Le Pape François adresse sa prière à Marie Immaculée ce 8 décembre

le Pape François adresse sa prière à Marie Immaculée

la Colonne de l'Immaculée place d'Espagne à Rome
la Colonne de l’Immaculée place d’Espagne à Rome

Comme c’est la tradition chaque 8 décembre, pour la fête de l’Immaculée Conception, le Pape François s’est rendu ce dimanche après-midi sur la Place d’Espagne, au centre de Rome, pour une prière à Marie au pied de la Colonne de l’Immaculée, haute de 12 mètres, lui demandant de présenter au Seigneur les intentions et préoccupations des habitants de la ville de Rome.

Parmi les fidèles rassemblés, figuraient de nombreuses personnes âgées ou handicapées en fauteuil roulant prises en charge par l’Unitalsi, l’organisation italienne des pèlerinages. Le Pape les a saluées une à une. Parmi les personnalités présentes se trouvaient notamment la maire de Rome, Virginia Raggi, ainsi que le cardinal Fernando Filoni, nommé Grand Maitre de l’Ordre du Saint-Sépulcre ce 8 décembre par le Pape François.

Plus tôt dans l’après-midi, le Saint-Père s’était rendu à la basilique Sainte-Marie-Majeure, pour déposer un bouquet devant l’icône de Marie Salus Populi Romani.

Prière du Pape sur la place d’Espagne

«O Marie Immaculée,
nous nous rassemblons autour de toi
une fois de plus.
Plus nous avançons dans la vie
et plus notre gratitude envers Dieu augmente
de t’avoir donné comme mère à nous
qui sommes pécheurs,
Toi, l’Immaculée Conception.
De tous les êtres humains, tu es la seule
préservée du péché, comme mère de Jésus
Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde.
Mais ce singulier privilège qui est le tien
t’a été donné pour notre bien à tous, tes enfants.
En fait, en te regardant,
nous voyons la victoire du Christ,
la victoire de l’amour de Dieu sur le mal :
là où le péché abondait,
c’est-à-dire dans le cœur humain,
la grâce a surabondé,
par la douce puissance du Sang de Jésus.
Toi, Mère, rappelle-nous que,
oui, nous sommes pécheurs,
mais nous ne sommes plus esclaves du péché !
Ton Fils, avec son sacrifice,
a brisé la domination du mal. Il a vaincu le monde.
Ton cœur, clair comme le ciel
où le vent a dissout tous les nuages,
raconte cela à toutes les générations.

Ainsi tu nous rappelles que n’est pas la même chose
être pécheur et être corrompus  : c’est très différent.
Tomber et ensuite se repentir,
se confesser et se relever
avec l’aide de la miséricorde de Dieu, est une chose.
La connivence hypocrite avec le mal,
la corruption du cœur,
qui à l’extérieur s’affiche impeccable,
mais qui, à l’intérieur,
est plein de mauvaises intentions
et d’égoïsmes mesquins, est une autre chose.
Ta pureté claire nous appelle à la sincérité,
à la transparence, à la simplicité.
Nous avons tant besoin d’être libérés
de la corruption du cœur,
qui est le plus grave danger !
Cela nous semble impossible,
nous sommes tellement addicts,
et pourtant, c’est à portée de main.
Il suffit de regarder vers le haut,
vers ton sourire de Mère, vers ta beauté immaculée,
pour sentir à nouveau
que nous ne sommes pas faits pour le mal,
mais pour le bien, pour l’amour, pour Dieu !

Pour cela, ô Vierge Marie,
aujourd’hui, je te confie tous ceux qui,
dans cette ville et partout dans le monde,
sont opprimés par la méfiance,
par le découragement à cause du péché ;
ceux qui pensent qu’il n’y a aucun espoir pour eux,
que leurs fautes sont trop nombreuses
et trop grandes,
et que Dieu n’a pas de temps à perdre avec eux.
Je te les confie, car tu n’es pas seulement une mère,
et en tant que telle,
tu ne cesses jamais d’aimer tes enfants,
mais tu es aussi l’Immaculée, pleine de grâce,
et tu peux refléter
jusque dans les ténèbres les plus épaisses
un rayon de lumière du Christ ressuscité.
Lui, et Lui seul, brise les chaînes du mal,
libère des addictions les plus avides,
délie des liens les plus criminels,
adoucit les cœurs les plus durs.
Et si cela se produit à l’intérieur des personnes,
alors le visage de la ville change !
Dans les petits gestes et les grandes décisions,
les cercles vicieux deviennent peu à peu vertueux,
la qualité de vie s’améliore
et le climat social plus respirable.

Nous te remercions, Mère Immaculée,
de nous rappeler que, par l’amour de Jésus Christ,
nous ne sommes plus esclaves du péché,
mais libres, libres d’aimer, de nous aimer,
de nous aider comme frères,
bien que différents entre nous
– Dieu merci, différents entre nous!

Merci de nous encourager par ta candeur,
à ne pas avoir honte du bien, mais du mal ;
Aide-nous à nous tenir à distance du mal,
qui nous trompe et nous attire vers lui,
dans des spirales de mort ;
Donne-nous le doux souvenir
que nous sommes enfants de Dieu,
Père d’une immense bonté,
source éternelle de vie, de beauté et d’amour.
Amen».

L’IMMACULÉE CONCEPTION

Colonne de la Vierge Marie Kaptol Place Zabreb Croatie
Colonne de la Vierge Marie – Kaptol Place – Zabreb Croatie

Le 8 décembre (reporté au 9 en France, car c’est un dimanche), nous fêtons l’Immaculée Conception. La célébration de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie – dans les premiers jours de la nouvelle année liturgique et du temps de l’Avent – nous rappelle la destinée unique de cette jeune juive, choisie par Dieu. Pour la foi chrétienne, Marie est indissociable de l’enfant qu’elle a porté, Jésus, en qui s’est manifesté le Dieu vivant. Elle est reconnue, depuis le concile d’Éphèse (431), comme « Mère de Dieu ».

D’après la tradition catholique, depuis le dogme promulgué par le pape Pie IX, dans la Bulle Ineffabilis Deus, le 8 décembre 1854, elle est reconnue comme préservée du péché originel dès sa naissance :

« Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine qui tient que la bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu tout puissant, en vue des mérites de Jésus Christ, Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel, est une doctrine révélée de Dieu, et qu’ainsi elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles ».

« Que voulait dire Pie IX ? Que fête l’Église catholique le 8 décembre ? Que Marie, dès l’origine, a été totalement étrangère au péché. C’est pourquoi, dans toutes les apparitions, elle se montre toujours merveilleusement belle, rayonnante de lumière et de bonté, comme devant Sœur Catherine Labouré, rue du Bac, à Paris, ou devant Bernadette Soubirous à Lourdes.

Que notre vie soit un oui à Dieu, fait d’amour et de service

Que notre vie soit un oui à Dieu, fait d’amour et de service

Marie, la créature conçue sans péché et pleine de grâce, est au centre de la fête d’aujourd’hui. Le Pape en réflexion lors de l’Angélus met en évidence toute sa beauté : un chef-d’œuvre même dans son humilité, capable de faire place à Dieu sans complaisance et prête à se mettre au service des autres. Qu’elle soit modèle de nos communautés!

SOLENNITÉ DE L’IMMACULÉE CONCEPTION
DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE

PAPE FRANÇOIS

ANGÉLUS

Place Saint Pierre
Dimanche, 8 décembre 2019


Chers frères et sœurs, bonjour!

Aujourd’hui, nous célébrons la solennité de Marie Immaculée, qui se situe dans le contexte de l’Avent,  temps d’attente: Dieu accomplira ce qu’il a promis. Mais dans la célébration d’aujourd’hui, on nous dit que quelque chose a déjà été accompli, dans la personne et dans la vie de la Vierge Marie.

Aujourd’hui, nous considérons le début de cet accomplissement, qui est encore avant la naissance de la Mère du Seigneur. En fait, sa conception immaculée nous conduit à ce moment précis où la vie de Marie a commencé à palpiter dans le ventre de sa mère: il y avait déjà l’amour sanctifiant de Dieu, la préservant de la contagion du mal qui est un héritage commun de la famille humaine.

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, la salutation de l’Ange à Marie résonne: « Réjouis-toi, plein de grâce: le Seigneur est avec toi » (Lc 1, 28). Dieu l’a toujours pensé et voulu, dans sa conception impénétrable, comme une créature pleine de grâce, remplie de son amour. Mais pour être comblé, il faut faire de la place, se vider, s’éloigner.

Tout comme Marie, qui savait écouter la Parole de Dieu et faire totalement confiance à sa volonté, l’acceptant sans réserve dans sa vie. À tel point qu’en elle la Parole est devenue chair. Cela a été possible grâce à son « oui ». À l’ange qui lui demande sa disponibilité pour devenir la mère de Jésus, Marie répond: « Voici la servante du Seigneur: que cela se passe pour moi selon ta parole » (v. 38).

Marie ne se perd pas dans tant d’arguments, elle ne met pas d’obstacles sur le chemin du Seigneur, mais s’en remet vite et laisse la place à l’action du Saint-Esprit. Il met immédiatement à la disposition de Dieu tout son être et son histoire personnelle, afin que la Parole et la volonté de Dieu puissent les façonner et les mener à terme.

Ainsi, correspondant parfaitement au plan de Dieu pour elle, Marie devient la «toute belle», la «toute sainte», mais sans la moindre trace de complaisance. Elle est humble. Elle est un chef-d’œuvre, mais reste humble, petite, pauvre. En elle se reflète la beauté de Dieu qui est tout amour, grâce, don de soi.

J’aime aussi souligner le mot avec lequel Marie se définit dans sa soumission à Dieu: elle se professe  comme « la servante du Seigneur». Le «oui» de Marie à Dieu assume dès le début l’attitude de service, d’attention aux besoins des autres. Le fait de la visite à Elizabeth, qui suit immédiatement l’Annonciation, en témoigne. La disponibilité à Dieu se trouve dans la volonté de répondre aux besoins des autres.

Tout cela sans clameur et ostentation, sans chercher de places d’honneur, sans publicité, car la charité et les œuvres de miséricorde n’ont pas besoin d’être exposées comme trophée. Les œuvres de miséricorde se font en silence, en secret, sans se vanter de les faire. Même dans nos communautés, nous sommes appelés à suivre l’exemple de Marie, en pratiquant son style de discrétion et de dissimulation.

La fête de notre Mère nous aide à faire de notre vie entière un « oui » à Dieu, un « oui » fait d’adoration à Lui et de gestes quotidiens d’amour et de service.

Après l’Angélus

Chers frères et sœurs,

hier, à Huehuetenango, au Guatemala, James Miller a été béatifié, un religieux des Frères des Écoles chrétiennes, tué par haine de la foi en 1982, dans le contexte de la guerre civile. Le martyre de cet éducateur exemplaire de jeunes, qui a payé de sa vie son service au peuple et à l’Église guatémaltèque, renforce dans cette chère nation les chemins de la justice, de la paix et de la solidarité.

Demain, il y aura à Paris une réunion des présidents d’Ukraine, de Russie et de France et de la chancelière fédérale d’Allemagne pour trouver des solutions au conflit douloureux qui dure depuis des années dans l’est de l’Ukraine. J’accompagne la réunion de prière, une prière intense, car la paix y est nécessaire, et je vous invite à faire de même, afin que cette initiative de dialogue politique contribue à ramener la paix en justice sur ce territoire et sa population.

Cet après-midi, je me rendrai à Sainte Maria Majeure pour prier la Madone, puis à la Place d’Espagne pour l’acte traditionnel d’hommage au pied du monument à l’Immaculée Conception. Je vous demande de vous joindre spirituellement à moi dans ce geste qui exprime une dévotion filiale à notre Mère céleste.

Je vous souhaite à tous une bonne fête et un bon chemin de l’Avent vers Noël, sous la direction de la Vierge Marie. N’oubliez pas de prier pour moi. Bon déjeuner et au revoir!


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