à Sigmaringen, en Souabe. Ses parents déposèrent dans son âme une piété profonde qui fut le germe des plus solides vertus. A la mort de son père, il alla étudier à l’Université de Fribourg-en-Brisgau.

Par la pratique de la mortification et de la sobriété, ses deux vertus favorites, il sut éviter les écueils où souvent échouent  les jeunes gens. Après avoir franchi tous les grades universitaires, il fit un voyage d’études à travers la France, l’Espagne et l’Italie.

A son retour il s’établit à Einsisheim, en Alsace, et y exerça la profession d’avocat. Un incident lui apprit combien il est difficile d’être avocat et de rester bon chrétien.

Un jour plaidant une cause juste. il défendit si bien le droit de son client que l’avocat de la partie ad- verse ne put rien lui répondre. Au sortir de l’audience celui-ci lui reprocha sur un ton irrité d’avoir terminé l’affaire en une seule séance: « Vos preuves sont fortes ; mais les deviez-vous produire si tôt ? Il sied que les parties achètent leur droit un peu cher ».

Ce discours fut pour le jeune avocat un coup de foudre. « J’avais cru jusqu’ici, répondit-il, que tous les frais inutiles, les dépenses occasionnées par la seule négligence de l’avocat, étaient autant de dettes qu’il contractait avec sa partie ; ni le temps, ni l’expérience ne me feront changer d’avis ». Cette révélation sur les mœurs du barreau fit qu’il abandonna la profession d’avocat.

Après quelques jours de retraite il alla solliciter les Capucins de Fribourg de l’admettre comme religieux. Le supérieur, en présence de cet homme de trente-cinq ans, ne consentit à l’admettre qu’après qu’il aurait reçu préalablement les ordres sacrés. Marc Rey se fit ordonner en septembre 1612. Le 4 octobre 1613 il faisait profession et prenait le nom de Fidèle, sous lequel il sera désormais connu.

Les supérieurs appliquèrent le Frère Fidèle à la prédication, pour laquelle il avait des dispositions réelles : sa foi ardente, ses qualités intellectuelles, sa science étendue, son expérience du monde, une taille élevée et une voix vibrante faisaient de lui un des meilleurs prédicateurs de son temps.

Il exerça son ministère surtout dans le Tyrol et en Suisse. C’est à Feldkirch que son zèle reçut sa meilleure récompense. Le désordre des mœurs de ce pays était devenu proverbial. Frère Fidèle tonna à toute occasion contre le luxe, l’immoralité, l’injustice, la désobéissance aux lois de l’Église, et vainquit toutes les résistances ; à sa voix, Feldkirch se transforma.

Le pays des Grisons, bien que dépendant de l’Autriche, était toujours en révolte ; l’introduction du protestantisme avait donné de nouvelles forces à l’insurrection. Le Saint entreprit de convertir ces montagnards, et parcourut le pays, prêchant avec une ardeur que ne ralentissaient pas les dangers encourus.

Mais les esprits étaient tellement surexcités par les prédicants que tant d’efforts aboutissaient à peu de résultats. Le 23 avril 1622, étant à Grusel, il reçut des habitants de Serwis une invitation à prêcher. Frère Fidèle soupçonna un guet-apens, mais ne voulut pas s’y soustraire.

Le lendemain, pendant qu’il était en chaire, une émeute éclata aux portes de l’église, et un coup de mousquet fut tiré sur le prédicateur. Il se précipita hors de l’église, mais fut bientôt rejoint par une vingtaine de personnes. L’un d’eux le somma d’apostasier. Fidèle répondit : « J’ai été envoyé au milieu de vous pour vous éclairer.»

A l’instant un des forcenés asséna un coup de sabre sur la tête et le terrassa ; tous les autres alors achevèrent leur victime. Sa dernière parole fut celle de Jésus sur la croix : « Pardonne, ô mon Dieu ! Seigneur Jésus, aie pitié de moi ! Marie, Mère de Jésus, assistez-moi ! »

Prière de Saint Fidèle de Sigmaringen

« Ô Très Sainte Trinité, que ne puis-je Vous aimer et Vous louer » :

« Ô Père Tout-Puissant, je Vous supplie par la Grandeur de votre Majesté et par l’immensité de votre Puissance de fixer ma mémoire dans votre Souvenir.

Ô divin Fils, Sagesse du Père, éclairez mon intelligence, donnez-lui pleine connaissance de la souveraine Vérité et de toutes mes misères.

Ô Saint-Esprit, Amour du Père et du Fils, faites par Votre ineffable Bonté que ma volonté soit toujours conforme à la Vôtre très sainte, embrasez-la si puissamment du feu sacré de votre Amour, qu’aucune eau ne soit capable de l’éteindre.

Ô Très Sainte Trinité, un seul Dieu, et mon unique Bien, que ne puis-je Vous aimer et Vous louer autant que Vous aiment et Vous louent tous les esprits bienheureux ! Ainsi soit-il. »

Marie est la Mère de la miséricorde

La Mère de Miséricorde de Vilnius
La Mère de Miséricorde de Vilnius

Tournons le regard vers la Très Sainte Vierge Marie, que nous invoquons  sous le titre très doux de Mater misericordiae. Marie est la « Mère de la miséricorde » car elle est la mère de Jésus, celle en qui Dieu a révélé au monde son « cœur » débordant d’amour.

C’est précisément à travers la maternité de la Vierge Marie que la compassion de Dieu pour l’homme a été communiquée au monde.

Commencée à Nazareth par l’œuvre de l’Esprit Saint, la maternité de Marie a trouvé son accomplissement dans le mystère pascal, lorsqu’elle fut intimement associée à la passion, la mort et la résurrection du divin Fils. Au pied de la croix, la Madone devint la mère des disciples du Christ, mère de l’Église et de l’humanité tout entière. Mater misericordiae.

À présent, en récitant l’antienne du Regina cæli, nous voulons demander à Marie de vivre intimement la joie de la résurrection, et de coopérer avec un profond engagement au dessein universel de la miséricorde divine.

JEAN-PAUL II REGINA CÆLI Dimanche 22 avril 2001 (Il y a exactement 20 ans)

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

Catéchèse – 30. La prière vocale

Catéchèse – 30La prière vocale,
moyen le plus sûr de s’adresser à Dieu

Continuant son cycle de catéchèses sur la prière, le Pape François a pris ce mercredi matin le thème de la prière vocale. Une «donnée indispensable de la vie chrétienne», enseignée par les Écritures Saintes et par les personnes qui demeurent fidèles à leur mission de priant.

Résumé de la catéchèse

Frères et sœurs, la prière est dialogue avec Dieu. En un certain sens, chaque créature dialogue avec Dieu mais chez l’être humain, la prière devient parole, invocation, chant, poésie. Les paroles naissent de nos expériences et façonnent notre existence.

C’est pourquoi les Saintes Écritures nous enseignent à prier aussi avec des paroles parfois audacieuses. Personne ne naît saint et lorsque des sentiments mauvais frappent à la porte de notre cœur, nous devons être capables de les désamorcer avec la prière et la parole de Dieu.

La première prière humaine est toujours une récitation vocale. Même si prier ne signifie pas répéter des paroles, la prière vocale est cependant la plus sûre et il est toujours possible de la pratiquer. La prière des lèvres, murmurée ou récitée en chœur, est toujours possible.

Nous devrions tous avoir l’humilité de certaines personnes âgées qui, dans l’Église, récitent à mi-voix les prières apprises durant l’enfance. Ces pratiquants de la prière humble sont souvent les grands intercesseurs des paroisses.

On peut toujours demeurer fidèle à la prière vocale. Nous ne devons pas la mépriser car elle présente à Dieu les demandes qu’il veut écouter. Jésus ne nous a pas laissés dans le brouillard. Il nous a enseigné la prière du Notre Père.

***

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Bibliothèque du palais apostolique
Mercredi 21 avril 2021


Chers frères et sœurs, bonjour!

La prière est un dialogue avec Dieu; et chaque créature, dans un certain sens, «dialogue» avec Dieu. Dans l’être humain, la prière devient parole, invocation, chant, poésie… La Parole divine s’est faite chair, et dans la chair de chaque homme la parole revient à Dieu dans la prière.

Les paroles sont nos créatures, mais elles sont aussi nos mères et, dans une certaine mesure, elles nous façonnent. Les paroles d’une prière nous font traverser sans danger une vallée obscure, elles nous dirigent vers des prés verts et riches en eaux, nous faisant banqueter sous les yeux de l’ennemi, comme nous enseigne à réciter le psaume (cf. Ps 23).

Les paroles naissent des sentiments, mais il existe aussi le chemin inverse: celui selon lequel les paroles modèlent les sentiments. La Bible éduque l’homme à faire en sorte que tout ait lieu à la lumière de la parole, que rien d’humain ne soit exclu, censuré.

La douleur, en particulier, est dangereuse si elle reste cachée, enfermée en nous… Une douleur enfermée en nous, qui ne peut pas s’exprimer ou se manifester, peut empoisonner l’âme; elle est mortelle.

C’est pour cette raison que l’Ecriture Sainte nous enseigne à prier également avec des paroles parfois audacieuses. Les auteurs sacrés ne veulent pas nous tromper sur l’homme: ils savent que son cœur abrite également des sentiments peu édifiants, et même de la haine.

Aucun de nous ne naît saint, et quand ces mauvais sentiments frappent à la porte de notre cœur, il faut être capables de les désamorcer par la prière et par les paroles de Dieu.

Dans les psaumes, nous trouvons également des expressions très dures contre les ennemis – des expressions que les maîtres spirituels nous enseignent à rapporter au diable et à nos péchés –; pourtant ce sont des paroles qui appartiennent à la réalité humaine et qui ont fini dans le  cadre des Saintes Écritures.

Elles sont là pour témoigner que si les paroles n’existaient pas face à la violence, pour rendre les mauvais sentiments inoffensifs, pour les canaliser de manière à ce qu’ils ne nuisent pas, le monde en serait entièrement submergé.

La première prière humaine est toujours une récitation vocale. Ce sont toujours les lèvres qui bougent les premières. Même si nous savons tous que prier ne signifie pas répéter des mots, toutefois la prière vocale est la plus sûre et il est toujours possible de l’exercer.

Les sentiments, en revanche, pour autant qu’ils soient nobles, sont toujours incertains: ils vont et viennent, ils nous abandonnent et reviennent. Pas seulement, les grâces de la prière sont elles aussi imprévisibles: dans certains moments les consolations abondent, mais dans les jours les plus sombres, elles semblent entièrement s’évaporer.

La prière du cœur est mystérieuse et quelquefois elle disparaît. La prière des lèvres, celles que l’on murmure ou que l’on récite en chœur, est en revanche toujours disponible, et nécessaire comme le travail manuel. Le Catéchisme affirme:«La prière vocale est une donnée indispensable de la vie chrétienne.

Aux disciples, attirés par la prière silencieuse de leur Maître, Celui-ci enseigne une prière vocale: le “Notre Père”» (n. 2701).  « Enseigne-nous à prier », demandent les disciples à Jésus, et Jésus enseigne une prière vocale: le Notre Père. Et dans cette prière, il y a tout.

Nous devrions tous avoir l’humilité de certaines personnes âgées qui, à l’église, peut-être parce que leur ouïe n’est désormais plus très fine, récitent à mi-voix les prières qu’elles ont apprises étant enfants, remplissant la nef de murmures.

Cette prière ne dérange pas le silence, mais témoigne de la fidélité au devoir de l’oraison, pratiquée pendant toute une vie, sans jamais y manquer. Ces orants à la prière humble sont souvent les grands intercesseurs des paroisses: ils sont les chênes qui, d’année en année, élargissent leurs frondaisons, pour offrir de l’ombre au plus grand nombre possible de personnes.

Seul Dieu sait quand et combien leur cœur était uni à ces prières récitées: ces personnes ont sûrement dû elles aussi affronter des nuits et des moments de vide. Mais on peut toujours rester fidèles à la prière vocale. Elle est comme une ancre: il faut s’agripper à la corde pour rester là, fidèles, quoi qu’il arrive.

Nous avons tous quelque chose à apprendre de la constance de ce pèlerin russe, dont parle une œuvre de spiritualité célèbre, qui a appris l’art de la prière en répétant la même invocation un nombre de fois infini: «Jésus, Christ, Fils de Dieu, Seigneur, aie pitié de moi, pécheur!»   (cf. CEC, n. 2616; n. 2667).

Il répétait seulement cela. Si des grâces arrivent dans sa vie, si la prière devient un jour ardente au point de percevoir la présence du Royaume ici-bas parmi nous, si son regard se transforme jusqu’à être comme celui d’un enfant, c’est parce qu’il a insisté dans la récitation d’une simple jaculatoire chrétienne.

A la fin, celle-ci devient une partie de son souffle. L’histoire du pèlerin russe est belle: il s’agit d’un livre à la portée de tous. Je vous conseille de le lire: il vous aidera à comprendre ce qu’est la prière vocale.

Nous ne devons donc pas mépriser la prière vocale. Certains disent: «Mais c’est quelque chose pour les enfants, pour les gens ignorants; moi, je recherche la prière mentale, la méditation, le vide intérieur pour que Dieu vienne». Je vous en prie, il ne faut pas tomber dans l’arrogance de mépriser la prière vocale.

C’est la prière des simples, celle que Jésus nous a enseignée: Notre Père, qui es aux cieux…     Les paroles que nous prononçons nous prennent par la main; à certains moments elles redonnent le goût, elles éveillent même le plus endormi des cœurs, elles réveillent des sentiments dont nous avions égaré la mémoire, et nous conduisent par la main vers l’expérience de Dieu.

Et ce sont surtout les seules qui, de manière certaine, adressent à Dieu les questions qu’Il veut écouter. Jésus ne nous a pas laissés dans le brouillard. Il nous a dit: «Vous donc, priez ainsi!». Et il a enseigné la prière du Notre Père (cf. Mt 6, 9).


Salutations

Je suis heureux de saluer les personnes de langue française ! Que nos paroles, nos chants et nos invocations deviennent pour notre Dieu louange, action de grâce et adoration en vue d’une plus grande fécondité de nos vies. A tous, ma bénédiction !

Je salue cordialement les fidèles anglophones. Dans la joie du Christ ressuscité, j’invoque sur vous et vos familles l’amour miséricordieux de Dieu notre Père. Que le Seigneur vous bénisse!

Je salue cordialement les frères et sœurs germanophones. La prière vocale nous aide à être fidèles et constants dans la prière, surtout lorsque nous vivons des moments de vide. Que le Saint-Esprit nous guide dans la prière et la vie selon la parole de Dieu.

Je salue cordialement les fidèles de langue espagnole. Demandons au Seigneur Jésus, Parole faite chair, de nous apprendre à prier comme il l’a enseigné à ses disciples, afin qu’avec l’aide du Saint-Esprit, restons fidèles à la prière toute notre vie, et sachons comment mettre nos paroles en accord avec les intentions de notre cœur. Que Dieu te bénisse. Merci beaucoup.

Je salue cordialement les fidèles lusophones. Je vous invite à ne pas abandonner les simples prières que nous avons apprises dans notre famille en tant qu’enfants et que nous gardons dans notre mémoire et dans nos cœurs. Ce sont des moyens sûrs d’accéder au cœur du Père. Que Dieu te bénisse!

Je salue les fidèles arabophones. Je salue les fidèles arabophones. Nous n’avons pas peur si les grâces de la prière semblent avoir disparu dans un moment d’obscurité, mais nous tenons plutôt à réciter ne serait-ce qu’une simple prière jaculatoire chrétienne, de sorte que cela devienne une partie de notre souffle qui nous fait ressentir la présence du Royaume de Dieu, ici, parmi nous. Que le Seigneur vous bénisse tous et vous protège toujours de tout mal!

Je salue cordialement les Polonais. Après-demain, vous fêterez la solennité de saint Adalbert, évêque et martyr, saint patron de la Pologne. Homme de foi profonde, de prière et de force, son martyre est devenu le fondement de l’identité de l’Église en Pologne. Qu’il obtienne pour vous, de Dieu, le courage de la foi et la croissance humaine, sociale et spirituelle de votre patrie. Je vous bénis de tout mon cœur.

J’adresse un salut cordial aux fidèles italophones. Que le temps de Pâques, nous vivons en vous la renaissance dans le Saint-Esprit, pour vivre une vie nouvelle, pleine d’amour et d’enthousiasme.

Enfin, comme d’habitude, mes pensées vont aux personnes âgées, aux jeunes, aux malades et aux jeunes mariés. En cette période pascale, qui nous invite à méditer sur le mystère de la résurrection du Christ, que la gloire du Seigneur soit une source d’énergie nouvelle pour tous sur le chemin du salut.

Ma bénédiction à tous!


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