L’Église vit de l’Eucharistie
La Fête du Saint-Sacrement (2e dimanche après la Pentecôte) a été instituée au Moyen-Age pour commémorer la présence de Jésus-Christ dans le sacrement de l’eucharistie. Les processions de cette fête appelée naguère Fête-Dieu apparaissent à la fin du XIIIe siècle. Pendant la procession, le prêtre portait l’Eucharistie au milieu des rues pavoisées et tapissée de pétales de roses par les enfants.
« L’Église vit de l’Eucharistie, de la présence réelle du Seigneur qui se donne. L’Église naît et subsiste par le fait que le Seigneur se communique aux hommes, qu’il entre en communion avec eux et les amène ainsi à une communion entre eux ». Parce que la célébration eucharistique est une « rencontre entre l’Église d’autrefois et celle d’aujourd’hui, entre l’Église d’ici et celle d’ailleurs », la question de l’intercommunion doit être accueillie avec humilité et patience. « Ce n’est pas à nous de faire nous-même comme si l’unité existait là où elle n’existe pas. » Le Christ construit son Corps en réunissant les chrétiens dispersés en un seul pain, un seul Corps. « L’Église est un réseau de communions eucharistiques. Elle est communion du Seigneur avec nous ce qui crée en même temps la véritable communion des hommes entre eux. »
Parce que Jésus-Christ est le seul à pouvoir dire « Ceci est mon corps, ceci est mon sang », le prêtre ne parle pas en son nom mais représente l’Église qui l’a chargé de ce qu’elle a elle-même reçu. Le Christ peut nous faire participer à « l’acte d’amour éternel dans lequel il se donne à son Père de manière à ce que nous soyons donnés au Père avec lui et que le Christ nous soit donné ». En ce sens, l’Eucharistie est bien un sacrifice puisque nous sommes donnés à Dieu en Jésus-Christ et en même temps nous recevons le don de son amour.
Le culte eucharistique est une « école d’amour effectif envers le prochain ». Dans l’Eucharistie, on ne vénère pas seulement Dieu mais l’amour même. Enfin, communier veut dire entrer en communion avec Jésus-Christ et devenir avec lui, et par lui, capable de ressusciter. Si l’Église demande l’assistance à la messe dominicale, ce n’est pas par mesure arbitraire mais par « droit » du chrétien de prendre part à la communion pascale avec le Seigneur.
Citations extraites de « Dieu nous est proche » de Joseph Ratzinger Éd. Parole et Silence 2005
La Vierge de Nazareth fut choisie pour devenir la Mère du Rédempteur par l’opération de l’Esprit Saint: dans son humilité, elle trouva grâce aux yeux de Dieu (cf. Lc 1, 30). En effet, dans le Nouveau Testament, nous voyons que la foi de Marie « attire », pour ainsi dire, le don de l’Esprit Saint. Avant tout dans la conception du Fils de Dieu, mystère que l’archange Gabriel lui-même explique ainsi: « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre » (Lc 1, 35). Immédiatement après, Marie alla aider Elizabeth, et voici que lorsqu’elle arrive chez elle et la salue, l’Esprit Saint fait tressaillir l’enfant dans le sein de sa parente âgée (cf. Lc 1, 44); et tout le dialogue entre les deux mères est inspiré par l’Esprit de Dieu, en particulier le cantique de louange avec lequel Marie exprime ses sentiments profonds, le Magnificat. Tout l’épisode de la naissance de Jésus et de sa prime enfance est guidé de façon presque palpable par l’Esprit Saint, même s’il n’est pas toujours nommé. Le cœur de Marie, en parfaite harmonie avec le Fils divin, est le temple de l’Esprit de vérité, où chaque parole et chaque événement sont conservés dans la foi, dans l’espérance et dans la charité (cf. Lc 2, 19.51).