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Editorial de la lettre aux associés de la Médaille miraculeuse

Le Fils de Dieu est aussi le fils de Marie

Le Fils de Dieu est aussi le fils de Marie

Vitrail Sainte Trinité
Vitrail Sainte Trinité

Notre intimité avec Jésus, aussi profonde soit-elle, ne peut être comparée à l’intimité de la Mère avec le Fils de Dieu. Le Saint-Esprit a opéré en elle le chef-d’œuvre de la Sagesse et de l’Amour de Dieu. Et toute sa vie durant, elle est restée intime de cette action de l’Esprit habitant en elle.

Qu’elle daigne nous obtenir d’avoir part aux opérations de la Très Sainte Trinité en qui nous habitons par la grâce : enfants de Dieu engendrés de lui par notre incorporation à Jésus, sous l’action et la vertu de l’Esprit qui nous a été donné.

L’attitude de Marie fut toute sa vie, comme le prolongement de son Fiat qu’elle prononça au moment de l’Incarnation, Fiat sans réserve, sans limite. Et même si son adhésion fut totale, puisqu’elle le fut depuis le premier instant, son attitude d’abandon s’accrut toujours, et toujours profondément aimante, tout comme
notre existence doit être tout entière un Ecce ancilla Domini, un Fiat, un Amen prolongé, sans recherche propre.

Souvent on cherche au fond de son cœur un Fiat que l’on ne trouve pas, mais Dieu, pour qui un simple désir est un fait accompli, l’y découvre, cela suffit. A nous d’être dans la paix et dans une tendre confiance.
Et à l’imitation de Marie, « soyons joyeux dans l’espérance, patients dans la souffrance, persévérants dans la prière. » (Romains 12, 12).

Aimons à demeurer près de notre Mère ; comme d’instinct nous imiterons ses vertus si simples parce que
totales. Nous recevrons par elle les grâces pour les pratiquer, celles notamment qui nous ont été promises au Sanctuaire de la rue du Bac à Paris. ■

Bernard Schoepfer c.m.

Pourquoi saluer Marie ?

Pourquoi saluer Marie ?

Annonciation Tempera sur bois XVIe Siècle Florence DR
Annonciation Tempera sur bois XVIe Siècle Florence DR

Surtout en ce mois de mars, nous aimons la prière du «Je vous salue, Marie». Ce sont les premières paroles de l’Annonciation, célébrée le 25. Elles reprenent la salutation pleine de délicatesse de l’Ange Gabriel, «envoyé par Dieu dans une ville de Galilée du nom de Nazareth à une jeune fille qui s’appelait Marie : ‘Je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous’» (Luc 1, 28).

Dès le Concile d’Éphèse en 431 où Marie a été proclamée «Mère de Dieu», les chrétiens se sont adressés à elle pour demander son aide, puisqu’au moment de mourir sur la croix, Jésus a confié tous les croyants à sa mère en la personne de l’apôtre Jean. «Voyant sa mère et près d’elle le disciple qu’il aimait, Jésus dit à sa mère : ‘Femme, voici ton fils’. Il dit au disciple : ‘ Voici ta mère’» (Jean 19, 26-27).

Que veut dire «pleine de grâce» ? Que Marie est pleine de la présence de Dieu. «Et si elle est entièrement habitée par Dieu, il n’y a pas de place en elle pour le péché… Marie est l’unique ‘oasis toujours verte’ de l’humanité, créée immaculée pour accueillir pleinement par son ‘oui’ Dieu qui venait  dans le monde et commencer ainsi une histoire nouvelle.» (Pape François)

Nous continuons notre prière avec celle d’Élisabeth, «remplie de l’Esprit Saint» (Luc 1, 41), qui accueille Marie au moment de la Visitation. En effet, elle est «bénie entre toutes les femmes» parce qu’elle a cru en l’accomplissement de la parole du Seigneur. Elle est devenue, par sa foi, la mère des croyants, recevant celui qui est la bénédiction même de Dieu.

Il faut attendre le XIVe siècle pour voir la deuxième partie sous forme de supplication : «Priez pour nous, pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.» Déjà on ne manquait pas de s’adresser à la Vierge Marie en disant : «Sainte Marie, Mère de Dieu». Et c’est le plus beau nom qu’on puisse lui donner. ■

P. Jean-Daniel Planchot, cm
LETTRE aux associés de la Médaille Miraculeuse – mars-avril 2020

La paix soit avec vous !

La paix soit avec vous !

La Pentecôte - miniature du Graduel - XIVe siècle
La Pentecôte – miniature du Graduel – XIVe siècle – Florence, Santa Croce

Après la mort de Jésus, le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées, ils s’étaient enfermés dans la maison par crainte, par peur d’être arrêtés et d’avoir la même fin que le maître. Jésus ressuscité apparaît aux disciples plusieurs fois. Avec patience il console leurs cœurs découragés.

Jésus leur dit : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » (Jean 20, 21) Les disciples découragés sont réconciliés avec eux-mêmes. La paix de Jésus les fait passer du remord à la mission. La paix de Jésus suscite en effet la mission. Ce n’est pas la tranquillité, ce n’est pas le confort, c’est sortir de soi. Il ne leur souhaite pas seulement la paix, il la donne. La vraie paix est toujours un don de Dieu.

Le mot paix dans son sens premier, signifie beaucoup plus que l’absence de guerre. Sa racine désigne le fait d’être intact, complet ; elle indique le bien-être de l’existence quotidienne, l’état de l’homme qui vit en harmonie avec la nature, avec lui-même, avec Dieu. De façon plus large encore, la paix, c’est la sécurité, et c’est la concorde dans une vie fraternelle.

« Paix à vous ! » nous dit le Christ. C’est seulement après ce don de la paix que le Christ convie ses disciples à le reconnaître. Il leur montre ses plaies, pour que la rencontre de ce jour soit référée aux dialogues du passé, pour que la paix de ce jour soit référée à l’agonie de Jésus de Nazareth, et pour que le Christ de la
foi soit à jamais identifié au Jésus de l’histoire.

Dans le tumulte du quotidien, de ce que nous pouvons lire, voir, entendre ou vivre ; sur nos chemins de foi parfois agités, ces paroles nous rejoignent comme un baume apaisant après un choc. Jésus est présent au milieu de nous. Nos cœurs s’ouvrent à l’espérance. ■

Bernard Schoepfer c.m.