Rencontre du Pape François avec des membres de la communauté Rom

Ce dimanche après-midi, à Blaj, le Pape François a rencontré un peu plus de 300 membres de la communauté rom, qui forment environ 9% de la population de la ville. Dans son discours, le Saint-Père leur a adressé une demande de pardon, rappelant ensuite l’importance de choisir «le chemin de Jésus», celui où, dans la fraternité et la singularité, les peuples peuvent marcher vers la paix.

 

clocher de la chapelle dédiée à l’apôtre Saint André et au bienheureux Ioan Suciu à Blaj Roumaine
clocher de la chapelle dédiée à l’apôtre Saint André et au bienheureux Ioan Suciu à Blaj Roumanie

C’est par une rencontre avec le peuple rom, qui représente 2% de la population de la Roumanie, que s’est achevé le voyage du Pape François. Après la béatification des sept évêques martyrs, au “Champ de la liberté” de Blaj, il s’est rendu dans le plus ancien quartier de la ville, “Barbu Lautaru”. La rencontre s’est déroulée dans la petite chapelle dédiée à l’apôtre Saint André et au bienheureux Ioan Suciu, consacrée le 19 mai dernier.

En Roumanie, la majorité des Roms se déclare orthodoxe (environ 76%), mais le nombre de catholiques de rite latin ou de gréco-catholiques n’est pas négligeable. Dans la ville de Blaj, les liens avec l’Église gréco-catholique sont renforcés par le fait que celle-ci vient en aide aux Roms à travers des actions pastorales et de l’assistance sociale.

Pardon pour toutes les formes de mal subies

La rencontre avec le Saint-Père s’est ouverte par le témoignage d’un prêtre gréco-catholique d’origine rom. L’Église, a dit alors le Pape, «est un lieu de rencontre et nous avons besoin de le rappeler non pas comme un beau slogan mais comme un élément de la carte d’identité de notre être chrétien». «L’Évangile de la joie se transmet dans la joie de se rencontrer et de savoir que nous avons un Père qui nous aime. Regardés par Lui, nous comprenons comment nous regarder les uns les autres.»

«Mais dans mon cœur, je porte un poids», celui «des discriminations, des ségrégations et des mauvais traitements subis par votre communauté». «L’histoire nous dit que même les chrétiens, même les catholiques, ne sont pas étrangers à tant de mal»:

«Je voudrais demander pardon pour cela. Je demande pardon – au nom de l’Église, au Seigneur et à vous – pour les fois où, au cours de l’histoire, nous vous avons discriminés, maltraités ou regardés de travers, avec le regard de Caïn et non pas celui d’Abel, et où nous n’avons pas été capables de vous reconnaître, de vous valoriser, et de vous défendre dans votre singularité».

Jour après jour, choisir le bien, avec le Christ

Dans l’histoire de l’humanité, il y a «la main tendue et la main qui frappe. Il y a l’ouverture de la rencontre et la fermeture de l’affrontement. Il y a l’accueil et il y a la mise au rebut. Il y a celui qui voit en l’autre un frère et celui qui voit en lui un obstacle sur son propre chemin. Il y a la civilisation de l’amour et il y a celle de la haine».

«Chaque jour, il y a à choisir entre Abel et Caïn», et «un choix décisif se pose tant de fois face à nous : suivre le chemin de la réconciliation ou celui de la vengeance». «Choisissons le chemin de Jésus.» «C’est un chemin qui coûte de la peine, mais c’est le chemin qui conduit à la paix».

Après avoir mis en garde contre l’esprit de «rancune», le Pape François a encouragé la population Rom: «vous avez, en tant que peuple, un rôle prépondérant à assumer, et vous ne devez pas avoir peur de partager et d’offrir ces notes particulières qui vous constituent», – entre autres – «la valeur de la vie et de la famille au sens large», «la valorisation et le respect des anciens», «le sens religieux de la vie, la spontanéité et la joie de vivre».

«Ne privez pas de ces dons les sociétés où vous vous trouvez et encouragez-vous aussi à recevoir tout le bien que les autres peuvent vous offrir et vous apporter.» Puis le Pape les a exhortés à «marcher ensemble, là où vous êtes, dans la construction d’un monde plus humain, en allant au-delà des peurs et des soupçons», en visant la fraternité, et dans une dignité aux formes multiples: «la dignité de la famille, la dignité de gagner le pain de chaque jour – c’est ce qui te fait avancer –  et la dignité de la prière».

Un voyage à sa fin

«Et maintenant je rentre à la maison enrichi, emportant avec moi des lieux et des moments, mais surtout des visages. Vos visages coloreront mes souvenirs et peupleront ma prière». Bénissant et saluant les personnes rassemblées, le Saint-Père est sorti de la chapelle au son des chants joyeusement entonnés par un chœur d’enfant.

Après cette rencontre, le Pape a quitté Blaj pour l’aéroport de Sibiu, où s’est déroulé la cérémonie de départ de la Roumanie, en présence du président du pays, Klaus Iohannis.