Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

Le Carême, temps de l’engagement et de l’effort spirituels

lumière sur nos pas
lumière sur nos pas

Le Carême doit être le temps de l’engagement et de l’effort spirituels plus que toute autre période de l’année liturgique. Mais c’est justement cet effort, cette ascèse qui donnent la joie. Durant le Carême, l’Église vit dans la perspective de la joie de la Résurrection. L’invitation à la joie qui nous est faite aujourd’hui nous rappelle aussi cette perspective; mais elle est encore plus celle qui provient de l’effort.

Nous éprouvons cette joie chaque fois que nous dominons notre paresse spirituelle, la pusillanimité, l’indifférence. Nous goûtons toujours la joie lorsque nous prenons conscience d’avoir été capables d’exiger quelque chose de nous-mêmes ; que nous sommes capables de donner quelque chose de nous mêmes à Dieu et au prochain. C’est une vraie joie spirituelle qui naît du renoncement et de l’effort.

Que le temps du Carême nous stimule donc à accomplir nos devoirs chrétiens. Retrouvons la joie que vous donne la participation à l’Eucharistie. Que la messe dominicale devienne pour nous le point culminant de chaque semaine. Retrouvons la joie qui provient de la pénitence, de la conversion, de ce merveilleux Sacrement de la réconciliation avec Dieu, que le Christ a institué pour rétablir la paix dans la conscience de l’homme. Entrons dans cette ascèse spirituelle qu’exige de nous le Carême.

JEAN-PAUL II ANGÉLUS IVe Dimanche de Carême, 25 mars 1979

La prière n’est pas un accessoire, une « option », mais elle est une question de vie ou de mort. En effet, seul celui qui prie se confie à Dieu avec un amour filial, peut entrer dans la vie éternelle, qui est Dieu lui-même. Au cours de ce temps de Carême, demandons à Marie, Mère du Verbe incarné et Maîtresse de vie spirituelle, de nous enseigner à prier comme le faisait son Fils, afin que notre existence soit transformée par la lumière de sa présence.

BENOÎT XVI ANGÉLUS IIe Dimanche de Carême, 4 mars 2007

prier pour l’aide et l’accueil des sans-abri

prier pour l’aide et l’accueil des sans-abri

Lors de la messe célébrée en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, le Saint-Père a adressé ses pensées à ceux qui n’ont pas de toit en ce moment. Dans son homélie, il a invité les fidèles à contempler Jésus sur la Croix : le Seigneur a pris nos péchés sur Lui pour nous sauver.
le serpent d'airain et la croix
le serpent d’airain et la croix

En ce mardi de la 5ème semaine de Carême, l’antienne d’entrée était issue du psaume 26: «Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur» (Ps 26, 14).

Le Pape François a ensuite formulé l’intention de prière suivante: «Prions aujourd’hui pour les sans-abri, en ce moment où l’on nous demande d’être chez nous. Que la société des hommes et des femmes prenne conscience de cette réalité et apporte son aide, et que l’Église les accueille».

Homélie :

Dans son homélie, commentant les lectures du jour, issues du Livre des Nombres (Nb 21, 4-9) et de l’Évangile de Jean (Jn 8, 21-30), le Saint-Père a proposé une méditation sur Jésus crucifié.

«Le serpent n’est certainement pas un animal sympathique: il est toujours associé au mal. Dans la révélation également, le serpent est précisément l’animal que le diable utilise pour nous inciter à pécher. Dans l’Apocalypse, le diable est appelé l’ancien serpent, celui qui mord dès le début, qui empoisonne, détruit, tue. Pour cela, il ne peut pas sortir.

Si l’on veut sortir comme quelqu’un qui propose de belles choses, ce sont des fantasmes: nous y croyons et donc nous péchons. C’est ce qui est arrivé au peuple d’Israël: il n’a pas pu supporter le voyage. Il était fatigué. Et le peuple a parlé contre Dieu et contre Moïse. C’est toujours la même musique, n’est-ce pas ? «Pourquoi nous avez-vous fait sortir d’Égypte ? Pour nous faire mourir dans ce désert ?

Parce qu’il n’y a ni pain ni eau et que nous en avons assez de cette nourriture légère, la manne». Et l’imagination – nous l’avons lu ces derniers jours – va toujours en Égypte: «Mais, là-bas, nous étions bien, nous avons bien mangé …». Et aussi, il semble que le Seigneur n’ait pas supporté le peuple à ce moment-là. Il s’est mis en colère: on voit parfois la colère de Dieu…

Et puis le Seigneur a envoyé parmi le peuple des serpents brûlants qui ont mordu le peuple et sont morts. «Un grand nombre d’Israélites sont morts». À ce moment-là, le serpent est toujours l’image du mal: le peuple voit dans le serpent le péché, il voit dans le serpent ce qui a fait le mal. Et il vient chez Moïse et dit: «Nous avons péché parce que nous avons parlé contre l’Éternel et contre toi.

Supplie le Seigneur de nous enlever ces serpents». Il se repent. Voici l’histoire dans le désert. Moïse a prié pour le peuple et l’Éternel lui a dit: «Fais un serpent et mets-le sur une tige de métal. Celui qui est mordu et qui le regarde restera en vie».

Mais voilà ce qui me vient à l’esprit: n’est-ce pas de l’idolâtrie ? Il y a le serpent, là, une idole, qui me donne la santé… On ne comprend pas. C’est logique, on ne comprend pas, parce que c’est une prophétie, c’est une annonce de ce qui va se passer.

Car nous avons aussi entendu comme une prophétie proche, dans l’Évangile: « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, je suis, et que je ne fais rien par moi-même». Jésus s’est élevé: sur la croix. Moïse fait un serpent et l’élève. Jésus sera élevé, comme le serpent, pour donner le salut.

Mais le cœur de la prophétie est précisément que Jésus s’est fait péché pour nous. Il n’a pas péché : il s’est fait péché. Comme le dit saint Pierre dans sa Lettre: «Il a pris sur Lui nos péchés». Et quand nous regardons le crucifié, pensons au Seigneur qui souffre: tout cela est vrai.

Mais nous nous arrêtons avant d’arriver au centre de cette vérité : en ce moment, tu sembles être le plus grand pécheur, tu as pris sur nous nos péché. Il a pris sur lui tous nos péchés, Il s’est anéanti jusque-là. La croix, c’est vrai, c’est un tourment, il y a la vengeance des docteurs de la Loi, de ceux qui ne voulaient pas de Jésus: tout cela est vrai.

Mais la vérité qui vient de Dieu est qu’Il est venu dans le monde pour prendre nos péchés sur Lui au point de devenir un péché. Tout péché. Nos péchés sont là.

Nous devons nous habituer à regarder l’homme crucifié dans cette lumière, qui est la plus vraie, la lumière de la rédemption. En Jésus fait péché, nous voyons la défaite totale du Christ. Il ne fait pas semblant de mourir, il ne fait pas semblant de souffrir, seul, abandonné… «Père, pourquoi m’as-tu abandonné ?». Un serpent : je suis élevé comme un serpent, comme celui qui est tout péché.

Ce n’est pas facile à comprendre et, si nous réfléchissons, nous n’arriverons jamais à une conclusion. Seulement contempler, prier et rendre grâce».

Le Pape François a conclu cette messe par un temps d’adoration et la  bénédiction eucharistique, en invitant les fidèles à faire la communion spirituelle.

Prière récitée par le Pape :

«Je crois, mon Jésus, que tu es réellement présent au très Saint Sacrement de l’autel. Je t’aime par-dessus toute chose et je désire ardemment te recevoir dans mon âme. Puisque je suis incapable de Te recevoir de façon sacramentelle, entre au moins spirituellement dans mon cœur. Je T’embrasse comme si Tu y étais déjà et je m’unis entièrement à Toi. Ne permets jamais que je sois séparé de Toi. Ainsi soit-il.»

Avant que le Pape ne quitte la chapelle, dédiée au Saint-Esprit, l’antienne mariale Ave Regina Caelorum a été chantée.

prier pour ceux qui sont effrayés par la pandémie

prier pour ceux qui sont effrayés par la pandémie

Lors de la messe célébrée ce lundi 30 mars en la chapelle de la maison Sainte-Marthe, le Pape François a demandé à Dieu de venir en aide à tous ceux qui ont peur du coronavirus. Dans son homélie, il a invité à remercier Dieu lorsque nous reconnaissons nos péchés, afin de pouvoir ainsi demander et recevoir Sa miséricorde.

 

L’antienne de ce lundi de la cinquième semaine du Carême est une invocation sincère à Dieu: «Pitié, mon Dieu ! Des hommes s’acharnent contre moi ; tout le jour, ils me combattent, ils me harcèlent.» (Ps 55, 2)

Après l’avoir lue, le Saint-Père a prononcé l’intention suivante: «Prions aujourd’hui pour tant de personnes qui ne sont pas en mesure de réagir: elles restent effrayées par cette pandémie. Que le Seigneur les aide à se lever, à réagir pour le bien de toute la société, de toute la communauté.».

homélie :

Suzanne et les deux vielllards - 1372 enluminure - Petrus Comestor, Bible historiale, Meermanno Koninklijke Bibliotheek, La Haye
Suzanne et les deux vielllards – 1372 enluminure – Petrus Comestor, Bible historiale, Meermanno Koninklijke Bibliotheek, La Haye

Dans son homélie, le Pape a ensuite commenté les lectures du jour, tirées du livre du prophète Daniel (Dn 13, 1-9. 15-17. 19-30. 33-62) et de l’Évangile de Jean (Jn 8, 1-11), qui parlent de deux femmes que certains hommes veulent condamner à mort: l’innocente Suzanne et une femme adultère prise en flagrant délit.

«Dans le psaume responsorial, nous avons prié: « Le Seigneur est mon berger: je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer… il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom… Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure.« 

C’est l’expérience que ces deux femmes ont vécue, dont nous avons lu l’histoire dans les deux lectures. Une femme innocente, faussement accusée, calomniée, et une femme pécheresse. Toutes deux condamnées à mort. L’innocente et la pécheresse. Certains Pères de l’Église ont vu en ces femmes une figure de l’Église: sainte, mais avec des enfants pécheurs. Ils ont dit dans une belle expression latine : « L’Église est la casta meretrix« , la sainte aux enfants pécheurs.

Les deux femmes étaient désespérées, humainement désespérées. Mais Susanne fait confiance à Dieu. Il y a aussi deux groupes de personnes, d’hommes, tous deux au service de l’Église: les juges et les professeurs de droit. Ils n’étaient pas des ecclésiastiques, mais ils étaient au service de l’Église, au tribunal et dans l’enseignement de la Loi. Différents.

Les premiers, ceux qui ont accusé Susanne, étaient corrompus : le juge corrompu, figure emblématique de l’histoire. Toujours dans l’Évangile, Jésus reprend, dans la parabole de la veuve qui insiste, le juge corrompu qui ne croyait pas en Dieu et ne se souciait pas des autres. Les corrompus. Les docteurs de la Loi n’étaient pas corrompus, mais hypocrites.

Concernant ces femmes, l’une est tombée entre les mains des hypocrites et l’autre entre les mains des corrompus: il n’y avait pas d’issue. « Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi: ton bâton me guide et me rassure. »

Les deux femmes étaient dans une vallée sombre, elles y sont allées: une vallée sombre, vers la mort. La première fait explicitement confiance à Dieu et le Seigneur intervient. La deuxième, la pauvre, sait qu’elle est coupable, humiliée devant tout le monde – car des gens étaient présents dans les deux situations – l’Evangile ne le dit pas, mais elle a sûrement prié en elle-même, elle a demandé de l’aide.

Que fait le Seigneur avec ces gens ? Il sauve la femme innocente, il lui rend justice. Il pardonne à la femme pécheresse. Les juges corrompus, il les condamne; les hypocrites, il les aide à se convertir, et dit devant le peuple: « Oui, vraiment ? Le premier d’entre vous qui n’a pas de péchés, qu’il jette la première pierre », et un par un ils sont partis.

Il a une certaine ironie, l’apôtre Jean, ici : « Ceux qui ont entendu cela sont partis un par un, en commençant par les anciens. » Laissez-leur un peu de temps pour se repentir; les corrompus ne pardonnent pas, simplement parce que le corrompu est incapable de demander pardon.

Il est fatigué… non, il n’est pas fatigué: il n’est pas capable. La corruption lui a également enlevé cette capacité, que nous devons tous, d’avoir honte, de demander pardon. Non, le corrompu est sûr de lui, il continue, il détruit, il exploite les gens, comme cette femme, tout, tout… il continue. Il s’est mis à la place de Dieu.

Et le Seigneur répond aux femmes. Il libère Susanne de ces corrompus, il la fait aller de l’avant, et à l’autre il dit: « Je ne te condamne pas non plus. Va, et désormais ne pèche plus ». Il la laisse partir. Et cela, devant le peuple. Dans le premier cas, le peuple loue le Seigneur; dans le deuxième cas, le peuple apprend. Il apprend comment est la miséricorde de Dieu.

Chacun de nous a sa propre histoire. Chacun de nous a ses propres péchés. Et si vous ne vous en souvenez pas, réfléchissez un peu: vous les trouverez. Remercie Dieu si tu les trouves, car si tu ne les trouves pas, tu es un corrompu. Chacun de nous a ses propres péchés. Tournons-nous vers le Seigneur qui fait justice mais qui est si miséricordieux. Ne soyons pas honteux d’être dans l’Église: soyons honteux d’être pécheurs. L’Église est la mère de tous.

Remercions Dieu de ne pas être corrompus, d’être pécheurs. Et que chacun de nous, en regardant comment Jésus agit dans ces cas-là, aie confiance en la miséricorde de Dieu. Et qu’il prie, avec confiance dans la miséricorde de Dieu, qu’il prie (pour) le pardon. « Car Dieu me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom… Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure. »»

Le Pape François a conclu cette messe par un temps d’adoration et la  bénédiction eucharistique, en invitant les fidèles à faire la communion spirituelle.

prière récitée par le Pape :

«Mon Jésus, je t’adore dans le Saint-Sacrement de ton amour, désireux de te recevoir dans la pauvre demeure que t’offre mon cœur. En attente du bonheur de la communion sacramentelle, je veux te posséder en esprit. Viens à moi, Ô mon Jésus, pour que je vienne à Toi. Que ton amour enflamme tout mon être, pour la vie et pour la mort. Je crois en toi, j’espère en toi, je t’aime. Ainsi soit-il.»

Avant que le Pape ne quitte la chapelle, dédiée au Saint-Esprit, l’antienne mariale Ave Regina Caelorum a été chantée.