vivre dans la communion

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 8 octobre 2014

condensé

Frères et sœurs, nous ne devons pas oublier qu’il y a beaucoup de frères qui partagent notre foi dans le Christ, mais qui appartiennent à d’autres confessions religieuses. Sommes-nous résignés devant cette situation ou bien croyons-nous qu’il est possible de marcher vers un retour à la pleine communion ? Les divisions entre chrétiens blessent l’Église, et Jésus lui-même qui en est la tête. Car il a voulu que ses disciples soient un dans l’amour, et il nous a fait comprendre que notre témoignage sera d’autant plus crédible que nous serons capables de vivre dans la communion. Il est difficile de trouver des solutions aux divisions anciennes qui se sont transmises jusqu’à nous ; mais nous ne devons pas cesser de prier, et, restant ouverts au dialogue et à la rencontre, prêter davantage attention à ce qui nous unit qu’à ce qui nous divise, mieux connaître et aimer Jésus pour partager la richesse de son amour.

Je vous invite à porter dans votre prière les travaux du Synode sur la famille qui s’est ouvert dimanche. C’est un moment important de la vie de l’Église, ainsi que pour le soutien de nos familles souvent blessées et éprouvées de multiples manières.

Que Dieu vous bénisse, et qu’il bénisse vos familles !

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Prier sans oublier son histoire, ses péchés

07-10-2014 source : Radio Vatican

Les messes matinales continuent à chapelle de la maison Sainte-Marthe pendant le Synode. Ce mardi matin, le Pape François a rappelé la présence du Seigneur à nos côtés, tout au long de notre vie. Il a aussi incité à ne prendre garde à ne pas oublier la prière dans le tourbillon de notre vie quotidienne.

Le Seigneur  « a choisi son peuple et l’a accompagné pendant sa route dans le désert, durant toute sa vie ». C’est ce qu’a affirmé ce matin le Pape François, en s’appuyant plus spécialement sur la première lecture (Ga 1, 13-24), dans laquelle saint Paul rapporte des épisodes de sa vie, sans cacher ses péchés. Ce que « Dieu a fait avec son peuple, il l’a fait et il le fait encore avec chacun de nous. Nous avons été choisis : pourquoi moi suis-je chrétien et pas celui là-bas qui n’a jamais entendu parler de Jésus-Christ ? » « C’est une grâce, une grâce d’amour. »

Il faut donc faire « mémoire de cette réalité, mais dans son aspect concret, et c’est ce que fait Paul » en confessant avoir persécuté l’Église férocement. Paul ne dit pas « je suis bon, je suis le fils de, j’ai du sang noble… », mais il affirme : « j’ai été un persécuteur, j’ai été méchant ! ». Ainsi Paul « fait mémoire de son parcours […]. Cette habitude de faire mémoire de notre vie n’est pas très répandue parmi nous. Nous oublions les choses, nous vivons l’instant présent puis nous oublions l’histoire. Or chacun de nous a une histoire : une histoire de grâce, une histoire de péché, une histoire de chemin … Et cela fait du bien de prier avec notre histoire. Paul fait cela, en racontant un peu de son histoire, mais il dit en général : ‘ Lui m’a choisi ! Lui m’a appelé ! Lui m’a sauvé ! C’est Lui qui a été compagnon de route ’. »

« Faire mémoire de sa propre vie, c’est rendre gloire à Dieu. Faire mémoire de nos péchés, à partir desquels Dieu nous a sauvés, c’est rendre gloire à Dieu ». C’est pour cela que « Paul dit qu’il ne se vante que de deux choses : de ses propres péchés et de la grâce de Dieu crucifié, de sa grâce. […] Et c’est cette mémoire que Jésus lui-même nous invite à faire. Lorsque Jésus dit à Marthe : ‘ Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part ’. C’est-à-dire ? Écouter le Seigneur et faire mémoire. On ne peut pas prier chaque jour comme si l’on n’avait pas d’histoire. Chacun de nous a la sienne. Et c’est avec cette histoire dans le cœur que nous allons prier, comme Marie. Mais tant de voix nous sommes distraits, comme Marthe, par notre travail, par notre journée, par les choses que nous devons faire, et nous oublions cette histoire. »

Notre relation avec Dieu « ne commence pas le jour de notre Baptême », mais « quand Dieu, depuis l’éternité, nous a regardé et nous a choisi. Dans le cœur de Dieu, c’est là que tout commence. Faire mémoire de notre choix, celui que Dieu a fait sur nous. Faire mémoire de notre chemin d’alliance. Cette alliance a-t-elle été respectée ou non ? Non : nous sommes pécheurs et nous faisons mémoire, et faire mémoire de la promesse que fait Dieu, qui ne déçoit jamais, c’est cela notre espérance. C’est cela la vraie prière. »

L’homélie du Pape s’est alors achevée par une invitation à méditer le psaume 138 : « Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais ! Tu sais quand je m’assois, quand je me lève ; de très loin, tu pénètres mes pensées. Tous mes chemins te sont familiers ». Le Saint-Père a conclu par ces mots : « prier, c’est faire mémoire devant Dieu de notre histoire. Parce que notre histoire est l’histoire de son amour envers nous. »

parler avec franchise, écouter avec humilité

06-10-2014 Radio Vatican

En ouvrant le Synode extraordinaire sur la pastorale de la famille dans le contexte de l’évangélisation, le Pape a indiqué les deux comportements qui permettront à l’Assemblée d’être un succès : parler avec liberté et franchise et écouter avec humilité. Le Pape François a également demandé à tous de faire entendre la voix des Églises locales dans la salle du Synode.Il a surpris tout le monde ce lundi matin en arrivant 30 minutes avant l’heure officielle de début des travaux. Face aux 181 pères synodaux, le Pape a affirmé que c’était « une grande responsabilité de porter les problématiques des Églises locales pour les aider à cheminer sur la voie de l’Évangile de la famille »  et a posé une condition de base pour fonctionne ce Synode : il faut parler clairement. « Que personne ne dise « cela ou ceci ne peut se dire ». Il faut dire tout ce qu’on ressent avec parresia (le fait de parler librement et franchement). »

« Après le dernier Consistoire (en février 2014), lors duquel nous avons parlé de la famille,  un cardinal m’a écrit en disant « dommage que certains cardinaux n’aient pas eu le courage de dire certaines choses par respect pour le Pape, par peur que peut-être le Pape pense différemment ». Cela ne va pas », a affirmé le Pape ce lundi matin à l’ouverture du Synode. « Il faut dire tout ce que l’on ressent, et en même temps, il faut écouter et accueillir avec un cœur ouvert ce que disent les frères. Avec ces deux comportements s’exerce la synodalité. Je vous demande cela : de parler avec parresia et d’écouter avec humilité. Et de le vivre en paix parce que le synode se vit « cum Petro et sub Petro » (avec Pierre et sous Pierre) et que la présence du Pape est une garantie pour tous et une protection pour la foi. (…) Collaborons pour que s’affirme avec clarté la dynamique synodale. »

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