GRANDE NEUVAINE DE L’IMMACULÉE CONCEPTION 2021 HUITIÈME JOUR

GRANDE NEUVAINE DE L’IMMACULÉE CONCEPTION 2021

HUITIÈME JOUR

Bénie et encouragée par Sa Sainteté le Pape François

Marie, Mère de miséricorde

Icône : La sainte Famille, ©Atelier des Bénédictines du Mont des Oliviers - Claire Nguyen Duy
Icône : La sainte Famille, ©Atelier des Bénédictines du Mont des Oliviers – Claire Nguyen Duy

Statue de la Vierge du pilier de Notre Dame de Paris »Mère de Miséricorde et d’espérance, obtenez pour les hommes et les femmes du troisième millénaire le don précieux de la paix: la paix dans les cœurs et dans les familles, dans les communautés et entre les peuples; la paix en particulier pour ces nations où l’on continue chaque jour à se battre et à mourir.

Faites que chaque être humain, de toute race et de toute culture, rencontre et accueille Jésus, venu sur la Terre dans le mystère de Noël, pour nous donner « sa » paix. Mère, Reine de la paix, donnez-nous le Christ, véritable paix du monde!

Sainte Marie, Mère de Dieu, gardez-moi un cœur d’enfant, pur et transparent comme une source; obtenez-moi un cœur simple, qui ne savoure pas les tristesses ; un cœur magnifique à se donner, tendre à la compassion, un cœur fidèle et généreux qui n’oublie aucun bienfait et ne tienne rancune d’aucun mal.

Faites-moi un cœur doux et humble, aimant sans demander de retour, joyeux de s’effacer dans un autre cœur devant votre divin Fils ; un cœur grand et indomptable, qu’aucune ingratitude ne ferme, qu’aucune indifférence ne lasse ; un cœur tourmenté de la gloire de Jésus-Christ, blessé de son amour et dont la plaie ne guérisse qu’au ciel. Ainsi soit-il. »

Léonce de Grandmaison (1868-1927)

O Vierge Marie, le Seigneur vous a conféré plus de grâces que n’en eurent jamais tous les anges et tous les saints, au comble de leurs mérites.
Marie, faites que je corresponde fidèlement à la grâce divine et que je n’en abuse plus désormais.
O Vierge très chaste ! Obtenez à tous, la grâce de résister à la chair, de conserver nos cœurs purs, afin que nous puissions voir Dieu, et être associés aux anges, aux vierges et à tous les saints.

Marie, Mère de Jésus, notre Mère, priez pour nous, maintenant, afin que les hommes se réveillent, vous entendent, vous répondent et vous fassent confiance.
Marie, ma Mère, priez pour nous maintenant, afin que les âmes viennent vers vous qui les conduirez à Jésus.
O Mère, maintenant faites luire la Lumière pour nous montrer la voie du salut.

Je crois et confesse votre Immaculée Conception.

 

prière du jour

O Vierge Marie, soleil sans tache, je me réjouis avec vous de ce que, dans votre Conception, le Seigneur vous a conféré plus de grâces que n’en eurent jamais tous les anges et tous les saints, au comble de leurs mérites. Je remercie et j’admire la souveraine libéralité de la Très Sainte Trinité qui vous a accordé ce privilège. O Marie, faites que je corresponde fidèlement à la grâce divine et que je n’en abuse plus désormais; changez mon cœur, et que, dès à présent, je commence à reconnaître mes fautes et à m’en corriger.

Viens, Esprit-Saint, remplis les cœurs de tes fidèles,
et allume en eux le feu de ton divin amour.

Envoie ton Esprit et tout sera créé
Et tu renouvelleras la face de la terre

Prions : O Dieu qui as instruit et éclairé les cœurs de tes fidèles par les lumières de ton Esprit-Saint, envoie-nous ce même Esprit, qui nous fasse connaître et aimer le bien, et qui répande toujours sur nous la joie de ses divines consolations. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

LA PRIÈRE DE L’ANNÉE 2021

Ô Marie Immaculée, Mère très aimante de Jésus, entourez chaque famille de votre maternelle affection. Qu’elle soit un lieu authentique d’amour, de prière, de partage, d’accueil et de paix. Révélez à chacune d’elles sa vocation missionnaire en témoignant de la joie de l’Évangile.

Que votre Sainte Famille aide les couples en crise à surmonter les difficultés et à en faire des opportunités pour grandir dans l’amour et devenir plus forts. Secourez les familles éprouvées par la maladie, la pauvreté ou la guerre. Réconfortez les enfants privés de tendresse, d’écoute et d’éducation ; défendez-les de tout mal.

Avec Saint Joseph, époux et père vigilant, conduisez-nous sur le chemin dé la Vie ; obtenez-nous grâce, miséricorde et courage, pour accomplir chaque jour la volonté d’amour du Père. Amen.

Imprimatur du vicaire épiscopal de Paris, 18 juin 2021

 

Chaque jour de la neuvaine : 1 Notre Père, 10 Je Vous Salue Marie, 1 Gloire au Père et 3 fois l’invocation suivante : « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous »

L’Immaculée désire nous donner des grâces en nous confessant au cours de la Neuvaine et recevant la communion lors de la Messe du 8 décembre de préférence. Ornons le coin prière personnel ou de famille et le bord de nos fenêtres le soir du 8 décembre. Pour dire MERCI et  toute notre affection à l’Immaculée qui veille sur chaque personne et pour demander que du Ciel, Dieu bénisse nos familles.

***

Tota Pulchra es – Vous êtes toute belle, ô Marie

Vous êtes toute belle, Marie, et la faute originelle n’est point en vous.
Tota pulchra es, Maria, et macula originalis non est in te.

Votre vêtement est blanc comme neige, et votre visage pareil au soleil.
Vestimentum tuum candidum quasi nix, et facies tua sicut sol.

Vous êtes toute belle, Marie, et la faute originelle n’est point en vous.
Tota pulchra es, Maria, et macula originalis non est in te.

Vous, la gloire de Jérusalem, Vous la joie d’Israël, Vous qui êtes l’honneur de notre peuple.
Tu gloria Jerusalem, tu laetitia Israel, tu honorificentia populi nostri.

Vous êtes toute belle, Marie.
Tota pulchra es, Maria.

Litanies de la Sainte Vierge, dites de Lorette

La Sainte Vierge est pour tous le chemin privilégié et sûr qui conduit au Christ Notre Seigneur !
Participons à cet élan missionnaire en diffusant largement cette neuvaine autour de nous.

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

Le Pape aux jeunes à Athènes: «En avant, tous ensemble!»

Le Pape aux jeunes à Athènes: «En avant, tous ensemble!»

Pour la dernière étape de son voyage en Grèce, le Saint-Père s’est rendu dans l’école Saint-Denys des sœurs ursulines à Maroussi, un quartier de la capitale grecque. Répondant à des témoignages de trois personnes, il a invité la jeunesse à ne pas se laisser paralyser par ses peurs et à prendre sa vie en main.

 

Après une chaleureuse cérémonie d’accueil, où les jeunes de l’école Saint-Denys ont notamment exécuté un ballet traditionnel, deux jeunes femmes grecques et un jeune lycéen originaire de Syrie ont livré au Pape François un témoignage de leur vie personnelle, auquel le Saint-Père a ensuite répondu dans son discours.

D’abord à Katerina, qui a confié ses moments de doutes, lorsqu’elle voit des personnes souffrir: «N’ayez pas peur des doutes, car ils ne sont pas des manques de foi. Au contraire, les doutes sont des « vitamines de la foi »: ils contribuent à l’affermir, à la rendre plus forte, c’est-à-dire plus consciente, plus libre, plus mature».

Car la foi est précisément «un cheminement quotidien avec Jésus qui nous tient par la main, nous accompagne, nous encourage et, quand nous tombons, nous relève.»

Durant un moment de doute, il faut se mettre «à l’écoute de votre grande culture classique», «Tout a commencé par une étincelle, une découverte, formulée par un mot magnifique: « thaumàzein ». C’est l’émerveillement, l’étonnement. C’est ainsi que la philosophie est née, de l’émerveillement devant les choses qui sont: notre existence, l’harmonie de la création, le mystère de la vie

L’étonnement est le début de la philosophie mais aussi de la foi. «Le cœur de la foi n’est pas une idée ni une morale, mais une réalité, une très belle réalité qui ne dépend pas de nous et qui nous laisse sans voix: nous sommes les enfants bien-aimés de Dieu! Enfants bien-aimés: nous avons un Père qui veille sur nous sans jamais cesser de nous aimer.»

Changer de perspective

«Si nous nous tenons devant un miroir, peut-être que nous ne nous verrons pas comme nous le voudrions, car nous risquons de nous fixer sur ce que nous n’aimons pas. Mais si nous nous plaçons devant Dieu, la perspective change. Nous ne pouvons que nous émerveiller d’être pour lui, malgré toutes nos faiblesses et tous nos péchés, des enfants aimés depuis toujours et pour toujours».

Au lieu de se placer devant un miroir, «pourquoi n’ouvres-tu pas la fenêtre de la chambre pour t’arrêter devant la beauté que tu voies? Et dis alors: “C’est pour moi, c’est un cadeau pour moi, mon Père! Comme tu m’aimes!”  Chers jeunes, pensez-y : si, à nos yeux, la création est belle, aux yeux de Dieu, chacun de vous est infiniment plus beau! Il a fait de nous, dit l’Écriture, « des choses merveilleuses »(cf. Ps 139, 14). Laisse-toi envahir par cet émerveillement. Laisse-toi aimer par celui qui croit toujours en toi, par celui qui t’aime plus que tu ne peux t’aimer toi-même.»

Le Pape François à l’école des sœurs ursulines à Maroussi à Athènes, le 6 décembre 2021..

Enfin, réagissant toujours au témoignage de Katarina, «la joie de l’Évangile, l’émerveillement de Jésus, font passer au second plan les renoncements et les fatigues. Alors, d’accord? Repartons de l’émerveillement! Où? Dans la création, dans l’amitié, dans le pardon de Dieu, dans le visage des autres.»

Les visages des autres

Puis le Pape a adressé une réponse au témoignage de Ioanna. «J’ai aimé le fait que, pour nous parler de ta vie, tu aies parlé des autres». La jeune femme a découvert la foi à travers sa mère et sa grand-mère. «Ainsi, Jésus t’est devenu familier. Comme il est heureux lorsque nous nous ouvrons à Lui! C’est ainsi que l’on connaît Dieu. Parce que pour le connaître, il ne suffit pas d’avoir des idées claires sur lui, il faut aller à lui avec sa vie

Jésus se transmet par des visages et personnes concrètes. «Dieu ne nous met pas entre les mains un catéchisme, mais il se rend présent à travers les histoires des personnes. Il passe à travers nous».

«Servir les autres est le moyen d’atteindre la joie.» «Se consacrer aux autres, ce n’est pas pour les perdants, c’est pour les gagnants; c’est le moyen de faire quelque chose de vraiment nouveau dans l’histoire».

En effet, le service est la nouveauté de Jésus. «Ne te contente pas de quelques posts ou tweets. Ne te contente pas de rencontres virtuelles, recherche les rencontres réelles, surtout avec ceux qui ont besoin de toi: ne cherche pas la visibilité, mais ce qui est invisible. C’est original, révolutionnaire.»

Beaucoup de personnes sont «très réseaux sociaux mais pas très sociables», «repliés sur eux-mêmes, prisonniers du téléphone portable qu’ils ont à la main. Mais, sur l’écran, il manque l’autre personne, ses yeux, son souffle, ses mains».

En Grèce, «il existe un dicton éclairant: « o filos ine állos eaftós », “l’ami est un autre moi”», car l’autre est le chemin pour se trouver soi-même. «Il est difficile de sortir de sa zone de confort, il est plus facile de s’asseoir sur le canapé devant la télévision. Mais c’est un vieux truc, ce n’est pas pour les jeunes. Les jeunes doivent réagir: lorsque l’on se sent seul, s’ouvrir; lorsque la tentation de se refermer sur soi-même vient, chercher les autres, s’entraîner à cette ‘gymnastique de l’âme’».

Odyssée des temps modernes

Enfin, le Saint-Père a répondu à Aboud, lycéen venu de Syrie avec sa famille, arrivé en Grèce sur un canot pneumatique. «Une véritable odyssée des temps modernes. Et il m’est venu à l’esprit que, dans l’Odyssée d’Homère, le premier héros qui apparaît n’est pas Ulysse, mais un jeune homme: Télémaque, son fils, qui vit une grande aventure.» Télémaque n’a pas connu son père, angoissé et découragé, il ne sait même pas s’il est vivant, mais trouve le courage de partir.

«Le sens de la vie ne consiste pas à s’asseoir sur la plage en attendant que le vent apporte quelque chose de nouveau. Le salut est au large, dans l’élan, dans la recherche, dans la poursuite des rêves, les vrais, ceux qui se font les yeux ouverts, qui impliquent fatigue, lutte, vents contraires, tempêtes inattendues. Mais ne vous laissez pas paralyser par vos peurs, rêvez en grand! Et rêvez ensemble!»

«Comme pour Télémaque, il y aura ceux qui essaieront de vous arrêter. Il y aura toujours ceux qui vous diront : “laisse tomber, ne prends pas de risque, c’est inutile”. Ce sont les assassins de rêves, les tueurs d’espérance, les nostalgiques incurables du passé.»

Aboud lui a eu le courage de l’espérance. «Choisir est un défi. C’est affronter la peur de l’inconnu, c’est sortir du marécage de la standardisation, c’est décider de prendre sa vie en main. Pour faire de bons choix, vous pouvez vous rappeler une chose : les bonnes décisions concernent toujours les autres, et pas seulement soi-même.»

Sous les applaudissements Saint-Père a conclu sa prise de parole avec une expression grecque : «Brostà, óli masí», «En avant, tous ensemble».

*

Puis il est allé à l’aéroport d’Athènes pour prendre l’avion qui l’a ramené à celui de Rome. Comme à son habitude, avant de retourner au Vatican, le pape François s’est arrêté dans la basilique Sainte-Marie-Majeure, pour prier devant l’icône du Salus Populi Romani. Tournant ses pensées vers les nombreuses rencontres, les visages et les histoires douloureuses connues au fil des jours passés, il les a confiées à la Vierge Marie.


Extraits – Copyright © Dicastero per la Comunicazione – Libreria Editrice Vaticana

Dieu habite nos déserts existentiels

Dieu habite nos déserts existentiels

Après sa visite à Lesbos où il avait fait un aller-retour sur la matinée, le Pape François a célébré la messe de ce deuxième dimanche de l’Avent au Megaron Concert Hall, à Athènes, devant une assistance réduite à environ 2000 personnes, en raison des contraintes de distanciation induite par la pandémie de Covid-19. Dans son homélie, en commentant l’Évangile du jour, le Pape s’est arrêté sur deux dimensions: le désert et la conversion.

 

VOYAGE APOSTOLIQUE DE SA SAINTETÉ LE PAPE FRANÇOIS
À CHYPRE ET EN GRÈCE
(2-6 DÉCEMBRE 2021)

SAINTE MESSE

HOMÉLIE DU SAINT-PÈRE

« Salle de concert Megaron » à Athènes
dimanche 5 décembre 2021

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En ce deuxième dimanche de l’Avent, la Parole de Dieu nous présente la figure de saint Jean-Baptiste. L’Évangile en souligne deux aspects : le lieu où il se trouve, le désert, et le contenu de son message, la conversion. Désert et conversion : l’Évangile d’aujourd’hui insiste là-dessus et tant d’insistance nous fait comprendre que ces paroles nous concernent directement. Accueillons-les tous les deux.

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Désert

Le désert. Luc l’évangéliste présente ce lieu d’une manière particulière. En fait, il parle de circonstances solennelles et de grandes personnalités de l’époque : il évoque la quinzième année de l’empereur Tibère César, le gouverneur Ponce Pilate, le roi Hérode et d’autres « chefs politiques » de l’époque ; puis il mentionne les religieuses, Anne et Caïphe, qui se trouvaient près du Temple de Jérusalem (cf. Lc 3, 1-2).

À ce stade, il déclare : « La parole de Dieu est tombée sur Jean, fils de Zacharie, dans le désert » (Lc 3, 2). Mais comment? Nous nous serions attendus à ce que la Parole de Dieu s’adresse à l’un des grands qui viennent d’être énumérés.

Mais non. Une subtile ironie se dégage des lignes de l’Évangile : des étages supérieurs où vivent les détenteurs du pouvoir, on passe soudain au désert, à un homme inconnu et solitaire. Dieu surprend, ses choix surprennent : ils ne relèvent pas des prédictions humaines, ils ne suivent pas la puissance et la grandeur que l’homme lui associe habituellement.

Le Seigneur préfère la petitesse et l’humilité. La rédemption ne commence pas à Jérusalem, Athènes ou Rome, mais dans le désert. Cette stratégie paradoxale nous livre un très beau message : avoir de l’autorité, être cultivé et célèbre n’est pas une garantie de plaire à Dieu ; au contraire, cela pourrait conduire à l’orgueil et à le rejeter. Au lieu de cela, il faut être pauvre à l’intérieur, comme le désert est pauvre.

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Dieu nous visite dans des situations difficiles

Restons sur le paradoxe du désert. Le Précurseur prépare la venue du Christ dans ce lieu inaccessible et inhospitalier, plein de dangers. Maintenant, si quelqu’un veut faire une annonce importante, il se rend généralement dans de beaux endroits, où il y a beaucoup de monde, où il y a de la visibilité. Jean, au contraire, prêche dans le désert.

C’est précisément là, au lieu de l’aridité, dans cet espace vide qui s’étend à perte de vue et où il n’y a presque pas de vie, là se révèle la gloire du Seigneur, qui – comme l’Écriture le prophétise (cf. Is 40 : 3 -4) – change le désert en lac, la terre aride en sources d’eau (cf. Is 41,18). Voici un autre message réconfortant : Dieu, aujourd’hui comme alors, tourne son regard là où dominent la tristesse et la solitude.

Nous pouvons en faire l’expérience dans la vie : il ne parvient souvent pas à nous joindre alors que nous sommes au milieu des applaudissements et ne pensons qu’à nous-mêmes ; il réussit surtout les heures d’épreuves. Il nous visite dans des situations difficiles, dans nos vides qui lui laissent place, dans nos déserts existentiels. Là, le Seigneur nous visite.

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Dieu nous rejoint dans notre petitesse

Chers frères et sœurs, dans la vie d’une personne ou d’un peuple, les moments où l’on a l’impression d’être dans un désert ne manquent pas. Et ici, c’est précisément là que le Seigneur se rend présent, qui n’est souvent pas accueilli par ceux qui se sentent réussis, mais par ceux qui sentent qu’ils ne peuvent pas réussir.

Et il vient avec des paroles de proximité, de compassion et de tendresse : « N’aie pas peur, car je suis avec toi ; ne te perds pas, car je suis ton Dieu. Je te rends fort et je t’aide » (v. 10). Prêchant dans le désert, Jean nous assure que le Seigneur vient nous libérer et nous redonner vie dans des situations qui semblent irrémédiables, sans issue : il vient là. Il n’y a donc aucun endroit que Dieu ne veuille visiter.

Et aujourd’hui nous ne pouvons qu’éprouver de la joie à le voir choisir le désert, nous rejoindre dans notre petitesse qu’il aime et dans notre aridité qu’il veut étancher notre soif ! Alors, très chers, ne craignez pas la petitesse, car la question n’est pas d’être petit et peu nombreux, mais de s’ouvrir à Dieu et aux autres. Et ne craignez même pas la sécheresse, car Dieu ne les craint pas, qui viennent là nous visiter !

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Conversion

Passons au deuxième aspect, la conversion. Le Baptiste la prêchait avec acharnement et avec véhémence (cf. Lc 3, 7). C’est aussi un problème « inconfortable ». De même que le désert n’est pas le premier endroit où nous aimerions aller, de même l’invitation à la conversion n’est certainement pas la première proposition que nous aimerions entendre.

Parler de conversion peut éveiller la tristesse ; il semble difficile à concilier avec l’Évangile de la joie. Mais cela se produit lorsque la conversion se réduit à un effort moral, comme si elle n’était que le fruit de notre engagement.

Le problème est ici, de tout fonder sur notre force. C’est faux! Ici, la tristesse et la frustration spirituelles se cachent également : nous aimerions nous convertir, être meilleurs, surmonter nos défauts, changer, mais nous nous sentons incapables d’en être pleinement capables et, malgré la bonne volonté, nous reculons toujours.

Nous vivons la même expérience de saint Paul qui, précisément de ces terres, a écrit : « En moi il y a le désir du bien, mais pas la capacité de le mettre en œuvre ; en fait, je ne fais pas le bien que je veux, mais le mal que je ne veux pas » (Rm 7 : 18-19). Si donc, seuls, nous n’avons pas la capacité de faire le bien que nous voudrions, qu’est-ce que cela signifie que nous devons nous convertir ?

*

Se convertir signifie aller au-delà de nos préjugés

Votre belle langue, le grec, peut nous aider avec l’étymologie du verbe évangélique « se convertir », metanoéin. Il est composé de la préposition metá, qui signifie ici au-delà, et du verbe noéin, qui signifie penser. Se convertir, c’est donc penser au-delà, c’est-à-dire dépasser la façon habituelle de penser, au-delà de nos schémas mentaux habituels.

Je pense précisément aux schémas qui réduisent tout à nous-mêmes, à notre prétention à l’autosuffisance. Ou à ceux fermés par la rigidité et la peur qui paralysent, par la tentation du « ça a toujours été fait ainsi, pourquoi changer ? », par l’idée que les déserts de la vie sont des lieux de mort et non de la présence de Dieu.

*

Dieu est notre au-delà

En nous exhortant à la conversion, Jean nous invite à aller plus loin et à ne pas s’arrêter là ; aller au-delà de ce que nos instincts nous disent et de ce que nos pensées photographient, car la réalité est plus grande : elle est plus grande que nos instincts, nos pensées. La réalité est que Dieu est plus grand.

La conversion, alors, signifie ne pas écouter ce qui détruit l’espoir, ceux qui répètent que rien ne changera jamais dans la vie – les pessimistes de tous les temps. C’est refuser de croire que nous sommes destinés à sombrer dans les sables mouvants de la médiocrité.

Ce n’est pas se rendre aux fantômes intérieurs, qui apparaissent surtout dans les moments d’épreuve pour nous décourager et nous dire que nous n’y arriverons pas, que tout va mal et que devenir saint n’est pas pour nous. Ce n’est pas le cas, car Dieu est là, il faut lui faire confiance, car il est notre au-delà, notre force.

Tout change si la première place lui est laissée. Voici la conversion : notre porte ouverte suffit pour que le Seigneur entre et fasse des merveilles, tout comme un désert et les paroles de Jean suffisaient pour qu’il vienne au monde. Il n’en demande pas plus.

*

 

Demandons la grâce de l’espérance

Nous demandons la grâce de croire qu’avec Dieu les choses changent, qu’Il guérit nos peurs, guérit nos blessures, transforme les lieux arides en sources d’eau. Nous demandons la grâce de l’espérance. Car c’est l’espérance qui ranime la foi et ravive la charité. Car il y a de l’espoir que les déserts du monde aient soif aujourd’hui.

Et tandis que cette rencontre qui est la nôtre nous renouvelle dans l’espérance et la joie de Jésus, et que je me réjouis d’être avec vous, nous demandons à notre Mère, la Très Sainte, de nous aider à être, comme elle, des témoins d’espérance, des semeurs de joie autour de nous – l’espoir, frères et sœurs, ne déçoit jamais, ne déçoit jamais -.

Non seulement quand nous sommes heureux et que nous sommes ensemble, mais chaque jour, dans les déserts que nous habitons. Car c’est là que, avec la grâce de Dieu, notre vie est appelée à se convertir. Là, dans les nombreux déserts de notre intérieur ou de l’environnement, la vie est appelée à s’épanouir. Que le Seigneur nous donne la grâce et le courage d’accueillir cette vérité.

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Salutation finale à la fin de la messe

Chers frères et sœurs,

Au terme de cette célébration, je voudrais exprimer ma gratitude pour l’accueil que j’ai reçu parmi vous. Merci de tout mon cœur! Efcharistó ! [Merci!].

De la langue grecque est venu ce mot qui résume le don du Christ pour toute l’Église : Eucharistie. Ainsi pour nous chrétiens, l’action de grâce est inscrite au cœur de la foi et de la vie. Que l’Esprit Saint fasse de tout notre être et agisse une Eucharistie, une action de grâce à Dieu et un don d’amour à nos frères et sœurs.

Dans ce contexte, je renouvelle ma profonde gratitude aux autorités civiles, à Madame la Présidente de la République, ici présente, et aux frères évêques, ainsi qu’à tous ceux qui, de diverses manières, ont collaboré à la préparation et à l’organisation de cette visite. Merci à tous! Et merci à la chorale qui nous a aidés à si bien prier.

Demain je quitterai la Grèce, mais je ne te quitterai pas ! Je vous porterai avec moi, en mémoire et en prière. Et vous aussi, s’il vous plaît, continuez à prier pour moi. Merci!


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