Le Pape François a présidé ce dimanche la messe de clôture des 34e Journées Mondiales de la Jeunesse, Dans son homélie, le Saint-Père a appelé les jeunes à réaliser sans attendre l’amour du Seigneur, pour vivre dès à présent, avec passion, la mission particulière que Dieu leur confie.
Le Saint-Père est arrivée à une heure matinale au Campus Saint Jean-Paul II, où des centaines de milliers de jeunes étaient déjà rassemblées. Plusieurs chefs d’États étaient également présents: les présidents du Panama, du Costa Rica, de Colombie, du Guatemala, du Honduras, du Portugal et du Salvador.
Pour éviter une chaleur trop forte, le début de la messe finale de ces JMJ était fixé à 7 heures. Dans la lumière du soleil levant, l’assemblée, parsemée de drapeaux de tous les pays du monde, a accueilli le Pape dans la liesse et les chants. Une importante chorale donnait le rythme en applaudissant avec enthousiasme.
Au début de la cérémonie, l’archevêque de Panama, Mgr Jose Domingo Ulloa Mendieta, a prononcé une brève allocution, notamment pour remercier le Pape.
Dieu nous appelle maintenant
Dans son homélie, le Pape François s’est appuyé sur l’Évangile du jour, tiré de saint Luc (Lc 1, 1-4; 4, 14-21). Jésus y «révèle l’heure de Dieu qui sort à notre rencontre».«L’heure de Dieu qui, avec Jésus, se rend présent, se fait visage, chair, amour de miséricorde qui n’attend pas de situations idéales ou parfaites pour sa manifestation, ni n’accepte d’excuses pour sa réalisation.» Ainsi, «en Jésus, l’avenir promis commence et prend vie.»
«Tous les habitants de Nazareth n’étaient pas prêts à croire en quelqu’un qu’ils connaissaient et avaient vu grandir et qui les invitait à mettre en œuvre un rêve tant espéré»
Cela coûte d’accepter le caractère concret de l’amour de Dieu
«Nous ne croyons pas toujours que Dieu peut être si concret et si quotidien, si proche et si réel, et encore moins qu’il se rend si présent et agissant à travers une personne connue, comme peut l’être un voisin, un ami, un parent. Nous ne croyons pas toujours que le Seigneur peut nous inviter à travailler et à nous salir les mains avec lui pour son royaume, de manière si simple mais si forte».
Les «fois sont nombreuses où nous nous comportons comme les habitants de Nazareth et préférons un Dieu à distance: beau, bon, généreux, mais à distance et qui ne gêne pas».
Un amour exigeant
«Dieu proche et quotidien, ami et frère, nous demande de tirer les enseignements en terme de proximité, de vie quotidienne et surtout de fraternité». «Il n’a pas voulu se manifester de manière angélique ou spectaculaire, mais il a voulu nous offrir un visage fraternel, amical, concret, familier. Dieu est réel parce que l’amour est réel, Dieu est concret parce que l’amour est concret».
«Et ce qui est né pour être prophétie et annonce du Royaume de Dieu finit enchaîné et appauvri. Vouloir enchaîner la parole de Dieu est chose quotidienne.»
Jeunes, sentez que votre mission est aujourd’hui
«Il peut vous arriver la même chose chaque fois que vous pensez que votre mission, votre vocation, que même votre vie est une promesse seulement pour l’avenir et n’a rien à voir avec votre présent. Comme si être jeune était synonyme de salle d’attente de celui qui attend son heure.»
«Et dans l’”entre-temps” nous vous inventons ou vous vous inventez un avenir hygiéniquement bien emballé et sans conséquences, bien armé et garanti, tout “bien assuré”. C’est la “fiction” de la joie.»
Alors, «vos rêves perdent de la hauteur, commencent à s’assoupir et deviennent des “rêvasseries” au ras du sol, mesquines et tristes, seulement parce que nous considérons ou vous considérez que ce n’est pas encore votre heure; qu’il y a assez de jeunes à s’impliquer, à rêver et à travailler à demain.»
Le Synode, un temps précieux de rencontre
Le Saint-Père a ensuite fait référence au Synode d’octobre 2018 consacré aux jeunes, mentionnant l’un de ses fruits: «la richesse de l’écoute entre générations, la richesse de l’échange et la valeur de reconnaître que nous avons besoin les uns des autres, que nous devons faire des efforts pour favoriser les canaux et les espaces où s’impliquer pour rêver et travailler à demain, dès aujourd’hui. Mais pas de manière isolée», plutôt «ensemble, en créant un espace commun. Un espace qui ne s’offre ni ne se gagne à la loterie, mais un espace pour lequel vous devez aussi vous battre».
Vous êtes «l’heure de Dieu»
«Chers jeunes, vous n’êtes pas l’avenir mais l’heure de Dieu. Il vous convoque et vous appelle dans vos communautés et vos villes à aller à la recherche de vos grands-parents, de vos aînés ; à vous lever et, à prendre la parole avec eux et à réaliser le rêve que le Seigneur a rêvé pour vous.»
«Ce qui vous fait tomber amoureux atteindra non seulement votre imagination mais aussi affectera tout. Ce sera ce qui vous fera lever le matin et vous poussera dans les moments de lassitude, ce qui brisera le cœur et ce qui vous remplira d’étonnement, de joie et de gratitude».
«Sentez que vous avez une mission et tombez-en amoureux, cela décidera tout. Nous pourrons tout avoir, mais s’il manque la passion de l’amour, tout manquera. Laissons le Seigneur nous aimer!»
Face aux obstacles, participer à la joie du Seigneur
Jésus «n’est pas un ”entre-temps” dans la vie ou une mode passagère, il est amour de don qui invite à se donner. Il est amour concret, proche, réel ; il est joie festive qui naît en choisissant et en prenant part à la pêche miraculeuse de l’espérance et de la charité, de la solidarité et de la fraternité face à tant de regards paralysés et paralysants, à cause des craintes et de l’exclusion, de la spéculation et de la manipulation.»
«Le Seigneur et sa mission ne sont pas un ”entre-temps” dans notre vie, une chose passagère. Ils sont notre vie!»
La foi et le courage de Marie
Faisant référence au thème de ces 34e Journées Mondiales de la Jeunesse, le Pape a noté que le ‘oui’ de la Vierge Marie «a été murmuré de manière spéciale comme une musique de fond» ces derniers jours.
«Non seulement elle a cru en Dieu et en ses promesses comme une chose possible, elle a cru en Dieu et a osé dire “oui” pour participer à cette heure du Seigneur.» «Elle a senti qu’elle avait une mission, elle est tombée amoureuse et cela a décidé de tout.»
prière à Marie à la fin de la messe finale des JMJ
«Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre» (Lc 4, 21). «Voulez-vous vivre la réalisation de son amour?»«Que votre “oui” continue d’être la porte d’entrée, pour que l’Esprit Saint offre une nouvelle Pentecôte au monde et à l’Église.»
Au terme de la messe, le Pape a prié Marie, en lui confiant tous les jeunes qui ont participé à ces JMJ de Panama.
« Seul l’amour nous rend plus humains, plus complets, tout le reste sont des placebos, bons mais vides », déclare le pape François devant les centaines de milliers de jeunes rassemblés pour la JMJ de Panama 2019, ce samedi soir, 26 janvier 2019, sur la « Bande côtière » de la ville de Panama pour la grande veillée de la JMJ.
L’exemple de Marie, une femme qui a bouleversé l’histoire
Vierge Marie Veillée JMJ Panama
Après des témoignages de jeunes, le pape leur a demandé s’ils voulaient « influencer » le monde comme Marie, dont la statue de Fatima était présente sur le podium: « Voulez-vous être “influenceur” à la manière de Marie qui a osé dire qu’«il en soit ainsi»? » Marie elle-même « influencée » par Dieu!
Le pape a ensuite publié ce tweet : « Par son oui, Marie est la femme qui a le plus influencé l’histoire. Sans réseaux sociaux elle a été la première “influente”, l’“influente” de Dieu. »
Présentes aussi des reliques de l’un des saints patrons de la JMJ, saint Oscar Romero, l’évêque salvadorien martyr: son aube tachée de sang et sa mitre épiscopale avec sa devise: « Sentir avec l’Église ».
Les jeunes ont aussi ovationné saint Jean Bosco qui, a dit le pape, « n’est pas allé chercher les jeunes en des lieux lointains ou particuliers, mais qui a appris à voir tout ce qui se passait dans la ville avec les yeux de Dieu ».
« N’ayez pas peur d’ouvrir votre cœur (à Jésus)… qu’il vous pousse à embrasser la vie avec toute sa fragilité et sa petitesse, mais aussi avec tte sa grandeur et sa beauté. Qu’il vous aide à découvrir la beauté d’être vivants… vous pouvez faire plus ! »
Aux parents d’Inès, atteinte du syndrome de Down, qui ont témoigné de leur accueil, le « pape lance : « Vous avez cru que le monde n’est pas seulement pour les forts ! Merci ! »
Le pape a ainsi introduit les jeunes à l’adoration de « Jésus Saint-Sacrement » dans un silence contemplatif avec un cœur comme celui de la Vierge Marie: « Qu’il me soit fait selon ta parole », pour prier pour les vocations en Église.
Un temps d’adoration
« Dans un moment nous allons rencontrer Jésus vivant dans l’adoration eucharistique. Je suis certain que vous aurez beaucoup de choses à lui dire, à lui raconter sur les situations diverses de vos vies, de vos familles et de vos pays. »
« Devant lui, face à face, n’ayez pas peur de lui ouvrir votre cœur, qu’il renouvelle le feu de son amour, qu’il vous pousse à embrasser la vie avec toute sa fragilité et sa petitesse, mais aussi avec toute sa grandeur et sa beauté. Qu’il vous aide à découvrir la beauté d’être vivants. »
« N’ayez pas peurde lui dire que vous aussi, voulez prendre part à son histoire d’amour dans le monde, que vous pouvez faire plus! »
Le pape leur a aussi demandé leur prière pour sa mission et il a ensuite exposé le Saint-Sacrement dans un immense ostensoir porté par une statue de la Vierge Marie: le pape l’a encensé et il a adoré le Saint-Sacrement avec les jeunes.
Un silence impressionnant, suivi par des chants et une prière d’intercession et d’action de grâce – en espagnol, en français, en polonais – pour les familles, les couples, la paternité et la maternité; pour les formes de vie consacrée; le sacerdoce; les missionnaires.
Le soleil s’était couché à Panama, et le Saint-Sacrement brillait dans la nuit.
L’adoration s’est achevée par la prière du « Tantum Ergo » en latin et des invocations du Saint-Sacrement, répétées par la foule des jeunes.
Sous les applaudissements, le pape s’est approché de la statue de la Vierge de Fatima: « Chers jeunes, vous n’êtes jamais seuls sur votre chemin de foi » est avec vous la Vierge Marie: « elle nous accompagne toujours. Accueillez-la dans votre vie. Elle nous dit: Tout ce qu’Il vous dira, faites-le ».
Le trio de jeunes chanteurs italiens « Il Volo » – Piero Barone, Ignazio Boschetto, Gianluca Ginoble – a alors chanté un Ave Maria d’une poignante émotion. Puis le pape s’est retiré et les jeunes ont scandé une nouvelle fois: « Esta es la juventud del Papa » – « Voilà les jeunes du Pape! »
Les jeunes ont ensuite emporté en procession la statue couronnée de la Vierge de Fatima et la veillée s’est prolongée par des chants. Il était 20h20 à Panama.
Discours préparé par le pape François
(sans les improvisations ajoutées d’abondance du cœur)
Chers jeunes, bonsoir!
Nous avons regardé ce beau spectacle sur l’Arbre de Vie qui nous montre comment la vie que Jésus nous offre est une histoire d’amour, une histoire de vie qui veut se mêler à la nôtre et plonger ses racines dans la terre de chacun. Cette vie n’est pas un salut suspendu “dans les nuages” attendant d’être déversé, ni une “application” nouvelle à découvrir, ni un exercice mental fruit de techniques de dépassement de soi.
Elle n’est pas non plus un “tutoriel” avec lequel on apprendrait la dernière nouveauté. Le salut que le Seigneur nous offre est une invitation à faire partie d’une histoire d’amour qui se tisse avec nos histoires; qui vit et veut naître parmi nous pour que nous donnions du fruit là où nous sommes, comme nous sommes et avec qui nous sommes. C’est là que le Seigneur vient planter et se planter; il est le premier à dire “oui” à notre vie, à notre histoire, et il veut que nous aussi disions “oui” avec lui.
Il a de cette manière surpris Marie et il l’a invitée à faire partie de cette histoire d’amour. Bien sûr, la jeune de Nazareth ne sortait pas sur les “réseaux sociaux” de l’époque, elle n’était pas une “influenceur”, mais sans le demander ni le rechercher, elle est devenue la femme qui a le plus influencé l’histoire.
Marie, l’“influenceur” de Dieu. En peu de mots elle a osé dire “oui” et faire confiance à l’amour et aux promesses de Dieu, seule force capable de rendre toutes choses nouvelles.
Le force du “oui” de cette jeune attire toujours l’attention, son “qu’il en soit ainsi” dit à l’ange. Ce fut une chose différente d’une acceptation passive ou résignée, d’un “oui” voulant dire: on verra bien ce qui va se passer. Ce fut quelque chose de plus, quelque chose de différent. Ce fut le “oui” de celle qui veut s’engager et risquer, de celle qui veut tout parier, sans autre sécurité que la certitude de savoir qu’elle était porteuse d’une promesse.
Elle aura, sans doute, une mission difficile, mais les difficultés n’étaient pas une raison pour dire “non”. Elle aura des difficultés, certainement, mais ce ne seront pas les mêmes difficultés qui apparaissent quand la lâcheté nous paralyse du fait que tout n’est pas clair ni assuré par avance. Le “oui” et les envies de servir ont été plus forts que les doutes et les difficultés.
Dire « oui » signifie embrasser la vie telle qu’elle est
Ce soir aussi, nous écoutons comment le “oui” de Marie fait écho et se multiplie de génération en génération. Beaucoup de jeunes, à l’exemple de Marie, risquent et parient guidés par une promesse.
Merci Erika et Rogelio pour le témoignage que vous nous avez offert. Vous avez partagé vos craintes, vos difficultés et le risque vécu à la naissance de votre fille Inés. Vous avez dit à un moment: «A nous parents, en diverses circonstances, il en coûte d’accepter l’arrivée d’un bébé qui a une maladie ou un handicap», cela est certain et compréhensible.
Mais le plus surprenant est lorsque vous avez ajouté: «A la naissance de notre fille, nous avons décidé de l’aimer de tout notre cœur». Avant son arrivée, face à toutes les annonces et les difficultés qui apparaissaient, vous avez pris une décision et avez dit comme Marie: «Qu’il en soit ainsi», vous avez décidé de l’aimer. Devant la vie de votre fille fragile, sans défense et dans le besoin, la réponse a été un “oui” et là nous avons Inès. Vous avez cru que le monde n’est pas seulement pour les forts!
Dire “oui” au Seigneur, c’est oser embrasser la vie comme elle vient, avec toute sa fragilité, sa petitesse et, souvent, avec toutes ses contradictions et ses insignifiances, du même amour dont Erika et Rogelio nous ont parlé. C’est embrasser notre patrie, nos familles, nos amis tels qu’ils sont, aussi avec leurs fragilités et petitesses.
Embrasser la vie se manifeste aussi quand nous accueillons tout ce qui n’est pas parfait, pur ou distillé, mais non pas moins digne d’amour. Une personne, n’est-elle pas digne d’amour parce qu’elle est handicapée ou fragile?
Une personne n’est-elle pas digne d’amour parce qu’elle est étrangère, parce qu’elle s’est trompée, parce qu’elle est malade ou en prison? Jésus a fait ainsi: il a embrassé le lépreux, l’aveugle et le paralytique, il a embrassé le pharisien et le pécheur. Il a embrassé le larron sur la croix et il a même embrassé et pardonné à ceux qui le crucifiaient.
Pourquoi? Parce que seul celui qui aime peut être sauvé. Seul celui qui embrasse peut être transformé. L’amour du Seigneur est plus grand que toutes nos contradictions, nos fragilités et nos petitesses, mais c’est précisément à travers nos contradictions, nos fragilités et nos petitesses qu’il veut écrire cette histoire d’amour.
Dieu nous embrasse toujours et nous aide à nous relever
Il a embrassé le fils prodigue, il a embrassé Pierre après son reniement et il nous embrasse toujours, toujours, après nos chutes, en nous aidant à nous relever et nous remettre sur pieds. Parce que la véritable chute, celle qui est capable de ruiner notre vie, c’est de rester à terre et ne pas se laisser aider.
Qu’il est difficile, souvent, de comprendre l’amour de Dieu! Mais, quel don c’est de savoir que nous avons un Père qui nous embrasse au-delà de toutes nos imperfections!
Le premier pas consiste à ne pas avoir peur de recevoir la vie comme elle vient, d’embrasser la vie !
Merci Alfred pour ton témoignage et pour le courage de l’avoir partagé avec nous tous. J’ai été très impressionné quand tu as dit: «J’ai commencé à travailler dans le bâtiment jusqu’à ce que tel projet se termine. Sans emploi, les choses ont pris une autre couleur: sans école, sans occupation et sans travail». Je le résume dans les quatre “sans” qui rendent notre vie sans racines et la dessèche: sans travail, sans éducation, sans communauté, sans famille.
Il est impossible que quelqu’un grandisse s’il n’a pas de racines fortes qui aident à être bien soutenu et enraciné dans la terre. Il est facile de “se faire exploser”, quand il n’y a pas de lieu pour se fixer. Cela c’est une question que nous, les aînés, sommes obligés de nous poser, et plus encore, c’est une question que vous aurez à nous poser et à laquelle nous aurons le devoir de répondre: quelles racines nous donnons-vous, quels fondements, pour vous construire, nous fournissons-vous?
Pour rêver de l’avenir, je dois savoir pour qui je vis
Combien il est facile de critiquer les jeunes et de passer son temps à murmurer, si nous vous privons des opportunités de travail, éducatives et communautaires auxquelles vous raccrocher et rêver l’avenir. Sans éducation il est difficile de rêver l’avenir, sans travail, il est très difficile de rêver l’avenir, sans famille ni communauté il est quasi impossible de rêver l’avenir. Parce que rêver l’avenir, c’est apprendre non seulement pour quoi je vis, mais aussi pour qui je vis, pour qui il vaut la peine de dépenser la vie.
Comme nous le disait Alfred, quand quelqu’un décroche et reste sans travail, sans éducation, sans communauté et sans famille, à la fin de la journée on se sent vide et on termine en remplissant ce vide avec n’importe quoi. Parce que nous ne savons pas encore pour qui vivre, lutter, aimer.
Je me rappelle une fois en bavardant avec des jeunes, l’un d’eux me demanda: Père, pourquoi aujourd’hui beaucoup de jeunes ne se demandent pas si Dieu existe ou pourquoi il leur est difficile de croire en lui et pourquoi ils n’ont pas beaucoup d’engagements dans la vie? Je leur ai répondu: et vous, qu’en pensez-vous?
Parmi les réponses qui furent données dans la conversation, je me souviens d’une qui m’a touché au cœur et qui a rapport avec l’expérience qu’Alfred a partagée: “c’est parce que beaucoup d’entre eux sentent que, peu à peu, ils cessent d’exister pour les autres, ils se sentent souvent invisibles”.
C’est la culture de l’abandon et du manque de considération. Je ne dis pas tous, mais beaucoup sentent qu’’ils n’ont pas beaucoup ou rien à apporter, parce qu’ils n’ont pas de véritables espaces où ils se sentent appelés. Comment vont-ils penser que Dieu existe, s’il y a longtemps qu’ils ont cessé d’exister pour leurs frères?
Pour se sentir aimé, le « réseau » ne suffit pas
Nous le savons bien, il ne suffit pas d’être toute la journée connecté pour se sentir reconnu et aimé. Se sentir considéré et invité à quelque chose est plus important qu’être “sur le réseau”. Cela signifie trouver des espaces où ils peuvent avec leurs mains, avec leur cœur et avec leur tête se sentir faire partie d’une communauté plus grande qui a besoin d’eux et qui a aussi besoin de vous.
Cela, les saints l’ont très bien compris. Je pense par exemple à Don Bosco qui n’est pas allé chercher les jeunes en des lieux lointains ou particuliers, mais qui a appris à voir tout ce qui se passait dans la ville avec les yeux de Dieu et, ainsi, il a été touché par des centaines d’enfants et de jeunes abandonnés sans études, sans travail et sans la main amie d’une communauté.
Beaucoup vivaient dans la même ville, beaucoup critiquaient ces jeunes, mais ils ne savaient pas les regarder avec les yeux de Dieu. Lui l’a fait, et il osé faire le premier pas: embrasser la vie comme elle se présente et, à partir de là, il n’a pas eu peur de faire le second pas : créer avec eux une communauté, une famille où, avec le travail et l’étude, ils se sentent aimés. Leur donner des racines où se fixer pour qu’ils puissent parvenir au ciel.
Je pense à beaucoup de lieux de notre Amérique Latine qui promeuvent ce qu’on appelle la grande famille foyer du Christ qui, avec le même esprit que celui de la Fondation Jean Paul II dont nous parlait Alfred et de beaucoup d’autres centres, cherchent à recevoir la vie comme elle vient dans sa totalité et sa complexité, parce qu’ils savent qu’«il y a pour l’arbre un espoir: une fois coupé, il peut verdir encore et les jeunes pousses ne lui feront pas défaut» (Jb, 14, 7).
Et toujours on peut“reverdir et donner de jeunes pousses” quand il y a une communauté, la chaleur d’un foyer où prendre racine, qui donne la confiance nécessaire et prépare le cœur à découvrir un nouvel horizon: horizon d’enfant aimé, cherché, rencontré et donné à une mission. C’est par le moyen de visages concrets que le Seigneur se rend présent.
Bâtisseurs de communautés ecclésiales
Dire: “oui” à cette histoire d’amour, c’est dire “oui” au fait d’être des instruments pour construire, dans nos quartiers, des communautés ecclésiales capables de se promener dans la ville, d’embrasser et de tisser de nouvelles relations.
Être un “influenceur” au XXIème siècle, c’est être gardien des racines, gardien de tout ce qui empêche que notre vie devienne évanescente, s’évapore dans le rien. Soyez des gardiens de tout ce qui nous permet de nous sentir partie les uns des autres. Que nous nous appartenons.
C’est ainsi que l’a vécu Nirmeen, lors des JMJ de Cracovie. Elle a rencontré une communauté vivante, joyeuse, qui est sortie à sa rencontre, qui lui a donnée une appartenance et lui a permis de vivre la joie qu’implique être rencontrée par Jésus.
Une fois, un saint s’est demandé: «Le progrès de la société, consistera-t-il seulement à parvenir à posséder la dernière voiture ou acquérir la dernière technique du marché? Est-ce en cela que se résume la grandeur de l’homme? N’y a-t-il rien d’autre que de vivre pour cela? (cf. Saint Alberto Hurtado, Meditación de Semana Santa para jóvenes, 1946).
Je vous demande: c’est là votre grandeur? Vous n’avez été créés pour rien d’autre? Marie l’a compris et a dit: Qu’il en soit ainsi! Erika et Rogelio l’ont compris et ils ont dit: qu’il en soit ainsi! Alfredo l’a compris et a dit: qu’il en soit ainsi! Nirmeen l’a compris et a dit: qu’il en soit ainsi! Chers amis, je vous demande: êtes-vous disposés à dire “oui”?
Pour un monde meilleur, il faut des gens qui disent « oui » à l’amour de Dieu
L’Évangile nous apprend que le monde ne sera pas meilleur, parce qu’il y aurait moins de personnes malades, faibles, fragiles ou âgées dont il faut s’occuper, pas même parce qu’il y aurait moins de pécheurs. Mais il sera meilleur quand plus nombreuses seront les personnes qui, comme ces amis, seront prêts et oseront concevoir demain et croire en la force transformatrice de l’amour de Dieu.
Voulez-vous être “influenceur” à la manière de Marie qui a osé dire qu’«il en soit ainsi»? Seul l’amour nous rend plus humains, plus complets, tout le reste sont des placebos, bons mais vides.
Un temps d’adoration
Dans un moment, nous allons rencontrer Jésus vivant dans l’adoration eucharistique. Je suis certain que vous aurez beaucoup de choses à lui dire, à lui raconter sur les situations diverses de vos vies, de vos familles et de vos pays.
Devant lui, face à face, n’ayez pas peur de lui ouvrir votre cœur, qu’il renouvelle le feu de son amour, qu’il vous pousse à embrasser la vie avec toute sa fragilité et sa petitesse, mais aussi avec toute sa grandeur et sa beauté. Qu’il vous aide à découvrir la beauté d’être vivants.
N’ayez pas peur de lui dire que vous aussi, voulez prendre part à son histoire d’amour dans le monde, que vous pouvez faire plus!
Chers amis, je vous demande aussi que, dans ce face à face avec Jésus, vous priez pour moi pour que je n’ai pas, moi non plus, peur d’embrasser la vie, que je garde les racines et dise comme Marie: qu’il me soit fait selon ta parole!
Le pape François a célébré la messe samedi en la cathédrale Santa Maria La Antigua de Panama, après avoir reconsacré l’autel suite à une longue rénovation.
VOYAGE APOSTOLIQUE DU PAPE FRANÇOIS AU PANAMÁ
À L’OCCASION DE LA XXXIVe JOURNÉE MONDIALE DE LA JEUNESSE
(23-28 JANVIER 2019)
MESSE ET DÉDICACE DE L’AUTEL DE LA BASILIQUE
SANTA MARIA LA ANTIGUA AVEC LES PRÊTRES, LES CONSACRÉS ET LES MOUVEMENTS LAÏCS
HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS
Panama
Samedi 26 janvier 2019
«Le puits de Jacob était là et Jésus, fatigué de son voyage, s’assit près du puits. C’était à peu près la sixième heure. Une femme de Samarie vint puiser de l’eau. Jésus lui dit: « Donne-moi à boire » »(Jn 4: 6-7).
L’Évangile que nous avons entendu ne craint pas de nous montrer Jésus lassé de son voyage. À midi, quand le soleil donne toute sa force, nous le rencontrons au bord du puits. Il avait besoin de soulager et d’étancher sa soif, de rafraîchir ses pas, de récupérer ses forces pour continuer sa mission.
Les disciples ont personnellement expérimenté l’étendue de l’engagement et la volonté du Seigneur d’apporter la Bonne Nouvelle aux pauvres, de restaurer ceux qui ont le cœur brisé, de proclamer la liberté des captifs et la liberté des prisonniers, de réconforter ceux qui se lamentent et de proclamer une année de grâces pour tous (cf. Is 61: 1-3).
Ce sont toutes des situations qui consument la vie et l’énergie; pourtant elles nous montrent de nombreux moments importants dans la vie du Maître, des moments dans lesquels notre humanité aussi peut trouver une parole de Vie.
Fatigué du voyage
Il est relativement facile pour nous, aussi occupés que nous sommes, d’imaginer l’activité du Seigneur et de communier avec elle. Cependant, nous ne savons pas toujours comment contempler et accompagner sa «lassitude»; il semble que ce n’est pas quelque chose de propre à Dieu.
Le Seigneur savait ce que c’était que d’être fatigué et, dans sa lassitude, de nombreuses luttes menées par nos nations et nos peuples, nos communautés et tous ceux qui sont fatigués et lourdement alourdis (cf. Mt 11, 28) peuvent trouver une place.
Le poids à supporter
Prêtres, consacrés et membres de mouvements laïques, les raisons de la lassitude dans notre cheminement sont variées: des longues heures de travail, qui laissent peu de temps pour manger, pour se reposer et être en famille, des conditions de travail et des relations «toxiques» qui mènent à l’épuisement et à la déception.
Des simples engagements quotidiens à la routine fastidieuse de ceux qui ne trouvent pas la détente, l’appréciation ou le soutien nécessaire pour passer d’un jour à l’autre. Des petits problèmes habituels et prévisibles aux longues et stressantes périodes de pression. Toute une gamme de fardeaux à porter.
Il serait impossible d’essayer de faire face à toutes ces situations qui assaillent la vie des personnes consacrées, mais nous ressentons tous le besoin urgent de trouver un puits pour nous désaltérer et pour soulager notre fatigue du voyage. Toutes ces situations, comme un appel silencieux, exigent un puits à partir lequel nous pouvons à nouveau nous mettre en route.
La lassitude paralysante de l’espérance
Depuis quelque temps, une lassitude subtile semble avoir trouvé sa place dans nos communautés, une lassitude qui n’a rien à voir avec la lassitude du Seigneur. C’est une tentation que nous pourrions appeler la lassitude de l’espérance.
Cette lassitude se fait sentir lorsque, comme dans l’Évangile, le soleil se couche impitoyablement et avec une intensité telle qu’il devient impossible de continuer à marcher ou même de regarder de l’avant. Tout devient confus.
Je ne fais pas allusion à cette «lourdeur de cœur particulière» (cf. Redemptoris Mater, 17; Evangelii Gaudium, 287) ressentie par ceux qui se sentent «brisés» à la fin de la journée, mais parviennent à avoir un sourire serein et reconnaissant. Je parle de cette autre lassitude, qui vient de regarder vers l’avenir une fois que la réalité «frappe» et remet en question l’énergie, les ressources et la viabilité de notre mission dans ce monde changeant et difficile.
C’est une lassitude qui paralyse. Cela vient du fait de regarder l’avenir et de ne pas savoir comment réagir aux changements intenses et déroutants que nous vivons en tant que société.
Ces changements semblent remettre en question non seulement nos manières de parler et d’engager nos attitudes et nos habitudes face à la réalité, mais ils mettent souvent en doute la viabilité même de la vie religieuse dans le monde d’aujourd’hui. Et la vitesse même de ces changements peut paralyser nos options et nos opinions, alors que ce qui était significatif et important dans le passé ne semble plus être valable.
Un pragmatisme gris
La lassitude de l’espérance vient du fait de voir une église blessée par le péché, qui échouait si souvent à entendre tous ces cris qui faisaient écho au cri du Maître: «Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?» (Mt 27:46).
Nous pouvons nous habituer à vivre avec une lassitude de l’espérance devant un avenir incertain et inconnu, ce qui peut ouvrir la voie à un pragmatisme gris qui se loge au cœur de nos communautés. Tout se passe apparemment comme d’habitude, mais en réalité, la foi s’effrite et échoue.
Déçus par une réalité que nous ne comprenons pas ou dont nous pensons qu’elle n’a pas de place pour notre message, nous pouvons ouvrir la porte à l’une des pires hérésies de notre temps: l’idée que le Seigneur et nos communautés n’ont rien à dire ou à contribuer. dans le nouveau monde en train de naître (cf. Evangelii Gaudium, 83). Ce qui était jadis le sel et la lumière du monde finit par être usé et vicié.
Donne moi à boire
La lassitude du voyage peut arriver; ça peut se faire sentir. Qu’on le veuille ou non, nous faisons bien d’avoir le même courage que le Maître et de dire: «Donne-moi à boire». Comme ce fut le cas avec la Samaritaine et peut-être avec chacun de nous, nous voulons étancher notre soif non pas avec de l’eau mais avec la «source d’eau jaillissant pour la vie éternelle» (Jn 4, 14).
Comme la Samaritaine qui porte depuis des années les cruches vides d’amours ratés, nous savons qu’aucune parole ne peut nous aider à retrouver énergie et prophétie dans notre mission. Ce n’est pas n’importe quelle nouveauté, aussi séduisante qu’elle puisse paraître, qui peut étancher notre soif.
Nous savons, comme elle l’a fait, que ni la connaissance de la religion, ni le maintien des options et des traditions, passées ou présentes, ne nous rendent toujours féconds et passionnés, «des adorateurs en esprit et en vérité» (Jn 4,23).
Le Seigneur dit: «Donne-moi à boire», il nous demande de dire ces mêmes mots. Pour les dire, ouvrons la porte et laissons notre espérance fatiguée revenir sans crainte au puits profond de notre premier amour, lorsque Jésus a passé sur notre chemin, nous a regardé avec miséricorde et nous a demandé de le suivre.
Pour dire ces mots, faisons revivre le souvenir de ce moment où les yeux se sont croisés, du moment où il nous a fait comprendre qu’il nous aimait, non seulement personnellement, mais aussi en tant que communauté (cf. Homélie à la Veillée de Pâques, le 19 avril 2014).
C’est revenir sur nos pas et, en créativité, à la fidélité, en écoutant comment l’Esprit n’inspire pas d’œuvres, de plans ou de structures pastoraux particuliers, mais plutôt à travers un certain nombre de «saints voisins» – y compris les fondateurs de vos instituts et les évêques et prêtres qui ont jeté les bases de vos communautés – il a donné vie et un nouveau souffle à un moment particulier de l’histoire où toute espérance et toute dignité semblaient étouffées et écrasées.
«Donne-moi à boire» signifie trouver le courage de purifier et de reconquérir la partie la plus authentique de nos charismes fondateurs – qui ne sont pas seulement pour la vie religieuse, mais la vie de l’Église dans son ensemble – et pour voir comment ils peuvent trouver une expression. aujourd’hui.
Cela signifie non seulement regarder le passé avec gratitude, mais aussi rechercher les racines de leur inspiration et les laisser résonner de nouveau avec force parmi nous (cf. Le pape François-Fernando Prado, La force d’une vocation, 42).
«Donne-moi à boire» signifie reconnaître que nous avons besoin de l’Esprit pour que nous, hommes et femmes, soyons conscients d’un passage, le passage salvifique de Dieu. Et confiant, comme il l’a fait hier, il le fera encore demain: «Aller aux racines nous aide sans aucun doute à vivre dans le présent sans crainte. Nous devons vivre sans crainte, en réagissant à la vie avec la passion de nous engager dans l’histoire, de nous immerger dans les choses. Avec la passion des amoureux »(cf. ibid., 44).
Une eespérance fatiguée sera guérie et jouira de cette «fatigue particulière du cœur» lorsqu’elle n’aura pas peur de retourner à la place de son premier amour et de trouver, dans les périphéries et les défis qui nous attendent aujourd’hui, le même chant, le même regard qui a inspiré le chant et le regard de ceux qui nous ont précédés.
De cette façon, nous éviterons le danger de partir de nous-mêmes; nous abandonnerons l’apitoiement sur nous-mêmes pour rencontrer le regard du Christ qui continue de nous chercher, de nous appeler et de nous inviter à la mission.
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Cela ne me semble pas être un évènement mineur que la réouverture des portes de cette Cathédrale après une longue période de rénovation. Elle a connu le passage des années, comme témoin fidèle de l’histoire de ce peuple, et avec l’aide et le travail de beaucoup, elle a voulu offrir à nouveau sa beauté.
Plus qu’une restauration classique, qui souvent essaie de revenir au passé original, on a cherché à préserver la beauté des années, en étant ouvert à l’accueil de toute la nouveauté que le présent pouvait lui offrir. Une Cathédrale espagnole, indienne et afro-américaine devient ainsi une Cathédrale panaméenne, de ceux qui hier mais également de ceux qui aujourd’hui l’ont rendu possible. Elle n’appartient plus seulement au passé, mais elle est la beauté du présent.
Aujourd’hui c’est une fois de plus un tournant qui conduit à renouveler et à alimenter l’espérance, à découvrir comment la beauté d’hier devient un fondement pour construire la beauté de demain.
Ainsi agit le Seigneur.
Frères et sœurs, ne nous laissons pas voler la beauté que nous avons héritée de nos pères, qu’elle soit la racine vivante et féconde qui nous aide à continuer à rendre belle et prophétique l’histoire du salut sur ces terres.
C’est la première fois, dans l’histoire des Amériques, qu’un Pape procède en personne à la consécration du nouvel autel d’une cathédrale. Il contient des reliques de saint Jean-Paul II et de trois grands saints latino-américains : sainte Rose de Lima, saint Martin de Porres et saint Oscar Romero. Il a été conçu à partir de marbre de Carrare, importé d’Italie, avec également des composants du Brésil et de France.
Cette cathédrale est le siège épiscopal de l’archidiocèse de Panama. Le début des travaux remonte à 1608, et le rite de dédicace avait été effectué en 1796. Après le tremblement de terre de 1882, elle avait connue de grands travaux de restauration. Les récents travaux ont duré deux ans. Elle a rouvert le 24 novembre dernier au terme d’un chantier de grande ampleur, supervisé par le secrétariat du président de la République.
Le bâtiment est équipé d’un système de ventilation moderne qui permettra de mieux préserver les œuvres d’art présentes dans la cathédrale. Les huit cloches ont sonné pour la première fois le 23 janvier, à l’arrivée du Pape François, dont l’une des cloches porte d’ailleurs le nom. À noter qu’une autre cloche a pour nom “JMJ Panama 2019”.
L’image de sainte Marie La Antigua, qui se situait à l’origine dans la cathédrale de Séville, a été emmenée à Panama en 1510. Elle a été proclamée sainte patronne de la République de Panama en 2001.