L’aspiration à une vie nouvelle passe par la réforme intérieure de chacun

Il y a cinquante ans jour pour jour, le saint Pape Paul VI méditait ainsi, lors de son audience générale, ce qui nous interpelle encore aujourd’hui :

L’aspiration à une vie nouvelle
passe par la réforme intérieure de chacun

Chers Fils et Filles,

L ‘année civile qui vient de commencer place à nouveau sur nos lèvres l’ancien souhait: année nouvelle, vie nouvelle; ce vœu manifeste une des aspirations générales et des plus caractéristiques de l’homme moderne et aussi du chrétien. La nouveauté, tel est l’aspect de la vie contemporaine.

Un diagnostic

De même qu’après l’hiver la végétation semble renaître et que tout se renouvelle dans l’explosion fraîche et florissante du printemps, de même notre ère est le signe d’une saison historique de grands changements et d’un profond renouveau qui touchent toutes les formes de la vie: pensée, tradition, culture, lois, niveau économique et domestique, rapports humains, conscience individuelle et collective, la société tout entière.

Nous nous sommes habitués à ce grand phénomène de transformation qui envahit toute chose, tout instrument, chaque personne, chaque institution; et ceci, d’une manière si rapide et universelle que tous ont l’impression d’être entraînés et submergés par un courant irrésistible comme par un fleuve qui nous atteindrait et nous emporterait.

Il faut aussi noter que la génération actuelle est comme enivrée par cette mutation; elle l’appelle progrès et y participe, et y collabore avec force et enthousiasme, et souvent sans aucune réserve; le passé est oublié, la tradition coupée, les habitudes abandonnées.

On constate même des signes d’impatience et d’intolérance, là où une certaine stabilité, une certaine lenteur, tend à éviter ou à freiner en quelque domaine la transformation que l’on veut générale et que l’on croit en tout cas nécessaire, bienfaisante, libératrice. Ainsi, on parle toujours de révolution, on soulève dans tous les domaines la « contestation », sans que, bien souvent, en soient justifiés le motif ou le but.

Nouveauté, nouveauté; tout est mis en question, tout doit être en crise. Et comme bien des choses ont vraiment besoin d’une correction, d’une réforme, d’un renouveau, et comme l’homme a aujourd’hui acquis la conscience des faiblesses qui entourent sa vie, et aussi la conscience des prodigieuses possibilités qui peuvent permettre de produire de nouveaux moyens et de nouvelles formes d’existence, il perd son calme.

Une frénésie s’empare de lui, un vertige l’exalte, et parfois une folie l’envahit qui le porte à tout renverser (voilà la contestation globale) dans la confiance aveugle qu’un ordre nouveau (parole ancienne), un monde nouveau, une renaissance, encore mal définie, est fatalement sur le point de surgir.

Voilà un thème de pensée qui est devenu sentiment commun, opinion publique, loi historique. Ainsi est la vie aujourd’hui.

Un besoin

Nous ne contesterons pas du tout cette contestation, ce besoin de renouveau, qui pour bien des raisons et sous certaines formes est légitime et peut constituer un devoir. Bien sûr, « est modus in rebus »: une mesure s’impose. Mais le besoin est réel.

Nous vous rappelons même, Fils très chers, qu’un second élan, outre celui de notre moment historico-culturel-social, fait croître en nous et justifie, avec de nouveaux motifs, l’aspiration à la vie nouvelle; c’est l’élan donné à la conscience de l’homme moderne, et spécialement de l’homme d’Église, par le récent Concile.

Le Concile a eu et a encore pour but général un renouveau de toute l’Église et de toute l’activité humaine, y compris le domaine profane . C’est une vérité qui transparaît dans tous les documents et dans le fait même du Concile; et il est justement opportun de nous demander si nous avons bien réfléchi sur le but essentiel de ce grand événement.

Lui aussi s’inscrit dans la grande ligne du mouvement actuel de transformation, du dynamisme propre de notre période historique. Lui aussi tend à produire un renouveau. Mais quel renouveau?

Une réponse

La réponse est complexe, car nombreux sont les secteurs que l’on voudrait rénover. Et cette multiplicité a été un prétexte à des intentions arbitraires, que l’on voudrait attribuer au Concile.

L’assimilation de la vie chrétienne à la tradition profane et mondaine, l’orientation, appelée horizontale, de la religion tournée non plus vers l’amour et le culte de Dieu, qui sont premiers et suprêmes, mais vers l’amour et le culte de l’homme, la sociologie comme critère principal et déterminant de la pensée théologique et de l’action pastorale, la promotion d’une « république conciliaire » comme on l’appelle mais pourtant inconcevable, et ainsi de suite.

Le Concile a été l’occasion de tentatives d’« aggiornamento » sur quelques points de la vie catholique, à propos desquels la discussion est encore ouverte et l’application en cours d’expérimentation; spécialement on a parlé et on parle encore des « structures » de l’Église, avec des intentions qui ne sont pas toujours conscientes des raisons qui les justifient et des dangers qui dériveraient de leur altération ou de leur démolition.

Il faut noter que l’intérêt pour le renouveau a été pour beaucoup tourné vers la transformation extérieure et impersonnelle de l’édifice ecclésiastique et vers l’acceptation des formes et de l’esprit de la Réforme protestante, plutôt que vers ce renouveau premier et principal que le Concile voulait, le renouveau moral, personnel, intérieur, celui qui doit rajeunir l’Église dans la conscience de son mystère, de son adhésion au Christ, de son animation par la force de l’Esprit Saint, de ses liens fraternels et hiérarchiques, de sa mission dans le monde, de sa finalité ultra-terrestre qui la rend pèlerine, pauvre et juste au cours de son passage dans le temps.

« Toute rénovation de l’Église, dit sagement le Décret conciliaire sur l’Œcuménisme, consiste essentiellement dans une fidélité plus grande à sa vocation ». Et passant d’une vue communautaire à une vue personnelle, il ajoute: « il n’y a pas de véritable œcuménisme sans conversion intérieure » (nn. 6-7).

Fils très chers! Nous voudrions vous inviter tous à méditer cette intention fondamentale du Concile, celle de notre réforme intérieure et morale. Sommes-nous convaincus que la voix du Concile est passée sur nos esprits comme un appel personnel à être vraiment chrétiens, vraiment catholiques, vraiment membres vivants et agissants du Corps mystique du Christ qui est l’Église?

Avons- nous compris que le Concile est un appel pour chacun de nous à l’authenticité chrétienne, à la cohérence entre la foi et la vie, à la pratique réelle, dans le cœur et dans les œuvres, de la charité? Avons-nous médité cette sublime parole, pourtant si évidente, du Concile qui veut que soit parfait et saint tout disciple du Christ, quelle que soit la condition de vie dans laquelle il se trouve? (cf. Lumen gentium, 40).

Saint Paul nous le répète: « In novitate vitae ambulemus », nous devons marcher dans la nouveauté (Rm 6, 4). Tel est le sens du souhait traditionnel et tranquille pour l’année nouvelle: une vie nouvelle, plus chrétienne, meilleure.

PAUL VI AUDIENCE GÉNÉRALE mercredi 15 janvier 1969


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Jésus en Galilée appelle à la conversion et à la foi en l’Évangile

Nous voyons Jésus dans l’Évangile en route vers la Galilée pour prêcher sa Bonne nouvelle (cf. Mc 1, 14). Cette lecture nous révèle Dieu en mouvement vers les villes d’hier et d’aujourd’hui. Le Seigneur se met en marche… Voilà le Seigneur qui vient. Il se déplace pour entrer dans notre histoire personnelle et concrète. Nous l’avons récemment célébré : il est l’Emmanuel, le Dieu qui veut être toujours avec nous.

Oui, là où tu vis, dans la vie quotidienne du travail routinier, dans l’éducation des enfants avec espérance, dans tes aspirations et tes soucis ; dans l’intimité du foyer et dans le bruit assourdissant de nos rues. C’est là, sur les chemins poussiéreux de l’histoire que le Seigneur vient à ta rencontre…

Quand Jean a été arrêté, Jésus s’est dirigé vers la Galilée pour proclamer l’Évangile de Dieu… Jésus, face à un événement douloureux et injuste comme le fut l’arrestation de Jean, entre dans la ville, il entre en Galilée et commence, à partir de ce petit village à semer ce qui sera le début de la plus grande espérance : le Royaume de Dieu est proche, Dieu est au milieu de nous.

Et l’Évangile lui-même nous montre la joie et l’effet en chaîne que cela produit : cela a commencé avec Simon et André, puis Jacques et Jean (cf. Mc 1, 14-20). Et, depuis lors,… l’Évangile est parvenu jusqu’à nous, annoncé par cette nuée de témoins qui y ont cru. Il est parvenu jusqu’à nous pour être de nouveau un antidote renouvelé contre la globalisation de l’indifférence. Car, face à cet Amour, on ne peut rester indifférent.

Jésus a invité ses disciples à vivre aujourd’hui ce qui a saveur d’éternité : l’amour de Dieu et du prochain ; et il le fait de la seule manière dont il peut le faire, à la manière divine : en suscitant la tendresse et l’amour miséricordieux, suscitant la compassion et en ouvrant leurs yeux pour qu’ils apprennent à voir la réalité à la manière divine. Il les invite à créer de nouveaux liens, de nouvelles alliances porteuses d’éternité.

Jésus parcourt la ville ; il le fait accompagné de ses disciples et il commence à regarder, à écouter, à prêter attention à ceux qui ont succombé sous le manteau de l’indifférence, lapidés à cause du grave péché de la corruption. Il commence à dévoiler beaucoup de situations qui asphyxient l’espérance de son peuple, suscitant une nouvelle espérance.

Il appelle ses disciples et les invite à le suivre, il les invite à parcourir la ville, mais il change la cadence de leur pas, il leur apprend à voir ce qui jusqu’alors leur échappait, il leur montre de nouvelles urgences.

Convertissez-vous, leur dit-il, le Royaume des Cieux consiste à rencontrer, en Jésus, Dieu qui s’unit vitalement à son peuple, qui s’implique et invite d’autres à ne pas avoir peur de faire de cette histoire une histoire de salut (cf. Mc 1, 15.21ss)

Jésus continue à marcher dans nos rues, il continue comme hier à frapper aux portes, à frapper aux cœurs pour rallumer l’espérance et les aspirations : que l’avilissement soit surmonté grâce à la fraternité, l’injustice vaincue par la solidarité et la violence réduite au silence par les armes de la paix.

Jésus continue à inviter et il veut nous oindre de son Esprit pour que nous aussi sortions pour oindre de cette onction capable de guérir l’espérance blessée et de renouveler notre regard.

Jésus continue à marcher et il réveille l’espérance qui nous libère des connexions vides et des analyses impersonnelles et il nous invite à nous impliquer comme un ferment là où nous sommes, là où il nous revient de vivre, dans ce petit coin de chaque jour.

Le Royaume des Cieux est au milieu de vous – nous dit-il – il est là où nous sommes disposés à avoir un peu de tendresse et de compassion, où nous n’avons pas peur de faire en sorte que les aveugles voient, les paralytiques marchent, les lépreux soient purifiés et que les sourds entendent (cf. Lc 7, 22), et qu’ainsi tous ceux que nous estimions perdus jouissent de la Résurrection.

Dieu ne se lasse pas ni ne se lassera jamais de marcher pour rejoindre ses enfants, chacun. Comment allumerons-nous l’espérance des prophètes manquent ? Comment ferons-nous face à l’avenir s’il nous manque l’unité ? Comment Jésus parviendra-t-il à tant de lieux reculés si des témoins courageux et audacieux manquent?

Aujourd’hui le Seigneur t’invite à parcourir la ville avec lui, il t’invite à parcourir ta ville avec lui. Il t’invite à être un disciple missionnaire, et à faire ainsi partie de ce grand chuchotement qui veut continuer à résonner dans les divers recoins de notre vie : Réjouis-toi, le Seigneur est avec toi !

Extrait de l’homélie du PAPE FRANÇOIS lors de la MESSE sur la base aérienne Las Palmas, Lima, dimanche 21 janvier 2018 durant son VOYAGE APOSTOLIQUE AU CHILI ET AU PÉROU (15-22 JANVIER 2018)

s’engager à vivre les promesses du baptême avec cohérence

À l’Angélus, le Pape a invité les fidèles à la cohérence de la vie chrétienne et au témoignage quotidien selon les plans et le style de Dieu. La mission de l’Église et celle de chacun de nous, pour être fidèles, sont appelées à se greffer sur celle de Jésus. La relation entre Jésus et le peuple et la relation entre Jésus et le Père sont les deux éléments de la réflexion papale le jour où l’Église célèbre la fête du baptême du Seigneur.

Dans le récit évangélique du baptême donné à Jésus par Jean-Baptiste dans le Jourdain, le rôle du peuple apparaît, qui n’est pas seulement un arrière-plan sur la scène, mais un élément important. Avant de plonger dans ces eaux, le Christ se plonge dans la foule, assume la condition humaine, partageant tout sauf le péché.

Nourrir la foi par la prière et la charité

Jésus, s’unissant au peuple, révèle le sens et la logique de sa mission et, à travers le signe de l’Esprit Saint, lance « un nouveau monde, une nouvelle création qui inclut tous ceux qui choisissent d’accueillir le Christ dans leur vie ».

Nous renaissons avec Jésus dans le baptême: « Tu es mon fils bien-aimé: en toi j’ai mis mon plaisir ». Cet amour du Père, que nous avons reçu le jour de notre baptême, est une flamme qui a été allumée dans nos cœurs et exige que nous soyons nourris par la prière et la charité.

Témoins authentiques et cohérents

En plus de s’immerger parmi les gens et de devenir chair, Jésus se plonge dans la prière et donc dans la communion avec le Père, il reçoit le baptême, commence sa vie publique et sa mission dans le monde qui consiste à montrer de l’amour à tous les hommes . Nous aussi sommes appelés à cette « greffe » avec Dieu pour être des témoins authentiques et cohérents:

Même la mission de l’Église et celle de chacun de nous, d’être fidèles et féconds, sont appelées à «se greffer» sur celle de Jésus: il s’agit de régénérer continuellement l’évangélisation et l’apostolat dans la prière, afin de rendre un témoignage clairement chrétien. non pas selon nos projets humains, mais selon le plan et le style de Dieu.

Préserver la mémoire du baptême

Tous les fidèles sont appelés à renouveler « avec gratitude et conviction » les promesses de leur baptême, de vivre au quotidien et de manière cohérente avec celles-ci. Le Pape suggère à nouveau de demander aux parents , aux grands-parents, aux oncles, la date précise à laquelle nous avons reçu le sacrement, origine de la vie chrétienne.

Ce matin, selon la coutume, le Pape a baptisé un joli groupe de 27 nouveau-nés dans la Chapelle Sixtine. Nous prions pour eux et pour leurs familles. Et, à cette occasion, il a renouvelé à tous l’invitation à garder le souvenir de son baptême vivant et à jour. Là sont les racines de notre vie en Dieu; les racines de notre vie éternelle, que Jésus-Christ nous a données par son incarnation, sa passion, sa mort et sa résurrection.

Invoquer l’Esprit

Demain, après Noël, nous reprendrons le chemin du temps ordinaire avec la liturgie. Comme Jésus après son baptême, laissons-nous guider par le Saint-Esprit dans tout ce que nous faisons. Mais pour cela, il faut l’invoquer! Apprenons à invoquer plus souvent le Saint-Esprit, de nos jours, pour vivre des choses ordinaires avec amour et les rendre ainsi extraordinaires.

Que la Vierge Marie, Mère de la Miséricorde, soit notre guide et notre modèle.

 

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