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L’Heure de la Mère

Pieta de Kiko (Roger Camille) |DR

Cet exercice consiste à tenir compagnie à la Très Sainte Vierge pendant ces heures qui furent pour elle d’une si grande amertume après la mort de son Fils.

Il a commencé au monastère de la Très Sainte Conception, dans le territoire de Palma, en Sicile. De là il se répandit en d’autres provinces, et, depuis l’année 1815, il se pratique publiquement dans un grand nombre d’églises et est très appréciée des pieux fidèles.

Pour encourager et propager cette dévotion, Pie VII accorda l’indulgence suivante par rescrit en date du 25 février 1815 :

« Indulgence plénière le jour de la communion pascale, pour tous les fidèles qui, depuis trois heures du soir le Vendredi Saint jusqu’au Samedi Saint à midi, emploieront une heure ou une demi-heure au moins à honorer la Mère désolée. »

Manière pratique de faire cet exercice

 Offrande de l’heure de la compassion.

Ô Marie, Mère de mon Dieu, je viens me jeter à vos pieds avec un profond sentiment de ma misère et de mon indignité. Daignez agréer, je vous en conjure, cette oraison que je vous offre pour honorer surtout votre désolation après la mort et l’ensevelissement de votre Jésus. Que mon cœur s’attendrisse à la vue le de tout ce que vous avez souffert alors à cause de mes péchés, et que je recueille de cette compassion des fruits abondants de salut.

Ô douce Vierge Marie ! Par ce glaive de douleur qui a transpercé votre âme lorsque que vous avez vu votre Fils bien-aimé élevé sur la Croix, cloué à ce gibet infâme, couvert de plaies et de meurtrissures, obtenez que mon cœur soit percé par le glaive de la componction et blessé des traits de l’Amour divin.

Ô Vierge sainte, par ces inexprimables tourments que vous avez endurés sans vous plaindre, quand, debout au pied de la Croix, vous avez entendu votre Fils vous recommander à saint Jean et remettre son esprit entre les mains de Dieu son Père, secourez-nous à la fin de notre vie.

Ô Vierge très pure ! Par ces profonds gémissements qui s’échappaient de votre poitrine lorsque, recevant dans vos bras votre Fils bien-aimé détaché de la Croix, vous contempliez son visage autrefois si beau, maintenant défiguré par la mort, et son corps adoré tout couvert de blessures ; faites, je vous en supplie, que nous pleurions nos fautes, et que nous effacions par les larmes d’une sincère pénitence. Faites, ô Mère de Douleurs, que je pense toujours à votre désolation, que son souvenir se grave profondément dans mon âme, et que toute ma vie je pleure mes péchés, qui en ont été la cause.

Ô Jésus et Marie, couvrez de la protection de vos divins Cœurs l’Église, convertissez les pêcheurs, secourez les agonisants, délivrez toutes les âmes du purgatoire.

Ainsi soit-il.

I. Marie désolée auprès du tombeau de son divin Fils.
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Chemin de croix au Colisée

Chemin de croix au Colisée

Le pape François a présidé le chemin de croix du Vendredi Saint au Colisée. Au pied de la Croix, au terme des quatorze stations, il a élevé sa prière au Christ crucifié «les yeux remplis de honte et le cœur plein d’espérance». La honte «face à toute ces images de dévastations, de destructions et de naufrages qui sont devenues ordinaires» ; pour «le sang innocent versé chaque jour de femmes, d’enfants, de migrants et personnes persécutées pour la couleur de leur peau, pour leur appartenance ethnique, sociale et pour leur foi» ; pour «toutes les fois ou nous avons lâchement fui nos responsabilités» ;  pour «notre silence face à l’injustice» ; pour «les évêques, les prêtres, les consacrés, qui ont scandalisé et blessé l’Église».

Une grande honte, mais un cœur rempli d’espoir

«L’espoir que nos trahisons ne nous éviteront pas ta Miséricorde, l’espoir que « la croix transforme nos cœurs endurcis en cœurs de chair capable de rêver, de pardonner et d’aimer». L’espoir que «ton Église essaiera d’être la voix qui crie dans le désert de l’humanité». L’espoir que «le bien vaincra malgré sa défaite apparente».

La Croix symbole de la monstruosité du péché

A la fois honteux et remplis d’espérance, «nous te demandons de nous laver dans le sang et dans l’eau qui coulent de ton corps transpercé de pardonner nos péchés, et nos fautes». Nous te demandons de te souvenir de nos frères «fauchés par la violence, par l’indifférence et par la guerre». Nous te demandons de «rompre les chaines qui nous enferment dans notre égoïsme, notre cécité volontaire, et la vanité de nos calculs mondains». Nous te demandons de ne «jamais avoir honte de ta croix, de ne jamais l’instrumentaliser», mais de l’honorer et de l’adorer parce qu’elle nous a montré «la monstruosité de nos péchés et la puissance de ta miséricorde».

chemin de croix avec la Sainte Mère de Jésus

Christ du chœur – Chapelle Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse

Seigneur, nous voulons suivre par la pensée le chemin qui t’a conduit au Calvaire.

A suivre cette route, à essayer de retrouver tes souffrances, nous comprendrons mieux ce qu’est le péché, puisqu’il t’a tant coûté.

Nous comprendrons surtout jusqu’à quel point tu nous as aimés, quelle folie sublime tu as faite pour nous.

O Marie, Toi qui as accompagné Jésus sur cette route, rappelle-nous ce que tu as vu, entendu et souffert ; imprime tellement dans nos cœurs les souffrances de Jésus qu’elles y restent toujours gravées.

1ère Station : JÉSUS EST CONDAMNÉ À MORT (<– cliquer pour avoir le chemin de croix de la Chapelle Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse)

Mère généreuse, lorsque tu as entendu la condamnation à mort tomber des lèvres de Pilate, tu as dit « oui » à la volonté divine, qui se servait d’une autorité humaine pour exiger de toi un terrible sacrifice.

Aide-nous à dire sans hésiter notre « oui » chaque fois qu’un sacrifice nous est demandé, en reconnaissant, dans les événements ou les hommes qui nous l’imposent, une expression du Père céleste. « Oui, Père, me voici tout à toi. »

2ème Station : JÉSUS EST CHARGÉ DE SA CROIX

Vierge Marie, si la chose eût été possible, tu aurais voulu te charger toi-même de la croix, en prenant toute la honte et la douleur sur ton épaule. Mais puisque ton Fils veut la porter tout entière, tu désires au moins t’associer de cœur à sa souffrance.

En nous inspirant un plus grand amour du Christ, stimule notre zèle à nous unir par le cœur à son offrande ; affermis notre volonté de partager son abaissement et sa douleur.

3ème Station : JÉSUS TOMBE POUR LA PREMIÈRE FOIS

Tu vois Jésus tomber sur le sol, et tu sais que par là il veut sauver les hommes de leur misère morale. Par cette chute, il nous a offert son redressement.

Aide-nous à profiter de cette force que nous donne notre Sauveur, et à vouloir vivre dans une grande pureté.

Toi qui n’es jamais tombée dans le péché et qui as toujours gardé ta sainteté immaculée, communique-nous ton ardeur à éviter les moindres fautes pour l’honneur du Christ.

4ème Station : JÉSUS RENCONTRE SA MÈRE

Mère généreuse, Tu désires suivre du plus près possible ton Fils, le rencontrer sans cesse sur ce pénible chemin, car tu veux mettre ton âme à l’unisson de la sienne, lui offrir une entière sympathie et une complète solidarité dans la souffrance.

Sois là également sur notre chemin de croix, tout près de nous, lorsque l’épreuve nous accable ou que sonne l’heure du sacrifice.

Sois là pour nous réconforter, et que ta sympathie maternelle nous encourage à marcher sans faiblir !

Sois là pour éclairer, de ton sourire bon et doux, la route de nos peines !

5ème Station : SIMON DE CYRÈNE AIDE JÉSUS

Cette place sous la croix, à côté de Jésus, imposée à Simon de Cyrène, comme tu l’aurais souhaitée, Mère du Rédempteur ! Et comme tu as soudain aimé cet inconnu, à qui cette place de choix venait d’être accordée ! Lorsqu’elle nous est destinée à nous aussi, montre-nous tout l’amour que nous pouvons y témoigner au Sauveur, toute l’intimité que nous pouvons y trouver avec Lui.

Aide-nous à ne pas nous plaindre, à nous réjouir de pouvoir porter la croix avec Jésus. Qu’alors surtout nous sentions ton regard aimant se poser sur nous !

6ème Station : UNE FEMME ESSUIE LE VISAGE DE JÉSUS

Plus profondément que dans le linge de Véronique, la face de Jésus s’était depuis longtemps imprimée en toi. Tu possédais ce visage en ton âme, pour l’avoir contemplé sans cesse durant de longues années.

Maintenant, sur la route du Calvaire, les traits de ton Fils, défigurés par les mauvais traitements, s’impriment à nouveau en toi, et tu y reconnais l’amour poussé à son paroxysme.

Enseigne-nous la manière de regarder le Christ, de découvrir la profondeur de son amour dans sa face endolorie de crucifié.

7ème Station : JÉSUS TOMBE POUR LA DEUXIÈME FOIS

Mère généreuse, la deuxième chute de Jésus rend plus vive à tes yeux l’impitoyable cruauté de ses adversaires. Mais à cette méchanceté qui accable ton Fils si bon, tu ne réponds que par une bienveillance qui excuse et pardonne. Ta douceur n’a pas un frémissement, elle refuse de s’irriter.

Lorsque nous sommes offensés ou accablés, et que la tentation nous vient d’accuser la méchanceté d’autrui, fais-nous réagir par la douceur, par l’oubli instantané de ce qui nous a fait du mal, par le pardon complet et définitif.

8ème Station : JÉSUS PARLE AUX FEMMES DE JÉRUSALEM

Mère généreuse, en entendant Jésus prédire les malheurs qui frapperaient le peuple juif, tu as partagé sa pitié. Aucune misère ne te laisse insensible.

Toi qui as toujours pris attention aux souffrances d’autrui, tu enveloppes toutes nos détresses humaines dans ton affection maternelle.

Sois pour nous la mère de miséricorde ; sois notre refuge dans nos malheurs et dans nos faiblesses, le refuge où nous soyons assurés de trouver une bienveillance compréhensive.

Plus vive est notre peine, plus entièrement nous nous confions à toi !

9ème Station : JÉSUS TOMBE POUR LA TROISIÈME FOIS

Vierge Marie, la troisième chute est un nouveau coup porté à ton cœur maternel. Bien qu’il soit plus pénible que les précédents, tu ne protestes pas, et tu ne te plains pas que Dieu réclame trop de toi, ou que le sacrifice soit trop cruel.

Tu ne mets aucune limite à ta générosité, et, en voyant ton Fils se relever, tu promets de le suivre jusqu’au bout.

Fais-nous part de cette disposition généreuse, pour que nous ne trouvions jamais excessive l’épreuve qui nous est envoyée et que nous l’acceptions avec un cœur magnanime et persévérant.

10ème Station : JÉSUS EST DÉPOUILLÉ DE SES VÊTEMENTS

Le spectacle du dépouillement complet de ton Fils te fortifie dans ta résolution d’accepter tous les dépouillements voulus par le Père céleste.

Tu te livres même à ce dépouillement suprême, qui consiste à perdre ton unique enfant.

Lorsque le Père céleste nous demande des dépouillements qui nous coûtent beaucoup, fais que nous ne reculions pas devant le sacrifice : que nous donnions avec amour tout ce que Dieu veut nous prendre.

11ème Station : JÉSUS EST CLOUÉ À LA CROIX

Au moment où les clous s’enfoncent dans les mains et les pieds de ton Fils, tu unis ton silence au sien. Ce sont les mains que tu as si souvent serrées autrefois, et les pieds auxquels tu avais appris à se mouvoir. Les coups qu’on y frappe atteignent ton cœur, pais pas un mot n’échappe de tes lèvres.

Apprends-nous le silence dans la douleur : dans les meurtrissures qui nous sont infligées, un silence héroïque qui cache et consomme notre sacrifice intime !

12ème Station : JÉSUS MEURT SUR LA CROIX

Avant d’expirer, Jésus s’adresse à toi en t’indiquant le disciple bien-aimé : « Femme, voici ton fils ! » Tu deviens ainsi la mère de chaque disciple du Maître, notre mère à tous.

Merci, ô Marie, d’accepter cette nouvelle mission maternelle ! C’est un fruit si beau du sacrifice du Sauveur et de ton propre sacrifice !

A l’exemple de saint Jean, nous voudrions pour notre part te prendre chez nous, t’accueillir dans notre vie avec un cœur filial, t’aimer et te faire aimer autour de nous comme notre mère à tous.

13ème Station : JÉSUS EST DÉTACHÉ DE SA CROIX ET REMIS À SA MÈRE

Lorsque tu reçois dans tes bras le corps inanimé de Jésus, ta douleur arrive à son comble. Quel déchirement de contempler, sans vie, ce visage dont tu avais admiré tant de fois la merveilleuse animation !

A ce moment, tu t’abandonnes une fois de plus à la volonté divine, et tu offres ta douleur avec d’autant plus d’amour, pour les âmes à sauver.

Fais-nous voir dans nos sacrifices la volonté du Père et le bien des âmes !

14ème Station : JÉSUS EST MIS AU TOMBEAU

En quittant le tombeau où le corps de Jésus vient d’être placé, tu n’as pas perdu l’espoir. Tu te souviens que ton Fils a prédit sa résurrection, et cette pensée te remplit de confiance.

Lorsque nous sommes tentés de nous laisser aller au découragement, montre-nous la voie de l’espérance ; rappelle-nous comment ton espérance du vendredi, jour où tout semblait perdu, a reçu une infaillible confirmation dans le triomphe du jour de Pâques !

PRIÈRE APRÈS LE CHEMIN DE CROIX

Daigne, Seigneur, jeter un regard de miséricorde sur ta famille ici présente, pour laquelle tu n’as pas hésité à souffrir et à mourir. Accorde-nous, par l’intercession de Marie, notre mère et la tienne, d’être admis après notre mort dans ton royaume.

Dieu tout-puissant et éternel, assiste ton serviteur notre Pape … et conduis-le selon ta bonté dans la voie du salut éternel, afin que par ta grâce il entreprenne ce qui te plaît et l’accomplisse avec succès.

Et toi, Seigneur, mort pour notre salut, daigne admettre dans ton ciel nos frères, nos parents, nos amis, nos bienfaiteurs et tous les chrétiens qui dorment sous le signe de la Croix. Amen.

+ J. GALOT s.j.