Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

Savoir s’accuser devant Dieu libère de l’hypocrisie

Savoir s’accuser devant Dieu libère de l’hypocrisie

Dans l’Évangile selon saint Matthieu (23, 27-32), Jésus ne tolère pas l’hypocrisie ; de fait, il appelle les pharisiens des «tombeaux blanchis à la chaux». Chacun doit guérir de ce fléau de l’hypocrisie. Le remède ? Savoir s’accuser devant Dieu. Car «qui ne sait pas faire cela, n’est pas un bon chrétien», a dit le Souverain pontife dans sa méditation matinale, lors de la messe à Sainte-Marthe, ce mardi 15 octobre 2019.

 

Jésus et Judas
Jésus et Judas

«S’il y a une attitude que le Seigneur ne tolère pas, c’est bien l’hypocrisie.» Nous le voyons dans l’Évangile du jour: lorsque les pharisiens invitent Jésus à déjeuner, c’est pour le juger, et non pas par amitié. L’hypocrisie, c’est penser en secret différemment de la façon dont on apparaît.

Jésus disait: «Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous ressemblez à des tombeaux blanchis à la chaux: à l’extérieur, ils ont une belle apparence, mais l’intérieur est rempli d’ossements et de toutes sortes de choses impures. C’est ainsi que vous, à l’extérieur, pour les gens, vous avez l’apparence d’hommes justes, mais à l’intérieur vous êtes pleins d’hypocrisie et de mal.»

L’hypocrisie naît du diable

Jésus ne supporte pas l’hypocrisie. «De l’extérieur tu es parfait, tout amidonné, correct, équitable, mais à l’intérieur, tu es quelque chose d’autre.»

Cette attitude hypocrite provient du grand menteur, le diable. «L’hypocrisie est le langage du diable, c’est le langage du mal qui entre dans nos cœurs. On ne peut pas vivre avec des gens hypocrites, mais il y en a. Et Jésus aime exposer l’hypocrisie. Il sait que c’est précisément cette attitude hypocrite qui le conduira à la mort, parce que l’hypocrite ne se demande pas s’il utilise des moyens légaux ou non.»

L’hypocrisie, poison qui tue

Dans la lutte pour le pouvoir, par exemple, l’envie ou la jalousie font ressembler à une façon d’être particulière, différente de celle véritable de notre être intérieur. Par conséquent, il semble bien nécessaire de guérir de pareille attitude. Le remède avancé par le Christ: dire la vérité devant Dieu; s’accuser soi-même.

«Nous devons apprendre à nous accuser nous-mêmes: « J’ai fait ceci mal, j’ai de l’envie, je voudrais détruire cela… » Cet exercice spirituel est «peu commun, inhabituel, humble». Ainsi «un chrétien qui ne sait pas s’accuser n’est pas un bon chrétien», et risque de tomber dans l’hypocrisie.

Le Christ convertit nos cœurs à l’amour des autres

Le Christ convertit nos cœurs à l’amour des autres

Dans sa catéchèse à l’audience générale de ce mercredi, le pape François a expliqué comment Dieu a converti le cœur de Saul, le persécuteur des chrétiens, et l’a transformé en un prédicateur intrépide que nous connaissons sous le nom de saint Paul

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 9 octobre 2019


Frères et sœurs, le récit de la lapidation d’Étienne fait apparaître la figure d’un « jeune appelé Saul » qui deviendra l’instrument choisi de Dieu pour annoncer l’Évangile aux nations. Il est décrit comme une personne intransigeante, intolérante, voulant alors détruire l’Église.

Mais le Seigneur veut toucher son cœur et le convertir. Sur le chemin de Damas, où il faisait la chasse aux chrétiens, le Ressuscité lui demande de rendre compte de sa rage fratricide : « Pourquoi me persécutes-tu? » lui faisant comprendre que frapper un membre de l’Église, c’est le frapper lui-même.

La lumière du Christ l’a aveuglé, d’homme fort et dominant l’a rendu faible et dépendant des autres. Paul vit alors sa Pâque personnelle, son passage de la mort à la vie. Tout ce qui auparavant était une gloire devient déchet à rejeter afin de gagner le Christ et la véritable vie en lui.

Il retrouve la vue lorsqu’il reçoit l’« illumination » du Baptême avec la mission de porter le nom du Seigneur aux Nations.  Il deviendra un instrument choisi par Dieu pour annoncer l’Évangile.

Vous, qui venez de certains peuples qui ont été persécutés par les dictatures, vous comprenez bien ce que signifie donner la chasse aux gens et les capturer.

C’est ce que faisait Paul, un intransigeant, c’est-à-dire quelqu’un qui manifeste de l’intolérance envers celui qui pense différemment de lui, qui absolutise sa propre identité politique ou religieuse et réduit l’autre à un ennemi potentiel à combattre, pensant ainsi servir la Loi du Seigneur.

Paul a vécu une Pâque personnelle, passant de la mort à la vie. Son Baptême, et pour chacun de nous aussi,  est le commencement d’une vie nouvelle, accompagné d’un regard nouveau sur Dieu, sur nous-mêmes et sur les autres qui, d’ennemis, deviennent des frères dans le Christ.

Comment est-ce que moi, je vis ma vie de foi ? Est-ce que je vais à la rencontre des autres ou est-ce que je suis contre les autres ? Est-ce que j’appartiens à l’Église universelle ou est-ce que j’ai une idéologie sélective.

Demandons au Père, à la suite de Paul, de nous apprendre à ne plus combattre les personnes mais le mal qui les inspire, à ne plus aller contre les autres mais à leur rencontre. Que Dieu vous bénisse !


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attention à ne pas préférer l’idéologie à la foi

attention à ne pas préférer «l’idéologie à la foi»

Au cours de l’homélie de la messe célébrée ce mardi matin, le Pape a dénoncé les conditions que mettent certains chrétiens dans leur vie de foi. Parlant de ceux qui jugent «à partir de la petitesse de leur cœur», il a rappelé que le Seigneur s’approche avec miséricorde de toutes les réalités humaines, parce qu’Il est venu pour sauver et non pour condamner.

 

Jonas devant Ninive
Jonas devant Ninive

La première lecture du jour, tirée du livre du prophète Jonas, fait suite à celle commencée hier, qui décrit la relation conflictuelle entre Dieu et Jonas lui-même. Dieu parle à nouveau à Jonas, et cette fois-ci ce dernier obéit: il se rend à Ninive, les habitants croient en sa parole et veulent se convertir, à tel point que Dieu «se repent du mal qu’il a menacé de leur faire, et ne l’a pas fait».

«Le Jonas têtu, parce que c’est l’histoire d’un Jonas têtu, le Jonas têtu a bien fait son travail, puis il est parti». Mais Jonas blâme le Seigneur, parce qu’Il lui semble trop miséricordieux: Dieu a accompli le contraire de ce qu’Il avait menacé de faire par la bouche même du prophète.

Un cœur endurci face à la Miséricorde de Dieu

Alors Jonas sort de la ville, construit une hutte et attend de voir ce que fera le Seigneur. Le prophète espérait que Dieu détruirait la ville. Le Seigneur fait alors pousser une plante de ricin près de lui, pour lui faire de l’ombre. Puis Il fait en sorte que ce ricin sèche et meure.

Jonas est alors à nouveau indigné contre Dieu. «Toi, tu as pitié de ce ricin, qui ne t’a coûté aucun travail et que tu n’as pas fait grandir, qui a poussé en une nuit, et en une nuit a disparu. Et moi, comment n’aurais-je pas pitié de Ninive, la grande ville (…) ?»,fait alors remarquer le Seigneur. On assiste à un dialogue «entre deux obstinés».

«Jonas est obstiné, car convaincu de par sa foi, et le Seigneur est obstiné dans sa miséricorde: Il ne nous quitte jamais, Il frappe à la porte de notre cœur jusqu’au bout, il est là. Jonas est têtu parce qu’il conçoit sa foi avec des conditions; Jonas est le modèle de ces chrétiens “à condition que”, des chrétiens avec des conditions».

«“Non, non, ces changements ne sont pas chrétiens”, “C’est une hérésie”, “Ça, ça ne va pas”… Des chrétiens qui conditionnent Dieu, qui conditionnent la foi et l’action de Dieu.»

Une étroitesse qui conduit à l’idéologie

Bien de chrétiens «s’enferment dans leurs propres idées et finissent dans l’idéologie: c’est le mauvais chemin, qui va de la foi à l’idéologie.» «Et aujourd’hui il y en a tant»  qui ont peur «de grandir, des défis de la vie, des défis du Seigneur, des défis de l’Histoire», attachés à «leurs convictions, dans leurs premières convictions, dans leurs propres idéologies». Ils «préfèrent l’idéologie à la foi» et s’éloignent de la communauté, ils «ont peur de se mettre entre les mains de Dieu et préfèrent tout juger, mais à partir de la petitesse de leur cœur.»

Enfin «les deux figures de l’Église, aujourd’hui: l’Église des idéologues qui s’accroupissent dans leurs propres idéologies, là, et l’Église qui montre le Seigneur s’approchant de toutes les réalités, qui n’est pas dégoûté: les choses ne dégoûtent pas le Seigneur, nos péchés ne le dégoûtent pas, Il se fait proche comme Il s’est approché pour caresser les lépreux, les malades». « Il est venu pour guérir, Il est venu pour sauver, et non pour condamner.»