FÊTE DU BAPTÊME DU SEIGNEUR

Avec ce dimanche après l’Épiphanie se conclut le Temps liturgique de Noël : temps de lumière, la lumière du Christ qui, comme nouveau soleil apparu sur l’horizon de l’humanité, disperse les ténèbres du mal et de l’ignorance.

 Fra Angelico, Guido di Pietro, dit (1395-1455) entre 1441 et 1442. Le Baptême du Christ
Fra Angelico, Guido di Pietro, dit (1395-1455) entre 1441 et 1442. Le Baptême du Christ

Nous célébrons aujourd’hui la fête du baptême de Jésus : cet enfant, fils de la Vierge, que nous avons contemplé dans le mystère de sa naissance, nous le voyons aujourd’hui adulte s’immergeant dans les eaux du fleuve du Jourdain, et sanctifier ainsi toutes les eaux de l’univers tout entier — comme le met en évidence la tradition orientale.

Mais pourquoi Jésus, en qui il n’y avait pas l’ombre du péché, est-il allé se faire baptiser par Jean ? Parce qu’il voulait accomplir ce geste de pénitence et de conversion, avec toutes les personnes qui ainsi voulaient se préparer à la venue du Messie.

Ce geste — qui marque le commencement de la vie publique du Christ — est dans la même ligne que l’Incarnation, la descente de Dieu du plus haut des cieux jusqu’à l’abîme des enfers. Le sens de ce mouvement d’abaissement divin se résume en un seul mot : amour, qui est le nom même de Dieu.

L’apôtre Jean écrit : « Voici comment Dieu a manifesté son amour parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui », et il l’a envoyé « comme la victime offerte pour nos péchés » (1 Jn 4, 9-10). Voici pourquoi le premier acte public de Jésus fut de recevoir le baptême de Jean, qui a dit, en le voyant arriver : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29).

L’évangéliste Luc raconte qu’alors que Jésus priait, après avoir reçu le baptême, « le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint descendit sur Jésus, sous une apparence corporelle, comme une colombe. Du ciel une voix se fit entendre : “C’est toi mon Fils : moi, aujourd’hui, je t’ai engendré” » (3, 21-22).

Ce Jésus est le Fils de Dieu qui est totalement plongé dans la volonté d’amour du Père. Ce Jésus est Celui qui mourra sur la croix et ressuscitera par la puissance de l’Esprit qui aujourd’hui descend sur Lui et le consacre.

Ce Jésus est l’homme nouveau qui veut vivre en fils de Dieu, c’est-à-dire dans l’amour ; l’homme qui, en face du mal du monde, choisit la voie de l’humilité et de la responsabilité, choisit non pas de se sauver lui-même, mais d’offrir sa vie pour la vérité et la justice. Être chrétiens signifie vivre ainsi, mais ce genre de vie comporte une renaissance : renaître d’en-haut, de Dieu, de la Grâce.

Cette renaissance est le baptême, que le Christ a donné à l’Église pour régénérer les hommes à une vie nouvelle. Un texte ancien attribué à saint Hippolyte l’affirme : « Qui descend avec foi dans ce bain de régénération, renonce au diable et se range avec le Christ, renie l’ennemi et reconnaît que le Christ est Dieu, se déshabille de l’esclavage et revêt l’adoption filiale » (Discours sur l’Épiphanie, 10 : pg 10, 862).

Selon la tradition, ce matin, j’ai eu la joie de baptiser un bon groupe d’enfants qui sont nés ces derniers trois ou quatre mois. À cette occasion, je voudrais étendre ma prière et ma bénédiction à tous les nouveau-nés ; mais surtout inviter tous à nous rappeler de notre baptême, de cette renaissance spirituelle qui nous a ouvert le chemin de la vie éternelle. Que chaque chrétien puisse redécouvrir la beauté d’être renés d’en-haut, de l’amour de Dieu, et de vivre comme fils de Dieu.

La fête du baptême de Jésus nous fait nous souvenir de notre baptême. Ce jour-là, nous sommes devenus enfants de Dieu, appelés à être dans le monde des témoins de l’amour de Dieu pour chaque personne. Cette mission est importante… Bon dimanche à tous !

FÊTE DU BAPTÊME DU SEIGNEUR – BENOÎT XVI – ANGÉLUS – Place Saint-Pierre – Dimanche 13 janvier 2013

© Copyright 2013 – Libreria Editrice Vaticana

rôle de Marie dans notre marche vers le Père

Si Jésus est l’unique médiateur des hommes, la Vierge Marie, en nous donnant le Fils de Dieu venu pour nous sauver, a aussi un rôle à jouer dans notre marche vers le Père.

Intercession de Marie - tympan de Conques
Intercession de Marie – tympan de Conques

Sa médiation maternelle est une médiation dans le Christ, une participation à l’unique source qu’est le Christ. C’est pourquoi l’Église recommande aux fidèles de recourir à Marie pour qu’ils s’attachent plus intimement au Christ.

Marie a toujours vécu avec le regard tourné vers le Christ et vers le Père. Elle est un modèle de foi et d’espérance, surtout lors de la passion de son Fils.

Elle encourage l’Église et les croyants à accomplir sans cesse la volonté du Père. Lorsqu’elle s’adresse aux serviteurs, à Cana, en leur disant: « Faites tout ce qu’il vous dira », elle exhorte toutes les générations à vivre en conformité avec ce que, au nom du Père, le Christ dit dans l’Évangile, dévoilé aujourd’hui par l’Esprit qui habite en nous.

Puissions-nous accueillir la nouvelle année, en nous engageant, comme Marie, à faire la volonté de Dieu!

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Cela est un condensé ; le texte intégral suit (en revenant ici à ce niveau)

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L’Évangile de Noël : le Verbe s’est fait chair

ENCORE NOËL, un sujet de méditation sans fin, toujours inépuisable et riche de thèmes fondamentaux qui concernent nos rapports avec Dieu.

« Et le Verbe s est fait chair, il a habité parmi nous... » (Jn 1, 14) Nativité Fra Angelico couvent Saint Marc Florence 1440-1441
« Et le Verbe s est fait chair, il a habité parmi nous… » (Jn 1, 14) Nativité Fra Angelico couvent Saint Marc Florence 1440-1441

Nous allons prendre congé de cette célébration du grand événement de Noël, en gardant sa particulière exemplarité qui peut nous servir d’une part comme révélation de la pensée divine sur nos vicissitudes, et d’autre part, nous guider dans l’adaptation de notre existence présente à la forme qui permettra le mieux de la modeler sur celle de Dieu fait homme.

Avant même de nous instruire par la parole, le Seigneur nous a enseigné par l’exemple de ses actions, par l’Évangile de sa venue comme homme parmi nous.

… La présence du Christ dans le monde fait rayonner une telle lumière de Vérité, un tel réconfort d’espérance que nous nous convaincrons qu’il est la lumière du monde et que c’est uniquement dans le cône lumineux de la doctrine que nous en donne l’Église que nous pouvons jouir de sa lumière et trouver notre salut.

Cela veut dire que notre foi doit avoir le regard fixé sur le Christ dans une totale adhésion de pensée et de vie. Souvenons-nous des paroles par lesquelles Saint Jean termine le prologue de son Évangile :

« Et le Verbe s’est fait chair, et il est venu habiter parmi nous ; et nous avons contemplé sa gloire, la gloire que peut recevoir de son père, un fils unique, plein de grâce et de vérité » (Jn 1, 14).

Mais à ce point de notre contemplation fixée sur le Verbe de Dieu qui s’est fait chair, nous rencontrons, dans le cadre de la vie temporelle de Jésus, non pas sa gloire, mais son humilité, sa petitesse, son anéantissement; nous rencontrons, non la grandeur, mais la négation des valeurs de notre vie présente. La crèche nous le dit. L’humilité du Christ sera notre surprise.

Une humilité qui mortifie nos attentes messianiques et nous oblige à modifier et même à contredire l’estimation de ce que nous croyons être des biens nécessaires à notre existence naturelle. Et nous rappelons cela au sujet de deux vertus chrétiennes, c’est-à-dire de deux dimensions négatives caractéristiques de notre présence dans le monde; nous voulons dire l’humilité et la pauvreté.

Que Dieu ait voulu se manifester et qu’il ait voulu coexister avec nous sous un vêtement d’humilité absolue est chose qui nous bouleverse et transforme nos jugements sur nous-mêmes et sur nos rapports avec les biens et avec les événements du monde. « Apprenez, enseignera Jésus dans son Évangile, que je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 29).

Et cette attitude d’humilité ne marque pas seulement les formes extérieures de la vie du Christ, mais aussi les formes essentielles de la vie, de la doctrine et de la mission du Dieu fait homme. Ici il est nécessaire de citer une sentence très connue de Saint Paul : elle contient la synthèse – et nous offre la clé pour la comprendre – de la figure du Christ.

Il s’agit des termes relatifs à la Kénosis du Christ, c’est-à-dire de son abaissement dans l’accomplissement du dessein de notre rédemption. Voici donc ce que dit Saint Paul dans son Épitre aux Philippiens :

« Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus :
Le Christ Jésus,
ayant la condition de Dieu,
ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu.

Mais il s’est anéanti,
prenant la condition de serviteur,
devenant semblable aux hommes.

Reconnu homme à son aspect,
il s’est abaissé,
devenant obéissant jusqu’à la mort,
et la mort de la croix.

C’est pourquoi Dieu l’a exalté :
il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom,

afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse
au ciel, sur terre et aux enfers,

et que toute langue proclame :
« Jésus Christ est Seigneur »
à la gloire de Dieu le Père. »
(Ph 2, 5-11).

Ici notre méditation s’arrête et devient admiration sans limite. La mortification du Christ devient principe et modèle de notre exaltation. Ceci au sujet de l’humilité que l’Homme-Dieu a introduite dans son apparition dans le monde; mais de semblables observations peuvent se faire également au sujet de la pauvreté de la venue du Christ parmi les hommes.

De là naît un changement radical dans l’évolution des biens propres au milieu naturel de notre vie présente; ce changement qualifie le christianisme où l’humilité et la pauvreté trouveront des expressions qu’ignorent les conceptions naturelles de la manière humaine de vivre.

Mais, en compensation, nous aurons la conquête surnaturelle du Royaume de Dieu, de la vie nouvelle promise aux humbles de cœur et aux pauvres en esprit. Pensons-y bien ! c’est cela, l’Évangile (cf. Saint Augustin, Sermons. 30; P.L. 38, 191-192).

PAUL VI, AUDIENCE GÉNÉRALE, mercredi 11 janvier 1978

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