Pourquoi honorer la Sainte Vierge le samedi ?

Pourquoi honorer la Sainte Vierge le samedi ?

C’est à bon droit qu’on a désigné et dédié le samedi au culte de la Sainte Vierge.

Autrefois les Juifs célébraient le sabbat (photo D.R.) en mémoire de la création du monde ; pourquoi l’Église ne le célébrerait-elle pas en mémoire de la Sainte Vierge, Mère de Dieu?

Car elle est le nouveau monde en abrégé, beaucoup plus excellent et beaucoup plus étendu que le premier monde, puisqu’elle a porté en son sein Celui que les cieux ne pouvaient contenir.

Le sabbat, chez les Hébreux, signifie repos ou cessation ; c’est le jour où Dieu, selon la Genèse, se reposa de tous les travaux qu’il avait faits. Or, de même, une fois incarné dans le sein de la Sainte Vierge, il s’y reposa pendant neuf mois : « Celui qui m’a créée s’est reposé en mon sein. »

Dieu bénit le sabbat à l’exception de tous les autres jours. Le Seigneur bénit le septième jour : il a aussi béni la Vierge Marie plus que toutes les autres créatures, en la choisissant pour sa Mère, et en l’ornant de grâces beaucoup plus abondantes.

Le jour du sabbat Dieu compléta l’œuvre du monde ; dans la Sainte Vierge il a aussi consommé la même œuvre, en unissant avec le Créateur toutes choses créées en un seul homme.

Le samedi est la porte et comme l’introduction au dimanche, qui est devenu le jour du repos et figure de la vie éternelle. Or, comme la Mère de Dieu est pour nous la porte qui conduit au royaume des cieux, figuré par le dimanche, c’est pour ce motif que nous l’honorons le jour de la semaine qui le précède.

Le samedi est le milieu entre le jour de la tristesse et le jour de la joie, c’est-à-dire entre le vendredi (Passion et Mort) et le dimanche (Résurrection). La Bienheureuse Vierge est aussi entre l’homme qui est sujet aux peines et aux misères de cette vie et Dieu qui jouit d’un bonheur éternel. ■

P. Jean-Daniel Planchot, cm

Prions pour que les mers et les déserts ne deviennent pas des cimetières

Prions pour que les mers et les déserts ne deviennent pas des cimetières

Le Pape François a fait une pause dans son cycle de catéchèses sur l’Esprit Saint, il a parlé mercredi dernier des personnes contraintes de traverser mers et déserts au risque de leur vie, en écho au Psaume 107. Il a aussi exprimé le «péché grave» de ceux qui œuvrent à systématiquement repousser les migrants.
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Résumé de la catéchèse du Saint-Père :

Laissant pour aujourd’hui la catéchèse habituelle, je voudrais penser avec vous aux personnes qui traversent en ce moment mers et déserts de toutes sortes pour rejoindre une terre où vivre en paix et en sécurité. En tant qu’Évêque de Rome, j’ai souvent parlé de la tragédie de la Méditerranée devenue un cimetière.

La mer comme le désert sont aussi des lieux bibliques chargés de symbolismes, en particulier au moment de l’Exode du Peuple de Dieu vers la Terre promise. Je le répète, le passage des migrants devrait être protégé et fondé sur la justice, la fraternité et la solidarité afin d’empêcher la traite des êtres humains. Mais je n’oublie pas l’engagement de tant de bons samaritains qui se prodiguent pour les secourir.

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PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 28 août 2024

Catéchèse : La mer et le désert

Chers frères et sœurs, bonjour !

Aujourd’hui je reporte la catéchèse habituelle et je voudrais m’arrêter avec vous pour penser aux personnes qui – même en ce moment – sont en train de traverser les mers et les déserts pour atteindre une terre où elles peuvent vivre en paix et en sécurité.

Mer et désert : ces deux mots reviennent dans tant de témoignages que je reçois, aussi bien de la part des migrants que des personnes qui s’engagent à leur secours. Et quand je dis « mer », dans le contexte de la migration, je pense aussi océan, lac, fleuve, toutes les étendues d’eau périlleuses que tant de frères et sœurs du monde entier sont obligés de traverser pour atteindre leur destination.

Et le “désert” n’est pas seulement celui du sable et des dunes, ou celui des rochers, mais aussi tous ces territoires inaccessibles et dangereux, tels que les forêts, les jungles, les steppes où les migrants marchent seuls, abandonnés à eux-mêmes.

Migrants, mer et désert. Les routes migratoires d’aujourd’hui sont souvent marquées par des traversées de mers et de déserts qui, pour beaucoup, trop de personnes – trop ! -, se révèlent mortelles. Pour cela aujourd’hui, je veux m’entretenir avec vous sur ce drame, cette douleur. Certaines de ces routes sont mieux connues, car elles sont souvent sous les feux des projecteurs ; d’autres, la plupart, sont peu connues, mais non moins parcourues.

J’ai souvent parlé de la Méditerranée, parce que je suis Évêque de Rome et parce qu’elle est emblématique : la mare nostrum, lieu de communication entre les peuples et les civilisations, est devenue un cimetière. Et la tragédie, c’est que beaucoup, la plupart de ces morts, auraient pu être sauvés. Il faut le dire clairement : il y a ceux qui travaillent systématiquement par tous les moyens à repousser les migrants – à repousser les migrants.

Et cela, en toute conscience et responsabilité, est un péché grave. N’oublions pas ce que dit la Bible : « Tu ne molesteras ni n’opprimeras l’étranger » (Ex 22,20). L’orphelin, la veuve et l’étranger sont les pauvres par excellence que Dieu défend toujours et demande de défendre.

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Même certains déserts, malheureusement, deviennent des cimetières de migrants. Et même là, il ne s’agit souvent pas de morts « naturelles ». Non. Parfois, ils y ont été amenés et abandonnés dans le désert. Tous nous connaissons la photo de la femme et de la fille de Pato, mortes de faim et de soif dans le désert.

À l’ère des satellites et des drones, il y a des hommes, des femmes et des enfants migrants que personne ne doit voir : on les cache. Seul Dieu les voit et entend leur cri. Et là c’est une cruauté de notre civilisation.

En effet, la mer et le désert sont également des lieux bibliques chargés d’une valeur symbolique. Ce sont des scènes très importantes dans l’histoire de l’Exode, la grande migration du peuple conduit par Dieu, par l’intermédiaire de Moïse, de l’Égypte à la Terre promise. Ces lieux sont les témoins du drame du peuple fuyant l’oppression et l’esclavage.

Ce sont des lieux de souffrance, de peur, de désespoir, mais en même temps ce sont des lieux de passage vers la libération – et combien de personnes passent par les mers, les déserts pour se libérer, aujourd’hui -, ce sont des lieux de passage pour la rédemption, vers la liberté et l’accomplissement des promesses de Dieu (cf. Message pour la Journée mondiale du migrant et du réfugié 2024).

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Un psaume, s’adressant au Seigneur, dit : « Par la mer passait ton chemin, / tes sentiers, par les eaux profondes » (77 (76),20). Et un autre chante ainsi : « Lui qui mena son peuple au désert, / éternel est son amour !» (136 (135), 16).

Ces paroles saintes nous disent que, pour accompagner le peuple sur le chemin de la liberté, Dieu lui-même traverse la mer et le désert ; Dieu ne reste pas à distance, non, il partage le drame des migrants, Dieu est avec eux, avec les migrants, il souffre avec eux, avec les migrants, il pleure et espère avec eux, avec les migrants.

Cela nous fera du bien aujourd’hui de penser : le Seigneur est avec nos migrants dans la mare nostrum, le Seigneur est avec eux, pas avec ceux qui les rejettent.

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Frères et sœurs, nous pourrions tous être d’accord sur une chose : dans ces mers et ces déserts meurtriers, les migrants d’aujourd’hui ne devraient pas y être – et ils y sont, malheureusement. Mais ce n’est pas par des lois plus restrictives, ce n’est pas par la militarisation des frontières, ce n’est pas par des rejets que nous y parviendrons.

Nous y parviendrons plutôt en élargissant les voies d’entrée sûres et légales pour les migrants, en facilitant l’accueil de ceux qui fuient les guerres, la violence, les persécutions et les nombreuses calamités ; nous y parviendrons en encourageant de toutes les manières possibles une gouvernance mondiale des migrations fondée sur la justice, la fraternité et la solidarité.

Et en unissant nos forces pour lutter contre la traite des êtres humains, pour arrêter les trafiquants criminels qui exploitent sans pitié la misère d’autrui.

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Chers frères et sœurs, pensez à tant de tragédies de migrants : combien meurent en Méditerranée. Pensez à Lampedusa, à Crotone ? combien de choses hideuses et tristes. Et je voudrais conclure en reconnaissant et en louant les efforts de tant de bons samaritains, qui font tout leur possible pour secourir et sauver les migrants blessés et abandonnés sur les routes de la désespérance, sur les cinq continents.

Ces hommes et ces femmes courageux sont le signe d’une humanité qui ne se laisse pas contaminer par la culture néfaste de l’indifférence et du rejet : ce qui tue les migrants, c’est notre indifférence et notre attitude de rejet.

Et ceux qui ne peuvent pas être comme eux « en première ligne » – Je pense à tant de bonnes volontés qui sont là, en première ligne, à Mediterranea Saving Humans et à tant d’autres associations – ne sont pas pour autant exclus d’un tel combat pour la civilisation : nous ne pouvons pas être en première ligne, mais nous ne sommes pas exclus ; il y a de nombreuses façons d’apporter sa contribution, et en tout premier lieu la prière.

Et je vous le demande : priez-vous pour les migrants, pour ceux qui viennent sur nos terres pour sauver leur vie ? Et vous voudriez les chasser ?

Chers frères et sœurs, unissons nos cœurs et nos forces pour que les mers et les déserts ne soient pas des cimetières, mais des espaces où Dieu peut ouvrir des chemins de liberté et de fraternité.

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Je salue cordialement les pèlerins de langue française, en particulier le groupe de pèlerins du Burkina Faso et le groupe de fidèles du Sénégal conduits par S.E. Mons. Paul Abel Mamba.

Prions Saint Augustin que nous fêtons aujourd’hui, afin que les mers et les déserts deviennent des espaces où Dieu puisse ouvrir des voies de liberté et de fraternité.

Dieu vous bénisse !


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suivre Jésus même si c’est difficile

suivre Jésus même si c’est difficile

Lors de la prière de l’Angélus ce dimanche midi place Saint-Pierre, le Pape François a reconnu qu’il n’était pas facile de suivre le Seigneur mais a affirmé que plus on se rapproche de Lui, plus on adhère à son Évangile. Lui seul détient les «paroles de vie éternelle». Le Saint-Père a ainsi demandé si l’on se laissait toucher et provoquer par les paroles de Jésus.

 

LE PAPE FRANÇOIS

ANGÉLUS

Place Saint-Pierre
dimanche 25 août 2024

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Avant l’Angélus

Chers frères et sœurs, bon dimanche !

Aujourd’hui, l’Évangile de la liturgie (Jean 6, 60-69) nous raconte la célèbre réponse de saint Pierre qui dit à Jésus : « Seigneur, vers qui irions-nous ? Vous avez les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 68). Belle réponse ! C’est une belle expression qui témoigne de l’amitié et de la confiance qui le lient au Christ, avec les autres disciples. « Seigneur, vers qui irions-nous ? Vous avez des paroles de vie éternelle. Magnifique!

Pierre le prononce à un moment critique, car Jésus vient de terminer un discours dans lequel il dit qu’il est le « pain descendu du ciel » (voir Jean 6 :41) : c’est un langage difficile à comprendre pour les gens, et pour beaucoup. .même les disciples qui le suivaient l’abandonnèrent parce qu’ils ne comprenaient pas.

Mais les Douze ne l’ont pas fait : ils sont restés parce qu’en Lui ils ont trouvé « les paroles de vie éternelle ». Ils l’ont entendu prêcher, ils ont vu les miracles qu’il accomplissait et continuent de partager avec lui les moments publics et l’intimité de la vie quotidienne (voir Mc 3,7-19).

Les disciples ne comprennent pas toujours ce que dit et fait le Maître ; parfois ils ont du mal à accepter les paradoxes de son amour (voir Mt 5,38-48), les exigences extrêmes de sa miséricorde (voir Mt 18,21-22), la radicalité de sa manière de se donner à tous.

Ce n’est pas facile à comprendre pour eux, mais ils sont fidèles. Les choix de Jésus vont souvent au-delà de la mentalité commune, au-delà des canons mêmes de la religion et des traditions institutionnelles, au point de créer des situations provocatrices et embarrassantes (voir Mt 15, 12). Ce n’est pas facile à suivre.

Pourtant, parmi les nombreux maîtres de cette époque, Pierre et les autres apôtres trouvèrent en Lui seul la réponse à la soif de vie, à la soif de joie, à la soif d’amour qui les anime ; ce n’est que grâce à Lui qu’ils ont connu la plénitude de vie qu’ils recherchent, au-delà des limites du péché et même de la mort.

C’est pourquoi ils ne partent pas : en effet, tous, sauf un, malgré de nombreuses chutes et repentances, resteront avec Lui jusqu’à la fin (voir Jean 17 :12).

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Et, frères et sœurs, cela nous concerne aussi : pour nous aussi, en effet, il n’est pas facile de suivre le Seigneur, de comprendre sa manière d’agir, de faire nôtres ses critères et ses exemples. Ce n’est pas facile pour nous non plus.

Cependant, plus nous restons proches de lui – plus nous adhérons à son Évangile, recevons sa grâce dans les sacrements, restons en sa compagnie dans la prière, l’imitons dans l’humilité et la charité, plus nous expérimentons la beauté de l’avoir comme un Ami, plus nous réalisons que Lui seul a « des paroles de vie éternelle ».

Alors nous nous demandons : dans quelle mesure Jésus est-il présent dans ma vie ? À quel point est-ce que je me laisse toucher et provoquer par ses paroles ? Puis-je dire que ce sont pour moi aussi des « paroles de vie éternelle » ? Je te le demande, frère, sœur : les paroles de Jésus sont-elles pour toi – pour moi aussi – des paroles de vie éternelle ?

Que Marie, qui a accueilli Jésus, Parole de Dieu, dans sa chair, nous aide à l’écouter et à ne jamais l’abandonner.

ANGELUS DOMINI…

Après l’Angélus

Chers frères et sœurs !

Je voudrais exprimer ma solidarité avec les milliers de personnes touchées par la variole du singe, qui constitue désormais une urgence sanitaire mondiale. Je prie pour toutes les personnes infectées, en particulier la population de la République Démocratique du Congo tant éprouvée.

J’exprime ma proximité avec les Églises locales des pays les plus touchés par cette maladie et j’encourage les gouvernements et les industries privées à partager la technologie et les traitements disponibles, afin que personne ne manque d’une assistance médicale adéquate.

Au peuple bien-aimé du Nicaragua : je vous encourage à renouveler votre espérance en Jésus. Rappelez-vous que l’Esprit Saint guide toujours l’histoire vers des projets plus élevés. Que la Vierge Immaculée vous protège dans les moments d’épreuve et vous fasse ressentir sa tendresse maternelle. Que Notre-Dame accompagne le peuple bien-aimé du Nicaragua.

Je continue de suivre avec douleur les combats en Ukraine et dans la Fédération de Russie, et en pensant aux lois récemment adoptées en Ukraine, je crains pour la liberté de ceux qui prient, car ceux qui prient vraiment prient toujours pour tout le monde. Vous ne commettez pas le mal parce que vous priez.

Si quelqu’un commet le mal contre son peuple, il en sera coupable, mais il ne peut pas avoir commis le mal parce qu’il a prié. Et puis que ceux qui veulent prier dans ce qu’ils considèrent comme leur Église se laissent prier. S’il vous plaît, qu’aucune Église chrétienne ne soit abolie directement ou indirectement. les Églises ne se touchent pas !

Et nous continuons de prier pour la fin des guerres, en Palestine, en Israël, au Myanmar et dans toutes les autres régions. Le peuple demande la paix ! Prions pour que le Seigneur nous donne à tous la paix.

Je vous salue tous, Romains et pèlerins d’Italie et de nombreux pays. Je salue en particulier les nouveaux séminaristes du Collège nord-américain et leur souhaite un bon parcours éducatif ; et je leur souhaite aussi de vivre leur sacerdoce avec joie, car la vraie prière nous donne de la joie.

Je salue les enfants handicapés moteurs »et cognitifs, qui participent au « relais de l’inclusion » pour affirmer que les barrières peuvent être surmontées. Je salue mes amis, les jeunes de l’Immaculée Conception.

Et je souhaite à tous un bon dimanche. S’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Bon déjeuner et à bientôt !


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Texte traduit et présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

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