La foi vainc l’esprit du monde qui divise

celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu qu’il ne voit pas
celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu qu’il ne voit pas

«Si tu n’aimes pas ton frère, tu ne peux aimer Dieu.» Pour aimer Dieu concrètement, il faut aimer ses frères, prier pour eux, -même pour ses ennemis-, ne pas laisser grandir sentiments de jalousie et d’envie et ne pas s’adonner aux bavardages : c’est l’exhortation du Pape lors de son homélie ce jeudi matin en la chapelle de la maison Sainte-Marthe. Seule la foi, qui vainc l’esprit du monde, peut nous donner la force d’aimer ainsi.

L’esprit du monde est menteur

La réflexion se base sur la Première Lettre de Saint Jean (Jn 4, 19; 5, 4) proposée aujourd’hui par la liturgie. L’apôtre affirme en effet que «tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde»; cet esprit mondain se caractérise par sa propension au mensonge, à l’apparence, par son inconsistance, tandis que l’Esprit de Dieu, lui, est «véridique». «L’esprit du monde est l’esprit de vanité, des choses qui n’ont pas de force, ni de fondement et qui tomberont.»

L’esprit du monde divise toujours la famille, la communauté et la société

Saint Jean nous parle d’un Esprit de Dieu qui agit dans le concret de la vie et des choses, dans le quotidien: «celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu qu’il ne voit pas». En effet, «si tu n’es pas capable d’aimer ce que tu vois, comment aimerais-tu ce que tu ne vois pas ? Ça, c’est de la fantaisie». Au contraire : «il faut aimer ce que tu vois, ce que tu peux toucher, ce qui est réel.»

«Si tu ne peux aimer Dieu de manière concrète, il n’est pas vrai que tu l’aimes. L’esprit du monde est un esprit de division et, s’interférant dans la famille, dans la communauté, dans la société, il crée toujours des divisions, toujours. Et les divisions grandissent et la haine et la guerre arrivent … Jean va plus loin et dit: « Si quelqu’un dit : ‘J’aime Dieu’, alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur », c’est-à-dire un fils de l’esprit du monde, qui est pur mensonge, apparence pure. Il faut se demander: est-ce que j’aime Dieu? Mais allons à la pierre de touche et voyons comment tu aimes ton frère: voyons comment tu l’aimes.»

Les trois signaux

Trois «signaux» indiquent que nous n’aimons pas notre prochain : lorsque nous ne prions pas pour lui, lorsque je sens en moi des sentiments de jalousie et d’envie à son encontre au point de lui souhaiter du mal, et enfin lorsque je succombe aux commérages et à leur pouvoir destructeur.

«Le premier signal, une question que nous devons tous nous poser: est-ce que je prie pour les gens? Pour tous, concrets, ceux qui sont gentils et ceux que je n’aime pas, ceux qui sont amis et ceux qui ne le sont pas.»

«Deuxième signal: lorsque je ressens de la jalousie, de l’envie et que je veux lui souhaiter du mal ou non … c’est un signe que tu n’aimes pas. Arrête-toi là. Ne laisse pas ces sentiments grandir: ils sont dangereux. Ne les laisse pas grandir. Et puis, le signal le plus quotidien que je n’aime pas le prochain et que je ne peux donc pas dire que j’aime Dieu, c’est le bavardage.»

«Mettons-le-nous dans le cœur et dans la tête, bien sûr: si je fais du papotage, je n’aime pas Dieu parce qu’avec les rumeurs, je détruis la personne. Les bavardages sont comme des bonbons au miel, qui sont si bons, l’un tire l’autre et puis le ventre est en ruine, avec plein de bonbons … Parce que c’est beau, c’est « doux » de bavarder, cela semble être une bonne chose; mais ça détruit. Et c’est le signal que tu n’aimes pas. Si une personne cesse de bavarder, je dirais qu’elle se rapproche de Dieu.»

Troisième signal : «S’abstenir de commérer, c’est garder son prochain,  conserver Dieu dans le prochain. C’est la foi qui permet de remporter la victoire, qui nous donne la force de ne pas succomber aux commérages, de prier pour tous, même le plus antipathique, et de ne pas laisser les sentiments de jalousie et d’envie croitre dans notre cœur.»

La foi est nécessaire dans la lutte contre l’esprit du monde

«L’esprit du monde se vainc avec cet esprit de foi : croire que Dieu est dans mon frère, ma sœur. La victoire qui a vaincu le monde c’est notre foi. C’est seulement avec beaucoup de foi que l’on peut aller sur ce chemin, pas avec des pensées de bon sens … non, non: elles ne servent pas. Elles aident [peut-être], mais elles ne servent pas [vraiment] pour ce combat.»

»Seule la foi nous donnera la force de ne pas bavarder, de prier pour tout le monde, même pour les ennemis, et de ne pas laisser grandir les sentiments de jalousie et d’envie. Avec ce passage de la première lettre de saint Jean l’apôtre, le Seigneur nous demande de concrétiser l’amour. Aimer Dieu : mais si tu n’aimes pas ton frère, tu ne peux pas aimer Dieu, et si tu dis que tu aimes ton frère, mais qu’en vérité tu ne l’aimes pas, que tu le hais, tu es un menteur.»