L’Épiphanie demeure comme célébration du mystère de la révélation du Christ, au monde, à l’histoire, à la civilisation.
Trois rois d’Orient visitent la Sainte Famille à Bethléem. Vitrail dans la cathédrale de Bruxelles 1866
Elle reste comme proclamation de la vocation de tous les hommes, de tous les peuples à la foi au Christ: elle demeure comme fête missionnaire universelle, comme reconnaissance de la fraternité générale des hommes, conduits au même bonheur du salut en Jésus Rédempteur.
L’Épiphanie est une fête trop significative pour la spiritualité religieuse et pour la mentalité civile du monde pour que nous puissions en négliger la célébration, même si celle-ci est déplacée de son berceau chronologique traditionnel [le 6 janvier].
Nous célébrons également l’Épiphanie dans le cadre théologique et historique de la manifestation du Verbe de Dieu sur la terre: glorifions-en la fête comme l’un des moments typiques et décisifs de l’orientation de l’humanité vers la Vérité et la réalité de sa destinée transcendante, et donc vers la paix et vers le progrès.
Et que vienne encore l’Épiphanie avec ses dons et ses lumières réjouir nos foyers, nos enfants et nos malades. Elle est une fête non seulement mystique et théologique, mais aussi pour tous les hommes; c’est une fête populaire du cœur. Que l’Épiphanie nous rende unis et bons; qu’elle nous refasse joyeux et croyants.
Écoutons l’invitation de la Vierge Marie. Ce n’est pas une fable, ce n’est pas de la mythologie. Elle nous présente le mystérieux et délicieux Enfant; qui est la lumière du monde.
SAINT PAUL VI – ANGELUS DOMINI – Dimanche 8 janvier 1978 – Fête de l’Épiphanie (sa dernière)
Angélus de l’Épiphanie:
tout donner à Dieu pour devenir «tisseurs d’espérance»
Après la célébration de la messe dans la basilique Saint-Pierre et la fermeture de la Porte Sainte, le Pape Léon XIV a récité la prière de l’Angélus depuis la loge centrale de la basilique vaticane, articulant ses propos sur la signification des offrandes des Mages à l’Enfant de Bethléem.
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SOLENNITÉ DE L’ÉPIPHANIE DU SEIGNEUR
PAPE LÉON XIV
ANGÉLUS
Loggia centrale de la basilique Saint-Pierre
Mardi 6 janvier 2026
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Chers frères et sœurs Bonjour !
nous avons célébré ces temps-ci plusieurs jours festifs ainsi que la solennité de l’Épiphanie qui, déjà par son nom, nous suggère ce qui rend la joie possible même dans les moments difficiles. Comme vous le savez, en effet, le mot “épiphanie” signifie “manifestation”, et notre joie naît d’un Mystère qui n’est plus caché.
La vie de Dieu s’est révélée : à plusieurs reprises et de différentes manières, mais avec une clarté définitive en Jésus, de sorte que nous savons maintenant, même au milieu de nombreuses tribulations, que nous pouvons espérer. “Dieu sauve” : il n’a pas d’autres intentions, il n’a pas d’autre nom. Seul ce qui libère et sauve vient de Dieu et est épiphanie de Dieu.
S’agenouiller comme les Mages devant l’Enfant de Bethléem c’est, pour nous aussi, confesser que nous avons trouvé la véritable humanité, dans laquelle resplendit la gloire de Dieu. La vraie vie est apparue en Jésus, l’homme vivant, celui qui n’existe pas pour lui-même mais qui est ouvert et en communion, ce qui nous fait dire : « Sur la terre comme au ciel » (Mt 6, 10).
Oui, la vie divine est à notre portée. Elle s’est manifestée pour nous impliquer dans son dynamisme libérateur qui détruit les peurs et nous permet de nous rencontrer dans la paix. C’est une possibilité, une invitation : la communion ne peut être une contrainte, mais que peut-on désirer de plus ?
Dans le récit évangélique comme dans nos crèches, les Mages offrent à l’Enfant Jésus des présents précieux : de l’or, de l’encens et de la myrrhe (cf. Mt 2, 11). Ces présents ne semblent pas très utiles pour un enfant, mais ils expriment une volonté qui nous fait beaucoup réfléchir, alors que nous arrivons à la fin de l’Année jubilaire. Celui qui donne tout donne beaucoup.
Souvenons-nous de cette pauvre veuve que Jésus remarqua alors qu’elle jetait dans le trésor du Temple ses dernières pièces de monnaie, tout ce qu’elle possédait (cf. Lc 21, 1-4). Nous ne savons pas ce que possédaient les Mages venus d’Orient, mais leur départ, leur prise de risque, leurs dons eux-mêmes nous suggèrent que tout, absolument tout ce que nous sommes et possédons, demande à être offert à Jésus, trésor inestimable.
Et le Jubilé nous a rappelé cette justice fondée sur la gratuité : en soi il appelle à réorganiser la coexistence, à redistribuer la terre et les ressources, à rendre “ce que l’on a” et “ce que l’on est” aux rêves de Dieu, plus grands que les nôtres.
Chers amis, l’espérance que nous annonçons doit être les pieds sur terre : elle vient du ciel, mais pour engendrer ici-bas une histoire nouvelle. Alors, voyons dans les dons des Mages ce que chacun de nous peut mettre en commun, ce qu’il ne peut plus garder pour lui mais partager, afin que Jésus grandisse parmi nous.
Que son Royaume grandisse, que ses paroles s’accomplissent en nous, que les étrangers et les adversaires deviennent des frères et des sœurs, que l’inégalité fasse place à l’équité, que l’industrie de la guerre cède la place à l’artisanat de la paix. Tisseurs d’espérance, mettons-nous en route vers l’avenir par une autre voie (cf. Mt 2, 12)
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À l’issue de l’Angélus
Chers frères et sœurs !
En cette fête de l’Épiphanie, qui est la Journée Missionnaire des Enfants, je tiens à saluer et à remercier tous les enfants et les jeunes qui, dans de nombreuses régions du monde, prient pour les missionnaires et qui s’engagent à aider leurs camarades les plus défavorisés. Merci, chers amis !
Mes pensées vont ensuite aux communautés ecclésiales d’Orient, qui célébreront demain Noël selon le calendrier julien. Chers frères et sœurs, que le Seigneur Jésus vous donne, ainsi qu’à vos familles, sérénité et paix !
Je salue avec affection tous les fidèles de Rome et les pèlerins venus de différents pays, en particulier les membres du Conseil de Présidence de l’International Rural Catholic Association, en leur adressant mes meilleurs vœux pour leur engagement.
Je salue les fidèles de Lampedusa avec leur curé, les jeunes du mouvement « Tra Noi » et les participants au traditionnel défilé historique et folklorique sur les valeurs de l’Épiphanie, qui cette année a pour protagoniste la Sicile.
Je salue les pèlerins polonais et les nombreux participants au « Défilé des Rois Mages » qui se déroule aujourd’hui à Varsovie et dans de nombreuses villes de Pologne, ainsi qu’à Rome !
Je souhaite à chacun le meilleur pour la nouvelle année, dans la lumière du Christ ressuscité.
Vierge aux rayons selon l’apparition à Sr Catherine Labouré
La Vierge Marie est fortement présente dans la prédication de saint Jean-Paul II, au nom de sa mission d’«affermir ses frères.» (cf. Luc 22, 32)
Ce dernier invite les chrétiens à redécouvrir « la vérité objective sur la Mère de Dieu » dans leur vie personnelle et dans la vie de l’Église : « Je voudrais vous résumer en deux paroles la sublime leçon de l’Évangile de Marie : La Vierge est Mère, la Vierge est Modèle. »
Marie est la Mère de Dieu.
Au pied de la croix, elle devient Mère des disciples de son Fils, la Mère de tout être humain pour lequel Jésus a donné sa vie : « On découvre la valeur réelle de ce qu’a dit Jésus à sa Mère à l’heure de la Croix : ‘Femme, voici ton fils’, puis au disciple : ‘Voici ta mère’ (Jean 19, 26-27).
Ces paroles déterminent la place de Marie dans la vie des disciples du Christ… » « La maternité de Marie est un don, un don que le Christ lui-même fait personnellement à chaque homme. »
Le chrétien, disciple du Christ, est donc invité à accueillir Marie chez lui et à établir une relation filiale envers la Mère de Dieu qu’il reçoit pour Mère : « l’offrande de soi est la réponse à l’amour d’une personne, et en particulier l’amour de la mère. »
La relation des disciples à Marie « trouve son commencement dans le Christ, mais on peut dire qu’en définitive il est orienté vers Lui. »
Vierge et mère, Marie demeure pour l’Église un ‘modèle permanent’.
« Comme Marie qui a cru la première, accueillant la parole de Dieu qui lui était révélée à l’annonciation et lui restant fidèle en toutes ses épreuves jusqu’à la Croix, ainsi l’Église devient Mère lorsque, accueillant avec fidélité la parole de Dieu, ‘par la prédication et par le baptême, elle engendre, à une vie nouvelle et immortelle, des fils conçus du Saint-Esprit et nés de Dieu. »
Elle est « modèle d’une vie engagée avec Dieu et avec les hommes, dans le dessein de salut et la fidélité à son peuple. »
Que la Vierge Marie marche avec nous, dans notre pèlerinage de foi qui nous conduit à la rencontre du Christ Ressuscité !
+ Guy de Kerimel, archevêque de Toulouse
Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse