Fête du Saint Sacrement

Fête du Saint Sacrement

En ce 19 juin, nous avons célébré la fête du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ.Le Jeudi-Saint a célébré l’institution de l’Eucharistie. Mais la dévotion grandissante des chrétiens à l’égard de la présence réelle du Christ dans le Saint-Sacrement, a amené le Pape Urbain IV, en 1264, à instituer la fête du « Corps du Christ », que l’on nommait naguère en France la « Fête-Dieu ». La séquence de ce jour, LAUDA SION, composée par saint Thomas d’Aquin, attire l’attention sur le fait que le Christ depuis son Ascension demeure réellement présent dans son Église par le sacrement de l’Eucharistie.

Voici ce dont a parlé le Saint Père lors de l’Angélus de ce dimanche.

LE PAPE FRANÇOIS

ANGÉLUS

Place Saint-Pierre
dimanche 19 juin 2022

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Chers frères et sœurs, bonjour et bon dimanche !

En Italie et dans d’autres pays, on célèbre aujourd’hui la solennité du Très Saint Corps et Sang du Christ. L’Eucharistie, instituée lors de la Dernière Cène, était comme le point d’arrivée d’un chemin, le long duquel Jésus l’avait préfiguré par quelques signes, surtout la multiplication des pains, racontée dans l’Évangile de la Liturgie d’aujourd’hui (cf.Lc 9, 11b -17).

Jésus prend soin de la grande foule qui le suivait pour entendre sa parole et être délivré de divers maux. Il bénit cinq pains et deux poissons, les rompt, les disciples les distribuent et « tous mangent à satiété » (Lc 9, 17), dit l’Évangile.

Dans l’Eucharistie, chacun peut faire l’expérience de cette attention aimante et concrète du Seigneur. Celui qui reçoit le Corps et le Sang du Christ avec foi non seulement mange, mais est rassasié. Manger et être rassasié : ce sont deux besoins fondamentaux, qui sont satisfaits dans l’Eucharistie.

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Manger. « Tout le monde a mangé », écrit Saint Luc. A la tombée de la nuit, les disciples conseillent à Jésus de chasser la foule, afin qu’ils puissent aller chercher de la nourriture. Mais le Maître veut aussi y pourvoir : il veut donner à manger à ceux qui l’ont écouté.

Cependant, le miracle des pains et des poissons ne s’opère pas de manière spectaculaire, mais presque réservée, comme aux noces de Cana : le pain augmente en passant de main en main. Et tandis qu’il mange, la foule se rend compte que Jésus s’occupe de tout.

C’est le Seigneur présent dans l’Eucharistie : il nous appelle à être des citoyens du Ciel, mais en attendant il tient compte du chemin que nous avons à affronter ici-bas. Si j’ai peu de pain dans mon sac, Il le sait et Il s’en soucie. Parfois, il y a le risque de confiner l’Eucharistie dans une dimension vague et lointaine, peut-être lumineuse et parfumée d’encens, mais loin des goulots d’étranglement de la vie quotidienne.

En réalité, le Seigneur prend à cœur tous nos besoins, en commençant par les plus élémentaires. Et il veut donner un exemple aux disciples, en disant : « Donnez-leur vous-mêmes  à manger » (v. 13), à ceux qui l’avaient écouté pendant la journée.

Notre adoration eucharistique trouve sa vérification lorsque nous prenons soin de notre prochain, comme le fait Jésus : autour de nous il y a une faim de nourriture, mais aussi de compagnie, il y a une faim de consolation, d’amitié, de bonne humeur, il y a la faim pour l’attention, il y a une soif d’être évangélisé.

Nous trouvons cela dans le Pain eucharistique : l’attention du Christ à nos besoins et l’invitation à faire de même pour ceux qui nous entourent. Il faut manger et se nourrir.

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En plus de manger, il ne faut cependant pas manquer d’être rassasié. La foule était satisfaite de l’abondance de nourriture, et aussi de la joie et de l’étonnement de l’avoir reçue de Jésus ! Nous avons certes besoin de nous nourrir, mais aussi d’être rassasiés, c’est-à-dire de savoir que la nourriture nous est donnée par amour.

Dans le Corps et le Sang du Christ, nous trouvons sa présence, sa vie donnée pour chacun de nous. Non seulement il nous aide à avancer, mais il se donne lui-même : il devient notre compagnon de voyage, entre dans nos histoires, visite nos solitudes, redonne sens et enthousiasme.

Cela nous satisfait, quand le Seigneur donne un sens à notre vie, à nos ténèbres, à nos doutes, mais Il voit le sens et ce sens que le Seigneur nous donne nous satisfait, cela nous donne ce « plus » que nous recherchons tous : c’est le présence du Seigneur !

Car dans la chaleur de sa présence notre vie change : sans lui elle serait vraiment grise. Adorant le Corps et le Sang du Christ, demandons-lui avec le cœur : « Seigneur, donne-moi le pain quotidien pour avancer, Seigneur, rassasie-moi de ta présence ! ».

Que la Vierge Marie nous apprenne à adorer Jésus vivant dans l’Eucharistie et à la partager avec nos frères et sœurs.

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Après l’angélus

Chers frères et sœurs !

Hier, à Séville, quelques religieux de la famille dominicaine ont été béatifiés : Angelo Marina álvarez et dix-neuf compagnons ; Giovanni Aguilar Donis et quatre compagnons, de l’Ordre des Prêcheurs ; Isabella Sánchez Romero, une religieuse âgée de l’Ordre de Saint Dominique, et Fruttuoso Pérez Marquez, un tertiaire laïc dominicain.

Tous tués par haine de la foi dans la persécution religieuse qui s’est produite en Espagne dans le contexte de la guerre civile du siècle dernier. Leur témoignage d’adhésion au Christ et de pardon pour leurs meurtriers nous montre le chemin de la sainteté et nous encourage à faire de la vie une offrande d’amour à Dieu et à nos frères. Une salve d’applaudissements pour les nouveaux Bienheureux.

Le cri de douleur de nombreuses personnes qui manquent d’aide humanitaire de base et qui sont forcées de quitter leur maison parce qu’elles sont brûlées et pour échapper à la violence vient toujours du Myanmar.

Je me joins à l’appel des évêques de cette terre bien-aimée, pour que la communauté internationale n’oublie pas la population birmane, pour que la dignité humaine et le droit à la vie soient respectés, ainsi que les lieux de culte, les hôpitaux et les écoles. Et je bénis la communauté birmane en Italie, représentée ici aujourd’hui.

Mercredi prochain, 22 juin, commencera la Xe Rencontre Mondiale des Familles à Rome et se répandra aussi dans le monde entier. Je remercie les évêques, les curés et les agents de pastorale familiale qui ont convoqué les familles à des moments de réflexion et de fête. Je remercie particulièrement les conjoints et les familles qui témoigneront de l’amour familial comme vocation et chemin de sainteté. Bonne réunion !

Et maintenant, je vous salue tous, Romains et pèlerins de divers pays, en particulier les élèves de l’École de l’Oratoire de Londres. Je salue les participants au premier cours de pastorale et d’accueil « Vita nascente » ; les fidèles de Gragnano et l’association cycliste « Pedale Sestese » de Sesto San Giovanni.

Et n’oublions pas le peuple ukrainien battu en ce moment, un peuple qui souffre. Je voudrais qu’une question demeure en chacun de vous : qu’est-ce que je fais aujourd’hui pour le peuple ukrainien ? Je t’en prie? Est-ce que je suis occupé ? j’essaie de comprendre? Qu’est-ce que je fais aujourd’hui pour le peuple ukrainien ? À chacun de répondre dans son cœur.

Je souhaite à tous un bon dimanche. S’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Bon déjeuner et au revoir !


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Texte traduit et présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

La vieillesse reste un temps pour le service et la gratitude

La vieillesse reste un temps pour le service et la gratitude

Au cours de son audience générale, ce mercredi 15 juin place Saint-Pierre, Le Pape François a dit que le soin aux personnes âgées est une responsabilité qui incombe à l’ensemble la communauté chrétienne. Poursuivant son cycle de catéchèses sur la vieillesse, il a encouragé les chrétiens de tous âges à servir dans la gratitude.

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 15 juin 2022

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Catéchèse sur la vieillesse –

14. Le service joyeux de la foi qui s’apprend dans la gratitude
(cf. Mc 1,29-31)

Résumé :

Chers frères et sœurs,

nous venons d’écouter le récit de la guérison de la belle-mère de Simon qui était au lit avec de la fièvre. La maladie pèse sur la personne âgée d’une manière différente et nouvelle, au point qu’elle semble hâter la mort et diminuer l’espérance de vie qui est considérée déjà trop courte.

Cependant, cette scène évangélique nous aide à espérer, tout en nous offrant déjà un premier enseignement que c’est la communauté chrétienne qui doit prendre soin des personnes âgées. Jésus prend la femme âgée et malade par la main et la guérit. Par ce geste tendre d’amour, il donne à ses disciples la première leçon : le salut s’annonce ou se communique à travers l’attention à la personne malade.

Ainsi, la foi de cette femme resplendit dans la gratitude pour la tendresse de Dieu qui s’est penchée sur elle. La seconde leçon nous est donnée par cette femme âgée, qui « se leva et se mit à les servir ». La gratitude des personnes âgées pour les dons reçus de Dieu dans leur vie, comme nous l’enseigne la belle-mère de Pierre, redonne à la communauté la joie de la coexistence, et confère à la foi des disciples la caractéristique essentielle de sa destination.

Nous devons cependant bien savoir que l’esprit de l’intercession et du service, que Jésus prescrit à tous ses disciples, n’est pas simplement une affaire de femmes et il ne s’écrit en aucune manière dans la vision de l’homme maître et de la femme servante ! La délicatesse de Jésus à l’égard des faibles et des malades montre clairement sa sensibilité spéciale qu’il a apprise de sa mère.

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catéchèse :

Chers frères et sœurs, bonjour !

Nous avons entendu le récit simple et touchant de la guérison de la belle-mère de Simon – qui ne s’appelle pas encore Pierre – dans la version de l’évangile de Marc. Ce court épisode est rapporté, avec des variations légères mais frappantes, dans les deux autres évangiles synoptiques. « La belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre », écrit Marc.

Nous ne savons pas s’il s’agissait d’une maladie bénigne, mais dans la vieillesse, même une simple fièvre peut être dangereuse. Quand on est vieux, on ne contrôle plus son corps. Il faut apprendre à choisir quoi faire et ne pas faire. La vigueur du corps faiblit et nous abandonne, même si notre cœur ne cesse de désirer. Il faut alors apprendre à purifier le désir : être patient, choisir ce que l’on demande au corps, et à la vie.

Quand on est vieux, on ne peut pas faire la même chose que quand on était jeune : le corps a un rythme différent, et il faut écouter le corps et accepter ses limites. Nous en avons tous. Même moi, je dois utiliser le bâton maintenant.

La maladie pèse sur les personnes âgées d’une manière différente et nouvelle que lorsqu’on est jeune ou adulte. C’est comme un coup dur qui tombe sur un moment déjà difficile. La maladie du vieillard semble hâter la mort et, en tout cas, diminuer ce temps à vivre que nous considérons déjà comme court.

Le doute s’insinue dans l’idée que nous ne nous en remettrons pas, que « cette fois-ci, ce sera la dernière fois que je serai malade… », et ainsi de suite :  ces idées viennent… On n’arrive pas à rêver l’espérance d’un avenir qui semble désormais inexistant. Un célèbre écrivain italien, Italo Calvino, a noté l’amertume des personnes âgées qui souffrent de la perte des choses du passé, plus qu’ils ne profitent de l’arrivée des nouveautés.

Cependant, la scène évangélique que nous venons d’entendre nous aide à espérer et nous offre déjà un premier enseignement : Jésus ne va pas tout seul rendre visite à cette vieille femme malade, il s’y rend avec les disciples. Et cela nous fait un peu réfléchir.

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C’est précisément la communauté chrétienne qui doit prendre soin des personnes âgées : parents et amis, mais la communauté. La visite aux personnes âgées doit se faire à plusieurs, ensemble et souvent. Nous ne devrions jamais oublier ces trois lignes de l’Évangile.

D’autant plus qu’aujourd’hui, le nombre de personnes âgées a considérablement augmenté, également à la proportion de jeunes, car nous sommes dans cet hiver démographique, moins d’enfants naissent et il y a beaucoup de personnes âgées et peu de jeunes. Nous devons assumer la responsabilité de rendre visite aux personnes âgées qui sont souvent seules et les présenter au Seigneur avec notre prière.

Jésus lui-même nous enseignera comment les aimer. « Une société est véritablement accueillante à l’égard de la vie quand elle reconnaît qu’elle est précieuse même avec l’âge, dans le handicap, dans la maladie grave et même au moment de s’éteindre » (Message à l’Académie Pontificale pour la Vie, 19 février 2014).

La vie est toujours précieuse. Jésus, lorsqu’il voit la vieille femme malade, il la prend par la main et la guérit : le même geste qu’il fait pour ressusciter la jeune femme morte : il la prend par la main et la fait se lever, la guérit en la remettant sur pieds. Jésus, par ce geste tendre d’amour, donne la première leçon aux disciples.

C’est-à-dire que le salut s’annonce ou, mieux, se communique à travers l’attention portée à cette personne malade ; et la foi de cette femme resplendit dans la gratitude pour la tendresse de Dieu qui s’est penchée sur elle. Je reviens à un thème que j’ai répété dans ces catéchèses : cette culture du déchet semble supprimer les personnes âgées.

Oui, elle ne les tue pas, mais socialement elle les supprime, comme s’ils étaient un fardeau à porter : il vaut mieux les cacher. C’est une trahison de notre humanité, c’est la chose la plus vile, c’est sélectionner la vie en fonction de l’utilité, en fonction de la jeunesse et non avec la vie telle qu’elle est, avec la sagesse des personnes âgées, avec les limites des personnes âgées.

Les personnes âgées ont tant à nous donner : c’est la sagesse de la vie. Ils ont tant à nous enseigner : c’est pourquoi nous devons aussi apprendre aux enfants à s’occuper de leurs grands-parents et à fréquenter leurs grands-parents.

Le dialogue entre les jeunes et les grands-parents, les enfants et les grands-parents est fondamental pour la société, il est fondamental pour l’Église, il est fondamental pour la santé de la vie. Là où il n’y a pas de dialogue entre jeunes et vieux, quelque chose manque et il en résulte une génération sans passé, c’est-à-dire sans racines.

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Si la première leçon a été donnée par Jésus, la seconde nous est donnée par cette femme âgée, qui « se leva et se mit à les servir”. Même comme personne âgée, on peut, voire on doit, servir la communauté. Il est bon que les personnes âgées cultivent encore la responsabilité de servir, en surmontant la tentation de se mettre à l’écart. Le Seigneur ne les rejette pas, au contraire, il leur redonne la force pour servir.

Et j’aime noter qu’il n’y a pas d’emphase particulière dans le récit de la part des évangélistes : c’est la normalité de la vie de disciple, que les disciples apprendront, dans toute son ampleur, le long du chemin de formation qu’ils vivront à l’école de Jésus.

Les anciens qui entretiennent la disposition pour la guérison, la consolation, l’intercession pour leurs frères et sœurs – qu’ils soient disciples, qu’ils soient centurions, personnes perturbées par des esprits mauvais, personnes rejetées… – sont peut-être le témoignage le plus grand de la pureté de cette gratitude qui accompagne la foi.

Si les personnes âgées, au lieu d’être rejetées et congédiées de la scène des événements qui marquent la vie de la communauté, étaient placées au centre de l’attention collective, elles seraient encouragées à exercer le précieux ministère de la gratitude envers Dieu, qui n’oublie personne.

La gratitude des personnes âgées pour les dons reçus de Dieu dans leur vie, comme nous l’enseigne la belle-mère de Pierre, redonne à la communauté la joie du vivre ensemble, et confère à la foi des disciples le trait essentiel de sa destination.

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Mais nous devons bien apprendre que l’esprit d’intercession et de service, que Jésus prescrit à tous ses disciples, n’est pas simplement une affaire de femmes : il n’y a aucune ombre de cette limitation dans les paroles et les actes de Jésus. Le service évangélique de la gratitude pour la tendresse de Dieu n’est en aucun cas inscrit dans la grammaire de l’homme maître et de la femme servante.

Cela n’enlève rien cependant au fait que les femmes, sur la gratitude et la tendresse de la foi, peuvent enseigner aux hommes des choses que ceux-ci ont plus de mal à comprendre. La belle-mère de Pierre, avant que les Apôtres n’y parviennent, sur le chemin à la suite de Jésus, leur a aussi montré le chemin.

Et la délicatesse particulière de Jésus, qui « lui a touché la main » et « s’est penché délicatement » sur elle, a mis en évidence, dès le début, sa sensibilité spéciale à l’égard des faibles et des malades, que le Fils de Dieu avait certainement apprise de sa Mère.

S’il vous plaît, faisons-en sorte que les vieux, que les grands-pères, les grands-mères soient proches des enfants, des jeunes pour transmettre cette mémoire de la vie, pour transmettre cette expérience de la vie, cette sagesse de la vie. Dans la mesure où nous faisons en sorte qu’entre les jeunes et les personnes âgées se tissent des relations, il y aura plus d’espérance pour l’avenir de notre société.


Je salue cordialement les pèlerins de langue française. Frères et sœurs, demandons au Seigneur de raviver en nous la sensibilité envers les plus faibles, particulièrement les personnes âgées qui vivent dans la solitude ou dans la souffrance. Que notre proximité et notre soutien soient pour eux source de réconfort et de consolation. Que Dieu vous bénisse !

Et s’il vous plaît, n’oublions pas le peuple battu de l’Ukraine en guerre. Ne nous habituons pas à vivre comme si la guerre était une chose lointaine. Que notre souvenir, notre affection, nos prières et notre aide soient toujours proches de ce peuple qui souffre tant et qui accomplit un véritable martyre.

Enfin, comme d’habitude, mes pensées vont aux personnes âgées, aux malades, aux jeunes et aux jeunes mariés. Demain est célébrée la solennité du Très Saint Corps et Sang du Christ, qui en Italie est reportée au dimanche suivant. Que l’Eucharistie, mystère d’amour, soit pour vous tous une source de grâce et de lumière qui éclaire les chemins de la vie, un soutien au milieu des difficultés, un sublime réconfort dans la souffrance de chaque jour. A vous tous, ma bénédiction.


Copyright © Dicastero per la Comunicazione – Libreria Editrice Vaticana

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

Au Sénégal, pèlerinage marial national de Poponguine

Au Sénégal, pèlerinage marial national de Poponguine

La 134e édition du pèlerinage marial national de Poponguine, au Sénégal, s’est clos le 6 juin 2022, en la solennité de la Pentecôte. Après deux ans d’interruption liée à la pandémie de Covid-19, des milliers de fidèles se sont de nouveau recueillis les 4, 5 et 6 juin aux pieds de Notre-Dame de la Délivrance. Une centaine de milliers de fidèles, venus des sept diocèses du Sénégal et des pays de la sous-région, ont pris part à l’événement.

sur le chemin de la sainteté

Notre-Dame-de-Poponguine

La messe du lundi a été concélébrée par tous les évêques du Sénégal ainsi que par Mgr Michael Banach, nonce apostolique au Sénégal, en fin de mission,et par une centaine de prêtres. Mgr Martin Boucar Tine, évêque de Kaolack (sud-ouest du pays), dont le diocèse était à l’honneur cette année, a présidé l’Eucharistie.

Au cours de son homélie, il a expliqué que la démarche pèlerine est aussi un appel à la sainteté. «La Parole de Dieu que nous venons d’accueillir en ce jour où nous célébrons aussi la mémoire de sainte Marie Mère de l’Eglise, vient nous aider à mieux comprendre et vivre aussi bien notre démarche pèlerine que l’appel qu’elle comporte à marcher sur le chemin de la sainteté.»

À l’issue de la célébration, Mgr Benjamin Ndiaye, archevêque de Dakar, a remercié les fidèles pour leur respect strict des consignes données par les évêques de la Province ecclésiastique de Dakar, en période de pandémie. Il a également souligné leur générosité et leur forte mobilisation dans le cadre de ce pèlerinage.

D’après Clément Ahouandjinou

L’HISTORIQUE DU PÈLERINAGE MARIAL DE POPONGUINE

L’origine du pèlerinage marial de Poponguine date de la soirée du 29 décembre 1887. A l’image du sanctuaire notre Dame de la Délivrande du Diocèse de Bayeux, le fondateur de ce site Monseigneur Picarda a voulu donner aux fidèles catholiques, un lieu de pèlerinage en se disant « pourquoi ne pas lui ériger en terre d’Afrique un sanctuaire où les chrétiens du Sénégal viendrait

Cette idée lui est venu lorsqu’un jour, lui avec les Pères de sa congrégation se rendaient à pied, par le Cap de Naze, jusqu’à Poponguine. Tout semblait avoir désigné Poponguine, selon Mgr Picarda, comme emplacement du futur pèlerinage car la signification étymologique de Poponguine serait “tête de génie, tête de serpent”. C’était donc bien la place de celle qui, dès le commencement, fut annoncée comme devant écraser la tête du serpent.

Le mardi de la Pentecôte, 22 mai 1888, fut fixé pour l’inauguration africaine. Dans une lettre datée du 15 mai de la même année et écrite de sa propre main, Picarda l’annonçait ainsi à ses fidèles :

“l’objet de ce pèlerinage, qui ouvrira, nous l’espérons, la série des manifestations de la foi et de la piété envers Notre Dame de la Délivrande, est d’introniser solennellement la Vierge dans le nouveau domaine que nous lui avons choisi, et dont elle voudra bien, nous en avons l’assurance, accepter le patronage. Nous nous proposons d’obtenir, par le moyen de cet acte public et solennel de foi et de piété, le développement de l’esprit et la pratique de la vie chrétienne dans la colonie. Nous offrirons en même temps à Dieu et à la Sainte Vierge des supplications instantes pour la conversion des .…paiens.”

Ce même mardi 22 mai 1888 Mgr Picarda baptise les 38 premiers chrétiens, dont François Fary Thiandoum et Anna Ndiémé Alassane Sène, parents du défunt Mgr Hyacinthe Cardinal Thiandoum, de Dakar. Notre Dame de la Délivrande vénérée comme à Douvres en Normandie Le 22 mai 1888 donc, les fidèles affluent à Poponguine par voie terrestre et maritime, à pied, sur montures ou par pirogues. Sous la présidence de Mgr Picarda, vicaire apostolique de la Sénégambie, ils vénèrent pour la première fois, Notre Dame de la Délivrande comme à Douvres en Normandie. Ainsi naissait le pèlerinage de Popenguine.

Notre Dame de la Délivrande devenait Notre Dame de Popenguine. Vers elle afflueront désormais, le lundi de Pentecôte, des foules de plus en plus nombreuses de fidèles. Tout au long de l’année, groupes, familles et individus se succéderont au pied de sa statue pour honorer la mère du sauveur du monde, lui confier les personnes et les causes graves, implorer des grâces particulières.

Mgr Mathurin Picarda voulait en effet que Notre Dame de Poponguine soit vénérée comme celle qui délivre du mal et des forces du mal. De nos jours, le pèlerinage de Popenguine rassemble des dizaines de milliers de fidèles notamment les jeunes qui s’adonnent, depuis 1981, à la marche comme démarche de foi pour aller prier la Vierge. La marche pèlerinage a été initiée par feu Pierre Faye, ancien commandant de l’Armée sénégalaise. Elle en est à sa 22ième édition cette année et continue d’attirer des milliers de jeunes de tous les diocèses du pays.

D’après A. Diop

 

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