Un signe de Lui indique toujours de grandes choses. Une médaille, en soi, n’est qu’un petit morceau de métal, oui ; la croix d’honneur aussi, et pourtant cette croix est éloquente sur la poitrine d’un brave. Le drapeau, en soi, n’est qu’un peu d’étoffe ; mais il incarne l’idée de la Patrie.
Médaille Miraculeuse dans la main
La Médaille doit donc avoir, elle aussi, son symbolisme. Nous le trouvons clairement exprimé dans l’ancien Introït de la messe de la Médaille Miraculeuse : « Ceci sera comme un signe dans votre main, comme un monument devant vos yeux, afin que la loi du Seigneur soit toujours dans votre bouche. »
Un signe dans votre main.
Oui, un signe, un gage, une alliance. Un signe d’appartenance à Marie Immaculée dont on porte les livrées ; un gage assuré de sa protection et une promesse de secours efficace ; une alliance enfin, alliance filiale de l’enfant avec sa Mère, alliance maternelle avec Celle qui donne à son enfant sa Médaille en signe d’adoption.
Un monument devant nos yeux.
C’est un mémorial, ou mieux un modèle à reproduire. Quels horizons, dès lors, se laissent entrevoir ! Ce modèle, c’est Marie elle-même : « FAITES FRAPPER UNÉ MÉDAILLE SUR CE MODÈLE », a dit l’Immaculée.
C’est donc bien un modèle vivant, et quelle vie surnaturelle et divine découle de la Vierge ! C’est la vie de grâce, gage et promesse de la vie éternelle de gloire, que nous vaudra l’imitation des vertus de Marie.
La loi de Dieu.
Toute la religion n’est-elle pas gravée sur cette Médaille, comme en un résumé, en un raccourci saisissant ? N’est-elle pas comme une miniature divine où ne manque aucun trait essentiel ?
Le dogme de l’Immaculée Conception, tel qu’il est rappelé dans la Médaille, ne contient-il pas, plus ou moins explicitement, les principales vérités de notre religion, depuis le péché originel jusqu’à l’objet précis de la fête instituée en l’honneur de Marie « Médiatrice de toutes grâces » ?
N’y voyons-nous pas, de plus, les plus efficaces moyens de salut ; la prière et la souffrance chrétiennement acceptées ?
Étant donné cette doctrine, car c’en est une, quoi d’étonnant qu’on ait trouvé dans l’étude de la Médaille Miraculeuse bien comprise un véritable remède providentiel aux plaies religieuses et morales de notre époque ?
Et combien ce remède, s’il était mieux connu, pourrait vite devenir populaire, pratique et tout-puissant !
POPULAIRE : il et à la portée de tous, même des plus humbles.
PRATIQUE : elle est et doit être d’un usage quotidien.
TOUT-PUISSANT : il est d’origine surnaturelle et divine. N’est-ce pas, aussi, un signe sensible et le canal céleste des grâces promises par la Sainte Vierge à ceux qui porteront sa Médaille avec foi et amour ?
PRIÈRE
Merci, ô mon Dieu, de nous transmettre ainsi, par les mains de ta divine Mère, un moyen si touchant et si simple de te faire connaître et de te faire aimer. N’est-ce pas là aussi, pour nous, l’occasion choisie d’être apôtres et de faire rayonner notre foi autour de nous ?
Désormais, nous nous servirons avec plus de confiance et plus de zèle encore de cette petite Médaille ; tous ceux qui, grâce à nous, pourront la porter, auront ainsi sur eux un mémorial qui leur parlera de Dieu et leur rappellera la foi peut-être oubliée.
Et nous nous souviendrons de cette parole du livre de la Sagesse, que l’Église a appliquée à ta Sainte Mère : « Ceux qui me font connaître, auront la vie éternelle. » Ainsi soit-il !
Ô MARIE CONÇUE SANS PÉCHÉ, PRIEZ POUR NOUS QUI AVONS RECOURS A VOUS !
Audience générale: la tradition de l’Église «inclut le progrès»
Le Pape a continué ce mercredi son cycle de catéchèses entamé le 20 mai dernier, sur le premier Document promulgué par le Concile Vatican II: La constitution sur la sainte liturgie, Sacrosantum Concilium. Le Saint-Père a rappelé que le Magistère conciliaire invite à «éviter de désorienter les fidèles, en dissuadant quiconque d’ajouter, de retrancher ou de modifier quoi que ce soit, en matière liturgique, de sa propre initiative.»</
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LÉON XIV
AUDIENCE GÉNÉRALE
Place Saint-Pierre
Mercredi 27 mai 2026
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Catéchèse. Les Documents du Concile Vatican II III.
La Constitution dogmatique Sacrosanctum Concilium
2. La réforme de la liturgie : tradition et évolution
Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !
Dans l’encyclique Mediator Dei, le vénérable Pie XII écrit que « l’Église est un organisme vivant et, en tant que tel, y compris en matière de liturgie sacrée, tout en préservant l’intégrité de son enseignement, elle grandit et se développe, s’adaptant et se conformant aux circonstances et aux exigences qui se présentent au fil du temps» (I, V).
En pleine continuité avec ce principe, le Concile Vatican II, dans le préambule de la Constitution Sacrosanctum Concilium (SC), reconnaît qu’il est de son devoir «à un titre particulier de veiller aussi à la restauration et au progrès de la liturgie» (n° 1).
L’assemblée conciliaire avait en effet été réunie dans le but «de faire progresser la vie chrétienne de jour en jour chez les fidèles ; de mieux adapter aux nécessités de notre époque celles des institutions qui sont sujettes à des changements ; de favoriser tout ce qui peut contribuer à l’union de tous ceux qui croient au Christ, et de fortifier tout ce qui concourt à appeler tous les hommes au sein de l’Église» (ibid.).
À ce moment historique, on ressentait fortement la nécessité d’un renouveau des formes rituelles, par lesquelles, depuis des siècles, l’Église avait réalisé la glorification de Dieu et la sanctification du peuple chrétien.
Grâce au Mouvement liturgique, s’était mûrie la conviction, exprimée par la suite par saint Jean-Paul II, qu’« il existe en effet un lien très étroit et organique entre le renouveau de la liturgie et le renouveau de toute la vie de l’Église. L’Église agit dans la liturgie, mais elle s’y exprime aussi, elle vit de la liturgie et elle puise dans la liturgie ses forces vitales » (Lettre Dominicae Cenae, 13).
Afin de favoriser l’accès des fidèles à la richesse des dons de grâce dispensés par la liturgie sacrée, la Constitution Sacrosanctum Concilium indique donc, par une formule très efficace, la voie à suivre : « maintenir la saine tradition et s’ouvrir à un progrès légitime » (SC, 23).
Le pape Benoît XVI a perçu dans cette déclaration d’intentions le « programme de réforme » des Pères conciliaires, « en équilibre avec la grande tradition liturgique du passé et de l’avenir », notant que « bien souvent, on oppose maladroitement tradition et progrès », alors qu’« en réalité, les deux concepts s’intègrent : la tradition inclut en quelque sorte le progrès.
En d’autres termes, le fleuve de la tradition porte en lui également sa source et tend vers l’embouchure » (Discours aux participants au Colloque à l’occasion du 50e anniversaire de la fondation de l’Institut pontifical liturgique Saint-Anselme, 6 mai 2011).
Le Concile affirme la légitimité de ce progrès enraciné dans l’authentique Tradition, en distinguant, au sein de la liturgie, « une partie immuable, car d’institution divine », des « parties sujettes au changement qui peuvent varier au cours des âges ou même le doivent, s’il s’y est introduit des éléments qui correspondent mal à la nature intime de la liturgie elle-même, ou si ces parties sont devenues inadaptées » (SC, 21).
Des changements de ce genre se sont produits constamment au fil des siècles afin de permettre aux fidèles une participation fructueuse, par le biais des actions rituelles, au mystère pascal du Christ, fondement de la foi chrétienne. Le culte de l’Église s’est donc “incarné” dans les formes culturelles de chaque époque et a été capable d’influencer celles-ci, voire de les transformer.
La liturgie a ainsi été, pendant des siècles, un moteur d’évangélisation. Aujourd’hui, il faut renouveler cette énergie dans la continuité de la tradition catholique authentique et vivante, c’est-à-dire selon une dynamique visant à introduire les croyants à la plénitude de la vérité.
On comprend alors pourquoi les Pères conciliaires ont recommandé que la révision des rites, lorsqu’elle répond à « une utilité réelle et avérée pour l’Église », soit toujours effectuée « après s’être bien assuré que les formes nouvelles sortent des formes déjà existantes par un développement en quelque sorte organique. » (SC, 23). Pour le bien de toute l’Église, toute réforme doit « toujours commencer par une soigneuse étude théologique, historique et pastorale » (ibid.).
Le Magistère conciliaire invite ainsi à éviter de désorienter les fidèles, en dissuadant quiconque d’ajouter, de retrancher ou de modifier quoi que ce soit, en matière liturgique, de sa propre initiative (cf. SC, 22). Le progrès évoqué par la Constitution conciliaire ne compromet en rien la communion ecclésiale : il vise plutôt à la confirmer et à la favoriser.
J’exhorte donc tous ceux qui sont appelés à préparer la célébration des mystères divins, en particulier les prêtres qui exercent le ministère de la présidence liturgique, à toujours garder ce respect des textes et des dispositions de la liturgie qui naît d’une attitude intérieure de disponibilité et de confiance en Dieu, en manifestant de l’humilité devant sa grandeur et une fidélité sincère à la communion ecclésiale.
* * *
Je salue cordialement les personnes de langue française, en particulier les pèlerins venus du Liban et de France.
Frères et sœurs, invoquons l’Esprit Saint pour qu’un renouveau liturgique, fidèle à la Tradition authentique, consolide la communion ecclésiale et la pleine participation des fidèles.
Que Dieu vous bénisse !
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Résumé de la catéchèse du Saint-Père :
Frères et sœurs, dans la continuité de Mediator Dei de Pie XII, la Constitution Sacrosanctum Concilium du Concile Vatican II pose les principes fondamentaux pour la réforme et le rayonnement de la liturgie. Afin que les fidèles accèdent plus pleinement aux grâces dispensées par la liturgie, la Constitution Sacrosanctum Concilium invite à conserver une tradition saine et à ouvrir à un progrès légitime.
Le Concile affirme la légitimité d’un tel progrès enraciné dans la Tradition authentique, en distinguant dans la liturgie ce qui relève de l’institution divine – immuable – de ce qui est susceptible d’être modifié. Pour permettre une participation fructueuse des fidèles, le culte de l’Église s’est “incarné” dans les formes culturelles de chaque époque.
La liturgie a ainsi été un moteur d’évangélisation. Le Magistère invite à prévenir toute désorientation des fidèles, en rappelant que le renouveau voulu par la Constitution conciliaire ne compromet en rien la communion ecclésiale. Les prêtres, en particulier, doivent veiller au respect des textes et des réglementations de la liturgie.
Dire oui au Seigneur signifie aussi accepter d’être envoyé là où l’on ne voudrait pas aller, si c’est le Pape lui-même qui le demande. Augustin le sait bien, lui qui passe de sa vie tranquille de prieur du monastère bénédictin de saint André à Celio, à Rome, à un long voyage vers des terres inconnues et plus hostiles. Mais Augustin a fait le vœu d’obéissance.
L’état des choses, au-delà de la mer
Le contexte de la Grande-Bretagne entre le Ve et le VIe siècle n’était pas des meilleurs. Auparavant christianisés par les missionnaires péninsulaires de Celte qui avaient fait un excellent travail avec les Bretons, ils avaient été chassés par l’arrivée des Saxons, Angles et Jutes, peuples germaniques païens qui commencèrent à envahir ce territoire à partir de 596.
Les Bretons, qui s’étaient réfugiés dans les montagnes du Pays de Galles, étaient également retombés dans l’idolâtrie. Cependant, le roi jute de Kent, Ethelbert, qui avait réussi à étendre son influence dans l’Essex, le Sussex et East Anglia – toutes les terres soumises par les Saxons – n’est pas hostile au christianisme, à tel point qu’il épousa Berthe, une princesse chrétienne fille du roi de Paris, et consentit même à sa demande de construire une église chrétienne dans le Kent.
Le Pape Saint Grégoire le Grand comprend donc que le moment est venu pour une nouvelle évangélisation de ces terres. Impressionné par la beauté et la douceur de certains esclaves angles amenés à Rome, au point de les comparer à des anges, il conçoit l’idée de créer en Angleterre une nouvelle Église dépendante de celle de Rome, car c’était déjà le cas pour l’Église Française, et de se servir de la France comme tremplin.
Le voyage commence : l’étape française
Pour réaliser cette tâche, le Pontife décide de nommer à la tête de 40 moines le bénédictin Augustin, à l’époque prieur du couvent sur le Celio à Rome. Le courage n’est certainement pas sa qualité principale, mais l’humilité et la docilité sûrement, et effectivement il dit oui immédiatement. L’expédition part en 597 et fait une étape en France, sur l’île de Lérins.
Là, les moines, accueillis dans les monastères de la région, écoutent les récits effrayants de toute les folies commises par les peuples vers lesquels ils s’apprêtaient à partir, à tel point qu’Augustin prend peur, retourne immédiatement près du Pape et le conjure de lui changer de poste.
Saint Grégoire le Grand ne ramollit pas : pour l’encourager, il nomme abbé et dès son retour en Gaule, il le consacre également archevêque d’Arles. Finalement le voyage reprend et les moines débarquent en Angleterre, sur l’île de Thanet.
L’évangélisation de la Grande-Bretagne
Pour accueillir la communauté des moines, ce sont le roi de Kent et son épouse chrétienne, qui les accompagnent jusqu’à Cantorbéry, une ville à mi-chemin entre Londres et la mer, ville choisie comme point de départ pour la nouvelle mission : porter la Parole de Dieu parmi les Angles.
Au début, la résistance du peuple est si grande, Augustin opte alors pour un chemin plus doux d’évangélisation, disposé à accueillir certaines des traditions païennes les plus enracinées. Ce sera un succès. En un an à peine, il y a plus de dix mille Saxons baptisés, pratiquement tout le royaume de Kent, y compris le roi (qui sera plus tard un saint) qui soutient maintenant ouvertement Augustin.
Le Pape, pour le remercier, en 601 lui envoie le pallium et le constitue Métropolite d’Angleterre. Avant de se reposer pour l’éternité, Augustin parvient à ériger deux autres sièges épiscopaux en plus de celui de Cantorbéry : Londres et Rochester, dont les évêques sont respectivement Mellite et Juste. À sa mort en 604, il est enterré à Cantorbéry, dans l’église qui porte maintenant son nom. Il est vénéré par les catholiques et les anglicans.