Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

La source de la joie chrétienne – Benoît XVI

La source de la joie chrétienne – Benoît XVI

Chers frères et sœurs !

En ce quatrième dimanche de Carême, appelé en latin Dimanche Laetare, c’est-à-dire « Réjouis-toi », premier mot de l’antienne d’ouverture de la liturgie de la Messe, la liturgie nous invite à nous réjouir parce que Pâques, le jour de la victoire du Christ sur le péché et la mort, approche.

Mais où se trouve la source de la joie chrétienne sinon dans l’Eucharistie, que le Christ nous a laissée comme Nourriture spirituelle, alors que nous sommes pèlerins sur cette terre ? L’Eucharistie nourrit chez les croyants de toutes les époques cette joie profonde qui ne fait qu’un avec l’amour et la paix, et qui trouve son origine dans la communion avec Dieu et nos frères.

L’Exhortation apostolique post-synodale Sacramentum caritatis a précisément comme thème l’Eucharistie, source et sommet de la vie et de la mission de l’Église.  Ce texte important est l’expression de la foi de l’Église universelle dans le Mystère eucharistique, et il se situe dans la continuité du Concile Vatican II et du magistère de mes vénérés prédécesseurs Paul VI et Jean-Paul II.

Dans ce document, j’ai voulu, entre autres, souligner le lien avec l’Encyclique Deus caritas est :  c’est la raison pour laquelle j’ai choisi comme titre Sacramentum caritatis, reprenant une belle définition de l’Eucharistie de saint Thomas d’Aquin (cf. Summa Th. III, q. 73, a. 3, ad 3), « Sacrement de la charité ».

Oui, dans l’Eucharistie, le Christ a voulu nous donner son amour, qui l’a poussé à offrir sa vie pour nous sur la croix. Au cours de la Dernière Cène, en lavant les pieds à ses disciples, Jésus nous a laissé le commandement de l’amour : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (cf. Jn 13, 34).

Mais comme cela n’est possible qu’en demeurant unis à Lui comme les sarments à la vigne (cf. Jn 15, 1-8), il a choisi de demeurer Lui-même parmi nous dans l’Eucharistie afin que nous puissions demeurer en Lui.

Par conséquent, lorsque nous nous nourrissons avec foi de son Corps et de son Sang, son amour passe en nous et nous rend à notre tour capables de donner notre vie pour nos frères (cf. 1 Jn 3, 16) et non de garder la vie pour nous-mêmes. C’est de là que jaillit la joie chrétienne, la joie de l’amour et d’être aimés.

Marie est la « Femme eucharistique » par excellence, chef-d’œuvre de la grâce divine:  l’amour de Dieu l’a rendue immaculée « en sa présence dans l’amour » (cf. Ep 1, 4). Près d’elle, pour être le gardien du Rédempteur, Dieu a placé saint Joseph, dont nous célébrerons demain la solennité liturgique.

J’invoque en particulier ce grand saint, mon Patron, afin qu’en croyant, en célébrant et en vivant avec foi le Mystère eucharistique, le Peuple de Dieu soit enveloppé de l’amour du Christ et en répande les fruits de joie et de paix dans l’humanité tout entière.

À l’issue de l’Angélus

En nous proposant la parabole de l’Enfant prodigue, la liturgie de ce dimanche nous invite à reconnaître nos péchés et à nous lever pour aller vers le Père, qui nous accueille avec tendresse.

Puissiez-vous profiter du temps de Carême pour faire, de manière plus forte, l’expérience de l’amour de Dieu dans le sacrement du pardon. Avec ma Bénédiction apostolique.  Je souhaite à tous un bon dimanche.

BENOÎT XVI ANGÉLUS  Place Saint-Pierre IVe Dimanche de Carême, 18 mars 2007


Copyright 2007 © Dicastero per la Comunicazione – Libreria Editrice Vaticana

Sainte Mathilde, reine de Germanie

Sainte Mathilde, reine de Germanie

Sainte Mathilde XIe siècle
Sainte Mathilde XIe siècle

À Quedlinbourg en Saxe, l’an 968, sainte Mathilde. Épouse très fidèle de Henri, roi de Prusse, remarquable par son humilité et sa patience, elle fut très généreuse pour soulager les pauvres et construire des asiles de vieillards et plusieurs monastères. Dépouillée de ses biens, elle se retira au monastère de Quedlinbourg pour achever sa vie dans la prière et la pénitence.

Mathilde naît en Saxe dans une famille profondément chrétienne qui l’envoie étudier au monastère de Herford, en Westphalie, où sa grand-mère est abbesse.

Elle en revient instruite et dévote; en plus de sa formation religieuse, elle sait lire et écrire et s’intéresse jusqu’à la politique, chose rare pour les femmes, même nobles, en cette période. Elle épouse Henri, duc de Saxe et peu après roi d’Allemagne.

La dispute entre les fils Othon et Henri

La vie des souverains allemands se déroule tranquille; Henri est souvent dehors, et Mathilde mène au palais une véritable vie monacale, faite de charité envers les pauvres et d’assistance aux malades. Mais ne parvenant pas à consacrer tout son temps, comme elle le voudrait, à ses pratiques, elle passe ainsi la nuit en veille de prière.

En 936 son mari meurt et elle se dépouille de tous ses biens et privilèges. Entre-temps s’ouvre la succession en particulier entre deux de ses trois fils mâles: Othon, qui, en tant qu’aîné et que le papa avait désigné comme héritier au trône, et Henri dit le Querelleur en raison de ses prétentions contre son frère qui pourtant jouit de l’appui de la maman.

De la cour au monastère de Nordhausen

A la fin Othon devient roi d’Allemagne avec le nom d’Othon 1° et en 962, quand il se rend à Rome pour recevoir la couronne impériale, ce sera Mathilde de gouverner le royaume depuis son refuge dans le monastère de Nordhausen, un de ces nombreux monastères qu’elle avait contribué à construire et soutenir comme ceux de Pöhde, Quedlinburg, Grona, Enger et Duderstadt, en plus de nombreux hôpitaux.

Le choix du monastère lui est imposé par les deux fils rivaux, qui en ce cas se sont mis d’accord pour empêcher leur mère de  dilapider le patrimoine familial en continuelles et importantes aumônes.

Même une reine peut être sainte

Mathilde passe ses dernières années comme une vraie moniale, toujours généreuse et charitable envers tous et complètement indifférente à la mondanité et aux prérogatives de son rang. Quand elle meurt au monastère de Quedlinburg où elle s’était transférée depuis peu de temps; déjà beaucoup l’appellent « reine sainte».

Encore aujourd’hui Mathilde d’Allemagne, qui est enterrée aux côtés de son mari à Quedlinburg, est particulièrement vénérée dans les diocèses de Paderborn, Fulda et Munich; et s’adressent à elle les fidèles qui désirent ardemment entreprendre un profond cheminement intérieur vers la sainteté, et le demandent à Dieu en s’employant de toutes les manières et avec toutes leurs forces pour l’obtenir.

« O bon Jésus, je vous remercie de la grande miséricorde que vous faites à votre vile créature de lui donner quelques petites choses à souffrir.
Celui qui vous regarde tout déchiré et étendu sur une croix si dure, peut-il avoir une bouche, un cœur et une âme pour se plaindre? »

Paroles de Sainte Mathilde peu avant sa mort.

Copyright © Dicastero per la Comunicazione – Libreria Editrice Vaticana

Texte présenté par l’Association de la Médaille %Miraculeuse

MOIS DE SAINT JOSEPH – XIVe JOUR

MOIS DE SAINT JOSEPH – XIVe JOUR

Saint Joseph donne à Notre-Seigneur le nom de Jésus.

I

ISIDORE ISOLANO (1477-1528)

Saint Joseph nomme Jésus chapelle saint Yves Guipavas au Douvez Finistère
Saint Joseph nomme Jésus chapelle saint Yves Guipavas au Douvez Finistère

« Ce fut un grand honneur pour saint Joseph que de recevoir la mission/impliquée dans cette parole de l’Ange : Vous lui donnerez le nom de Jésus. Par l’imposition de ce nom sacré au Christ, saint Joseph dévoila à la terre le secret divin; et, tenant en quelque sorte la place du Père éternel, il manifesta le mystère du Saint-Esprit, jusqu’alors caché sous le voile des psaumes et des prophéties.

Devenu, par cet acte auguste, l’auxiliaire de la bienheureuse Vierge Marie dans l’œuvre de la Rédemption, son ministère le rend l’égal des Anges, dont la dignité sublime n’a rien qui puisse surpasser la sienne.

« Chez tous les peuples du monde, la loi reconnaît aux pères le droit d’imposer un nom à leurs fils. Jésus était le Fils de Dieu, et saint Joseph eut la gloire de remplacer Dieu auprès de lui. Lorsqu’on baptise le fils d’un roi, à qui, je vous prie, le roi cède-t-il l’honneur de désigner le nom de son fils, si ce n’est à un autre roi, ou à son ambassadeur, ou à tel autre personnage illustre? Or Dieu ne trouva pas sur toute la terre d’homme plus digne que Joseph d’être chargé de cette mission auprès de son propre Fils.

(Ne croyez pas, ô Joseph, que parce que le Sauveur a été conçu du Saint-Esprit vous soyez complètement étranger à l’économie de ce grand mystère… C’est vous qui le nommerez. Bien qu’il ne soit pas votre fils, vous aurez pour lui toutes les sollicitudes d’un père, et en lui imposant le nom qu’il portera vous lui serez uni par tous les liens de la paternité. Saint Jean Chrysostome, 4e homélie sur Saint Matthieu.)

« L’Esprit-Saint, en parlant par la bouche des prophètes, a désigné le Rédempteur sous l’allégorie de divers autres noms : Son nom sera Emmanuel, est-il dit dans Isaïe; et ailleurs : Son nom sera l’Admirable, le Dieu fort, le Père du siècle futur, le Prince de la paix. Donnez-lui pour nom : Hâte-toi de recueillir les dépouilles. Messie, qui veut dire Christ, est un nom très – connu des Hébreux ; on trouve encore dans les psaumes : Son nom est comme une huile répandue; et dans saint Luc : II sera appelé le Fils du Très-Haut.

«Par l’unique imposition du nom de Jésus à Celui qui devait être le Rédempteur des hommes, saint Joseph découvrit tous ces mystères au monde, qui les ignorait encore, ou, du moins, qui n’en pénétrait pas le véritable sens; quel honneur que d’avoir été dans une telle circonstance l’instrument du Saint-Esprit !

« L’Ange, ayant d’abord révélé le nom de Jésus à Marie, puis à Joseph, lorsque celui-ci l’imposa au Sauveur enfant, il était auprès de lui le délégué du monarque divin.

« Mais une autre question se présente : Saint Joseph devenu le collaborateur de la sainte Vierge, dans l’œuvre de la Rédemption, imposa-t-il le nom de Jésus au Fils de Dieu, en vertu d’une autorité égale à celle de sa sainte Épouse?

« Le doute n’est guère possible à cet égard ; car les privilèges de la paternité, l’ordre de l’Ange, et la pudeur même de Marie, exigeaient que les hommes le vissent et le crussent ainsi ; mais aux yeux de Dieu et aux yeux des anges, cette autorité n’appartenait qu’à la sainte Vierge, car c’était la seule créature au monde qui avait un droit véritable sur le Christ. Dieu, l’Ange, Marie et Joseph, participèrent donc à cette imposition du nom de Jésus, Dieu en le voulant, l’Ange en le révélant à Marie, Marie en transmettant à Joseph l’ordre de l’Ange, et Joseph en exécutant cet ordre.

« Quand ce nom glorieux fut prononcé pour la première fois, ce fut par un être supérieur à l’homme, afin qu’on ne pût douter que l’homme ne l’avait ni créé ni choisi. Par la même raison , quand ce nom fut imposé pour la première fois, ce fut par un homme supérieur aux autres hommes. Il ne fallait pas moins que saint Joseph pour le révéler au monde, en le donnant à l’Enfant Dieu. »

(Somme des Vertus de saint Joseph)

II

Mais à ce privilège d’imposer le nom du Sauveur, qui faisait participer saint Joseph à la jouissance de Dieu sur son Fils, se joignit, pour le saint Patriarche, un ministère qui devait l’associer aux souffrances du Rédempteur pour les hommes. On croit généralement qu’il fut non-seulement le témoin, mais le ministre de la circoncision.

« Avec quelle compassion il s’acquitta de ce devoir! s’écrie le bienheureux Louis de Grenade. Comme il devait être ému en voyant d’un côté couler le sang de l’Enfant, de l’autre les larmes de la mère, c’est-à-dire, de deux êtres qu’il aimait du « plus ardent amour! »

Saint Joseph ne devait pas suivre Jésus-Christ au Calvaire; mais il ne pouvait rester étranger au sacrifice qui était le but et le terme de la Rédemption ; c’est pourquoi il fut chargé d’en offrir les prémices dans le temple de Jérusalem.

Après avoir été uni aux joies de la maternité divine de Marie, il en partageait ainsi les premières amertumes et en pressentait les longues douleurs. Le sang de la circoncision, dit un pieux auteur, fut son Gethsêmani et son Golgotha.